La vie de BAnQ - 2e partie

Table des matières

Quand un livre part à la rencontre de son lecteur… sur le Web!

par Caroline Fortin, bibliothécaire
Direction des acquisitions et du traitement documentaire de la Collection universelle

À une époque où la variété des médias proposés en bibliothèque augmente sans cesse, le livre reste encore l'objet de prédilection des usagers de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), et c'est pour nourrir leur passion sur ce plan que le blogue Annotations a vu le jour le 28 mai 2012.

Annotations est issu d'une volonté institutionnelle de donner une nouvelle tribune au livre grâce à cette merveilleuse vitrine qu'offrent les fonctions interactives du Web. Sous la gouverne de Danielle Chagnon, directrice de la référence et du prêt, ce premier blogue de BAnQ rassemble une dizaine de bibliothécaires qui se sont engagés à partager, avec des lecteurs avides de découvertes, leurs propres coups de cœur littéraires ou tout simplement… livresques.

Au rythme d'un à deux billets par semaine, les blogueurs témoignent des aspects les plus percutants ou émouvants des livres qu'ils ont dénichés, tout en sollicitant l'avis des lecteurs. Ils offrent une jolie palette de suggestions de lectures aux usagers de BAnQ ou à tout chercheur de trésors textuels. Sont abordés des thèmes aussi variés que l'histoire, la littérature québécoise, française, américaine, les livres numériques, la bande dessinée, le roman policier, la littérature populaire ou le livre pour enfants, et le bassin des possibilités demeure infini. Chaque public y trouve son compte.

Véritable opération de médiation entre le livre et son lecteur en devenir, Annotations est d'abord, bien sûr, légitimé par la richesse des collections de BAnQ, et par la curiosité stimulante de ses usagers. Mais au-delà de ce premier mandat, grâce à l'outil de communication qui a été privilégié, le blogue rejoint des publics de la francophonie situés à l'extérieur des frontières de l'institution qui l'héberge. Et c'est une réussite indéniable : plus de 1500 visites par mois, des consultations en provenance du Québec, de la France, de l'Angleterre, etc., et des commentaires positifs et constructifs. Un réel enrichissement de l'offre de services de BAnQ!

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Pourquoi le jeu vidéo en bibliothèque?

par Stéphanie Gagnon, chef du Service des acquisitions et du développement de la Collection universelle

Êtes-vous sceptique au sujet de l'introduction du jeu vidéo dans les bibliothèques publiques? En proie au doute en ce qui concerne la pertinence de cet élément? Le jeu vidéo ne vous apparaît-il que comme une forme d'hameçonnage pour attirer les adolescents, afin de catalyser ensuite leurs besoins vers les sources documentaires dites légitimes?

À ces questions, voici quelques réponses lues dans la littérature professionnelle ou véhiculées par ceux qui ont pris le pari d'introduire le jeu vidéo dans leurs collections, suivant ainsi un continuum d'offres bien établies de jeux de société, de logiciels, de bandes dessinées, de films d'animation et d'autres formes d'art apparentées.

Introduire le jeu vidéo dans la bibliothèque, c'est reconnaître son impact dans plusieurs sphères du développement humain : gain d'aptitudes cognitives, stratégiques, développement de la mobilité physique (chez les personnes âgées, notamment). De plus, le jeu est utilisé dans certaines bibliothèques comme un outil de socialisation, notamment pour des activités d'animation.

Prêter le jeu, pour une bibliothèque, c'est également en reconnaître la valeur culturelle. Dans un rapport publié par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)1, on inscrit le jeu vidéo au registre des productions numériques culturelles, s'appuyant sur la caution obtenue ailleurs dans le monde :

« À la frontière de la culture et du divertissement, le jeu vidéo a été reconnu récemment comme une forme d'art par un organisme gouvernemental américain, le National Endowment for the Arts. Il a reçu le même genre de reconnaissance par la France, qui le considère comme une industrie culturelle à part entière, au même titre que le cinéma ou la musique2. »

Le pas semble franchi, au Québec, où s'épanouit une industrie du jeu vidéo reconnue pour ses productions de qualité. Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a d'ailleurs scellé des partenariats avec des joueurs de cette industrie au cours des derniers mois. Aux collaborations avec WB Games Montréal et Ubisoft s'ajoutait récemment pareille entente avec Electronic Arts. Dans tous les cas, BAnQ bénéficie désormais des dons de leurs productions pour les offrir en prêt à la Grande Bibliothèque.

Ainsi donc, BAnQ propose à ses usagers, jeunes et adultes, une collection de jeux vidéo. Celle-ci est développée à partir d'une sélection de jeux de qualité, de jeux primés et d'incontournables. L'offre de l'Espace Jeunes est constituée de jeux pour la famille alors que l'offre ados / adultes propose des jeux tous publics ainsi que des jeux pour les adolescents et les jeunes adultes3.

La collection de jeux vidéo fait déjà l'objet d'un fort engouement, atteignant des taux de prêt réjouissants. Il s'agit d'une proposition qui séduit les usagers de la bibliothèque, en plus de constituer une reconnaissance de l'apport culturel de l'industrie du jeu vidéo, dont les créateurs s'inspirent, parions-le, des univers fictifs du monde littéraire!


1. SODEC Québec, Porte grande ouverte sur le numérique – Rapport sur la consultation Option culture, virage numérique, Montréal, SODEC Québec, 2011.

2. Ibid, p. 13.

3. Par jeux pour jeunes adultes, on entend les jeux dont la cote de classement qui figure sur le boîtier est « M ». Cette cote est attribuée par l'Entertainment Software Rating Board pour les jeux dits « matures » / jeunes adultes.

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Un colloque « autour de l'affiche »

par Danielle Léger, bibliothécaire responsable de la collection d'affiches
Direction de la recherche et de l'édition

Organisé conjointement par l'École de design de l'UQAM et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), le colloque Autour de l'affiche : une perspective québécoise et patrimoniale a rassemblé près d'une centaine de professionnels du patrimoine, de chercheurs, d'amateurs chevronnés et de citoyens curieux de cette production graphique les 11 et 12 octobre derniers. Dans une conférence tous publics présentée à la Grande Bibliothèque, Marc H. Choko, professeur à l'École de design de l'UQAM, a décrit son parcours d'amateur et de collectionneur devenu spécialiste de l'affiche québécoise. Communicateur enthousiaste, M. Choko a souligné le caractère à la fois urbain, commercial et éphémère de l'affiche, présenté plusieurs affiches remarquables et commenté l'incontournable « histoire tronquée » issue du désintérêt qui a jusqu'à tout récemment affecté la préservation de ce patrimoine visuel.

Le lendemain, au Centre d'archives de Montréal, une journée d'échanges scientifiques et professionnels s'est ouverte avec un invité français, Thierry Devynck, conservateur des affiches à la bibliothèque Forney de la Ville de Paris. Sa conférence d'ouverture a permis de mieux connaître la collection de quelque 30 000 pièces détenue par cette institution municipale, l'une des trois grandes collections d'affiches françaises (avec celles de la Bibliothèque nationale de France et du Musée de la publicité). Le conférencier a aussi mis en perspective les collections publiques françaises et les nombreux enjeux de la diffusion publique des collections patrimoniales, ces dernières n'étant pas rassemblées « pour égayer nos placards ».

Ont suivi 12 interventions d'une quinzaine de minutes chacune, préparées par des archivistes, bibliothécaires, historiens, muséologues et chercheurs qui ont présenté leurs collections et travaux, l'état de la recherche historique sur l'affiche québécoise et des projets de recherche prenant l'affiche comme source ou matériau. Ce forum d'échange – sans doute une première au Québec – saluait les 25 ans et demi de l'entreprise montréalaise Publicité Sauvage, partenaire de BAnQ pour le dépôt légal de l'affiche depuis 2007, et les 20 ans du dépôt légal de l'affiche québécoise. D'après les premiers témoignages reçus, il semble bien que l'événement ait suscité rencontres, découvertes et projets, dans un contexte transdisciplinaire : un prologue à la création d'une société des Amis de l'affiche québécoise?

BAnQ a publié pour l'occasion un Répertoire des collections institutionnelles d'affiches d'intérêt québécois qui recense 83 collections conservées au Québec ou hors frontières. Outre la mise à jour continue de ce répertoire, plusieurs autres chantiers se dessinent en filigrane : langage d'indexation unique peu importe le lieu de conservation des affiches? poursuite concertée des chantiers de numérisation? projets collaboratifs de mise en valeur des affiches? conservation de l'affiche numérique? Déjà, avec une connaissance plus fine des collections institutionnelles, leur développement s'est sans doute enrichi de nouveaux repères.

Pour consulter le programme complet du colloque et le répertoire des collections d'affiches.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.