La vie de BAnQ

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IFLA 2013. Les bibliothèques du futur : des possibilités à l'infini

par Danielle Chagnon, directrice du développement de la Collection universelle

Singapour a accueilli cette année la 79e édition du Congrès de l'IFLA (Fédération internationale des associations de bibliothèques). Du 17 au 23 août, plus de 3500 congressistes représentant 122 pays ont assisté aux centaines de présentations, débats et séances plénières couvrant tous les défis et enjeux qui préoccupent le monde bibliothéconomique.

On constate, sans grande surprise, un intérêt très marqué pour tout ce qui gravite autour du livre numérique : droit de prêt, diffusion, dépôt légal, traitement, qu'importe le continent, les problématiques sont semblables. On est toutefois à même de réaliser l'écart qui divise les pays riches de ceux moins nantis, notamment les pays africains, où le livre numérique reste encore largement inaccessible.

Autre tendance lourde qui touche les sphères tant bibliothéconomiques qu'archivistiques : cette volonté de favoriser la participation des citoyens dans l'élaboration et la collecte de contenus. Quelques exemples : le projet d'« archives vivantes » University on the Square, qui a rassemblé photos, blogues, twits, sites Web, vidéos et artéfacts documentant la révolution égyptienne. Dans la même veine, mais avec un objectif différent, le Singapour Memory Project où les citoyens de la ville-État sont invités à partager leurs histoires personnelles à l'aide de photos et de textes.

Du côté de la référence, à souligner, une présentation de services mobiles novateurs dans les bibliothèques de l'université Virginia Tech qui utilisent une application permettant de communiquer avec des bibliothécaires de différentes sections thématiques qu'importe où ils se trouvent dans la bibliothèque.

Parmi les moments forts du congrès, on note un hommage très émouvant à Ingrid Parent, présidente sortante et première Canadienne à occuper ce poste prestigieux ; la remise du prix de la meilleure affiche à la présentation Les bibliothécaires de Fukushima, qui montre de façon très personnelle l'implication de bibliothécaires japonais auprès de la population après le tremblement de terre dévastateur de 2011. Finalement, le lancement d'un document important : IFLA Trend Report, fruit de plusieurs mois de travail, qui documente les principaux enjeux technologiques, économiques et sociaux auxquels sont confrontés les acteurs de l'information.

Plusieurs visites de bibliothèques étaient organisées dans le cadre du congrès et j'ai eu la chance de voir la bibliothèque régionale de Jurong, la plus importante du réseau des bibliothèques publiques de Singapour. La plupart des services (prêt et retour des documents, paiement des frais, etc.) sont organisés pour favoriser l'autonomie de l'usager, mais nouveauté ici : l'abonnement se fait aussi de façon automatisée en utilisant la carte d'identité du citoyen. Autre particularité : un étage complet réservé aux ados avec, bien sûr, une collection de mangas très imposante.

En résumé : un congrès inspirant qui nous conforte dans l'idée que partout, sur notre petite planète, des efforts importants sont faits pour préserver et diffuser le savoir et la mémoire des peuples.

Prochain rendez-vous : Lyon, où nos cousins français seront les hôtes du congrès de 2014.

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Une nouvelle collection de cartes géographiques pour l'emprunt

par Jimmy Légaré, chef de service de la section Histoire, sciences humaines et sociales
Direction de la référence

Depuis cet automne, les usagers de la Grande Bibliothèque peuvent emprunter des cartes géographiques, plus précisément des cartes routières ou touristiques. De format pratique, elles sont pliables et plastifiées afin de résister à plusieurs aventures. Ces cartes couvrent près d'une centaine de destinations – pays, régions et villes.

Plusieurs usagers avaient auparavant exprimé le besoin d'avoir accès à des cartes plus détaillées que celles contenues dans les guides de voyages et plus pratiques que les atlas, qui ne couvrent pas nécessairement toutes les régions du monde. Les nouvelles cartes, assez difficiles à trouver sur le marché, complètent bien l'offre actuelle de documents sur la planification de voyage. Cette nouvelle collection se trouve au niveau 3 de la Grande Bibliothèque, à proximité du comptoir de service et de l'importante collection de guides de voyages.

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Les données ouvertes

par Jean-François Gauvin, directeur des services Web

Les données ouvertes sont une manifestation bien concrète du concept de Web sémantique (Web 3.0) mis de l'avant il y a plus de 10 ans par Tim Berners-Lee, le créateur du World Wide Web. La finalité du concept passe par une mutation du Web que nous connaissons, où les objets (pages Web) sont identifiés au moyen d'une adresse propre (URL), vers un Web basé sur les données où chacune d'elles possède sa propre identité.

Grâce à ce changement de paradigme, le niveau de granularité de l'information devient beaucoup plus fin et précis. En ouvrant ainsi les données directement sur le Web, il devient possible de les lire, de les récupérer, de les analyser et surtout de les réutiliser. La véritable force du concept des données ouvertes est liée au fait que les méthodes pour y arriver sont relativement simples et graduelles.

Selon l'échelle proposée par le World Wide Web Consortium (W3C), il y a cinq niveaux possibles d'ouverture des données, le premier niveau étant celui de rendre un document, peu importe son format, disponible sur le Web même si l'information qu'il contient ne peut être facilement récupérable (un document PDF, par exemple). Le deuxième niveau comprend les documents structurés mais dans un format propriétaire (Excel, par exemple). Le même document mais dans un format non propriétaire (CSV) constitue le troisième niveau.

L'atteinte des quatrième et cinquième niveaux présuppose la mise en place d'une infrastructure de diffusion des données basée sur différentes normes et procédures qui engagent une conversion de données vers une structure adaptée au Web sémantique, le format RDF (Resource Description Framework). C'est une étape importante, car on entre alors de plain-pied dans le véritable Web sémantique, avec des données ouvertes qui peuvent être liées entre elles ou avec d'autres ensembles de données sur le Web. Quelques grandes bibliothèques nationales ont déjà des données ouvertes de niveau 5 disponibles (Bibliothèque nationale de France, Library of Congress, British National Library, etc.).

De son côté, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) participe à l'initiative du gouvernement ouvert du Québec. L'institution rend disponibles plusieurs ensembles de données via le site du gouvernement qui a été mis en ligne en juin dernier (donnees.gouv.qc.ca). Il est possible d'y obtenir la liste des nouvelles acquisitions, la Bibliographie du Québec, le plan de classification et la liste des adresses des édifices de BAnQ en format lisible par les outils de géolocalisation comme Google Maps ou un simple GPS. On peut aussi y télécharger la liste mensuelle des 100 termes les plus recherchés dans le catalogue Iris. Cette initiative n'est qu'un début, car d'autres données seront rendues disponibles dans un avenir rapproché. L'entrepôt de données de BAnQ contient d'ailleurs une foule de statistiques allant de l'achalandage de ses édifices aux données concernant le prêt de documents depuis l'ouverture de la Grande Bibliothèque.

Enfin, BAnQ a été l'hôte du deuxième Sommet LODLAM (Linked Open Data in Libraries, Archives and Museums) en juin dernier. Cette rencontre a permis de rassembler les experts du domaine des données ouvertes et d'échanger sur les usages et pratiques dans ce nouveau domaine.

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Le microfilmage. Partie 2 : le programme de microfilmage à BAnQ

par Marie-Chantal Anctil, coordonnatrice de la Section de la reproduction
Direction de la numérisation

La Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et les Archives nationales du Québec (ANQ) ont mené indépendamment des programmes de microfilmage avant leur réunion en 2006 pour former Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Les premiers microfilms ont été réalisés dès le début des années 1970.

À la BNQ, une équipe de cinq ou six personnes assurait toutes les étapes de production et de promotion des microfilms. Du côté des ANQ, une équipe de deux personnes effectuait le travail de laboratoire et supervisait le travail et la formation du personnel dans les différents centres d'archives. Les ANQ possédaient des unités mobiles de microfilmage.

Dans les deux institutions, la production de microfilms faisait l'objet de contrôles de qualité permettant de constater les erreurs de prise de vue au moment du développement, mais également après l'entreposage en réserves. Les vérifications étaient aussi réalisées en amont, lors de l'inventaire des documents. On microfilmait les collections de la manière la plus complète possible et avec les documents de la meilleure qualité parmi ceux qui étaient disponibles, en limitant les numéros manquants et les pages endommagées.

Une façon de contrôler la qualité était de photographier au début et à la fin de chaque bobine une mire de résolution. Celle-ci permettait d'évaluer la qualité de toute la chaîne de production. On regardait la lisibilité du document afin de s'assurer que les caractères n'étaient pas bouchés et on mesurait la densité de chaque film.

Les normes en matière de microfilmage étaient très précises : elles dictaient chaque étape, du nombre d'épissures1 (ou montage) aux réductions maximales en passant par la quantité de résidus de thiosulfates2 et le nombre de générations permises à partir de la prise de vue. La conservation des bobines originales était au coeur de toutes les étapes de production. De ce point de vue, l'état de la collection de microfilms réalisés par BAnQ est impeccable.

Le néophyte sera surpris de constater que, autant les normes étaient strictes sur certains aspects du travail, autant elles demeuraient muettes sur d'autres : que fait-on quand il y a une erreur dans la date de parution ou quand un film développé sort rose? Comment utilise-t-on les différents appareils? Au fil des ans, un manuel complémentaire de près de 400 pages a été rédigé par l'équipe de la Section de la reproduction de la BNQ.

Tant du côté de la BNQ que du côté des ANQ, la production respectait scrupuleusement les normes internationales, nationales et institutionnelles afin de produire des bobines de qualité. Pourquoi tant de rigueur? C'est qu'on estimait que certaines collections papier seraient décimées en quelques décennies. Le microfilm, avec une longévité de 500 ans, était donc considéré comme une solution à ce problème et devenait un support de substitution à l'original.

 


1. Réunion de deux parties d'un microfilm.

2. Pour plus de détails sur les thiosulfates, consultez cet article de l'Institut canadien de conservation : http://www.cci-icc.gc.ca/ publications/notes/16-6_f.pdf.

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Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.