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D'art et de culture

L'art pense Une conversation artistique intergénérationnelle

par Catherine Sirois, chargée de projets aux événements
BAnQ Vieux-Montréal

Faire se rencontrer l'art et la pensée, la relève fraîche émoulue des écoles et des penseurs et artistes d'expérience, croiser des disciplines dont on croyait qu'elles n'avaient rien en commun dans le but d'entamer une discussion collective : telles sont les visées de la série L'art pense, qui veut également provoquer des rapprochements créatifs qui amèneront les uns et les autres à repenser le monde dans lequel ils vivent.

À l'invitation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Jasmine Catudal, directrice artistique et codirectrice générale de l'OFFTA, festival multidisciplinaire consacré à la jeune création d'avant-garde en arts vivants1, a proposé la création d'une série qui réunirait sur scène philosophes et artistes. Alors intitulée 50 ans d'avenir – L'art pense, cette série ferait un clin d'œil à la série 50 ans de culture qui, l'année précédente, avait dressé le bilan des avancées culturelles québécoises depuis 1961, année de la création du ministère des Affaires culturelles du Québec. Jasmine Catudal a alors suggéré de tourner le regard vers l'avenir en inventant des possibles et en embrassant nos utopies pour les 50 prochaines années.

En accord avec le thème de l'année Philo à BAnQ, chacune des quatre soirées de la série 2012-2013 était animée par un philosophe et un artiste de différentes générations qui réfléchissaient ensemble à un enjeu : le progrès, la mémoire, le pouvoir et le (dés)enchantement. Chaque rencontre proposait en outre quatre courtes performances préparées pour l'occasion par des artistes de la relève issus de différentes disciplines. L'aller-retour entre réflexion et création artistique offrait différents points de vue sur le thème abordé. Le public était par ailleurs invité à participer à la réflexion en répondant par écrit à l'une des quatre questions posées en ouverture de la soirée et à afficher sa réponse sur l'un des « babillards des possibles ». Les réponses, lues au fur et à mesure du déroulement de la soirée, contribuaient à faire mûrir la réflexion. Chaque soirée se terminait par une discussion ouverte où public, philosophe et artistes partageaient librement leurs points de vue.

Forte du succès de cette série, qui a rassemblé sur scène comme dans la salle différentes générations autour d'un projet de réflexion collectif, BAnQ reprend le concept en 2013-2014 en l'adaptant au thème de l'année Création. Après avoir questionné le passé en 2011-2012, puis l'avenir en 2012-2013, la série L'art pense se tourne cette année vers le présent de l'art : l'acte créateur. Trois soirées exploreront le processus de création de jeunes artistes à partir de trois thèmes : l'intime, le politique et le divertissement. Artistes et public seront guidés dans cette réflexion par un membre de l'Académie des lettres du Québec – nouveau partenaire de cette série – ainsi que par un artiste chez qui le thème de la soirée éveille des résonances.

Une série à suivre sans modération, pour participer à la conversation!


 

1. Jasmine Catudal est actuellement codirectrice artistique de l'Usine C.

 

Retour au menu.Comptes rendus de lectures

par Simon Mayer, Ariane Chalifoux et Marie-Line Champoux-Lemay, bibliothécaires
Direction générale de la diffusion

Marie-Andrée Lamontagne (dir.)
75 ans
Montréal, Groupe Fides, 2012
ISBN 978-2-762-13144-4

Publié en 2012 à l'occasion du 75e anniversaire de Fides, cet ouvrage offre un condensé d'une aventure marquante de l'édition québécoise. Quelques années après la fondation en 1937 de la maison par le père Paul-Aimé Martin, les ouvrages profanes y côtoient déjà les publications à caractère religieux. Dès 1944 est créée la Collection du nénuphar, qui accueillera pendant des décennies nombre d'œuvres littéraires québécoises importantes. Fides publiera, par exemple, des œuvres de Félix-Antoine Savard, Émile Nelligan, Félix Leclerc, Germaine Guèvremont, Yves Thériault et Marie-Claire Blais.

La lecture de 75 ans permet de prendre connaissance de l'histoire des activités commerciales de Fides. C'est aussi une invitation à aller à la rencontre d'ouvrages remarquables de même que d'auteurs et d'intellectuels qui se sont prêtés au jeu de l'entrevue pour l'occasion. (SM)

 

Alban Cerisier et Delphine Lacroix (dir.)
La belle histoire du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry
Paris, Gallimard, 2013
ISBN 978-2-07-014120-3

La parution de cet ouvrage coïncide avec le 70e anniversaire de l'édition du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry en Amérique. Le 6 avril 1943, l'éditeur new-yorkais Reynal & Hitchcock en publiait une version anglaise et une version française.

Pour souligner le parcours éditorial de ce chef-d'œuvre, Gallimard réunit ici des textes originaux et des documents inédits. Outre le texte intégral de l'édition française parue chez Gallimard en 1946, on y trouve un dossier biographique sur Antoine de Saint-Exupéry, une série de témoignages d'amis de l'auteur, des aquarelles et des dessins réalisés par le célèbre écrivain. Le livre propose des commentaires d'artistes célèbres tels que l'écrivain et critique Frédéric Beigbeder et le bédéiste Joann Sfar qui y expriment leur vision de l'œuvre. (AC)

 

Dominique Coq (dir.)
Apprendre à gérer des collections patrimoniales en bibliothèque
Villeurbanne, Presses de l'ENSSIB, 2012
ISBN : 979-10-91281-01-0

Écrit en collaboration par des spécialistes français, cet ouvrage est conçu comme un manuel pratique. Il s'adresse plus spécifiquement aux professionnels des bibliothèques qui ne sont pas familiers avec les collections patrimoniales et qui désirent s'initier aux particularités de la gestion de celles-ci.

Que devrait-on trouver dans une réserve? Comment réhabiliter un fonds patrimonial et le rendre accessible? Les articles offrent une mise en contexte juridique et typologique ainsi qu'un aperçu détaillé des pratiques actuelles en matière d'identification, de description, de conservation et de mise en valeur des documents patrimoniaux.

Un « outil » s'ajoute ainsi à la collection « La boîte à outils » des Presses de l'ENSSIB. Il ne s'agit pas d'un ouvrage exhaustif, mais bien d'une introduction susceptible d'intéresser les curieux comme les passionnés. (MCL)

 

Retour au menu.Entretien avec Louis Vachon
président de la campagne de financement de la Fondation de BAnQ

par Sophie Montreuil, Directrice de la recherche et de l'édition, BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie

Pourquoi avez-vous accepté de présider la première campagne de financement de la Fondation de BAnQ?

C'est d'abord à cause du rôle important joué par BAnQ dans la communauté et de ma volonté de lui donner les moyens d'aller encore plus loin1. Dans un second temps, c'est pour briser ce que j'appellerais un « tabou philanthropique ». J'aime participer à des campagnes de financement pour des institutions qui n'ont jamais reçu l'appui du secteur privé. La New York Public Library et d'autres bibliothèques dans plusieurs pays sont soutenues financièrement par des entreprises privées. Pourquoi ne pas le faire aussi au Québec? Enfin, surtout, j'ai une passion pour la lecture et les livres. À trois ans, je me plongeais déjà dans les grandes encyclopédies Larousse, des ouvrages dont je conserve deux éditions : celle des années 1930, ayant appartenu à mes grands-parents, et celle des années 1970, que possédaient mes parents.

Vous êtes un grand lecteur et un grand collectionneur de livres  : en quoi ces deux passions vous nourrissent-elles, nourrissent-elles votre travail?

Il y a une corrélation directe entre la lecture et la curiosité intellectuelle. Les gens qui lisent beaucoup ont une meilleure culture générale, ce qui, dans tous les domaines, représente un avantage. Dans leur travail, ces gens ont une plus grande facilité à analyser et à contextualiser différents types d'informations. La plupart des nouveaux concepts procèdent d'ailleurs de ce qu'on pourrait appeler de l'innovation adaptative : on prend un concept issu d'une discipline en particulier et on l'adapte à une autre discipline. Avoir des connaissances approfondies dans plusieurs domaines a des avantages non seulement pour l'individu, mais aussi pour l'ensemble de la société.

Personnellement, je relis souvent les livres que je possède et j'annote beaucoup ceux qui portent sur des sujets liés à ma profession. Je retourne régulièrement à ces livres et à ces notes, quand je prépare des dossiers ou de gros projets, par exemple. Les livres sont pour moi des instruments de référence incontournables.

Qu'est-ce qui vous décide à faire l'achat d'un livre ancien?

Je ne fais pas d'achats impulsifs. Je reçois des catalogues qui me permettent de faire mes choix. Je souhaitais acquérir Seven Pillars of Wisdom de Thomas Edward Lawrence depuis plusieurs années. Il en existe plusieurs éditions qui ne sont pas toutes de même qualité. Avant de me décider, j'ai attendu de trouver une bonne édition avec une dédicace de l'auteur.

L'histoire et l'économie sont les domaines qui m'intéressent le plus. J'ai par exemple l'une des premières versions anglaises de La guerre des Gaules de Jules César. C'est une très belle édition illustrée. En règle générale, les livres que j'achète et que je collectionne doivent d'abord me toucher.

Qu'est-ce qu'un livre ancien peut apporter à quelqu'un qui n'en a jamais tenu un entre ses mains?

Ce qui m'étonne toujours, avec les livres anciens, c'est de constater d'une part la fragilité de l'objet et, d'autre part, la permanence des idées et de la culture qui, elles, continuent de vivre dans les éditions successives d'un livre. Les livres anciens sont riches d'enseignements sur l'objet lui-même, bien sûr, sur son histoire, sur ses possesseurs, mais ils témoignent en outre du savoir et de l'avancement de celui-ci. C'est dire combien ils ont de la valeur!


 

1. On trouvera de l'information sur la campagne de financement à l'adresse suivante : http://www.banq.qc.ca/a_propos_banq/fondation_banq/campagne_2013-2018.

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