Dossier - 3e partie

Table des matières

Dossier : La philosophie au Québec


Jacques Maritain au Québec : un passeur qui n'a pas passé partout

par Yvan Lamonde, professeur émérite
Département des langues et littératures, Université McGill

Jacques Maritain (1882-1973) vient pour la première fois au Québec en octobre 1934. Il arrive dans un Canada français à l'apogée du triomphalisme clérical et de la philosophie thomiste la plus scolaire, en pleine crise économique, sociale, politique et spirituelle. Maritain, qui s'est dissocié de L'Action française de Charles Maurras et qui fut le passeur entre le Vatican et ce mouvement lors de sa condamnation en 1926, est alors connu au Québec pour ses ouvrages de philosophie et son intérêt pour une esthétique chrétienne consigné dans Art et scolastique (1920).

Entre 1934 et 1945, Maritain passera assez souvent à Montréal et à Québec, lui que la guerre retient à Princeton. Il y fait de nombreuses conférences, y rencontre la jeune relève catholique de l'époque (André Laurendeau, Jean Charbonneau1, Jean Le Moyne, Paul Beaulieu, Claude Hurtubise) et y joue un rôle de mentor auprès de nouvelles revues (La Relève, Gants du ciel) et des Éditions de l'Arbre que Charbonneau, Beaulieu et Hurtubise lancent en 19402. La période de la Crise mais surtout de la guerre amène de nombreux philosophes à collaborer aux revues canadiennes-françaises nouvellement lancées : Emmanuel Mounier (qui, décédé en 1950, ne viendra jamais au Québec), Yves Simon (ami de Maritain, professeur à l'Université de Notre Dame [Indiana]), Gabriel Marcel qui publie dans La Nouvelle Relève un long texte sur « La philosophie de l'épuration », Jean Wahl, Jean-Paul Sartre qui vient faire une conférence à Montréal en 1946, l'année même où Raymond Klibansky arrive à l'Université McGill. Un certain courant de sociologie historique a magnifié la présence de Mounier au Québec avant que Cité libre ne lui donne ses lettres de créance locales, mais c'est Maritain qui marque intellectuellement et spirituellement la pensée des Canadiens français des années 1930 et 1940. Pour comprendre ce que néo-thomisme veut dire, il faut lire Maritain autant comme un essayiste que comme un philosophe.

« Être d'abord »

C'est dans la foulée de la condamnation de L'Action française que Maritain publie son programme intellectuel, Primauté du spirituel (1927). Je dirai, pour faire image, qu'il reformule en la subvertissant et en la minant l'idée ultramontaine, celle connue au Canada français sur le mode de la primauté de l'Église sur l'État. Lui qui, au temps de l'Action française, avait appris à distinguer la religion de la politique, entreprend d'élargir cette distinction en donnant une dimension humaniste au spirituel. Son leitmotiv auprès des jeunes : « Être d'abord », être d'abord comme personne (le personnalisme naît autant chez Maritain que chez Mounier), comme soi, avant d'être un nous collectif. C'est là où chez lui le nationalisme est reformaté, relativisé. On imagine facilement comment les membres du mouvement Jeune-Canada et le jeune Laurendeau de Notre nationalisme (1935) auront un certain défià conjuguer leur admiration pour Maritain et pour Groulx.

Son deuxième ouvrage, Humanisme intégral (1936), dont il livre le contenu lors de ses conférences à Montréal à l'automne 1934, prend appui sur le premier : c'est le spirituel qui est premier et qui fonde la hiérarchie des fins chez un chrétien. Mais cette hiérarchie est pour les hommes, elle doit être humaniste et le temporel, l'existence valent d'être vécus. Le chrétien doit s'engager dans le temporel comme dans la Jeunesse ouvrière chrétienne, dans la Jeunesse étudiante chrétienne, il doit engager sa foi dans le temporel. J'estime que c'est cette valorisation de l'esprit chez Maritain et chez Mounier qui va servir de passerelle pour aller du spirituel à l'esprit, y compris à l'esprit laïque.

Maritain introduit une autre notion, agir en chrétien / agir en tant que chrétien, qui ouvre les fenêtres de la grosse maison de pierres ancestrale de l'ultramontanisme, qui va permettre de désolidariser la religion du pouvoir et de la politique : « Parler comme un catholique ayant telle position temporelle et parler au nom du catholicisme sont deux choses bien différentes3 ». C'est la personne engagée qui parle ; la hiérarchie dit autre chose.

Un empêcheur de tourner en rond

L'histoire des idées oblige à mettre le doigt sur des notions-clés qui permettent de voir, au-delà des modes et des vedettes intellectuelles, moins les messagers que les messages. C'est la traversée des blocages, la subversion des dogmes qui sont intéressantes, surtout lorsque le passeur fait passer ce qui ne passait pas, ce qui ne pouvait plus ne pas passer,au risque de voir éclater l'institution, sinon une croyance.

Par son activité même aux États-Unis, Maritain aura aussi appris aux jeunes intellectuels et croyants de l'époque une réconciliation de leur héritage européen et de leur expérience américaine. Cela aura fait partie de l'attention de Maritain à son nouveau milieu avant d'être nommé ambassadeur de la France au Vatican en 1945. L'homme aura eu de la crédibilité en raison de son exceptionnel sens de l'écoute. On faisait face alors à ceux qui parlaient du haut de la chaire, du haut de l'autorité et qui avaient peu à apprendre de l'écoute, de l'humilité, de la charité. Ce sont ces hommes pro-Franco qui pouvaient difficilement faire une place au Canada français à cet empêcheur de tourner en rond.

Comprendre le sens des passages de Maritain au Canada français, c'est comprendre comment peuvent et ne peuvent pas se faire les changements dans cette société autoritaire où un catholicisme d'un autre type parvient lentement à faire sauter les écrous de la peur, parvient à inclure l'esprit et l'intelligence critique dans le spirituel.

1. On lira avec intérêt les souvenirs de Robert Charbonneau, Chronique de l'âge amer, Montréal, Éditions du Sablier, 1967.

2. Sur les activités de Maritain : Yvan Lamonde et Cécile Facal, « Jacques et Raïssa Maritain au Québec et au Canada français – Une bibliographie », Mens, vol. 8, no 1, automne 2007, p. 157-274 ; Yvan Lamonde, « La Relève (1934-1939), Maritain et la crise spirituelle des années 1930 », Les cahiers des Dix, no 62, 2008, p. 153-194.

3. Jacques Maritain, Humanisme intégral, Paris, Fernand Aubier, 1936.

 

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Penseurs sans frontières : à propos de quelques philosophes québécois qui rayonnent à l'étranger

par Daniel Chouinard, bibliothécaire
Direction des acquisitions et de la préservation des collections patrimoniales

Dans l'introduction qu'il signe à une imposante synthèse publiée en 1998, Raymond Klibansky fait un constat sur l'état de la philosophie au Québec d'autant plus précieux qu'il provient d'un éminent penseur venu de l'étranger et actif dans le domaine depuis plus de 60 ans :

« Or, depuis le début des années 60, la pensée philosophique d'expression française au Canada a connu un développement à ce point soudain et accéléré qu'il a peu de parallèles ailleurs dans le monde, un renouveau d'autant plus intéressant qu'il couvre un vaste éventail de disciplines jusqu'alors pratiquement ignorées et que la philosophie a cessé de se cantonner dans les universités des grands centres comme Montréal, Québec ou Ottawa, pour essaimer également avec vigueur vers les institutions nouvelles comme les centres universitaires ou collégiaux de Trois-Rivières ou de Rimouski1. »

Ce renouveau a d'ailleurs eu des échos au-delà des frontières du Québec et nous souhaitons en donner ici un modeste aperçu en présentant quelques exemples de penseurs québécois dont les œuvres ont été publiées à l'extérieur du Québec.

Charles De Koninck

Le nom de De Koninck est étroitement lié à l'Université Laval, de Québec, notamment en raison de Charles De Koninck (1906-1965), philosophe et théologien d'origine belge établi au Québec dès 1934 pour enseigner à la Faculté de philosophie de cette université. Son nom sera d'ailleurs donné à l'un des pavillons de l'université et plusieurs de ses enfants et petits-enfants enseigneront dans le même établissement.

En 1960, à la suite d'une série de conférences données à l'Université McMaster de Hamilton, en Ontario, l'Oxford University Press publie The Hollow Universe, de Charles De Koninck, qui fera date dans le domaine de la philosophie des sciences. Une version espagnole paraît en 1963. Autre fait remarquable, la publication d'une édition en langue anglaise de ses œuvres complètes a été entreprise en 2008 par l'University of Notre Dame Press en Indiana (deux des trois volumes prévus sont parus) et depuis 2009 les Presses de l'Université Laval font de même pour la version française, signe indéniable que ces éditeurs jugent que cette œuvre mérite de passer à la postérité.

Luc Brisson

Le village de Saint-Esprit, dans la région de Lanaudière, a vu naître en 1946 Luc Brisson, aujourd'hui considéré comme l'un des grands spécialistes mondiaux de Platon. Depuis 1974, Brisson travaille en France, au Centre national de la recherche scientifique. Il a publié une trentaine de livres et plus de 130 articles. On lui doit notamment de nombreuses traductions d'œuvres de Platon ainsi que de Plotin, philosophe grec du IIIe siècle, qui font autorité. S'ajoutent à cela plusieurs études sur ces auteurs et sur la philosophie de l'Antiquité. La plupart de ses livres ont été publiés par des éditeurs français prestigieux tels que Vrin, Flammarion, Les Belles Lettres et les Presses universitaires de France.

Charles Taylor

Charles Taylor, né à Montréal en 1931, est désormais une figure bien connue du grand public québécois pour avoir présidé, avec l'historien et sociologue Gérard Bouchard, la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, qui s'est tenue entre février 2007 et mai 2008. Ce que l'on sait peut-être moins, c'est que Taylor, qui a fait carrière à l'Université McGill, est l'un des philosophes québécois les plus connus à l'étranger.

Son œuvre, écrite en anglais et traduite dans une vingtaine de langues (dont l'espagnol, l'allemand, l'italien, le turc et le croate), est vaste et variée. Elle touche des domaines aussi divers que la philosophie de l'action, la question de l'identité, la philosophie morale, la philosophie du langage, l'interprétation en sciences sociales, la théorie politique et la question du multiculturalisme. Ses livres intitulés Les sources du moi (1989), une ambitieuse tentative de cerner l'identité dans le monde moderne en décrivant sa genèse, et L'âge séculier (2007), qui examine sur les plans philosophique et historique le phénomène de sécularisation du monde moderne, ont reçu un accueil critique élogieux et ont largement contribué à sa renommée.

Jean Grondin

Finalement, Jean Grondin, né en 1955 à Cap-de-la- Madeleine, est lui aussi une sommité que l'on gagnerait à mieux connaître. Docteur en philosophie de l'Université de Tübingen, en Allemagne, il est aujourd'hui professeur à l'Université de Montréal. Il est considéré comme une autorité de renommée internationale dans les domaines de la philosophie allemande, de la métaphysique, de la philosophe de la religion et de l'herméneutique, discipline qui, selon ses propres mots, est « l'art de l'interprétation correcte ». Dans ce domaine, il est également reconnu comme le grand spécialiste mondial de l'œuvre du philosophe allemand Hans-Georg Gadamer (1900-2002), dont il a été l'élève.

Il est l'auteur d'une vingtaine de livres qui ont été pour la plupart publiés d'abord en France et traduits dans une quinzaine de langues. Il a également rédigé plus de 160 articles et s'intéresse en outre à la pensée de plusieurs figures importantes de la philosophie dont Platon, Aristote, Kant, Hegel et Heidegger.

Il y aurait sans aucun doute bien d'autres noms qu'il faudrait citer si l'on voulait donner une idée plus juste du rayonnement international des philosophes québécois. Espérons seulement que ces quelques exemples de penseurs venus d'horizons divers auront démontré de façon convaincante que les philosophes d'ici savent très bien se faire entendre au-delà de nos frontières.


1. Josiane Boulad-Ayoub et Raymond Klibansky (dir.), La pensée philosophique d'expression française au Canada – Le rayonnement du Québec, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, coll. « Zetesis », 1998, p. 11.

 

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Quand littérature et philosophie se rencontrent

par Esther Laforce, bibliothécaire
Direction de la référence et du prêt

Littérature et philosophie se sont rencontrées de bien des façons depuis que Platon chassa les poètes de sa cité idéale. Certains philosophes se sont penchés sur des œuvres littéraires pour dégager une partie de cette vérité tant désirée ou pour trouver un sens à l'existence humaine. D'autres ont utilisé la forme narrative pour raconter la vie des philosophes ou ont écrit des fictions inspirées des questions et des théories philosophiques. Voici un petit panorama des liens et des œuvres unissant ces deux disciplines dans la philosophie et la littérature québécoises contemporaines.

La littérature en philosophie

En 1963, dans la revue Incidences1, Jacques Brault invitait les philosophes du Québec à forger leur réflexion à partir de la littérature « canadiennefrançaise ». En effet, selon lui, si littérature et philosophie ne peuvent se confondre parce que l'une porte son attention sur le sensible, l'autre, sur l'intelligible, du moins toutes les deux partagent une réflexion sur le monde et l'être, sur nos origines et notre identité. En ce sens, les réponses éparses que la littérature d'ici aura apportées sur le rapport de l'homme au monde, la philosophie les rassemblera pour en dire la vérité.

En 2010, le philosophe Claude Lévesque a consacré la deuxième partie de son ouvrage Philosophie sans frontières à une série de textes portant précisément sur l'aspect philosophique de quelques œuvres littéraires québécoises. Il propose ainsi une lecture des romans La mort vive de Fernand Ouellette et Le siècle de Jeanne d'Yvon Rivard. Il explore le thème de l'amour avec des poèmes de Gaston Miron, d'Alain Grandbois et de Michèle Lalonde, et celui de la mort dans l'œuvre de Jacques Brault. La poésie de Saint-Denys Garneau et les écrits de Jacques Brault l'amènent également à proposer une réflexion sur la poésie et sur la vision de la beauté des choses qu'elle rend possible.

C'est aussi une réflexion sur les rapports au réel entretenus par la poésie et la philosophie qui anime la correspondance entre le philosophe Pierre Bertrand et le poète Martin Thibault dans Paroles de l'intériorité – Dialogue autour de la poésie. Pierre Bertrand, pour qui philosophes et écrivains se rejoignent dans l'acte même de créer, partage avec Martin Thibault un questionnement sur la poésie, sur la manière dont elle révèle le monde, sur le poète, et sur les spécificités et complémentarités de leur approche respective.

Enfin, pour le philosophe Marc Chabot, la littérature, la littérature érotique en particulier, est partie prenante de la pensée et du langage portant sur le corps et sur le désir qui l'habite. Dans Des corps et du papier, Marc Chabot s'intéresse à la littérature pour penser l'érotisme, s'appuyant sur différents textes tels que L'amant de Lady Chatterley de D. H. Lawrence.

La philosophie en littérature

Dans un rapport inversé entre littérature et philosophie, quelques romans québécois contemporains, souvent écrits par des philosophes, ont pour thème principal la philosophie ou la vie des philosophes. La forme du roman a ainsi été utilisée à des fins didactiques par Gilbert Talbot, professeur de philosophie au cégep de Jonquière. Celui-ci s'est basé sur les approches développées en philosophie pour enfants pour composer les récits philosophiques La découverte de Phil et Sophie et Phil et Sophie ou de l'être humain. Le lecteur y est initié à la philosophie et à ses questionnements au fil des aventures des deux personnages principaux, Phil et Sophie, étudiants au cégep.

La forme littéraire est également privilégiée pour présenter la vie des philosophes qui ont marqué l'histoire. Elle permet de mettre en lumière le processus d'élaboration de la pensée au fil d'une histoire personnelle et le caractère exceptionnel de ces vies au sein d'un contexte historique précis. Ainsi, Hypatie, seule femme philosophe de l'Antiquité, lapidée en 415, à une époque de grands bouleversements politiques et religieux, a inspiré Jean Marcel dans Hypatie ou la fin des dieux. Jean Bédard s'est penché sur la vie de deux penseurs du Moyen Âge dans Maître Eckhart, 1260-1328 et Nicolas de Cues. Dans Bénédicte sous enquête, Andrée Ferretti revisite de façon surprenante la vie du philosophe Spinoza.

Enfin, le roman a été utilisé à des fins plus ludiques pour mettre en scène des expériences de pensée et des dilemmes présentés d'abord dans le cadre de recherches philosophiques. En philosophie contemporaine, fréquents sont les exposés de situations fictives servant à illustrer un problème, un questionnement à partir duquel sera développée une théorie. Dans Le dilemme du prisonnier, François Lepage recrée ce fameux dilemme, au fondement de la théorie des jeux. Au terme de leurs mésaventures, les personnages du roman devront faire face au choix de se dénoncer ou non, concrétisant ainsi ce dilemme qui montre que le choix le plus rationnel n'est pas toujours le plus optimal. Dans Universel coiffure, Caroline Allard utilise quant à elle l'expérience de la Terre jumelle imaginée par le philosophe américain Hilary Putnam en 1970 pour plonger son personnage principal au cœur d'une folle tourmente dont le droit fondamental à une belle coiffure est l'enjeu principal.

Ainsi, la philosophie permet de penser la littérature et de proposer avec elle un discours et une vérité sur le monde et l'existence humaine. De son côté, la littérature permet d'aborder autrement la philosophie, et d'entraîner le lecteur sur les chemins de la pensée par le récit. Ceux que ces approches intéressent sauront que tous les titres mentionnés ci-dessus sont disponibles à la Grande Bibliothèque, mais aussi partout au Québec, dans une bibliothèque près de chez eux ou par prêt entre bibliothèques.


1. Jacques Brault, « Philosophie et littérature », Incidences, no 3, octobre 1963, p. 5-7.

 

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Petit lexique de philosophie

Sources : Delius : Christoph Delius et autres, Histoire de la philosophie, Cologne, Könemann, 2000.
Julia : Didier Julia,
Dictionnaire de la philosophie, Paris, Larousse, 2001.
Vergely : Bertrand Vergely,
Le dico de philosophie, Toulouse, Éditions Milan, 1998.

Éthique
Discipline qui réfléchit sur les comportements afin de trouver le plus adapté d'entre eux face à une situation. Partant d'une réflexion sur ce qui existe, et non de principes comme la morale, l'éthique poursuit le bonheur, à la différence de la morale qui s'intéresse à la vertu (Vergely, p. 88).
Existentialisme
Place l'existence au fondement de la démarche philosophique. L'homme n'est pas un être théorique. S'il entreprend de penser, ce n'est pas pour avoir une science et une explication du monde, mais pour trouver une réponse aux problèmes fondamentaux de son existence, qui sont ceux posés par la souffrance, le mal et la mort (Vergely, p. 90-91).
Herméneutique
Science de l'interprétation. Passant par le fait de traduire sa pensée pour l'exprimer mais aussi par le fait de traduire la pensée d'autrui afin d'en saisir le sens exact, penser, c'est toujours interpréter, et interpréter, c'est avoir conscience qu'il n'y a pas de pensée possible sans tenir compte du langage et de l'altérité (Vergely, p. 110-111).
Métaphysique
Attachée à montrer à ceux qui en doutent qu'il y a non seulement de l'être mais un être premier au fondement de la réalité qui est la nôtre, la métaphysique s'efforce de montrer la réalité de cet être en faisant apparaître le lien qui unit de façon ascendante la réalité qui est la nôtre avec cet être, ou celui qui unit de façon descendante la réalité première avec la réalité qui est la nôtre (Vergely, p. 157).
Nihilisme
Apparut en Russie, au XIXe siècle, d'abord comme une attitude, un « état de désespérance » propre à tous ceux qui ne savent « que faire » de leur vie; il devint ensuite une doctrine […] dont l'objectif immédiat est de balayer toutes les idées acquises (théologie, esthétique, etc.), tous les préjugés sociaux (Julia, p. 191).
Ontologie
Théorie de l'« être » ou des concepts généraux de l'« être ». Les ontologies philosophiques appartiennent à la métaphysique; elles posent globalement la question de l'existant, des présocratiques jusqu'à Kant puis Hegel (Delius, p. 115).
Personnalisme
Attitude ou doctrine qui pose, au-dessus de toute nécessité d'État, de tout intérêt économique, de toute institution impersonnelle, la valeur fondamentale de la personnalité humaine (Julia, p. 210).
Phénoménologie
Théorie des phénomènes. La phénoménologie soulève des questions à propos du contenu de la conscience, c'est-à-dire à propos du mode de manifestation des objets à la conscience (Delius, p. 115).
Philosophie analytique
Représente l'un des grands courants de la pensée du XXe siècle. Née sous l'impulsion de penseurs tels que Wittgenstein, celle-ci poursuit une exigence majeure : débarrasser la pensée de ses illusions et en particulier de ses illusions métaphysiques. En effet, selon la philosophie analytique, la pensée se laisse souvent prendre au piège des mots, en croyant saisir des réalités à travers eux […]. Très influente dans le monde anglo-saxon, la philosophie analytique se fonde sur la logique et l'expérience afin de critiquer les rapports que l'on peut avoir au langage et à la pensée (Vergely, p. 40).
Scolastique
École philosophique du Moyen Âge (du IXe au XIIIe siècle). Dans la scolastique, la philosophie se trouve au service de la théologie; elle a pour mission de consolider la foi chrétienne à l'aide des enseignements aristotéliciens et néoplatoniciens (Delius, p. 116).
Thomisme
Logicien, métaphysicien, théologien, saint Thomas [d'Aquin] tente de concilier la philosophie rationnelle d'Aristote avec la foi chrétienne : il pose une harmonie entre ce qui est « su » et ce qui est « cru ». Là où la réflexion philosophique tombe dans des contradictions (par exemple, sur le problème de la création dans le temps), il doit s'en remettre à la foi (Julia, p. 282).

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