La vie de BAnQ

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Destination Québec. Une publication de BAnQ sur le tourisme

par Danielle Léger, bibliothécaire responsable de la collection d'affiches
Direction de la recherche et de l'édition

Vous passerez vos vacances estivales dans le Bas-Saint-Laurent? Vos amis français sont venus faire du ski attelé dans les Laurentides l'hiver dernier? Ces pratiques s'inscrivent dans le droit fil de l'histoire passionnante du tourisme. Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) s'est intéressée aux documents éphémères – affiches, brochures, calendriers, guides, illustrations et publicités – qui en témoignent.

Destination Québec, un livre publié par les Éditions de l'Homme au printemps 2013, raconte l'éclosion du tourisme au Québec au début du XIXe siècle et son expansion tout au long du XXe siècle. Marc H. Choko, professeur honoraire à l'École de design de l'UQAM et spécialiste de l'affiche québécoise et canadienne, Michèle Lefebvre, agente de recherche à la Direction de la recherche et de l'édition de BAnQ, et moi-même signons les textes de Destination Québec – Une histoire illustrée du tourisme. Nous avons aussi choisi les quelque 350 documents tirés du patrimoine graphique québécois qui illustrent l'ouvrage. La moitié de ces documents provient des collections de BAnQ; l'autre moitié, de diverses collections publiques et privées.

Cette histoire illustrée témoigne du développement des moyens de transport : premiers trains à vapeur sillonnant le territoire québécois, grands transatlantiques voguant sur le majestueux fleuve Saint-Laurent, automobiles, dont l'avènement a démocratisé la pratique du tourisme itinérant. Elle fait aussi écho aux premières grandes manifestations culturelles et festives orchestrées en territoire québécois. Elle évoque de hauts lieux de villégiature, de vastes paysages qui ont interpellé les visiteurs québécois, anglo-canadiens, étatsuniens et européens. On y salue le potentiel touristique de l' « or blanc » qui sert d'écrin aux carnavals d'hiver.

Sans oublier les plaisirs urbains, aux multiples séductions. Les auteurs analysent également la production graphique issue de la promotion touristique et interrogent l'image du Québec qui en est issue.

Une exposition portant le même titre que le livre sera présentée à Québec, au Musée de la civilisation, du 21 mai au 18 août 2013. Elle est composée d'une quarantaine d'affiches conçues pour vendre du rêve, choisies pour leurs qualités graphiques ou documentaires. Ces œuvres sont tirées des collections du Musée et des collections patrimoniales de BAnQ. L'exposition sera ensuite présentée au Centre d'archives de Montréal de BAnQ à compter du mois d'août 2014.

Glissez-vous dans la vie des touristes d'autrefois. Imaginez une visite à la réserve amérindienne de Kahnawake en 1880 en compagnie de Sarah Bernhardt, une descente des rapides de Lachine sur un bateau à vapeur de la Richelieu & Ontario en 1895, un séjour dans le premier Manoir Richelieu en 1900, un tour de la Gaspésie en automobile en 1930, une soirée d'hiver au Saint-Adèle Lodge pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Les attraits qui ont séduit les touristes d'antan nous appellent encore. Et les œuvres publicitaires liées à l'histoire du tourisme convaincront ceux qui ne le sont pas encore de l'importance de recueillir et de préserver ce pan de notre patrimoine culturel.

 

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Le microfilmage

par Marie-Chantal Anctil, coordonnatrice
Section de la reproduction, Direction de la numérisation

Cette série de trois articles, qui paraîtront dans ce numéro et les deux prochains d'À rayons ouverts, porte sur le microfilmage, une activité menée par BAnQ pendant 40 ans, aujourd'hui remplacée par la numérisation des documents.

Partie 1 : Historique et support

Il est indéniable que le microfilm a permis la sauvegarde de collections fragiles; certains documents perdus ou détruits n'existent désormais que sous forme de microfilm. Il est intéressant de savoir qu'il a également contribué à l'effort de guerre en permettant la circulation d'informations sur les perspectives d'attaques, le transport aérien et l'entretien du matériel au sein des troupes durant la Seconde Guerre mondiale, les deux principaux avantages du microfilm étant sa capacité de stockage et sa facilité de consultation : une loupe suffit pour en lire le contenu.

Les premiers essais de micrographie1 de documents remonteraient à 1839 et auraient été effectués par l'opticien anglais John Benjamin Dancer sur des daguerréotypes2. Un siècle de découvertes s'écoula avant la commercialisation, en 1937, des premiers microfilms destinés à la reproduction de documents.

Chefs de file dans le domaine, les institutions nord-américaines ont instauré les premières politiques de microfilmage. À l'apogée de sa production, la Library of Congress affectait 140 personnes au service de reproduction; c'est dire l'importance du microfilm dans un contexte prénumérique. Au Canada, les grands projets de microfilmage ont notamment été menés par le Service des thèses canadiennes sur microfiche de la Bibliothèque nationale du Canada (dès 1965) et par l'Institut canadien de microreproductions historiques3 (dès 1978).

Le papier à pâte de bois, particulièrement celui commercialisé de 1880 à 1960, devient très friable avec le temps, en raison de son fort taux d'acidité. Le besoin de reproduire les documents produits avec ce papier s'est donc intensifié au fil des ans. Microfilmer un document papier est avant toute chose une activité de préservation.

La résolution des microfilms surpasse celle des autres pellicules analogiques (photographie, cinéma); ceci est indispensable pour la lisibilité à des facteurs élevés de réduction (48X). Le contraste est plus marqué afin de maximiser la capacité de lecture des documents noir et blanc. Pour cette raison, le microfilm s'avère moins performant pour reproduire les encres de couleur sur fond de couleur. Des microfilms couleur ont été commercialisés, mais avec de piètres résultats.

La production des microfilms, régie par des normes internationales rigoureuses afin d'assurer leur longévité, s'articule comme suit : la pellicule vierge est exposée à la lumière (prise de vue), puis traitée chimiquement (développement) et reconstituée (montage); des contrôles de qualité sont effectués à toutes les étapes. On peut même copier des microfilms. Support de conservation reconnu, le microfilm gélatino-argentique aurait une espérance de vie de près de 500 ans.


1. « Micrographie et micrographics désignent l'ensemble des techniques liées à la reproduction en réduction de document, qu'il s'agisse de films transparents ou de supports opaques. » Philippe Rouyer, L'âge d'or du microfilm, 1999, p. 20.

2. Procédé photographique sans négatif développé par Louis Daguerre en 1835.

3.L'ICMH est devenu Canadiana.org en 2008 afin d'entamer un virage numérique.

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L'interface Milieu de l'éducation

par Amine Tehami, coordonnateur du comité Web-Éducation

Pour qui la découvre de l'intérieur, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) n'est pas sans rappeler la caverne d'Ali Baba tant elle regorge de trésors cachés. Comme nous sommes en 2013, cette caverne a pignon sur Web. Afin de permettre aux intervenants du milieu de l'éducation de trouver les ressources pouvant leur être utiles dans le cadre de leur travail, une interface de recherche rassemblant ces ressources pertinentes a été créée l'automne dernier. Une première section s'adresse au personnel enseignant qui désire vivre ou faire vivre à ses élèves une expérience in situ : animation littéraire, visite, colloque, etc. La seconde recense des sources (textuelles, sonores, visuelles, etc.) pour ceux qui souhaitent enrichir leurs cours. La troisième propose des activités pédagogiques pour ainsi dire clé en main.

Depuis son dévoilement, l'interface suscite des échos favorables à plusieurs paliers du réseau de l'éducation. Les statistiques de fréquentation signalent en moyenne 850 visites mensuelles au cours du premier trimestre. Mieux encore, chaque visiteur a consulté en moyenne 2,3 pages et compté 39,65 secondes d'affichage au total – une éternité sur le Web!

Le défi est double dans l'immédiat : veiller à rassembler, encore et toujours, toutes les ressources de BAnQ non encore repérées et susceptibles d'intéresser le milieu de l'éducation, du préscolaire au post-doctorat, et surveiller la fréquentation du portail dans la mesure où elle est révélatrice de la diffusion desdites ressources.

Le premier défi appelle à une concertation étroite entre les membres du comité interne Web-Éducation. Le second exige un effort d'imagination : comment promouvoir une plus grande visibilité des ressources existantes, notamment auprès de certains membres du personnel scolaire, comme les enseignants d'histoire du secondaire? Et, surtout, comment prendre le pouls de l'expérience de l'usager proposée actuellement?

Heureusement, et à la différence de ce que raconte la fable millénaire, les trésors de BAnQ ne peuvent se volatiliser… mais seulement être dévoilés.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.