À rayons ouverts, no 83 (printemps-été 2010)

Table des matières

Mot du président-directeur général
La Grande Bibliothèque de tous les Québécois

par Guy Berthiaume
Président-directreur général

Ce numéro d'À rayons ouverts, consacré à célébrer le cinquième anniversaire de la Grande Bibliothèque, nous avons voulu qu'il soit plus qu'un exercice de nostalgie.

Parce que cinq ans, c'est un peu bref pour donner lieu à un examen rétrospectif substantiel, reprenons donc à notre compte le titre ironique de l'autobiographie de Simone Signoret : La nostalgie n'est plus ce qu'elle était!

En revanche, profitons de cette étape pour souligner le travail accompli et rendre hommage à la vision de ceux qui ont voulu que cette institution voie le jour et qu'elle ait des ambitions à la hauteur des moyens qui y étaient investis. Pour mesurer le chemin parcouru, je veux prendre pour guide une étude rendue publique en mars dernier par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ) de l'Institut de la statistique du Québec, dont seuls le sérieux de l'organisme et la rigueur de ses auteurs empêchent de croire qu'elle ait été conçue comme cadeau d'anniversaire à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)!

Modestement, contentons-nous de citer la conclusion de cette étude : « Les bibliothèques publiques du Québec ont accompli des progrès importants entre 1995 et 2007 quant à l'offre de services de bibliothèques, surtout à partir de 2001. Dans cet essor, la création de la Grande Bibliothèque a joué un rôle déterminant1. » Cette heureuse conclusion s'appuie sur le fait qu'au cours de la période de référence – en particulier grâce à son investissement dans la Grande Bibliothèque –, le Québec a comblé l'écart avec les autres provinces canadiennes quant au nombre de livres par habitant dans ses bibliothèques publiques (3,0) et aux dépenses par habitant consacrées à ces mêmes bibliothèques (39,82 $).

Le portrait statistique de l'OCCQ montre la justesse de la vision du premier ministre Lucien Bouchard qui, dès son entrée en fonction, en janvier 1996, a voulu que la création d'une grande bibliothèque permette au Québec de rattraper le retard dont il avait personnellement tant souffert, lui qui, pendant sa jeunesse, était contraint de lire les mêmes romans à cinq ou six reprises pour assouvir sa soif de lecture! L'entrevue qu'il m'a accordée à l'occasion de ce cinquième anniversaire et dont on peut lire le compte rendu dans les pages suivantes est instructive sur les circonstances de sa décision.

Comme l'a écrit avec à-propos Denis Goulet dans sa récente histoire de BAnQ, « si c'est à Lucien Bouchard que revient le mérite d'avoir lancé l'idée d'une grande bibliothèque, c'est Lise Bissonnette qui, la première, l'a réclamée publiquement2 ». Dès février 1996, dans les pages du quotidien Le Devoir dont elle est directrice, Mme Bissonnette propose que le projet de Grande Bibliothèque soit audacieux et visionnaire, regroupant de vastes collections et reposant sur les plus actuelles des technologies de l'information et de la communication. Et au cours des 11 années qu'elle a consacrées à diriger l'institution avec fougue et détermination, elle s'est assurée que cette conception prévale. Hommage lui en soit rendu.

Depuis cinq ans, par son modernisme et sa largeur de vues, la Grande Bibliothèque propose une relecture, façon XXIe siècle, du projet initial de bibliothèque publique qui connut son heure de gloire au milieu du XIXe siècle dans le monde anglo-saxon. Ouverte à tous sans discrimination, outil de démocratisation du savoir et de la culture, arme pour combattre les inégalités sociales de tous genres, la Grande Bibliothèque tire profit des nouvelles technologies pour offrir ses services à l'échelle du Québec, à tous les citoyens, où qu'ils soient. Car nous ne perdons jamais de vue qu'en plus des trois millions de visiteurs qui franchissent nos portes chaque année, ce sont cinq millions d'usagers qui entrent à BAnQ en passant par son portail.

À tous nos amis, adeptes et abonnés : merci de votre fidélité et bon anniversaire!

Nous avons récemment sondé les abonnés d'À rayons ouverts afin de mieux cerner leurs besoins et leur profil. Une première retombée du sondage auquel près de 375 personnes ont répondu est la nouvelle grille graphique que nous dévoilons avec ce numéro 83. Une présentation plus aérée et une lisibilité accrue rendront plus agréable la lecture de notre revue. Les lecteurs avertis auront d'ailleurs reconnu la parenté avec la nouvelle identité visuelle de BAnQ, lancée officiellement l'hiver dernier.

Par ailleurs, dans le sillage de son Plan d'action de développement durable, BAnQ a décidé de privilégier l'utilisation de papier recyclé pour l'impression de ses publications. Nos lecteurs ont en main le premier numéro d'À rayons ouverts produit avec un papier recyclé contenant 30 % de fibres recyclées postindustrielles certifiées FSC. Penser globalement… lire agréablement…


l L'italique est de nous. Benoît Allaire, « Importante progression des bibliothèques publiques du Québec entre 1995 et 2007 », Statistiques en bref, no 58, mars 2010, p. 22.

2. Denis Goulet, Bibliothèque et Archives nationales du Québec – Un siècle d'histoire, Montréal, Fides, 2009, p. 166.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.