Dossier

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Dossier : le théâtre


Une mosaïque pour célébrer les amateurs

par Danielle Léger, bibliothécaire spécialiste des collections patrimoniales d'affiches et de programmes de spectacles
Direction de la recherche et de l'édition

Ils sont 27, le regard tourné vers l'objectif du photographe dans le studio montréalais de Lactance Giroux, vers 1904. Ce collage sur carton de portraits en buste des membres de l'Association dramatique de Montréal fait plus d'un mètre de haut. Il s'agit d'une maquette rehaussée et légendée à l'encre sépia et à la gouache blanche, destinée à être rephotographiée puis tirée selon divers formats, de la carte postale au tableau mural encadré.

Masques, dagues et lyres ornent cette composition symétrique et ordonnée. Au bas de l'image, les lettres U, F et C font référence à la devise du groupe  : « Union, fraternité, concorde ». Fondée en 1901 par Palmieri (Joseph-Sergius Archambault, 1871-1950), l'Association dramatique de Montréal est un des quelque 120 cercles dramatiques francophones qui voient le jour au tournant du siècle dernier1. À la faveur du renouveau du théâtre français et du grand répertoire à Montréal, ces troupes d'amateurs sont habituellement appelées à jouer au Monument-National et en tournée dans les paroisses de Montréal. Elles atteignent un large public et favoriseront l'émergence d'un théâtre professionnel au Québec2.

La naissance de l'Association dramatique de Montréal s'inscrit parmi les multiples pratiques associatives qui ont balisé le mouvement nationaliste canadien-français à la toute fin du xixe et au début du xxe siècle. En vertu de la constitution et des lois qui la régissent3, la troupe est composée d'hommes adultes, canadiens-français, catholiques et dotés d'une bonne réputation. Ses activités se déroulent selon un code à la fois rigoureux et moral, sous la bienveillante protection de saint Louis de Gonzague. Lors de leurs sorties publiques, les membres sont tenus d'arborer l'insigne de leur association.

Figures connues du théâtre québécois

Le registre supérieur de cette image composite regroupe donateurs et protecteurs. Viennent ensuite les administrateurs, les directeurs, les techniciens et les comédiens. Le mécène de la troupe, le docteur J.-A. Saint-Denis, figure au sommet de la composition, flanqué de quatre membres honoraires qui ont tous connu un parcours exemplaire dans l'histoire du théâtre au Québec. Ils font figure de mentors dans un contexte où la professionnalisation des artistes de la scène est encore un processus fragile. Palmieri débute au théâtre en 1896 au Collège de Saint-Laurent. Il connaîtra une carrière professionnelle comme acteur, régisseur et directeur à Montréal (Théâtre National, Chanteclerc, etc.) et à Québec (Théâtre populaire de la Place Jacques-Cartier et Théâtre Impérial).

L'homme d'affaire Georges Gauvreau (1863- 1949) est depuis 1900 propriétaire du prestigieux Théâtre National4, pierre angulaire du théâtre professionnel francophone à Montréal, où travaillent MM. Godeau et Cazeneuve, tous deux d'origine française, salués comme les premiers metteurs en scène québécois. Ingénieur de formation, Antoine Godeau (Anthony Bailly, 1870-1946) oeuvrera pendant 17 années comme acteur, régisseur général et metteur en scène au Théâtre National. Père de la comédienne Marthe Thiéry, il contribuera à la formation de plusieurs acteurs canadiens-français. Paul Cazeneuve (1871-1925) amorce sa carrière théâtrale aux États-Unis dès 1889. Au Théâtre National, il devient en 1900 actor-manager, soit à la fois comédien-vedette et directeur artistique. Il transpose l'esthétique théâtrale à grand déploiement de Broadway sur les scènes franco-québécoises et encourage le développement d'une dramaturgie nationale.

Parmi les membres actifs de la troupe, quelques figures se distinguent également. Le directeur artistique Raoul Leblanc choisit les pièces et compose la distribution : commis de son état, il est doté d'un « pouvoir absolu de la scène5 ». Il est assisté par le régisseur Conrad J. Gauthier (1885-1964), comédien amateur doué, qui écrit des pièces pour la troupe et deviendra un animateur influent du folklore québécois. Le directeur de la scène, Charles Alfred Vallerand (1889-1970), coordonne les travaux de l'accessoiriste et des machinistes. À compter de 1917, il sera de l'aventure du Cercle Lapierre avec Gauthier, puis associé à l'avant-garde théâtrale avec les Compagnons de la Petite Scène.

Images de synthèse

Lactance Giroux (1869-1942) signe cette composition décorative, proche des tableaux classifi catoires de la science moderne, qui fait aujourd'hui partie de la collection patrimoniale d'affiches de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Engagé dans le tournage de fi lms d'actualités aux côtés de Léo-Ernest Ouimet vers 1907, Giroux établit l'année suivante son studio rue Sainte-Catherine, à quelques rues du Théâtre National, et sera photographe en chef pour la Ville de Montréal du début des années 1920 à 1940. Il exposera ses photographies aux Tuileries en 1922 et tissera des liens nombreux avec les milieux artistique et théâtral. Il est le père des réputées comédiennes Antoinette et Germaine Giroux.

La technique des photographies composites de portraits en médaillon est ingénieuse, peu complexe et… très rentable. Dérivé commercial du photomontage, elle connaîtra au Québec une vogue fulgurante des années 1890 jusqu'à la Révolution tranquille.


1. Jacques M. Clairoux, « Georges-Henry Robert et L'Annuaire théâtral de 1908 », L'Annuaire théâtral, n° 19-20, 1996, p. 210, id.erudit.org/iderudit/041298ar (consulté le 15 mars 2012).

2. Lucie Robert, « Chronique de la vie théâtrale », dans Micheline Cambron (dir.), La vie culturelle à Montréal vers 1900, Montréal, Fides / Bibliothèque nationale du Québec, 2005, p. 77-78.

3. Association dramatique de Montréal, Constitution et lois de l'Association dramatique de Montréal, Montréal, vers 1904, 23 p.

4. L'édifice est toujours situé au 1220, rue Sainte-Catherine Est, près de la rue Beaudry. Après plusieurs changements de propriétaires (notamment Rose Ouellette, surnommée La Poune) et de vocation, le National présente aujourd'hui des concerts de musique rock et de chanson francophone.

5. Association dramatique de Montréal, op. cit., p. 15 et 25.

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La maison théâtre et la Grande Bibliothèque : un partenariat gagnant

par Louise Fortin et Jennifer Ricard, bibliothécaires à l'Espace Jeunes
Direction de la référence et du prêt

Qu'ont en commun la Maison Théâtre et la Grande Bibliothèque? Bien entendu, un public de beaux enfants qui fréquentent ces deux édifices en très grand nombre et aussi une proximité physique entre la rue Ontario et le boulevard De Maisonneuve, à Montréal. Côté jardin, on trouve un espace pour l'imaginaire; côté cour, un lieu pour toutes les lectures. Il n'en fallait pas davantage pour qu'en 2010, ces deux établissements se concertent et forment un partenariat gagnant afin de promouvoir leurs trésors les plus précieux.

Côté jardin : la Maison Théâtre

Lieu unique où l'on célèbre le théâtre destiné au jeune public, depuis 28 saisons, la Maison Théâtre offre de fabuleux spectacles reconnus pour leur qualité et pour leur diversité. Elle diffuse du théâtre professionnel pour jeune public en puisant dans le répertoire national et international. Sa programmation de grande qualité est composée d'une variété de productions théâtrales s'adressant à tous les groupes d'âge. Porte ouverte sur la culture, la Maison Théâtre est un fabuleux carrefour artistique pour l'enfance et pour la jeunesse.

Côté cour : L'espace jeunes et la section destinée aux adolescents

La Grande Bibliothèque abrite un joyau que les enfants prennent toujours plaisir à fréquenter : l'Espace Jeunes. Il faut dire que ses collections feraient rougir Ali Baba! Plus de 100 000 livres et documents sur tous supports font la joie des jeunes. Cet espace appartenant aux jeunes offre aussi une gamme d'activités en accord avec les intérêts des enfants et des plus grands : ateliers-découvertes, Heures du conte, activités d'éveil à la lecture pour les toutpetits, ateliers de formation et d'information en littérature jeunesse destinés aux adultes. Porte ouverte sur la lecture, l'Espace Jeunes est une remarquable bibliothèque pour l'enfance et pour la jeunesse. Quant aux adolescents, ils trouvent à la Grande Bibliothèque une collection comprenant plus de 5000 romans, BD et mangas.

Prolongez le plaisir du spectacle

Chaque nouvelle saison de la Maison Théâtre apporte son lot de suggestions de lecture. Une rencontre est organisée entre la coordonnatrice de la médiation théâtrale de la Maison Théâtre et les bibliothécaires des sections destinées aux jeunes et aux adolescents à la Grande Bibliothèque. À partir du programme théâtral de la saison à venir, les bibliothécaires choisissent trois productions. Elles sélectionnent les meilleurs titres ayant trait aux thématiques abordées lors des spectacles et rédigent des bibliographies. Remis aux enseignants lors des visites scolaires ainsi qu'au grand public, ces documents d'accompagnement sont aussi accessibles sur les portails respectifs de la Maison Théâtre et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Une journée finit toujorus par un bon livre

Après avoir été éblouis par un magnifique spectacle à la Maison Théâtre ou enchantés par une inoubliable visite à la Grande Bibliothèque, les enfants ont toujours le même désir : prolonger le plaisir de ces mémorables sorties. Comment? En rentrant à la maison avec leur livre préféré au fond de leur baluchon.

banq.qc.ca/portail_jeunes/

www.maisontheatre.com

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Entrevue avec Lorraine pintal

par Guy Berthiaume, président-directeur général de BAnQ

GB Lorraine Pintal, ne pourrait-on pas dire que les meilleurs définisseurs de nos sociétés, ce sont les auteurs de théâtre? Quand on veut définir l'angleterre, le nom de Shakespeare s'impose. Pour la France, on pense à Molière, pour le Québec, on pense à Tremblay...

LP Je serais portée à répondre que ce sont les écrivains en général.

J'ai une anecdote à ce propos. J'ai eu l'occasion de me rendre à Dublin à quelques reprises, et j'ai été agréablement surprise de constater qu'à l'aéroport, ce sont les photos de Samuel Beckett et de James Joyce, deux auteurs dublinois, qui nous accueillent à notre descente d'avion. Je pense qu'on devrait s'inspirer de l'initiative de Dublin pour faire la promotion de notre ville, de notre société distincte...

Le théâtre occupe effectivement une place importante dans une société. C'est Claude Corbo, dans sa pièce Passion et désenchantement du ministre Lapalme, qui fait dire à ce dernier que ce dont on se rappellera plus tard lorsqu'il sera question de ce qui a été marquant pour le Québec, ce ne seront pas ses mines, ses infrastructures, sa situation économique. Il sera plutôt question de ses artistes, de sa littérature.

GB Quel est votre rapport aux archives dans votre pratique théâtrale et dans la gestion du théâtre du nouveau monde (TNM)? Est-ce que vous vous y référez? Est-ce que vous y retournez?

LP Avant mon arrivée au TNM, la tenue des archives n'était pas une priorité. Je pense que c'est l'époque qui voulait ça, en raison d'un manque de ressources et d'argent. Il y a eu un incendie, rue Papineau, et beaucoup de documents ont été détruits. J'ai eu la chance de célébrer les 50 ans et les 60 ans de ce théâtre, ce qui nous a permis de mettre de l'ordre dans les archives, particulièrement en ce qui concerne les productions artistiques, les photos, les bandes sonores, les cahiers de régie, les vidéos de spectacles, etc. Il y a aussi les archives concernant l'administration. Marie-Sylvie Hébert, adjointe aux directions successives du TNM, est responsable des archives.

Pour le 50e anniversaire, nous avons été aidés par l'Université du Québec à Montréal. Le recteur, M. Corbo, a mis à notre disposition une personneressource qui a contribué à instaurer une méthode de préservation de nos archives. Nous avons une petite salle qui est consacrée à leur conservation. Nos archives nous servent à étoffer la conception des programmes, des éditions spéciales pour les anniversaires, ou à documenter la réalisation d'événements marquants. Nos archives sont aussi ouvertes aux personnes de l'extérieur, par exemple le milieu de l'éducation.

GB Imaginons que vous me confiez le mandat de faire la mise en scène du bourgeois gentilhomme. Est-ce que je veux voir ce que les autres ont fait avant moi ou si, au contraire, je ne veux pas en entendre parler?

LP Il est très rare que le metteur en scène nous demande de voir soit la vidéo d'une production, soit les photos, ou encore les cahiers de régie. Mais il y a des exceptions, par exemple Dominic Champagne qui vient de mettre en scène Ha ha!... de Réjean Ducharme. Il y avait eu deux mises en scène de cette pièce précédemment, soit celle de Jean-Pierre Ronfard et celle que j'ai montée. Dominic s'est montré très intéressé par ce qui s'était fait avant lui. Il a donc pu consulter les photos, les notes et le programme. Nos metteurs en scène démontrent souvent plus de curiosité pour les productions qui ont été montées à l'étranger, à l'Odéon, à la Comédie-Française ou ailleurs. Il semble que ce qui est étranger les interpelle ou les inspire davantage, sans doute par crainte de ne pas être influencés par ce qui a déjà été accompli par leurs pairs. Nos archives et celles que vous conservez à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), dans le fonds du TNM, servent donc davantage aux chercheurs en théâtre, aux étudiants et au public en général qu'aux créateurs proprement dits.

GB BAnQ reçoit, en dépôt légal, les affiches et les programmes de spectacles de votre théâtre6. Depuis la création du TNM, en 1951, la façon de concevoir et de produire affiches et programmes de spectacles est-elle restée constante? A-t-elle évolué au fil du temps?

LP Il y a eu une grande évolution. Si on regarde les 40 premières années, c'était assez minimaliste sur le plan visuel. L'information y occupait une place prépondérante. Vers la fin des années 1970-1980, on a donné plus de place à l'auteur, puis le metteur en scène a eu ses lettres de noblesse vers le milieu des années 1980. Depuis plus d'une quinzaine d'années, le comédien occupe une place centrale, et nous sommes entrés dans l'ère du graphisme : le concepteur graphique joue un rôle central dans tout ce qui s'appelle matériel promotionnel. Les affi ches sont devenues de véritables oeuvres d'art et les concepteurs graphiques sont maintenant un maillon indispensable du processus de création au TNM.

L'image d'une institution est très importante et doit être en accord avec sa mission. Même si le TNM a toujours été plutôt avant-gardiste – qu'on pense aux créations de Claude Gauvreau, de Normand Chaurette, de Réjean Ducharme, de Robert Lepage, aux productions de la compagnie 4D Art et aux relectures des grands classiques –, force est de constater que les progrès technologiques ont eu un très gros impact sur tout ce qui touche à la promotion. Nous avons une signature assez reconnaissable avec notre logo et les couleurs qui nous caractérisent (noir, blanc, rouge). Il y a eu toutes sortes de tentatives au fil des ans. On a essayé d'aller vers l'impressionnisme ou d'emprunter la voie du symbolisme; ce n'était pas toujours concluant. Il y a eu aussi des campagnes plus osées qui ont provoqué des ondes de choc. Une chose est certaine, c'est qu'on ne s'éloigne jamais de l'artiste-interprète pour le visuel de nos productions.

Malgré la venue des autres médias (télé, Internet, etc.), nous n'avons pas envie de délaisser l'affiche pour le moment. Bien sûr, avec notre politique de développement durable, nous tendons vers une utilisation réduite du papier, mais l'affiche a encore un impact très important. Les illustrateurs, les photographes, les graphistes sont de véritables artistes qui font partie intrinsèquement du processus de création. Cependant, nos invitations sont maintenant acheminées électroniquement. Le vote des prix Gascon se fait également de façon virtuelle et notre programme est sur notre site Internet.

GB Et pour les programmes, est-ce qu'on constate une évolution semblable?

LP J'aimerais souligner ici une initiative d'Annie Gascon, notre directrice des communications, qui a lancé cette belle idée de concevoir un programme annuel sous forme d'un petit livre de poche, L'emporte-pièces, qui est gratuit pour nos abonnés. Le grand public peut également se le procurer s'il désire l'acheter. Il s'agit d'une source de documentation vraiment complète sur nos spectacles : la démarche des auteurs et des metteurs en scène, l'historique, le contexte sociopolitique, etc. Il est magnifiquement illustré par des photos et des dessins. On l'utilise également comme outil pédagogique, ce qui est très apprécié de la part des enseignants. Toutes ces initiatives s'inscrivent dans l'exercice de notre mission.

GB On a pu voir dans le hall de la Grande Bibliothèque, à l'automne 2011, une exposition portant sur le TNM. Un tel partenariat vous apparaissait important?

LP L'exposition Passeur de personnages : les 60 ans du TNM était une collaboration vraiment intéressante. Il faut souligner particulièrement la qualité de la conception signée par Philippe Legris et Paul Lefèbvre. Il est difficile de mesurer l'impact réel sur le public mais il y avait une circulation constante. J'ai moi-même pu observer à quelques reprises que, sans nécessairement s'installer dans les petites cabines, les visiteurs circulaient autour de celles-ci pour regarder les photos. Votre hall est un lieu idéal pour ce genre d'exposition étant donné son architecture vaste et ouverte, qui facilite la circulation des visiteurs.

GB Souhaitons que BAnQ puisse maintenir encore longtemps sa collaboration avec le TNM et avec sa formidable directrice!

Le fonds d'archives du TNM

Le fonds d'archives du TNM (MSS3) que conserve BAnQ a été créé en 1971; trois ajouts l'ont enrichi depuis, en 1984, 2000 et 2007. Il comprend 38,13 mètres linéaires de documents textuels et 331 photographies. Son contenu touche l'administration du théâtre (correspondance, campagnes d'abonnement, publicité, ressources humaines, états financiers) et ses productions (cahiers de régie, plans de décors, maquettes de costumes en deux dimensions). Il comprend aussi des documents relatifs aux activités des Jeunes Comédiens du TNM. Un instrument de recherche de 228 pages est disponible pour les usagers de BAnQ dans la salle de consultation du Centre d'archives de Montréal.


6. Trois cent deux programmes de spectacles et 287 affiches (dont 223 en version numérisée) sont répertoriés dans le catalogue Iris.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.