Rubriques

Table des matières

 

Dans l'atelier de restauration

Comment réparer les déchirures du papier?

par Marie-Claude Rioux, restauratrice
Direction des acquisitions et de la préservation des collections patrimoniales

Une manipulation maladroite du papier peut causer des déchirures. Pour éviter que les déchirures s'étendent et causent des pertes d'information, il est important de les réparer avec des outils appropriés et des techniques précises.

Dans un premier temps, le restaurateur nettoie le recto et le verso du papier à l'aide d'une gomme à effacer. Cette étape est importante, puisque l'utilisation de la colle introduit de l'humidité autour de la surface à réparer. Si la surface n'est pas préalablement nettoyée, toute la saleté s'introduira à l'intérieur du papier et sera difficilement délogeable.

En raison de ses qualités adhésives, de sa stabilité et de sa réversibilité, la colle d'amidon de blé est souvent utilisée pour réparer les déchirures en restauration. Elle est d'abord appliquée sur une bande de papier japonais, matériau choisi pour sa résistance et pour sa stabilité. Il existe plusieurs types de papier japonais de différents grammages et de teintes variées allant du blanc à une couleur plus jaunâtre. Le choix du type de papier japonais est fait en fonction du document à réparer. Si le document abîmé est mince et d'une teinte jaunâtre, on choisira un papier japonais plus mince pour ne pas ajouter de poids sur la section réparée et d'une teinte qui se marie bien à celle du document. La bande de papier japonais n'est pas coupée avec des ciseaux. Avec un pinceau trempé dans l'eau, on trace une ligne droite sur le papier japonais à l'aide d'une règle. On déchire ensuite le papier japonais en suivant la ligne mouillée par le pinceau. Ainsi, les fibres du papier ne sont pas brisées et, jouant le rôle de petits bras, s'accrocheront de chaque côté de la déchirure pour rendre la réparation plus solide.

Afin de s'assurer que la bande de papier japonais adhère bien au verso du document réparé, on place un poids dessus. Mais auparavant, pour bien absorber l'humidité et assurer le séchage à plat du document, la section réparée est insérée entre deux non-tissés (qui font en sorte que le buvard ne colle pas au document) et deux buvards. On enlève les poids de trois à cinq jours plus tard.

Mais que faire lorsqu'une même mésaventure nous arrive à la maison et qu'un livre ou un document auquel nous tenons se déchire? On peut bien sûr faire appel à un restaurateur privé. Une chose est certaine : il faut éviter de mettre des adhésifs de type ruban-cache, ruban adhésif ou colles dont le pH n'est pas neutre. Ces outils de réparation causeront rapidement plus de dommages que la déchirure elle-même, par exemple le jaunissement, le vieillissement et la fragilisation du papier.

Retour au menuLe cabinet des curiosités – Nouvelle rubrique!

Un exemplaire très particulier de Maria Chapdelaine

par Daniel Chouinard, bibliothécaire
Direction des acquisitions et de la préservation des collections patrimoniales

Le roman Maria Chapdelaine jouit au Québec d'une telle notoriété que beaucoup ont l'impression de connaître le livre de Louis Hémon sans même l'avoir lu. Publié d'abord sous forme de feuilleton dans le journal français Le Temps en 1914 – soit quelques mois après la mort accidentelle de l'auteur –, il paraît ensuite sous forme de livre à montréal en 1916, puis à paris en 1921. En France, ce sera l'un des livres les plus vendus de la première moitié du XXe siècle, puis il tombera peu à peu dans l'oubli. au Québec, il demeure un classique qui a inauguré le genre du roman de la terre et exercé une influence considérable sur bon nombre de romanciers.

L'édition parue à Montréal en 1916 chez J.-A. Lefebvre est considérée comme la première et, à ce titre, est recherchée par les collectionneurs. Elle est relativement rare sans toutefois être introuvable. Bibliothèque et Archives nationales du Québec a ainsi eu l'occasion récente d'acquérir un exemplaire très particulier de cette édition grâce à la générosité de l'écrivain Louis Gauthier, qui lui a fait don d'une cinquantaine de livres provenant de la bibliothèque de son grand-père, Victor Morin (1865-1960). Ce dernier fut notamment notaire, professeur de droit à l'Université de Montréal, président de la société historique de Montréal, auteur féru d'histoire et éminent bibliophile.

Cet exemplaire comporte un bel ex-libris de Victor Morin et une reliure qualifiée par celui-ci de « reliure du terroir canadien » en peau de suède avec dessin de catalogne. Il est dédicacé à Victor Morin par Éva Bouchard – qui signe « Maria Chapdelaine » –, cette institutrice de Péribonka qui aurait inspiré Louis Hémon. En regard de l'ex-libris est collée une lettre datée de 1933 sur papier à en-tête de l'entreprise Lewis Brothers dans laquelle un certain Ralph Lawson explique à Morin que Maria Chapdelaine a été dactylographié dans les bureaux de l'entreprise alors que Hémon y travaillait comme sténographe, un fait connu des spécialistes. Enfin, cet exemplaire abritait également trois lettres manuscrites adressées à Victor Morin en 1925 par Marie Hémon, la sœur de Louis. Entre autres choses, Marie Hémon écrit  : « nous vous remercions une fois de plus, ma mère et moi, de tout ce que vous avez fait pour la mémoire de mon frère. »

On en conviendra, voilà un exemplaire exceptionnel d'un roman qui ne l'est pas moins.

Retour au menuComptes rendus de lectures

par Isabelle Crépeau, Simon Mayer et Isabelle Morrissette, bibliothécaires
Direction générale de la diffusion

Marcel Broquet
Laissez-moi vous raconter… 53 ans dans le monde du livre – Récit autobiographique
Saint-Sauveur, Marcel Broquet, La Nouvelle Édition, 2011
ISBN : 9782923860275

Libraire, éditeur, distributeur, Marcel Broquet a touché à plusieurs métiers du livre. Dans son autobiographie, il présente son parcours professionnel en prenant soin de rendre hommage aux gens qui ont éveillé son intérêt pour les livres et aux personnes que ceux-ci l'ont amené à rencontrer. Avant de présenter la première librairie qu'il a ouverte à Verdun et de confier les motivations qui l'ont mené à publier, l'auteur discute longuement de la petite et de la grande histoire de sa famille ainsi que de ses Alpes natales. Suivre l'astucieux libraire et éditeur québécois Marcel Broquet dans ses souvenirs, c'est l'aventure que nous propose Laissez-moi vous raconter..., un livre qui plaira autant aux passionnés du livre et de l'édition qu'aux amoureux d'histoire européenne. (SM)

Dominique Charnay (Éd.)
Cher monsieur Queneau – dans l'antichambre des recalés de l'écriture
Paris, Denoël, 2011
ISBN : 9782207110591

La scolarisation massive et la démocratisation de la littérature ont amené des milliers de Français à rêver d'être édités, chez Gallimard de surcroît. C'est au membre du Collège de pataphysique, au fondateur de l'OuLiPo et à l'ancien surréaliste auteur des aventures de la petite Zazie, Raymond Queneau, qu'ont été envoyées les lettres d'intention choisies dans ce livre. Les missives originales anonymes d'« écriverons » jamais publiés présentées donnent un aperçu du travail colossal du chef du comité de lecture de la prestigieuse maison. Souvent touchantes, parfois rigolotes, ces lettres non seulement nous donnent accès aux espoirs déçus d'auteurs qui auraient voulu y croire mais, surtout, nous montrent à quel point Raymond Queneau, « monsieur myope », était un homme apprécié, respecté et bon. « Monsieur Queneau, aurez-vous le courage que j'ai eu de me relire jusqu'au bout? » (IM)

Frédéric Rouvillois
Une histoire des best-sellers
Paris, Flammarion, 2011
ISBN : 9782081227262

Il existe dans votre tête une bibliothèque plus impressionnante que vous ne le croyez. Elle contient surtout des succès littéraires dont plusieurs ont été portés à l'écran. Par exemple, Le docteur Jivago, Bonjour tristesse, Maria Chapdelaine et, plus récemment, Millénium ou Harry Potter. La liste pourrait être longue! Une histoire des best-sellers explore ce phénomène littéraire du point de vue du livre, de l'auteur et du lecteur. Alors que le succès était autrefois lié au génie de l'écrivain et à la valeur de l'œuvre, on pourrait croire qu'il est maintenant dû à une stratégie marketing bien planifiée. Pourtant, Gaston Gallimard avouait que le succès de librairie comportait une part de mystère. Pour Jean d'Ormesson, il échapperait à l'explication rationnelle et serait imprévisible. Ce livre répond à la question que nous nous posons : comment un livre devient-il un best-seller? (IC)

Retour au menu

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.