À rayons ouverts, no 87 (automne 2011)

Table des matières

Dossier : Mode et société


Capsules historiques sur la mode

par Marie-Pierre Nault, archiviste
Centre d'archives de Montréal

La mode féminine de 1900 à 1910

La femme de la première décennie du XXe siècle porte un corsage simple ou élégant mettant en valeur une poitrine pigeonnante. Sa silhouette en S accentue sa taille corsetée. Jupe longue, calicot, challis, chemisette et chapeau sont de mise pour une charmante toilette de la Belle Époque!

La mode des Années folles

La femme des années 1920 et 1930 porte la robe à mi-mollet. La silhouette est allongée et droite, la taille basse et le buste plat. Le tailleur, la tunique, la fourrure, le chapeau-cloche, les perles, le bandeau et la coiffure courte à la garçonne sont à la mode. Le confort prime. Et le pantalon se féminise!

La mode féminine des années 1940

Jusqu'en 1945, l'industrie du textile est paralysée par la guerre; les textiles sont chers et rares. On adopte une mode de circonstance. La jupe se porte au genou, évasée ou droite, sans bas, et le tailleur est strict. Les fibres synthétiques font leur apparition. Après la guerre, la mode devient plus féminine : les jupes s'amplifient et s'allongent, on affine la taille et on porte le bas de nylon. Le chapeau est petit et extravagant. Les cheveux bouclés sont très en vogue.

La mode féminine des années 1950

Chic et glamour, le style new-look de Christian Dior s'épanouit. La jupe ample à la taille fine et gainée d'un corset, le soutien-gorge pigeonnant et les talons aiguilles rendent la femme élégante et féminine. On assiste aussi à l'arrivée du petit tailleur strict en tweed à la jupe moulante sous le genou créé par Coco Chanel. La robe de soirée peut aussi être longue et moulante.

La mode féminine des sixties

La jupe raccourcit, puis vient l'ère de la minijupe. La femme des années 1960 tient à a fficher une silhouette différente de celle de sa mère. Le style se rapproche de celui de la fillette, avec un corsage effaçant la poitrine, de gros motifs de pois et des rayures ainsi que de nombreux accessoires voyants, tels que les bandeaux, les foulards, le béret, les sacs à bandoulière et les lunettes de fantaisie. Les bottes hautes à gros talons deviennent populaires. Les cheveux auparavant très relevés sur la tête se portent bientôt longs et lisses.

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Faire défiler la mode au passé

par Johanne Mont-Redon, archiviste
Centre d'archives de Montréal

Faire défiler la mode au passé, c'est reconnaître l'espace occupé par les couturiers et les artisans en atelier qui deviendront des créateurs, des designers puis des chefs d'entreprise dont les marques orneront des vêtements aussi bien que des parfums, des sacs, des bijoux et autres accessoires. Avec l'émergence de Chanel, Dior et Givenchy en tant que multinationales de la mode, les débuts des couturiers canadiens et québécois sont teintés de cette influence européenne, aussi bien dans les méthodes d'enseignement que dans la création haute couture. Quelques fonds d'archives disponibles au Centre d'archives de Montréal témoignent de cette effervescence.

Une grande couturière et une pédagogue hors pair

Le fonds Laurette Cotnoir-Capponi (P187), qui contient des documents personnels, des photographies, des croquis et des cartes postales, nous renseigne sur le parcours de Laurette Cotnoir-Capponi (1897-1962), native de Saint-Germainde- Grantham. Veuve, elle entreprend un voyage d'agrément et d'étude en Italie et en France. Passionnée par les études et par la haute couture, elle fréquente différentes institutions, telles que l'école Guerre-Lavigne de Paris (1924), la Fashion Academy de New York et le Franklin Institute de Philadelphie (1925), où elle obtient un diplôme de couturière. À partir de 1929, malgré des moyens encore rudimentaires, elle enseigne à son domicile de la rue Sherbrooke, à Montréal. Rapidement, elle se fait une très bonne réputation comme couturière et comme pédagogue. En 1948, elle ouvre une école de haute couture, équipée d'une bibliothèque spécialisée et d'un musée du costume, où les étudiants accèdent à une culture exhaustive de la haute couture. Elle formera entre autres Arnold Scaasi, Hélène de Grandpré et le costumier François Barbeau. De plus, Mme Cotnoir-Capponi s'implique dans de nombreuses associations professionnelles, dont l'Association des femmes d'affaires de Montréal. Elle est considérée comme l'une des pionnières de la haute couture au Québec.

Des reportages photo sur de futures célébrités de la mode

Les nombreux photoreportages de l'Office du film du Québec (E6, S7, SS1) portant sur l'École des métiers commerciaux de Montréal rendent compte de plusieurs aspects du volet de l'enseignement de la mode dans cet établissement. Ils mettent en valeur, notamment, l'enseignement du professeur Le Testut, directeur du programme de coupe et de confection du vêtement féminin, qui inclut la haute c outure. P armi l es é tudiants célèbres de l'École des métiers commerciaux de Montréal se trouvent Léo Chevalier, Marielle Fleury, Jean-Claude Poitras, Michel Robichaud ainsi que Serge et Réal, un duo formé de Serge Sénécal et Réal Bastien. En guise de travail pratique, des étudiants du professeur Le Testut confectionnent la robe de gala de Miss Radio et, plus tard, de Miss Radio Télévision. Plusieurs reportages attestent de cette activité. Quelques clichés de l'Office du film du Québec témoignent en outre du travail des stylistes québécois Marielle Fleury et Michel Robichaud, qui présentent en Europe une collection de haute couture dessinée spécialement à l'occasion de l'Exposition universelle de 1967, à Montréal. Les modèles sont inspirés du thème « La garde-robe de la femme qui voyage1 ». Michel Robichaud dessine également les uniformes des hôtesses d'Expo 1967 tandis que le duo Serge et Réal confectionne les uniformes des hôtesses du pavillon du Québec.

L'Office du film du Québec a aussi photographié le couturier John Warden. Natif de l'Ontario, celui-ci a étudié à New York et s'est rapidement démarqué au Québec par son style innovateur et classique. Comme plusieurs designers montréalais, il a ouvert une boutique rue Crescent, lieu privilégié des créateurs de mode des années 1970. Enfin, l'Office du film du Québec a généreusement représenté les activités du ministère de l'Industrie et du Commerce. Quelques photos portent sur la manifestation Montréal-Mode, créée pour donner de la visibilité à Montréal, à ses créateurs et à ses manufacturiers dans le domaine de la mode. À cette occasion, les acheteurs et les représentants de la presse assistent à des défilés. Michel Robichaud a profité de cette vitrine pour se démarquer.

Le fonds Conrad Poirier et la mode

Le photographe Conrad Poirier s'est intéressé à de nombreux sujets. Son fonds photographique (P48) contient quelques clichés de mannequins portant les créations du Français Raoul-Jean Fouré, installé à Montréal en 1927, où il dessine, coupe et crée surtout de somptueuses robes de soirée. Il reçoit ses clientes dans son atelier de la rue Sherbrooke. Ardent défenseur de la mode canadienne sur la scène internationale, il devient en 1954 le premier président de l'Association des couturiers canadiens, dont la douzaine de membres se regroupent pour présenter des collections et subventionner la publicité, les relations publiques ainsi que l'engagement des mannequins et des photographes lors des défilés.


1. Radio-Canada, « Des stylistes québécois en France », Archives, entrevue télévisée de Lizette Gervais avec Marielle Fleury et Michel Robichaud, 19 mai 1966, http://archives.radio-canada.ca/art_de_ vivre/mode_beaute/clips/14385 (consulté le 12 septembre 2011).

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