Mot du président-directeur général

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La Poune au royaume de Borges

par Guy Berthiaume
Président-directreur général

J'épargnerai au lecteur une réflexion savante sur le rire. Avec Umberto Eco, je me contenterai de regretter la disparition – réelle ou fictive – du second volume de La poétique dont on pense qu'Aristote l'avait consacré à la comédie. J'éviterai aussi la question oiseuse de savoir s'il y a trop d'humoristes, pour me contenter de remarquer qu'il n'y a jamais trop d'humour dans nos sociétés politiquement corrigées. Et de suggérer qu'au nombre des droits mentionnés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU, il est urgent d'ajouter le droit à l'humour! Rappelons à ce sujet qu'en mars dernier, un populaire humoriste égyptien, Bassem Youssef, a été poursuivi pour avoir insulté le leader de son pays en faisant circuler « de fausses nouvelles ».

Le texte du collègue Sylvain de Champlain sur Le burlesque au Québec commence comme il se doit par une énumération des surnoms des vedettes du genre : Balloune, Tizoune et la Poune; Swifty, Pizzy-Wizzy et Pic-Pic. En lisant ces noms, c'est le souvenir de Richard Garneau les débitant au micro de Joël Le Bigot qui me revient, et je profite de ce moment de vagabondage cérébral pour avoir une pensée pour celui qui a reçu, à titre posthume, le prix Camille-Laurin de l'Office québécois de la langue française.

Notre connaissance de l'humour québécois doit beaucoup aux fonds d'archives que ses grands artisans ont confiés à notre institution, comme le rappellent dans nos pages les archivistes Valérie D'Amour et Mireille Lebeau. Jean Grimaldi, Clémence DesRochers, Yvon Deschamps, Claude Meunier et, maintenant, l'incomparable Dominique Michel ont tous confié à BAnQ leurs manuscrits, leurs photographies, leurs textes annotés et leurs carnets de réflexions. De quoi occuper les historiens de plusieurs générations et permettre à Dodo, Ti-Mé et Mademoiselle Sainte-Bénite de prendre leur place au panthéon de l'humour aux côtés de La Poune et de Tizoune père et fils.

Et, en restant au chapitre de l'énumération comme procédé comique, que dire des titres des journaux humoristiques de la fin du XIXe siècle? Le Perroquet, Le Crapaud, Le Coq, Le Cochon, Le Castor national. Qu'une dizaine d'hebdomadaires humoristiques aient été publiés en 1878 a de quoi surprendre, alors que les mensuels d'humour peinent à survivre aujourd'hui. Comme quoi il n'est pas récent que l'humour occupe une place de choix dans la vie culturelle du Québec.


J'attire l'attention du lecteur sur deux articles de la section « La vie de BAnQ » présentant des actions innovantes au sein de notre institution. Dans les deux cas, il s'agit de mieux rendre service à deux groupes que nous avons particulièrement à cœur : les jeunes et les acteurs du milieu de l'éducation. Jennifer Ricard relate une première expérience hors les murs avec des garçons de 7 à 10 ans qui vivent et étudient au Centre jeunesse de Montréal; quant à Amine Tehami, il attire l'attention sur l'interface Milieu de l'éducation de notre portail Internet, une initiative conçue pour promouvoir la lecture, la littératie et l'appétit pour le savoir. Mieux aider les jeunes à apprendre pour bâtir leur avenir, voilà un mandat qui n'est pas léger! Raison de plus pour l'aborder avec humour.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.