À rayons ouverts, no 84 (automne 2010)

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Rubriques


D'art et de culture
BAnQ, une vitrine pour la préservation

par Sascha Hastings, réalisatrice d'émissions de radio et commissaire de l'exposition Logotopia – La bibliothèque au confluent de l'architecture, de l'art et de l'imaginaire
Adaptation et traduction de l'anglais par Éric Fontaine, rédacteur-réviseur, Direction de la programmation culturelle

Du 2 novembre 2010 au 27 mars 2011, Bibliothèque et Archives nationales du québec (BAnQ) présente une exposition produite et mise en circulation par Cambridge Galleries, de Cambridge, en ontario, dans la salle d'exposition principale de la Grande Bibliothèque. Logotopia – La bibliothèque au confluent de l'architecture, de l'art et de l'imaginaire est une exposition multidisciplinaire dans laquelle des artistes, des auteurs et des architectes explorent la bibliothèque à la fois comme concept et comme « forme bâtie » tout en examinant son avenir à l'âge de l'information.

Le mot « logotopia » vient du grec ancien logos, qui signifie « mot », et topos, qui signifie « lieu ». La bibliothèque est un « lieu de mots » où s'accordent parfaitement langage et architecture. elle demeure l'une des rares structures publiques qui, lorsque les conditions s'y prêtent – une architecture marquante, un emplacement central, un personnel informé et attentif, une riche programmation d'activités culturelles –, influent de manière positive sur l'individu et la communauté.

Adam David Brown, Douglas Coupland, Denis Farley, Guy Laramée et Michael Lewis signent des œuvres d'art originales dans cette exposition qui met en valeur l'architecture de plusieurs bibliothèques contemporaines (élévations et maquettes), dont la Grande Bibliothèque de BAnQ, la bibliothèque d'Alexandrie et la Hespeler Library, à Cambridge, en Ontario, ainsi que des documents d'archives et des artéfacts associés à l'histoire des bibliothèques.

La bibliothèque, une entité vivante

Lors de la préparation de cette exposition, ma recherche a rapidement établi des thèmes récurrents, qui ont servi à diviser l'exposition en cinq sphères de référence : « La bibliothèque universelle », « La bibliothèque nationale », « La bibliothèque publique », « La bibliothèque privée » et « La bibliothèque de l'avenir ».

L'idée de la bibliothèque universelle – dépositaire du savoir collectif du monde et plaque tournante de la recherche, de l'apprentissage et des échanges culturels – fait partie de la conscience collective depuis la fondation de l'ancienne bibliothèque d'Alexandrie, vers 295 av. J.-C. Peut-être le mystère qui plane sur la bibliothèque « perdue » explique-t-il à la fois la ténacité de l'idée de la bibliothèque universelle et la fascination durable des artistes et des écrivains.

Partout dans le monde, la bibliothèque nationale est un des plus importants immeubles administratifs. elle a pour mission de rassembler et de conserver l'héritage culturel d'une nation, c'est-à-dire tous les livres, manuscrits, images et autres documents qui traitent de son histoire. C'est ainsi qu'elle est à la fois la dépositaire de la mémoire collective et un symbole politique. Au Canada, la Grande Bibliothèque de BAnQ est l'exemple le plus éloquent de l'impact sociétal et artistique positif que peut avoir une bibliothèque nationale. Du jour au lendemain, cette œuvre architecturale est devenue une destination extrêmement populaire et un symbole de fierté nationale.

La bibliothèque publique est un établissement remarquable qui, en plus de remplir son mandat traditionnel, fonctionne fréquemment comme un centre culturel ou un centre communautaire. elle accueille les visiteurs issus de toutes les couches sociales et de tous les groupes ethniques ou religieux.

Une bibliothèque privée reflète inévitablement la personnalité de l'être qui l'a constituée, ses goûts, ses forces et ses faiblesses ainsi que l'image qu'il se fait de lui-même. Souvent, la bibliothèque privée constitue un autoportrait fortuit, construit sur une période de plusieurs années.

L'avenir

Les avancées du monde virtuel rendrontelles obsolètes les vrais bibliothécaires et les lieux physiques où ils travaillent? Cela est peu probable. La bibliothèque comme institution humaine est trop importante pour disparaître dans le cyberespace. nous construisons sans cesse de nouvelles bibliothèques afin de satisfaire à la demande croissante. Les nouvelles technologies bouleversent, certes, les habitudes de lecture des usagers en leur permettant de puiser de l'information à de plus vastes sources, mais la bibliothèque ne risque pas de disparaître de sitôt.

Uun riche catalogue illustré de 128 pages publié par Cambridge Galleries prolonge cette exposition. offert en langue anglaise seulement, il contient notamment de courts textes de Lise Bissonnette, de Ray Bradbury, d'Alberto Manguel, de Robert Jan Van Pelt et de Nora Young, qui évoquent leurs expériences personnelles et professionnelles des bibliothèques. De plus, les firmes d'architecture Harari Pontarini, Kongats, Patkau, Shiguru Ban, Shim Sutcliffe et Snøhetta dévoilent leurs sources d'inspiration et leur profonde admiration pour les bibliothèques de toutes sortes, au Canada et ailleurs dans le monde.

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Comptes rendus de lectures

par Joëlle Ayotte, Jenny Desjardins et Lyne Goulet, bibliothécaires
Direction des services aux milieux documentaires

Jacques allard (dir.) Histoires de livres, Montréal, Hurtubise, 2010. ISBN : 978-2-89647-278-9

Les 50 ans d'une maison d'édition, ça se souligne! Jacques Allard a invité 20 auteurs de la maison Hurtubise à s'exprimer, le temps de quelques pages, sur le livre et sur ce qu'il représente pour eux. tantôt récit, tantôt fiction, ces histoires placent toutes le livre au centre d'une aventure, d'une rencontre, d'un rêve. La lecture y est une échappatoire, une fenêtre ouverte sur le monde, et l'écriture, une passion, un besoin, un incontournable destin.

Les auteurs nous transmettent non seulement leur vision de l'objet livre mais surtout leur mesure de la présence et de l'importance des livres et de la lecture dans leur vie d'écrivain. Les Michel Noël, Jean-Claude Germain, Lise Bissonnette, Louise Portal, Naïm Kattan, Madeleine Monette et autres nous entraînent dans leur univers en nous donnant l'occasion de faire une incursion dans leurs souvenirs ou dans leur imaginaire.

Ce recueil de textes, qui peut se lire de façon décousue ou en continu, constitue un échantillonnage captivant des expériences littéraires qui ont façonné quelques-uns des auteurs d'ici. (JD)

Jean-Loup Chiflet. The New Yorker – l'humour des livres, Paris, Éditions des Arènes, 2009. ISBN : 978-2-35204-097-2

Depuis 1925, The New Yorker est reconnu pour ses dessins d'humour ravageurs et décalés. Dans The New Yorker – L'humour des livres, Jean-Loup Chiflet propose une sélection de 300 dessins autour des thèmes du livre et de la littérature. Fidèles au style de ce célèbre magazine américain, ces caricatures simples et pleines d'esprit passent en revue les travers des auteurs, des éditeurs, des libraires et surtout des lecteurs. En mettant en scène notre rapport aux livres, ces illustrations produites par quelque 80 artistes posent un regard critique et amusé sur la société moderne. (LG)

Ted Striphas. The Late Age of Print, New York, Columbia University Press, 2009. ISBN : 978-0-231-14814-6

Au-delà des récents développements et des nouvelles tendances dans le monde de l'édition, les livres sont toujours très présents dans notre quotidien. C'est ce que l'auteur Ted Striphas, professeur adjoint d'études culturelles et des médias à l'université de l'indiana, explique de brillante manière en abordant des sujets comme l'éducation, la littérature, la culture, la politique et le capitalisme.

Le premier chapitre met l'accent sur les livres électroniques et conclut que ces derniers sont bien loin de remplacer leurs équivalents en papier. Les libraires indépendants et la concurrence que leur livrent les grandes chaînes de librairies font l'objet du deuxième chapitre. Le chapitre 3 rappelle la genèse des ISBN et des codes-barres et explique comment ceux-ci contribuent à la commercialisation des livres et au succès de l'entreprise virtuelle Amazon.com. touchant à des sujets plus près de la littérature, l'auteur relate les raisons du succès du club de lecture d'Oprah Winfrey et de la saga Harry Potter.

Ce livre est une mine d'information sur la culture du livre aux XXe et XXIe siècles. Le grand public ainsi que les professionnels de l'information y trouveront une perspective intéressante d'un point de vue non bibliothéconomique. (JA)

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Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.