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D'art et de culture

Un projet fédérateur

par Éric Fontaine, rédacteur-réviseur à la Direction de la programmation culturelle
BAnQ Vieux-Montréal

Depuis le 9 juin, Journée internationale des archives, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) propose l'exposition photographique Ici / ailleurs, qui puise dans les fonds d'archives des 10 centres conservant des archives de son réseau. Les lieux et les événements qui ont façonné le caractère de chacun des territoires couverts par ces centres donnent corps à autant de récits qui, mis en dialogue les uns avec les autres, constituent un voyage dans le temps et l'occasion de nourrir notre imaginaire collectif.

Cette exposition est un hommage au caractère distinctif des régions du Québec, qu'il s'agisse de leur patrimoine bâti, de leur emplacement géographique ou de leur développement industriel. Elle exploite cinq thèmes qui permettent de comparer l'« ici » de la ville hôte à l'« ailleurs » de la ville qui est reçue : le lieu physique (la rue principale, la géographie), l'économie (les commerces, les établissements bancaires, les marchés publics), les activités saisonnières (les défilés, les rites de passage), les sinistres (les incendies, les inondations) et la communauté (l'église, le sport, la vie quotidienne).

Inscrite dans l'année thématique « Territoires » à BAnQ, l'exposition Ici / ailleurs consiste en réalité en 10 expositions présentées simultanément aux quatre coins du Québec. Chaque centre conservant des archives propose une vingtaine de photographies de la ville dans laquelle il est implanté, dont une image lenticulaire, c'est-à-dire une image qui change en fonction de l'angle visuel de l'observateur, révélant, par exemple, l'intérieur et l'extérieur d'un commerce historique. BAnQ a pu compter sur l'expertise de ses archivistes pour sélectionner et documenter les photographies. Sur une période de deux ans, celles-ci seront tour à tour jumelées à celles des neuf autres centres conservant des archives.

Puisant dans leur propre expérience, 10 écrivains ont signé des textes originaux qui parlent de leur attachement à leur région respective. Nicole Balvay-Haillot (Gatineau), Jules Bélanger (Gaspé), Jasmine Dubé (Rimouski), Richard Desjardins (Rouyn-Noranda), Dominique Fortier (Québec), Michel Garneau (Sherbrooke), Yvon Paré (Saguenay), Bryan Perro (Trois-Rivières), Monique Proulx (Montréal) et Gilles Vigneault (Sept-Îles) ont généreusement accepté de collaborer à ce projet.

Une visibilité hors réseau

Certains centres ne disposent pas d'une aire d'exposition. BAnQ a donc fait appel à divers organismes locaux (cégep, université ou société historique) afin qu'ils accueillent les photographies de ces régions. Deux versions itinérantes de ces expositions augmenteront la visibilité de BAnQ hors réseau : une sélection d'images « coups de cœur » et une exposition constituée uniquement d'images lenticulaires. En 2016, au terme du cycle de la présentation des expositions dans les centres régionaux, celles-ci seront offertes en itinérance partout au Québec.

Il est intéressant de noter que, à l'été 2014, les images et le contenu textuel de cette exposition seront versés dans Historypin, un site de géolocalisation qui permet aux usagers de comparer une photographie d'archives avec son emplacement actuel par l'entremise d'une application de téléphone intelligent.

 

Retour au menu.Le cabinet des curiosités

Le 70e anniversaire du débarquement de Normandie

par Marie-Pierre Nault, archiviste
BAnQ Vieux-Montréal

En ce mois de juin 2014, nous commémorons le début d'une opération militaire décisive de la Seconde Guerre mondiale. C'est en effet le 6 juin 1944 qu'a eu lieu le débarquement des troupes alliées sur les plages de la côte normande. Ce déploiement militaire d'envergure marque le début de la bataille de Normandie, qui se terminera en août 1944. Plusieurs Québécois ont participé à cette longue campagne. Paul Sauvé, député provincial de 1930 à 1935 et de 1936 à 1959 puis premier ministre du Québec de 1959 à 1960, est l'un d'eux. Le fonds d'archives de sa famille est conservé à BAnQ Vieux-Montréal (P719). Il contient, entre autres, 50 centimètres de documents textuels et près de 2100 photographies. Ces documents, notamment la correspondance de Paul Sauvé avec sa femme, Luce Pelland, témoignent de l'expérience militaire de ce dernier durant l'offensive alliée en Europe en 1944.

Le parcours militaire du futur premier ministre du Québec

Après sa mobilisation en 1939, le major Sauvé rejoint, en juin 1943, le bataillon des Fusiliers Mont-Royal stationné en Angleterre. Lors de son service en Europe, Paul Sauvé participe à la campagne de Normandie à titre de commandant en second. Son régiment débarque à Courseulles-sur-Mer le 7 juillet 1944.

La lecture des lettres à sa femme, écrites à la hâte, nous renseigne sur l'horaire très strict des soldats et le peu de temps libre qui leur est accordé. On constate aussi, en raison du secret militaire imposé par la censure, l'impossibilité pour Paul Sauvé de renseigner sa femme sur l'endroit exact où il se trouve et de donner des détails sur la situation au front. Il partage toutefois ses impressions sur l'avancée de la victoire contre les « Boches ». Dans cet échange épistolaire, qui comprend des photographies, Paul Sauvé profite de chaque occasion pour demander des nouvelles de la famille. En août 1944, l'homme est promu lieutenant-colonel et commandant des Fusiliers Mont-Royal. Au même moment, alors qu'il participe à la libération de la France, il est réélu député de l'Union nationale (élection du 8 août 1944), notamment grâce à l'implication de son épouse. Le commandant Sauvé et son régiment poursuivent en septembre les combats en Belgique, puis, en octobre, ceux en Hollande, avec la bataille de l'Escaut. Il rentre finalement au pays en janvier 1945. Il sera décoré de la Croix de guerre par la République française en 1946 pour son rôle exemplaire dans la bataille de Normandie.

Le parcours militaire de ce soldat émérite démontre les qualités de leadership de Paul Sauvé, qui n'hésitera pas à se mettre au service de l'État tout au long de sa carrière politique. Malheureusement, sa mort subite, survenue le 2 janvier 1960 après seulement trois mois à la tête du gouvernement, laisse inachevés ses projets de modernisation des institutions publiques. Certains historiens qualifieront de « Révolution des 100 jours » ce trop bref mandat du gouvernement Sauvé et y verront un déclencheur des grands changements que connaîtra le Québec lors de la Révolution tranquille.

Un parcours thématique sur Paul Sauvé est disponible sur le portail de BanQ (banq.qc.ca).

 

Retour au menu.Comptes rendus de lectures

par Simon Mayer, Ariane Chalifoux et Marie-Line Champoux-Lemay, bibliothécaires
Grande Bibliothèque

Stéphanie Danaux
L'iconographie d'une littérature – évolution et singularités du livre illustré francophone au Québec, 1840-1940
Québec, Presses de l'Université Laval, 2013
ISBN 978-2-763-71533-9

Hist orienne de l'art, boursière du Programme de soutien à la recherche de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en 2004-2005, Stéphanie Danaux dresse un riche portrait d'un siècle d'illustration livresque au Québec. Au gré de l'évolution des techniques d'impression graphique et des tendances artistiques, on y découvre le travail des Walker, Lagacé, Delfosse, Julien, Leduc, Holgate, Lemieux, Duguay et Suzor-Côté dans un rassemblement unique de reproductions de grande qualité de leurs œuvres.

Une présentation des contextes et des dynamiques de production du livre situe l'illustration dans ses rapports au texte et aux courants idéologiques de la littérature québécoise. On y rencontre des éditeurs bibliophiles audacieux qui ont su profiter de l'influence française des artistes et de la création des écoles de beaux-arts en sol québécois pour développer une production aux attraits visuels étonnants. (SM)

 

Sébastien Dulude
Esthétique de la typographie – roland giguère, les éditions erta et l'école des arts graphiques
Montréal, Nota bene, 2013
ISBN 978-2-895-18467-6

Cet essai de Sébastien Dulude souligne l'importance fondamentale qu'eurent l'École des arts graphiques de Montréal, le poète Roland Giguère et les Éditions Erta dans le passage à la modernité de l'édition québécoise. Dans le contexte des années 1940, au lendemain de la parution de Refus global, l'École des arts graphiques devient l'incubateur d'une « nouvelle typographie » spécifiquement québécoise, inspirée des courants européens du Bauhaus et du surréalisme.

Durant ses années de formation aux arts graphiques (1948-1951), Roland Giguère fonde Erta et produit neuf recueils de poésie. C'est à travers l'observation de cette production éditoriale que l'auteur met en évidence le travail avant-gardiste effectué par le poète et typographe sur la matérialité du texte, le livre devenant essentiel à la compréhension de l'œuvre poétique. (MLCL)

 

Jean-Dominic Leduc et Michel Viau
Les années Croc – l'histoire du magazine qu'on riait
Montréal, Québec Amérique, 2013
ISBN-978-2 -64 -1179-7

Revue culte dans l'univers de la satire, de l'humour et de la plaisanterie au Québec, Croc a fait rire des milliers de lecteurs entre 1979 et 1995. Cet ouvrage publié sous forme d'anthologie présente l'évolution du magazine avec comme toile de fond les événements marquants survenus dans la province au cours de cette période. Les diverses entrevues avec de nombreux artisans, dont l'éditeur Jacques Hurtubise et le bédéiste Réal Godbout, permettent de découvrir sous de nouveaux angles l'importance de cette revue dans le paysage québécois. La lecture de cet ouvrage abondamment illustré ravive l'intérêt pour le défunt magazine humoristique. L'intégralité des numéros de la revue se trouve dans la Collection numérique de BAnQ. (AC)

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