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Défis et enjeux technologiques – Nouvelle rubrique!

Le cœur technologique de BAnQ

par Jean-François Gauvin, directeur des services Web

Invisible pour les usagers comme pour la plupart des employés de l'institution, elle se trouve au cœur des activités de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Sans elle, plus rien ne fonctionnerait, ou presque… L'informatique est devenue un outil sur lequel l'institution a pu construire une gamme de services qui lui permettent de remplir ses missions, et bien plus encore.

Nous vous proposons, dans cette première livraison de notre nouvelle rubrique sur les défis liés aux technologies de l'information, de jeter un coup d'œil sur des aspects peu visibles des activités informatiques et technologiques à BAnQ.

Un exemple assez unique

À l'instar de l'institution, la salle des serveurs et des télécommunications de BAnQ est un bel exemple d'évolution, de changement, de systèmes hétérogènes qui sont à fois communs à la plupart des organisations similaires en taille et très spécifi ques aux besoins liés aux activités et à l'évolution de BAnQ. Personne ne s'attendait à ce que le succès de la Grande Bibliothèque entraîne un achalandage équivalent au double des prévisions initiales. Il a fallu agir en conséquence, et il en va de même pour l'infrastructure technologique, que nous avons dû adapter rapidement pour soutenir la croissance de l'institution.

La salle des serveurs compte environ 740 composantes différentes comprenant des équipements de télécommunications et de stockage de données ainsi que des serveurs. Au chapitre des télécommunications, notons principalement des commutateurs téléphoniques et réseau, 1000 km de câblage ainsi qu'une pièce maîtresse par laquelle tout le trafic Internet passe : le coupe-feu. Il y a trois unités principales de stockage de données, d'une capacité totale d'environ 300 téraoctets.

Du côté des serveurs, le parc informatique est divisé en deux lots principaux composés de 162 serveurs physiques et de 217 serveurs virtuels de type VMWare. De ce nombre, on doit répartir par famille de serveurs (Unix à 20 % et Windows à 80 %), et chacune des familles se subdivise en différentes versions. À titre d'exemple, la famille Unix comprend des éléments Solaris, RedHat et CentOS. Pourquoi autant de versions différentes? La réponse vient simplement du fait que certaines applications, commerciales ou non, nécessitent des versions particulières. Le logiciel Portfolio, pour ne nommer que celui-là, requiert un serveur Sun-Solaris à lui seul.

Ces chiffres peuvent paraître énormes mais ce nombre d'appareils est à peine suffi sant pour répondre à la demande. Un des grands défis de BAnQ en matière de technologies de l'information sera de continuer à soutenir son développement tout en faisant évoluer son parc informatique en le modernisant et en augmentant ses capacités.

Retour au menuCoup d'œil sur les acquisitions patrimoniales

par Daniel Chouinard, bibliothécaire, Direction des acquisitions et de la préservation des collections patrimoniales, et Hélène Fortier, archiviste-coordonnatrice, Centre d'archives de Montréal, avec la collaboration de Christian Drolet, archiviste-coordonnateur, Centre d'archives de Québec, de Sophie Morel, archiviste-coordonnatrice, Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec, de Sébastien Tessier, archiviste-coordonnateur, Centre d'archives de l'Abitibi- Témiscamingue et du Nord-du-Québec, de Jean-François Palomino, cartothécaire, Direction de la recherche et de l'édition, ainsi que de Danielle Léger et d'Élise Lassonde, bibliothécaires spécialistes de collections, Direction de la recherche et de l'édition

Images multiples et contrastées de la ville de Québec

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se réjouit de l'acquisition récente, auprès du collectionneur Yves Beauregard, d'un lot de plus de 700 cartes postales de la ville de Québec et de ses environs. Venant compléter un corpus déjà relativement riche, ces cartes parues pour la plupart entre 1904 et 1945 témoignent d'un intérêt marqué pour la ville et pour ses monuments.

Le Château Frontenac, la terrasse Dufferin, la basilique Notre-Dame, la citadelle, le funiculaire, la maison Montcalm, le palais archiépiscopal, les portes Kent, Saint-Louis et Saint-Jean, le manège militaire (aujourd'hui disparu), le marché Champlain et l'escalier Casse-Cou sont autant de lieux emblématiques dont les amateurs de cartes postales ne se lassent pas, à en juger par la quantité de représentations dont ils font l'objet. D'autres cartes montrent des endroits ou des activités moins souvent représentés, par exemple le théâtre du Palais-Royal, situé rue Saint-Joseph (rebaptisée rue Garneau depuis lors), l'hôtel Clarendon ou le pont de glace entre Québec et Lévis.

Les scènes de rue des principales artères – rue de la Fabrique, rue Saint-Jean, rue Saint-Joseph – montrent essentiellement une population bourgeoise devant des commerces tels que la boutique du photographe Livernois ou celle du libraire-éditeur J.-P. Garneau. À l'opposé, la rue Champlain et la rue Sous-le-Cap dépeignent un cadre de vie ouvrier habituellement laissé pour compte par les éditeurs. Ce décalage (voire cet exotisme) social eut l'heur de plaire aux plus fortunés puisque les variantes sont nombreuses, en couleur ou en noir et blanc, les unes montrant une marmaille nombreuse et déchaussée foulant un sol non pavé, les autres mettant en évidence l'étroitesse des rues et l'habileté des charretiers à conduire dans un tel dédale. Complétées par une corde à linge, une traverse ou une échelle, les compositions sont parfaites, assurant une diffusion massive des images.

Toutes ces cartes postales seront numérisées et accessibles dans la nouvelle interface Images, qu'on peut consulter sur le portail Internet de BAnQ à l'adresse suivante : banq.qc.ca/collections/images.

Des archives de la « capitale de poésie1 »

Au cours des derniers mois, le Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec a eu le plaisir d'acquérir trois fonds significatifs dans le domaine de la poésie.

Le premier est le fonds de l'écrivain, poète et universitaire Gatien Lapointe (1931-1983). Lapointe est entre autres l'auteur d'Ode au Saint-Laurent (1963), qui lui a valu le prix du Gouverneur général, le prix du Maurier et le prix de la province de Québec. Ce fonds se compose notamment de manuscrits, de tapuscrits, de publications, de correspondance personnelle et administrative, de contrats, d'un journal intime, de photographies, de documents sonores et de films.

Le deuxième est celui de la maison d'édition Les Écrits des Forges, qui se consacre exclusivement à la poésie. Cette société d'édition a été fondée à Trois-Rivières en 1971 par Gatien Lapointe, qui en a d'ailleurs été le premier directeur général. Le fonds témoigne des activités administratives et littéraires de la maison durant les 20 premières années de son existence.

Le troisième fonds acquis est celui de la Fondation Les Forges, un acteur important de la scène culturelle trifluvienne depuis plus de 25 ans puisqu'il est à l'origine du fameux Festival international de la poésie de Trois-Rivières. L'un des prix de ce festival, qui a eu lieu pour la toute première fois en 1985, porte le nom de Gatien Lapointe. Ce fonds d'archives est principalement constitué de procès-verbaux, de correspondance et de dossiers de presse.

« Restons traditionnels et progressifs » – Onésime Gagnon

Figure marquante du gouvernement de Maurice Duplessis, Onésime Gagnon (1888-1961) a joué un rôle majeur sur la scène politique québécoise pendant plus de 30 ans. Conservé au Centre d'archives de Québec de BAnQ, son fonds d'archives permettra aux chercheurs d'avoir accès à des documents illustrant les différents aspects de la vie privée, professionnelle, militante et politique de ce natif de Saint-Léon-de-Standon, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Des archives textuelles, photographiques et audiovisuelles relatent entre autres le passage d'Onésime Gagnon à l'université d'Oxford en Angleterre, sa carrière de professeur à l'Université Laval et surtout sa fructueuse carrière politique par l'entremise de discours, de mémoires et d'une riche correspondance avec les principaux acteurs de l'époque, par exemple Maurice Duplessis, Adélard Godbout, John Diefenbaker et Georges Vanier.

Celui que Maurice Duplessis considérait comme son « vieil et loyal ami » demeure l'un des piliers de l'Union nationale du milieu des années 1930 jusqu'à la fin des années 1950. Le fonds Onésime Gagnon permet de suivre la carrière politique de ce dernier depuis ses débuts comme candidat du Parti conservateur sur la scène fédérale en 1930, de même que ses activités sur la scène provinciale lorsqu'il tente de remporter la course à la direction du Parti conservateur du Québec. C'est finalement Maurice Duplessis qui gagne cette course en 1933. Gagnon se rallie à Duplessis, qui le nomme au comité chargé de négocier la fusion entre le Parti conservateur du Québec et l'Action libérale nationale de Paul Gouin, fusion qui donne naissance à l'Union nationale en 1935. Ce parti accède au pouvoir dès 1936 et Maurice Duplessis nomme Onésime Gagnon ministre des Mines, de la Chasse et des Pêcheries. En 1939, l'Union nationale perd le pouvoir mais Gagnon parvient à garder sa circonscription et demeure un député unioniste influent. Il agit d'ailleurs comme chef de l'opposition et chef intérimaire lorsque Duplessis tombe malade en 1941. En 1944, l'Union nationale revient au pouvoir et Duplessis nomme Gagnon au poste de trésorier provincial, titre changé en celui de ministre des Finances en 1951. Plusieurs rapports, allocutions et mémoires témoignent du mandat de Gagnon dans cette fonction. En 1958, il est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec par le premier ministre du Canada, John Diefenbaker. De très belles photographies ainsi que des films témoignent de cette ultime période de la féconde carrière d'Onésime Gagnon.

Du côté des reliures d'art

Grâce au programme annuel d'acquisition de reliures d'art de BAnQ et au concours des membres externes du jury qui ont évalué les propositions des relieurs, la collection de reliures d'art de l'institution s'est récemment enrichie de huit nouvelles œuvres remarquables.

En 2011, l'association ARA Canada a présenté à Québec puis à Montréal une exposition de reliures qui exploraient le titre imposé, Dires érotiques, haïkus de Pierrette Pelletier. Parmi les œuvres exposées et proposées à BAnQ, cinq ont été acquises, dont celle d'Aline Mauger, un étonnant mannequin, entre sculpture et reliure, qui dissimule un minuscule livre. Soulignons par ailleurs la reliure de papiers décorés de Lisette Gaucher, dont la structure à la chinoise offre une perspective fragmentée d'une œuvre à l'encre et au pigment d'Éliane Quinn. En 2010, la relieure Cécile Côté a publié une édition limitée des Dires érotiques avec des pointes sèches de Suzie Pilon, édition qui a eu les faveurs de plusieurs relieurs. Jonathan Tremblay est de ceux-ci : son élégante reliure de buffle noir présente des fentes dans les plats qui laissent voir des détails de galuchat et de cuir de grenouille. Sur un autre exemplaire, Sylvie Richard a réalisé une sobre reliure noire et rouge qui juxtapose les cuirs de buffle et de poisson, ornés de dentelle noire. Cette œuvre est la première de cette artiste à être acquise par BAnQ. De même, le jury a retenu la reliure de Cécile Côté, qui présente un décor mosaïqué épuré faisant écho aux gravures comprises dans cette édition limitée.

La collection de reliures d'art de BAnQ s'est également enrichie d'un exemplaire des Voyages transparents de Claude Haeffely relié par Lise Dubois de cuir de buffle et de serpent d'eau. Les formes géométriques en étain qui en ornent les plats et les pages de garde reprennent des motifs des œuvres d'Antoine Pentsch présentes dans l'ouvrage. On compte aussi une reliure à mors ouvert de Louise Mauger sur une édition de 1939 des Annales de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716. La texture et les coloris de la mosaïque de cuir de poissons offrent un tonique contraste avec le chèvre oasis noir de la couvrure. Enfin, BAnQ a acquis une reliure de Jonathan Tremblay sur l'ouvrage The World Was Sung du compositeur estonien Veljo Tormis qui a été primée par l'Estonian Association of Designer Bookbinders.

Vittorio, l'art du punch

En matière d'affiches, l'acquisition la plus imposante des derniers mois provient de la succession d'une des figures majeures de l'affiche au Québec. On reconnaît dans cet ensemble tout le génie visuel de Vittorio2, sa prédilection pour la sérigraphie, sa maîtrise de la couleur, de la ligne et de l'ellipse, son style direct et synthétique, son goût de l'image percutante, son humour, sa polyvalence et son audace. Parmi les 159 affiches acquises, on en recense 78 dont BAnQ ne possédait aucun exemplaire.

Le lot comprend plusieurs affiches de films, de concerts, de pièces de théâtre et d'expositions. La plus ancienne affiche est La danse de mort, produite pour le Théâtre du Nouveau Monde en 1964. Il s'agit de l'une des premières œuvres de Vittorio réalisées avec la technique des papiers déchirés. Une autre affiche, créée en 1966 pour la Semaine du cinéma suédois, témoigne de l'habileté de l'artiste à magnifier les qualités graphiques de la photo pour composer une affiche vibrante et expressive. Le bonhomme fétiche de Vittorio apparaît dès la fin des années 1960 sur les affiches de la Place du soul, « temple du soul et du rhythm and blues » à Montréal, puis au début des années 1970 pour le volet « Le cinéma canadien montre ses dents » présenté à Cannes. Indice de la renommée du créateur, Vittorio's Vittorios exhibe une impressionnante mosaïque de 125 affiches présentées lors d'une exposition solo à la Vancouver Art Gallery en 1978. Sont également représentés divers exemples de productions publicitaires réalisées pour des entreprises, notamment les magasins Le Château, Sogramcan et la Banque Nationale.

Le lot comprend aussi plusieurs projets personnels de Vittorio, tel Visitez le nouveau Québec, à la fois commentaire social et clin d'œil touristique à Expo 67, dans la foulée d'une Révolution tranquille qui a contesté le pouvoir des autorités religieuses. Œuvre plus tardive, Cent fois Léa Roback (2003) rend un élégant et sympathique hommage de l'artiste-citoyen à cette militante québécoise.

Cette acquisition porte à 249 le nombre d'œuvres de Vittorio rassemblées par BAnQ, sur une production estimée à plus de 300 créations. Plus de 150 des œuvres acquises peuvent être consultées dans la nouvelle interface Images.

De cycliste à homme politique

Le Centre d'archives de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec de BAnQ a acquis récemment les archives de Marc Lemay, avocat et homme politique québécois originaire d'Amos. Avant d'œuvrer en politique, Marc Lemay s'est notamment illustré dans le domaine du cyclisme aux niveaux régional, national et international. Après avoir participé à quelques compétitions dans sa jeunesse, il a entre autres siégé au conseil d'administration du Comité olympique canadien de 1982 à 1992. Sur la scène politique, il a représenté la circonscription d'Abitibi- Témiscamingue à la Chambre des communes sous les couleurs du Bloc québécois entre 2004 et 2011.

Le fonds d'archives de Marc Lemay contient 0,22 mètre de documents textuels, 2723 photographies, trois affiches, 19 documents audiovisuels et neuf DVD. Dans le domaine politique, les documents traitent des activités de député de M. Lemay ainsi que des campagnes électorales auxquelles il a pris part. On y trouve aussi de la correspondance avec des citoyens de sa circonscription et des documents promotionnels. Le fonds contient également un DVD comprenant une cinquantaine de photographies et d'articles de revues spécialisées qui relatent la carrière de Marc Lemay dans le domaine du cyclisme.


1. Titre donné à Trois-Rivières par Félix Leclerc lors du premier Festival international de la poésie.

2. Pseudonyme de Vittorio Fiorucci, 1932-2008.

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Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.