À rayons ouverts, no 87 (automne 2011)

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Mot du président-directeur général
La mode entre à la bibliothèque

par Guy Berthiaume
Président-directreur général

La mode est dans l'air du temps, si l'on me permet de commencer sur une tautologie. Après son entrée dans le champ des sciences sociales au siècle dernier, elle envahit carrément les musées des beaux-arts en ce début du XXIe siècle. Citons Chanel (2005) et Alexander McQueen (2011) au Metropolitan Museum of Art, Yves Saint-Laurent (2008) et Jean- Paul Gaultier (2011) au Musée des beaux-arts de Montréal. Au Musée national des beaux-arts du Québec, nos collègues présentent pour leur part Steichen – Glamour, mode et célébrités – Les années Condé Nast, 1923-1937 à compter du 27 octobre et jusqu'au 27 février 2012, après avoir connu le succès avec Haute couture – Paris, Londres, 1947-1957 – L'âge d'or en 2010. Pour la directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, la présence de la mode au musée répond à des impératifs de démocratisation :

À la majorité qui n'a pas la chance d'être invitée aux défilés des « VVIP » de la haute couture, à tous ceux qui ne peuvent examiner les créations hors de l'éblouissement des shows, une exposition de mode permet de jouir de la délectation des matières et des savoir-faire artisanaux. Corps à corps, cœur à cœur. Cette seule raison la légitime puisqu'une exposition vise avant tout à rendre abordable ce qui ne l'est pas1.

C'est en souscrivant au noble idéal de rendre « abordable ce qui ne l'est pas » que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) présente l'exposition De la Belle Époque au prêt-à-porter du 11 octobre 2011 au 30 septembre 2012. Ce sera l'occasion pour nous de dévoiler au public les trésors de nos collections documentaires sur la mode. Dans la foulée, nous souhaitons aussi provoquer la réflexion sur ce que Barthes nommait le « système de la mode » en proposant la conférence de la commissaire de l'exposition, Anne-Marie Matteau (le 3 novembre à 19 h 30), et celle du designer d'exception Jean-Claude Poitras (le 1er décembre à 19 h 30). Également, les collègues bibliothécaires et archivistes nous font découvrir dans les pages qui suivent les remarquables ressources dont nos collections regorgent sur le thème de la mode et de ses métiers.

Dans l'une des autres rubriques de ce numéro, Cédric Champagne attire avec à-propos l'attention sur le 40e anniversaire de la régionalisation des centres d'archives. Cette initiative s'inscrivait à l'époque dans la volonté du ministère de la Culture de rapprocher ses services des citoyens. Cette intention ministérielle qui ne s'est pas démentie depuis 1971 trouve d'ailleurs son écho dans le principe de territorialité auquel souscrit BAnQ, un principe qui veut que, dans toute la mesure du possible, les archives soient conservées là où elles ont été créées et où elles sont le plus susceptibles d'être valorisées.

Je signale également le texte que consacre la présidente des Amis de BAnQ, Louise Charette, aux activités de nos amis bénévoles. C'est avec justesse que Mme Charette utilise le mot « succès » pour qualifier deux initiatives récentes de son association, les groupes de conversation française et le Marché aux livres. En effet, sans les Amis de BAnQ, ces deux activités n'auraient pu voir le jour. C'est dire à quel point nos Amis sont précieux. Tahar Ben Jelloun n'a-t-il pas écrit dans Éloge de l'amitié : « Une bibliothèque est une chambre d'amis »?


1. Dans M. La revue du Musée des beaux-arts de Montréal, mai 2011.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.