À rayons ouverts, no 82 (hiver 2010)

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Rubriques


Comptes rendus de lectures

par Jenny Desjardins, Lyne Goulet et Sophie Loiselle, bibliothécaires
Direction des services aux milieux documentaires

Futur antérieur – L'avant-garde et le livre yiddish, 1914-1940, Paris, Skira Flammarion / Musée d'art et d'histoire du judaïsme, 2009. ISBN 978-2-0812-2539-8

Du 11 février au 17 mai 2009, le Musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris a consacré une exposition à l'avant-garde russe de 1914 à 1939. Ce mouvement est fortement marqué par la quête de l'identité chez les artistes juifs. À la recherche de leurs racines, ils se tournent vers le passé et se réapproprient leur patrimoine. L'art populaire est alors revisité par les artistes, poètes et écrivains contemporains afin de mieux entrer dans lamodernité. Le livre illustré est le fil conducteur de cette rétrospective qui témoigne de la renaissance du peuple juif. On y trouve également des affiches, des films, des photos et des tableaux.

Ce volumineux catalogue nous présente le parcours d'une quinzaine d'artistes ayant marqué cette époque et propose également une excellente mise en situation historique. Le lecteur peut ainsi s'imprégner de l'atmosphère qui régnait pendant la période de l'entre-deux-guerres. (JD)

Bessard-Banquy, Olivier, La vie du livre contemporain – Étude sur l'édition littéraire, 1975-2005, Bordeaux / Tusson, Presses universitaires de Bordeaux / Éditions du Lérot, 2009. ISBN : 978-2-86781-551-5

En 1975, Apostrophes, l'émission littéraire de Bernard Pivot, bouleverse le mode de promotion des œuvres littéraires; la télégénie d'un auteur devient un critère de sélection pour les grands éditeurs. C'est ainsi que débute cette chronique des transformations que connaîtront la chaîne du livre et ses principaux acteurs – auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires et bibliothécaires – de 1975 à 2005.

Ponctuée d'anecdotes sur lemilieu littéraire, cette étude fait une large place au développement des maisons d'édition françaises en prenant soin de les situer dans leur contexte commercial. Parmi les principaux bouleversements relatés, notons la vente de livres par les grandes surfaces, la réglementation du prix du livre, les difficultés des librairies indépendantes, le développement du livre de commande et la judiciarisation des relations. L'auteur conclut par une réflexion sur les défis que doivent maintenant relever les maisons d'édition dans le contexte du développement du livre électronique et des grands projets de numérisation. (SL)

Watling, Gabrielle et Sara E. Quay (dir.), Cultural History of Reading, Westport, Greenwood Press, 2009. ISBN 978-0-313-33744-4

Depuis les premiers manuscrits jusqu'aux livres numériques, la lecture fut de tout temps intimement liée à la culture et à l'histoire des peuples. Cultural History of Reading explore ce lien entre les textes, la lecture et l'histoire. Organisé par région géographique, puis par période, cet ouvrage en deux volumes offre un remarquable panorama de la lecture au cours des siècles.

Les articles de fond de cet ouvrage traitent des nombreux facteurs qui ont influencé les pratiques de lecture des peuples, tant d'un point de vue technique – formats de diffusion et nouvelles techniques – que d'un point de vue sociologique – rôle des bibliothèques et de l'éducation. Les auteurs y démontrent également comment les textes, qu'ils soient littéraires, religieux, politiques, scientifiques ou autres, sont à la fois témoins et acteurs des événements historiques et culturels importants. (LG)

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Coup d'oeil sur les acquisitions patrimoniales

par Daniel Chouinard, coordonnateur des achats, dons et échanges, Direction des acquisitions de la collection patrimoniale,
et François David, archiviste, Centre d'archives de Montréal, avec la collaboration d'Hélène Charbonneau, archiviste,
Centre d'archives de Montréal, de Christian Drolet, archiviste, Centre d'archives de Québec, de Sophie Morel,
archiviste, Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec, d'Hélène Fortier, archiviste, Direction des acquisitions
de la collection patrimoniale, de Guylaine Milot, bibliothécaire, Direction des acquisitions de la collection patrimoniale,
et de Jean-François Palomino, cartothécaire, Direction de la recherche et de l'édition

PARMI LES NOMBREUX DOCUMENTS PATRIMONIAUX QUI ENRICHISSENT RÉGULIÈREMENT LES COLLECTIONS DE BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ) SE TROUVENT FORCÉMENT DES PIÈCES QUI, EN RAISON DE LEUR RARETÉ, DE LEUR VALEUR OU DE LEUR ORIGINALITÉ, MÉRITENT UNE ATTENTION PARTICULIÈRE. COUP D'OEIL SUR LES PLUS BELLES ACQUISITIONS DES DERNIERS MOIS...

L'« imagerie familiale » des Sœurs de la Charité de Québec

Les religieuses de la communauté des Sœurs de la Charité, plus connues sous le nom de Sœurs Grises, sont implantées dans la région de Québec depuis 1848 et se vouent au bien-être des plus démunis. Dès 1849, la congrégation ouvre un orphelinat dans le Vieux-Québec.

Le fonds acquis récemment par BAnQ est composé presque exclusivement de photographies, dont de nombreux négatifs sur verre, et couvre l'ensemble des activités de la communauté entre 1870 et 1970. Témoins d'un temps révolu, ces rares évocations de la vie quotidienne d'une communauté religieuse ne manqueront pas d'intéresser les chercheurs de différentes disciplines souhaitant illustrer leurs travaux. Ces images sont d'autant plus riches qu'elles couvrent des domaines aussi variés que la santé, l'éducation, l'architecture, la peinture, la photographie et naturellement la pratique religieuse. La création de ce riche ensemble documentaire, véritable « imagerie familiale» de la communauté, est principalement le résultat du travail assidu de sœur Marie-de-l'Eucharistie, qui voua une grande partie de sa vie à documenter par l'image les œuvres de la congrégation.

Les photographies de ce fonds ont été entièrement numérisées et peuvent être vues sur le portail de BAnQ à l'aide du moteur de recherche Pistard.

Le fait français en Amérique et le nationalisme québécois

La Fondation Lionel-Groulx a été créée en 1956 avec la mission de « favoriser l'étude de l'histoire du Canada français et de tout le fait français en Amérique et de promouvoir l'avancement et la diffusion de la science de l'histoire». Elle réalise son mandat en soutenant notamment les activités de l'Institut d'histoire de l'Amérique française, mis sur pied par le chanoine Lionel Groulx 10 ans auparavant. En 1976, la Fondation a créé le Centre de recherche Lionel-Groulx pour en faire un lieu de documentation et de recherche sur l'histoire de l'Amérique française, du Canada français et du Québec ainsi que pour gérer et enrichir le patrimoine documentaire légué par le chanoine Groulx, décédé en 1967.

Placés dans une situation financière précaire, la Fondation Lionel-Groulx et le Centre de recherche Lionel-Groulx ont choisi de faire don à BAnQ des fonds d'archives qu'ils ont rassemblés sur une période de plus de 40 ans, soit 73 fonds d'archives de personnalités publiques et d'organismes qui ont marqué les destinées du Québec et du Canada, tels que Maxime Raymond, Gérard Filion, Léo-Paul Desrosiers ou encore la Ligue pour la défense du Canada, sans compter les archives personnelles du chanoine Groulx. Cet ensemble d'une grande richesse constitue une source incontournable pour l'étude de l'histoire intellectuelle du Québec et du Canada français.

BAnQ prend le relais du Centre de recherche Lionel-Groulx et est heureuse demettre ces fonds à la disposition des chercheurs.

L'œuvre de bienfaisance à l'irlandaise

L'histoire du Québec ne peut s'écrire sans prendre en compte l'immigration irlandaise. Fuyant la grande famine de 1845, des communautés importantes se sont établies tant à Montréal qu'à Québec et ont participé de façon active à leur vie de quartier. Parmi les contributions au jour le jour, on trouve les œuvres de bienfaisance telles que les refuges destinés aux personnes indigentes.Ces établissements pourvoyaient à la subsistance ainsi qu'à la santé des nécessiteux. Il est certes possible d'imaginer ce que représentait l'administration d'un refuge,mais rien ne vaut le récit de contemporains.

BAnQ a récemment fait l'acquisition d'un registre de 200 pages consignant les rapports manuscrits des visites et inspections faites hebdomadairement au St. Bridget Asylum de Québec entre 1856 et 1865. Cet établissement ouvre ses portes en décembre 1856 pour accueillir les démunis. Il est alors administré par la communauté irlandaise de la paroisse Saint-Patrick de Québec. Les commentaires consignés portent sur les nouvelles admissions, les adoptions, l'état de santé des pensionnaires et les décès. Enfin, ce document comporte un inventaire des biens du refuge en date du 26 novembre 1857 ainsi que deux listes des pensionnaires (1856 et 1863). Il s'agit donc d'un ajout significatif aux trop rares archives qui témoignent des œuvres de charité.

Les archives littéraires de Gilles Leclerc

En 2009, BAnQ a fait l'acquisition des archives de l'essayiste, poète et dramaturge Gilles Leclerc (1928- 1999). Ce fonds témoigne principalement de ses activités d'écrivain de 1950 à 1999. Il contient les manuscrits d'œuvres publiées, inédites ou inachevées, dont La chair abolie, Le mythe de Caïn, Contes prolétariens, L'invisible Occident, Haine en berne, Requiem, Et si la vie n'était qu'un songe, Le singe descend de l'homme, J'irai sur ta tombe, Where the Sun Reaches Not, Les mathématiciens et l'histoire, Cocussimo, Whisky or Emlock, Sir!. De plus,on y trouve l'essai Le journal d'un inquisiteur, œuvre marquante de cet auteur, ainsi que de la correspondance, entre autres, avec Georges Dor et Gaston Miron.

L'univers de création de Monique Charbonneau

Après la récente exposition consacrée aux œuvres de l'artiste Monique Charbonneau à la Grande Bibliothèque, BAnQ est heureuse d'annoncer l'acquisition de son magnifique fonds d'archives. Les chercheurs pourront ainsi accéder à l'univers de création de l'artiste en admirant de nombreux dessins au fusain et au crayon ainsi que des aquarelles créés entre 1958 et 1996. Plusieurs dossiers professionnels permettent également de suivre le cheminement de l'artiste au Québec et à l'étranger. Monique Charbonneau a étudié la peinture auprès d'Alfred Pellan à l'École des beaux-arts de Montréal et a été initiée aux techniques de la gravure par le maître graveur Albert Dumouchel. Son intérêt pour la gravure l'a également amenée à réaliser des stages à l'atelier Toshi Yoshida à Tokyo en 1973, puis aux Ateliers Desjobert à Paris en 1975, où elle a travaillé la lithographie en couleur. Elle a également publié plusieurs livres d'art, notamment avec des poèmes de Gilles Hénault, de Jacques Brault et de Félix-Antoine Savard. Au cours de sa carrière, elle a participé à un grand nombre d'expositions dans différents pays, dont la Yougoslavie, le Chili, la Pologne, l'Argentine et l'Écosse.

L'œuvre poétique de Paul-Marie Lapointe

Le poète Paul-Marie Lapointe a récemment confié à BAnQ un intéressant ajout à son fonds d'archives. Les chercheurs pourront désormais étudier l'importante œuvre de création de l'auteur en explorant plus de 1,7 mètre de documents créés entre 1947 et 2004, comprenant notamment des carnets d'écriture dans lesquels l'auteur note ses réflexions et construit ses poèmes. Ce fonds d'archives contient également des manuscrits et des tapuscrits de plusieurs recueils de poèmes, dont Le vierge incendié, Choix de poèmes / Arbres, Pour les âmes, Le réel absolu, Bouche rouge, écRiturEs, Le sacre, Espèces fragiles et L'espace de vivre. D'abord journaliste à Québec puis à Montréal, Paul-Marie Lapointe est l'un des membres fondateurs de la revue Liberté, lancée en 1959. Considéré comme l'un des plus grands poètes de sa génération, il a reçu de nombreuses distinctions au Québec et à l'étranger, dont le prix Athanase-David (1971), le prix du Gouverneur général (1971), le prix de l'International Poetry Forum des États-Unis (1976), le prix littéraire du journal La Presse (1980), le prix de poésie Léopold-Sedar-Senghor (1998) et le prix Gilles-Corbeil (1999).

Dans l'atelier de François Barbeau

BAnQ a procédé il y a peu de temps à l'acquisition d'un intéressant complément au fonds d'archives du metteur en scène et concepteur de costumes François Barbeau. C'est pour les comédiens de La Roulotte des parcs de la Ville de Montréal que François Barbeau crée ses premiers costumes. Il est ensuite à l'emploi du Théâtre du Nouveau Monde, puis, rapidement, le Rideau Vert, le Quat'Sous et l'Égrégore font appel à ses services. Au cours de sa prolifique carrière, il conçoit les costumes de plus de 500 productions, tant au théâtre qu'au cinéma et en danse. Outre ses engagements auprès de compagnies montréalaises, il travaille à Ottawa, à Stratford, à Paris, à Tournai et dans quelques villes américaines, dont New York et Boston. Décoré de l'Ordre du Canada et honoré en 2000 par l'Académie québécoise du théâtre, il a également reçu le prix du Gouverneur général en 1996. L'ajout au fonds d'archives de François Barbeau touche la création de costumes pour 18 productions théâtrales, dont L'alchimiste, Les belles-sœurs, Don Juan, Le grand retour de Boris S., Irma la douce, L'odyssée d'Alice Tremblay, Pied de poule et Grossière indécence. Il contient plus de 350 maquettes de costumes en deux dimensions composées d'aquarelles ou de gouaches et d'échantillons de tissu ainsi que 540 esquisses de costumes. Cet ensemble documentaire offre un accès privilégié au processus de création de l'artiste et constitue une source importante d'information sur l'évolution de la conception des costumes au Québec.

L'univers éclaté de Françoise Lavoie

Au cours des derniers mois, BAnQ a eu la chance d'acquérir 28 estampes et deux livres d'artistes de Françoise Lavoie. Originaire de Rimouski, celle-ci occupe une place prépondérante parmi les artistes québécois qui ont fait évoluer l'estampe traditionnelle. Son œuvre s'inscrit dans un mouvement général qui se développe au Québec au cours des années 1970 et 1980.À cette époque, l'estampe est associée à d'autres champs d'exploration tels que la photographie, la vidéo et la sculpture. L'estampe occupe alors de plus en plus d'espace, jusqu'à faire partie d'une installation. Aujourd'hui, Françoise Lavoie opte plutôt pour le traitement numérique de l'image, mais son travail évolue toujours selon le mode de la transgression des conventions, de l'éclatement des catégories et du décloisonnement des disciplines.

Françoise Lavoie a présenté des expositions individuelles et collectives au Québec, tout particulièrement au Centre Saidye Bronfman (1984) et à la Galerie Aubes (1986), à Montréal. Elle a aussi participé à des expositions ailleurs au Canada et à l'étranger. Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques telles que la collection du Musée national des beaux-arts du Québec et la collection de Loto-Québec. D'autres œuvres sont conservées à Bibliothèque et Archives Canada et dans la banque d'œuvres d'art du Conseil des arts du Canada, à Ottawa.

Des jésuites férus de cartographie

Depuis leur arrivée en Amérique du Nord, au XVIIe siècle, les jésuites ont toujours été de grands voyageurs. Au cours de leur vie, plusieurs d'entre eux ont accumulé un grand nombre de cartes et d'atlas de toutes sortes, pour des fins utilitaires ou pour un usage pédagogique. Au moment du déménagement de sa bibliothèque de Saint-Jérôme vers son tout nouveau centre des archives à Montréal, la Compagnie de Jésus a dû se départir de plusieurs centaines de documents qui ne concernaient pas directement l'histoire de la communauté. BAnQ a eu accès en priorité à ces ouvrages afin de compléter ses propres collections patrimoniales. Parmi la centaine de documents récupérés figurent notamment les atlas Pilote américain septentrional et Atlas amériquain septentrional, tous deux consacrés à l'Amérique du Nord et publiés à Paris en 1778, chez l'ingénieur Georges Louis Le Rouge. Parus en pleine guerre de l'Indépendance des colonies anglaises, ces atlas contiennent des cartes parmi les meilleures de l'époque, dont plusieurs ont été traduites spécifiquement pour le lectorat français.

Autre important don de cartes géographiques et de gravures anciennes

BAnQ a pu se réjouir, dernièrement, de bénéficier de nouveau de la générosité de Charles S. N. Parent qui, pour la troisième fois en trois ans, a fait un don important à l'institution . Il s'agit cette fois d'un lot de six cartes géographiques et de 18 gravures anciennes. Collectionneur de longue date, M. Parent s'intéresse entre autres choses aux cartes et aux gravures témoignant de la présence française en Amérique.

Parmi les pièces acquises, on doit signaler une autre carte de Georges Louis Le Rouge, intitulée Canada et Louisiane et publiée à Paris en 1755. La collection de gravures comprend notamment diverses vues des villes de Québec et de Montréal, dont une Vue du palais de l'intendant publiée en 1759 d'après un dessin de Richard Short et une œuvre de James Pattison Cockburn intitulée This View of the Ice Pont formed between Quebec & Point Levi datant de 1833.

À propos du carnaval de…Montréal

La chose est aujourd'hui un peu oubliée : entre 1883 et 1889, cinq carnavals d'hiver ont été organisés à Montréal afin d'y attirer des visiteurs pendant une saison qui était alors perçue comme peu propice au tourisme. Grâce à l'acquisition récente d'une remarquable lithographie en couleur, BAnQ pourra désormais montrer l'une des principales attractions de cette manifestation, soit l'imposant palais de glace construit en 1887.

Cette estampe publiée par l'éditeur montréalais J. T. Henderson nous apprend entre autres que cet éphémère monument mesurait 144 pieds sur 116 pieds (44 m x 35 m) et que sa construction a nécessité l'utilisation de 25 000 blocs de glace. Véritable symbole du carnaval, le palais était également le théâtre d'une des activités les plus spectaculaires lorsque des clubs de raquetteurs le prenaient d'assaut.

1. Fondation Lionel-Groulx et Centre de recherche Lionel-Groulx, Rapport annuel 2008, p. 6.

2. Voir À rayons ouverts, no 74, p. 30 et no 76, p. 45.

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