À rayons ouverts, no 87 (automne 2011)

Table des matières

La vie de BAnQ


BAnQ et la Cinémathèque québécoise c'est reparti pour cinq ans!

par Mireille Laforce, coordonnatrice de la Section du dépôt légal
Direction des acquisitions de la Collection patrimoniale

Le 8 juin dernier, Micheline Lanctôt, cinéaste bien connue, a effectué à la Grande Bibliothèque le dépôt légal symbolique de son tout dernier film, Pour l'amour de Dieu. Ce dépôt a eu lieu à l'occasion de la signature officielle de la nouvelle entente relative au dépôt légal des films entre Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et la Cinémathèque québécoise. L'affiche et le site Web du film ont alors aussi été dévoilés en grande primeur.

Instauré en 2006, le dépôt légal des films célèbre cette année ses cinq ans. Découlant de la Loi sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, cette obligation exige entre autres que les producteurs de films et d'émissions de télévision québécois déposent un exemplaire de chaque production ayant reçu un financement de l'État, et ce, dans les six mois suivant la première présentation au public de la version définitive.

Pour remplir cette obligation, BAnQ a conféré en 2006 à la Cinémathèque québécoise le mandat de coordonner et de conserver à long terme les films et émissions de télévision reçus en dépôt légal. L'entente entre BAnQ et la Cinémathèque québécoise vient d'être renouvelée pour un second mandat de cinq ans. BAnQ poursuivra donc cette fructueuse collaboration avec cet organisme qui détient une grande expertise dans les domaines cinématographique et télévisuel et dont la mission est étroitement liée à ses propres objectifs.

Quelques chiffres

Au cours des années 2006 à 2010, la Cinémathèque québécoise a reçu, dans le cadre du dépôt légal, 882 œuvres uniques et 865 œuvres à épisodes multiples. Parmi les œuvres uniques déposées, 49 % des titres sont des documentaires alors que 28 % sont des fictions. Du côté des œuvres à épisodes multiples, 37 % des titres sont des magazines hebdomadaires, 24 % sont des documentaires et, finalement, 20 % sont des fictions.

Le format des œuvres reçues en dépôt légal peut varier. Ainsi, durant cette même période, la Cinémathèque québécoise a reçu près de 10 000 unités matérielles en dépôt légal, et ce, sur des supports de plusieurs natures. Le Betacam numérique représente 37 % des unités déposées. On remarque cependant que le format HD, inexistant en 2006, a connu une croissance importante au cours des dernières années et représente à lui seul près de 18 % des œuvres reçues entre 2006 et 2010.

Ces films et émissions de télévision s'ajoutent aux autres documents reçus eux aussi en dépôt légal à BAnQ : livres, revues, journaux, affiches, cartes géographiques, cartes postales, enregistrements sonores, estampes, livres d'artistes, partitions, programmes de spectacles et reproductions d'œuvres d'art. Tous ces éléments enrichissent la Collection patrimoniale, ce qui permet aux usagers de BAnQ ainsi qu'aux chercheurs d'aujourd'hui et de demain d'avoir accès à une quantité et une variété importantes d'œuvres québécoises.

Nombre de films et d'émissions de télévision reçus en dépôt légal, 2006 à 2010
Œuvres uniques
882
Fictons
251
Documentaires
431
Variétés
187
Autres catégories
13
Productions à épisodes multiples
ou séries
865
Fictions hebdomadaires
175
Fictions quotidiennes
23
Documentaires
207
Magazines hebdomadaires
321
Magazines quotidiens
20
Émissions de variétés hebdomadaires
80
Émissions de variétés quotidiennes
4
Émissions à contenu éducatif
6
Aurers productions
29

 

Nombre d'éléments physiques reçus en dépôt légal selon le format, 2006 à 2010
Betacam numérique
3477
Betacam SP
1355
35 mm
732
16 mm
3
Mini DV
47
DVC Pro
1814
HD
1840
Autres formats
225
Total
9493

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La régionalisation des centres d'archives : 40 ans déjà

par Cédric Champagne, archiviste-conseil pour les régions de Lanaudière et de la Montérégie
Direction du conseil et de l'action régionale

Il y a déjà 40 ans que les Archives nationales du Québec (ANQ) ont adopté leur politique de régionalisation. Celle-ci a permis la fondation, entre 1971 et 1981, de huit nouveaux centres d'archives établis dans autant de villes du Québec. Ces centres se sont donc ajoutés au Centre d'archives de Québec qui, depuis 1920, assumait seul tous les services archivistiques pour l'ensemble du territoire québécois.

Toujours aussi actifs et pertinents, ces centres d'archives régionaux, qui portent dorénavant l'enseigne de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), sont des acteurs de premier plan à l'égard de la promotion, de la conservation et de la diffusion du patrimoine archivistique en région. En cette année 2011 qui marque le 40e anniversaire du Centre d'archives de Montréal (1971), le 35e de celui de Trois-Rivières (1976) et le 30e de celui de Sept-Îles (1981), l'occasion est belle pour remonter aux sources de la régionalisation.

D'abord pour les archives judiciaires

C'est à l'occasion d'un événement fortuit que s'amorce la régionalisation des ANQ. En 1971, le ministère de la Justice, qui s'apprête à emménager dans son nouveau palais de justice de Montréal, n'a pas « prévu d'espace pour la conservation et la consultation des archives judiciaires, civiles et notariales, de même que des anciennes archives de la juridiction royale confiées à sa garde1 ». Le conservateur des ANQ de l'époque, André Vachon, s'empresse alors d'obtenir la juridiction sur ces documents, dont plusieurs sont antérieurs à 18502. Les ANQ obtiennent du même coup des locaux situés dans l'ancien palais de justice et une partie de son personnel. C'est ainsi que le Centre d'archives de Montréal voit le jour.

L'interrelation entre les archives judiciaires et le développement du plan de régionalisation est évidente. En effet, dans une entente conclue en 1975, le ministère de la Justice et celui des Affaires culturelles conviennent que les greffes des cours dans les palais de justice qui ont plus de 100 ans seront conservés par les ANQ, et ce, « dans la capitale régionale dont font partie chacun des districts judiciaires […] de Québec, Montréal, Trois-Rivières, Sherbrooke, Hull, Chicoutimi et Rimouski3 ».

Cette entente officialise le déploiement des ANQ dans ces villes, auxquelles s'ajoutent bientôt Rouyn-Noranda et Sept-Îles, complétant ce réseau unique au pays, voire en Amérique du Nord4.

L'enracinement des archives

Le choix d'établir le troisième centre d'archives à Trois-Rivières n'est pas étranger au fait que cette ville a été, après Québec et Montréal, l'un des sièges de la juridiction royale de la Nouvelle-France5. Avant même d'occuper les locaux du centre d'archives, l'équipe régionale, constituée d'un archiviste responsable, d'un agent de bureau et d'un employé de secrétariat, s'affaire à traiter rapidement les archives judiciaires nouvellement acquises. Tant et si bien qu'en avril 1976, alors que le matériel technique (photocopieur, étagères) n'est pas encore disponible, la salle de lecture du Centre régional de la Mauricie–Bois-Francs est ouverte au public6. Dès lors, la régionalisation se poursuit à grand train. De nouveaux centres d'archives ouvrent leurs portes à Hull (1977), à Chicoutimi (1978), à Rouyn, à Sherbrooke et à Rimouski (1979) et, finalement, à Sept-Îles (1981). En 2010, BAnQ a prolongé ce réseau en y adjoignant un point de service établi à Gaspé.

L'établissement des centres d'archives en région facilite l'accès des citoyens aux archives, publiques et privées, et permet leur conservation sur le territoire où elles ont été créées. Ce principe de provenance territoriale est l'un des fondements mêmes de la régionalisation. Plus important encore, la régionalisation est basée sur le rôle essentiel des archivistes régionaux, qui sensibilisent les organismes et les individus à la valeur de leurs archives. Grâce aux relations qu'ils établissent avec eux, ils sont les mieux positionnés pour connaître les détenteurs d'archives privées et pour acquérir et sauvegarder ces fonds et collections qui, autrement, auraient pu être perdus.

Aujourd'hui, les centres d'archives régionaux participent pleinement à la mission de BAnQ et demeurent de véritables phares du patrimoine archivistique en région.


1. Gilles Héon, « Une régionalisation sans décentralisation. Les centres régionaux des Archives nationales du Québec », La Gazette des archives, n° 121-122, 2e et 3e trimestres 1983, p. 133.

2. Denis Goulet, Bibliothèque et Archives nationales du Québec – Un siècle d'histoire, Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec / Fides, 2009, p. 255.

3. Convention entre le ministère des Affaires culturelles et le ministère de la Justice du Québec publiée dans Archives nationales du Québec, Rapport des Archives nationales du Québec, 1976-1977, Québec, Ministère des Affaires culturelles, tome 54, p. 87.

4. Denis Goulet, ouvrage cité, p. 258.

5. Gilles Héon, article cité, p. 133.

6. Rapport des Archives nationales du Québec, 1976-1977, tome 54, p. 56.

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