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Défis et enjeux technologiques

L'Osstidcho – Un beau défi technique pour la diffusion de la culture

par Jean-François Gauvin, directeur des services Web

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) diffuse depuis plusieurs années sur son portail du contenu en flux continu (ce qu'on appelle le « streaming »). Jusqu'à tout récemment, nous n'avions eu aucun problème technique. Le système était très simple : un serveur Flash Media Server 3.5 diffuse, à la demande, des fichiers MP3, pour les enregistrements sonores, et des fichiers FLV, pour la vidéo. Ces fichiers sont stockés sur le serveur de la bibliothèque numérique de BAnQ. Et pour les vidéos institutionnelles, nous avons un compte YouTube…

Dès les premières rencontres avec les collègues réunis pour le démarrage du projet de mise en ligne des bandes sonores de L'Osstidcho, nous avions certaines réserves. Faire de cette mise en ligne un événement médiatique au cœur du lancement de la programmation culturelle de l'automne entraînait un risque technologique important. Un calcul rapide nous indiquait que si 250 personnes écoutaient en même temps une partie des enregistrements de ce spectacle phare de la fin des années 1960, le réseau de BAnQ allait s'écraser au grand complet. De quoi nous inquiéter sérieusement! Notre bande passante étant déjà utilisée presque à saturation en période de pointe, nous ne pouvions ignorer le risque que cette mise en ligne produirait. De plus, la technologie que nous utilisions pour le flux continu, basée sur Flash, n'était pas compatible avec les tablettes et autres appareils mobiles. Il nous fallait trouver une solution pour remédier à ces deux problèmes.

La solution YouTube étant hors de question pour des raisons de propriété intellectuelle, nous avons envisagé divers scénarios. Notre premier réflexe a été de faire appel à des fournisseurs externes, mais les frais de mise en service et le peu de temps dont nous disposions nous ont fait considérer d'autres options. En collaboration avec nos collègues de la Direction de l'infrastructure technologique, nous avons décidé de doubler notre bande passante, mais en la divisant en deux segments distincts. L'un de ces segments est dorénavant réservé au trafic du portail de BAnQ, donc à la diffusion des documents multimédias de la Collection numérique, dont L'Osstidcho. Cela nous a permis à la fois de régler les problèmes périodiques de saturation en après-midi et d'assurer une meilleure qualité de service pour notre portail. Restait encore la question des appareils mobiles…

La nouvelle version 4.5 de Flash Media Server d'Adobe permet la diffusion sur plateformes mobiles (iOS et Android). Il nous suffisait, pensions-nous, de faire une mise à jour de notre installation, et le tour serait joué. En fait, ce fut la partie la plus difficile à régler! La documentation du produit n'indique pas clairement comment procéder et, pour une fois, Internet ne fut guère plus utile. Ce n'est qu'après plusieurs jours d'essais et d'erreurs que nous avons découvert la bonne procédure. Ne restait qu'à assembler le tout et à créer les pages Web à mettre en ligne. Bonne écoute!

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Coup d'œil sur les acquisitions patrimoniales

par Daniel Chouinard, bibliothécaire, Direction des acquisitions et de la préservation des collections patrimoniales, et Hélène Fortier, archiviste-coordonnatrice, Centre d'archives de Montréal, avec la collaboration de Christian Drolet, archiviste-coordonnateur, Centre d'archives de Québec, de Marthe Léger et de Marielle Lavertu, archivistes, Centre d'archives de Montréal, de Jean-François Palomino, cartothécaire, Direction de la recherche et de l'édition, et d'Isabelle Robitaille, bibliothécaire spécialiste de collections, Direction de la recherche et de l'édition

À la santé d'un généreux marchand!

Le Centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) vient d'enrichir son corpus documentaire des archives historiques de l'hôpital Jeffery Hale (Jeffery Hale's Hospital). Ces dernières s'avèrent un ajout important aux sources concernant le domaine de la santé et offrent une mine de renseignements sur la communauté anglophone de Québec.

Fondé à Québec en 1865 à la suite du legs testamentaire du riche marchand Jeffery Hale (1803- 1864), l'hôpital portant son nom a d'abord pour mission de servir la population protestante, principalement anglophone. Le premier établissement est sis rue Saint-Olivier. Le 12 juin 1901, l'hôpital Jeffery Hale inaugure officiellement ses nouveaux locaux, rue Saint-Cyrille. En 1956, il déménage de nouveau pour occuper son emplacement actuel au 1250, chemin Sainte-Foy.

L'hôpital reçoit son premier patient le 19 janvier 1867, quatre jours avant son ouverture officielle. En 1901, une école d'infirmières voit le jour, la première dans la ville de Québec. Elle ferme ses portes en 1970 après avoir formé 1285 diplômées. Dès les premières années du XXe siècle, des patients catholiques sont admis à l'hôpital; l'embauche de personnel catholique débute en 1911. Aujourd'hui, l'établissement est bilingue, mais les membres de son personnel sont majoritairement francophones.

Ce fonds d'archives illustre la riche histoire de cet établissement hospitalier et de son personnel notamment par les procès-verbaux du conseil d'administration, des rapports annuels, des listes et des photographies du personnel infirmier et médical, ainsi que des dossiers de recherche sur le marchand Jeffery Hale et sur l'histoire de l'hôpital. Le fonds renferme également deux registres d'admission des patients (1867 à 1923), un registre des visiteurs (1874 à 1887) ainsi que des photographies des différents bâtiments occupés par l'hôpital au fil des ans.

Sur les traces de Cavelier de La Salle et de Le Moyne d'Iberville

Parmi les nouvelles acquisitions de cartes anciennes figure la carte de l'éditeur Nicolas de Fer intitulée Les Costes aux environs de la riviere de Misisipi (Paris, 1701), qui relate les aventures de deux célèbres explorateurs français : Robert Cavelier de La Salle et Pierre Le Moyne d'Iberville. Après avoir descendu le Mississippi jusqu'à son embouchure, La Salle obtient les ressources pour coloniser la Louisiane. En 1684, il traverse l'Atlantique avec un convoi de quatre navires et 320 hommes et femmes. Il atteint le golfe du Mexique, mais ne parvient pas à retrouver l'embouchure du Mississippi. La carte montre la baie de Matagorda, lieu de débarquement sur les rives actuelles du Texas.

À l'époque, les calculs de longitude étaient imprécis, ce qui explique en partie les difficultés de l'explorateur. Pendant qu'il recherche désespérément le Mississippi, les malheurs se succèdent : naufrages, attaques indiennes, morts pour cause d'insalubrité. Quelques survivants assassinent La Salle d'une balle dans la tête; la carte comporte d'ailleurs un cartouche rappelant cette mort brutale.

De Fer signale également les réalisations de Pierre Le Moyne d'Iberville, à qui le ministre confi e par la suite la mission d'établir les fondations d'une colonie à l'embouchure du fleuve. En 1699, d'Iberville fait construire un fort dans la baie de Biloxi. Il rentre ensuite en France où cet exploit et d'autres lui valent le titre de chevalier de Saint-Louis. L'année suivante, il retourne en Louisiane poursuivre l'exploration du continent, renforcer son établissement et en construire un nouveau. La carte montre l'emplacement de toutes les tribus indiennes avec lesquelles les Français se sont efforcés de nouer des relations cordiales, telles que les Bayagoulas, Biloxis, Moctobis, Pascagoulas, Houmas et Taensas.

L'itinéraire artistique de Louise portal

Le Centre d'archives de Montréal a acquis récemment le fonds Louise Portal, l'une des figures emblématiques de notre scène culturelle. Omniprésente sur nos écrans depuis plus de 40 ans, cette artiste se révèle dans un imposant corpus documentaire. Documents audiovisuels, photographies, manuscrits, scénarios de films et de téléromans illustrent sa carrière prolifi que (environ 3 mètres linéaires de documents textuels, 1449 photographies, 140 vidéos et 23 bandes sonores).

Le chercheur pourra redécouvrir les multiples talents de Louise Portal : actrice, chanteuse, écrivaine et porte-parole engagée. Le volet « Vie personnelle » permet de suivre l'artiste de l'enfance à aujourd'hui en feuilletant les pages de son journal intime, ses notes, ses dessins et ses agendas. Il contient aussi plusieurs photographies.

La série « Vie professionnelle » retrace ses premières armes au Conservatoire, dans des revues musicales, dans la Ligue nationale d'improvisation et dans plusieurs téléséries. Elle permet de revisiter les moments forts de son impressionnante filmographie. Louise Portal explore en parallèle le monde de la chanson (1980-1992), aventure qui se concrétise par l'écriture de nombreuses pièces et la production de quatre albums, de vidéoclips, de spectacles et de tournées.

Suivant les traces de son père, Marcel Portal, elle se consacre également à l'écriture romanesque. Une vingtaine de manuscrits et tapuscrits annotés nous permettent d'observer l'évolution de son processus créatif. Femme d'engagement, Louise Portal offre sa voix à divers événements culturels, dont les Rendez-vous du cinéma québécois et Les Correspondances d'Eastman. Une cinquantaine d'entrevues radiophoniques et télévisuelles viennent jeter un éclairage complémentaire sur l'itinéraire fascinant de cette amoureuse inconditionnelle de la vie.

L'éclectisme de l'artiste André L'Archevêque

Le fonds d'archives André L'Archevêque, conservé au Centre d'archives de Montréal, témoigne de la diversité et de la richesse de l'œuvre de cet illustrateur publicitaire et artiste peintre né en 1923. Il contient des cahiers de croquis, des dessins et des illustrations de pages couvertures de romans à 10 cents : des aventures de Volpek d'Yves Thériault et des romans mettant en vedette IXE-13. On y trouve également des carnets de dessins publicitaires, des esquisses de tableaux et des textes liés aux albums d'art auxquels André L'Archevêque a collaboré et aux expositions qui lui ont été consacrées.

André L'Archevêque a entre autres créé la vache de la campagne publicitaire des Producteurs de lait du Québec « Le lait, c'est vachement bon » ainsi que, pour le ministère du Tourisme du Québec, une suite de tableaux destinés à la promotion de 10 régions du Québec à l'étranger. Son tableau de la collection « Moments mémorables du sport au Canada » représentant Le but gagnant de Paul Henderson commémore la victoire de l'équipe canadienne face à la Russie en 1972. L'Archevêque réalise également l'affiche Les grands voiliers (1984) et une eau-forte représentant le Château Ramezay remise au gouverneur général du Canada.

Ce fonds est une source unique d'information sur cet artiste qui s'est fait connaître dans le domaine de la publicité et dont les tableaux font partie de plusieurs collections publiques et privées. Il comprend 0,34 mètre linéaire de documents textuels, 797 dessins et 437 photographies de l'artiste et de ses œuvres.

Vous avez dit « confutation » et « mécométrie »?

Dans un ouvrage publié à Paris en 1611 et intitulé Confutation de l'invention des longitudes ou de la mecometrie de l'eymant, Didier Dounot (1574-1640), professeur de mathématiques à Paris, s'adonne à la confutation (réfutation) de la technique de la mécométrie de l'aimant, c'est-à-dire la manière de mesurer les longitudes par le moyen de l'aimant développée par Guillaume Le Nautonier (1560-1620).

C'est en 1604 que Le Nautonier, pasteur, astronome et géographe, publie son œuvre sur la navigation par mécométrie, qui fut plusieurs fois rééditée et traduite en plusieurs langues. Dès 1611, Dounot reproche à Le Nautonier de ne pas appuyer ses affi rmations par des démonstrations plausibles. Il avance également que les observations utilisées ne soutiennent pas sa théorie, en particulier celles faites en Nouvelle-France.

Dounot était un fin connaisseur des récits de voyage des explorateurs de l'Amérique du Nord, tels que Jacques Cartier, Sébastien Cabot et Samuel de Champlain. Il mentionne à plusieurs reprises les techniques de prise de longitude à l'île du Cap-Breton et au passage du Nord-Ouest. Il traite longuement de la longitude de l'île Corbeau au Québec, en mentionnant que les calculs faits par Le Nautonier ne concordent pas avec ceux des explorateurs. Il conclut son ouvrage en se réclamant de Samuel de Champlain :

« Mais àfin de clorre entierement la bouche aux contredisans, qui publient que le sieur de Champlain pratique tous les jours en Canada la Mecometrie, & qu'il la trouve for exacte […] j'ay si bonne opinion de luy à cause de ses laborieuses entreprises en la navigation : que je ne crois point qu'il soit Autheur de ces discours, veu principalement que jusques icy il n'a publié aucune de ses observations que je sçache. » Réfuté par plusieurs autres contemporains, Le Nautonier tomba dans un oubli presque complet. Aujourd'hui, plusieurs historiens des sciences voient tout de même en lui un précurseur dans l'étude du magnétisme terrestre.

 

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