À rayons ouverts, no 82 (hiver 2010)

Table des matières

Dossier : Viv(r)e les sports


Les Expos de Montréal : 40 ans déjà !

par Frédéric Giuliano, archiviste
Centre d'archives de Montréal

En 2002, le photographe sportif Denis Brodeur a fait don aux Archives nationales du Québec d'un magnifique fonds d'archives photographiques qui nous permet de retracer l'évolution, de 1968 à 1996, du club de baseball Les Expos de Montréal et, plus largement, de ce sport à cette époque. Y apparaissent, en plus des joueurs des Expos, certains des plus grands noms du baseball majeur, mais aussi des personnalités du monde politique, sportif, culturel et du milieu des affaires. Le fonds Denis Brodeur (Centre d'archives de Montréal, P708) nous rappelle l'histoire de « Nos Amours », celle d'une ville et de son club de baseball, celle des gens et d'une époque…

L'année 2009 a marqué le 40e anniversaire de la création des Expos de Montréal, la première équipe de baseball canadienne des ligues majeures. L'arrivée de cette formation, à une époque où Montréal cherche à développer son image internationale et à affirmer son statut de grande métropole nord-américaine – notamment avec la construction du métro (1962-1966), la tenue de l'Exposition universelle de 1967 et celle des Jeux olympiques de 1976 –, modifie profondément le paysage sportif montréalais et suscite l'affection du public. Les premières années d'existence des Expos ont coïncidé avec une période de dynamisme économique, culturel et social sans précédent.

Denis Brodeur en quelques balles

L a carrière de Denis Brodeur dé bute en 1958 alors qu'il commence à travailler pour les journaux artistiques de Pierre Péladeau. Quelques années plus tard, il passe au Montréal-Matin, où il devient photographe pour les pages sportives; il y demeurera pendant 15 ans. Devenu photographe pigiste à la suite de la fermeture de ce journal, il est associé au club de hockey Les Canadiens de Montréal pendant plus de 30 ans et aux Expos pendant 29 ans. Dans le cadre de ses activités comme photographe sportif, il est surtout connu pour l'intérêt particulier qu'il porte à la photographie dans le domaine du hockey professionnel. Auteur de 14 livres sur le sport parus aux Éditions de l'Homme, il a collaboré, à titre de photographe, à une cinquantaine de livres sur le sport publiés dans le monde entier.

La création de l'équipe

L'histoire du baseball professionnel à Montréal ne débute pas avec les Expos, mais remonte aussi loin qu'à la fin du XIXe siècle, à l'époque des Montreals, champions de la défunte Ligue internationale en 1898. Toutefois, l'équipe la plus connue de cette période «  pré-Expos » demeure certainement les Royaux, dont le joueur le plus célèbre fut Jackie Robinson (le premier Noir à jouer dans les ligues majeures). Elle fut présente à Montréal jusqu'en 1960, faisant office de club-école pour les Dodgers de Brooklyn avant qu'ils ne déménagent à Los Angeles. Pendant les années 1950, cette équipe fut, selon plusieurs observateurs, la meilleure formation professionnelle en dehors des ligues majeures. La renommée de Montréal comme ville de baseball n'était donc plus à faire.

Très rapidement, après le départ des Royaux, la volonté d'obtenir une concession de la Ligue majeure de baseball émerge dans le milieu des affaires et chez plusieurs élus municipaux montréalais. C'est finalement lors d'une réunion des propriétaires de la Ligue nationale, à Chicago, le 27 mai 1968, que Montréal se fait officiellement octroyer une concession des ligues majeures, la première à l'extérieur des États-Unis. Comme beaucoup de grands projets, celui d'amener une équipe des ligues majeures au Canada semble, pour plusieurs, voué à l'échec, mais le baseball à Montréal compte de nombreux partisans et jouit du soutien du maire Jean Drapeau et d'un investisseur sérieux : Charles Bronfman.

Les Québécois sont nombreux à participer au concours destiné à trouver le nom de la nouvelle équipe, tant et si bien que le conseil d'administration ne parvient pas à arrêter son choix sur l'un d'entre eux. C'est donc le propriétaire, Charles Bronfman, qui l'aurait choisi. À la suite du grand succès de l'Exposition universelle de 1967, le nom allait de soi : il était en effet difficile d'en trouver un avec une connotation plus positive.

Si le nom fait l'unanimité, le design de la casquette tricolore, qui rappelle le cirque, fait couler beaucoup d'encre. En fait, le choix d'une casquette tricolore vient briser la «  sacro-sainte » tradition des uniformes rayés ou unicolores. Ainsi, avant même d'avoir disputé une seule partie, les Expos réussissent à marquer l'histoire du baseball majeur en s'écartant du design traditionnel des uniformes. Sans parler du logo… À l'origine, il s'agit d'un M stylisé en trois couleurs, mais très rares sont ceux qui peuvent prétendre le distinguer au premier coup d'oeil !

Le mythique parc Jarry

Après un premier match victorieux à New York, contre les Mets, les Expos font leurs débuts montréalais au parc Jarry contre les Cardinals de Saint-Louis, par un beau dimanche après-midi, le 14 avril 1969, devant 29 184 spectateurs. Les Expos savent tout de suite se faire aimer de leur public en infligeant une défaite de 8 à 7 aux champions de la Ligue nationale. Trois jours plus tard, à Philadelphie, Bill Stoneman réalise le rêve de tout lanceur : un match parfait, sans point ni coup sûr, un exploit qu'il réédite trois ans et demi plus tard, au parc Jarry, et qui n'est ensuite réalisé que par deux autres lanceurs dans l'histoire du club, soit Charlie Lea et Dennis Martinez, alias El Presidente. Il n'en faut pas plus pour que les Expos obtiennent leur premier slogan : «  Les Expos, nos amours ! », gracieuseté du journaliste Lucien Langlois, du Montréal-Matin.

À cause des performances marquantes de l'équipe montréalaise, mais surtout parce qu'il offrait une grande proximité avec les joueurs et une ambiance unique, le stade du parc Jarry est demeuré inoubliable pour les partisans des Expos.

Le championnat de 1981 Pour plusieurs, le moment le plus mémorable de l'histoire des Expos reste l'espoir de la conquête du championnat de la Ligue nationale, qui a pris dramatiquement fin à la suite du circuit du joueur des Dodgers Rick Monday, le 19 octobre 1981. Cette année-là, après une saison en dents de scie ponctuée par une grève générale, les Expos ont su se ressaisir et ont remporté 16 de leurs 23 derniers affrontements afin d'accéder aux séries éliminatoires. Après avoir vaincu les Phillies de Philadelphie, ils affrontent les Dodgers de Los Angeles en série de championnat de la Ligue nationale. En se trouvant à égalité après quatre matchs, les deux équipes forcent la tenue d'un match décisif au Stade olympique. Alors que la marque est de 1 à 1 au début de la neuvième manche et qu'il y a deux retraits, le lanceur des Expos, Steve Rodgers, accorde le coup de circuit fatidique à Rick Monday. À leur tour au bâton, les Expos ne réussissent pas à égaliser. Voilà qui met fin au rêve d'une participation à la Série mondiale opposant les vainqueurs de la Ligue nationale à ceux de la Ligue américaine.

Le rêve d'une participation à la Série mondiale devait refaire surface en 1994 alors que l'équipe trônait en tête du classement général des ligues majeures. Malheureusement, une grève générale cause cette année-là l'annulation de la saison régulière et des séries éliminatoires, réduisant à néant les aspirations de l'équipe et de ses partisans.

Youppi

Une des figures les plus populaires de l'équipe est certainement sa mascotte, Youppi. C'est en 1979 que le service du marketing des Expos, dont Rodger Brulotte fait partie, conçoit cet attachant personnage. Rappelons qu'à l'époque, le club avait une autre mascotte, qui avait des allures d'extraterrestre ! Souki, comme on l'avait baptisée, avait le pire des défauts qui soient pour une mascotte  : les enfants en avaient peur. Les Expos ont donc fait appel au père du Muppet Show, Jim Henson, qui a reçu la mission de créer un personnage que tous aimeraient. Le succès a été instantané, Youppi devenant le membre le plus aimé et le plus connu de l'histoire des Expos.

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La chasse et la pêche : des loisirs enracinés dans l'univers des Québécois

par Pierre Louis Lapointe, archiviste
Centre d'archives de Québec

Depuis les origines du peuplement, la chasse et la pêche sont liées au vécu des populations de la vallée du Saint-Laurent et des contreforts du bouclier laurentien. Nos ancêtres de la Nouvelle-France nous ont légué cette passion pour ces loisirs de plein air, synonymes de liberté et d'aventure !

Cependant, cette liberté de chasse et de pêche amène rapidement certains abus qui obligent le gouvernement à adopter des lois à caractère restrictif, puis, à partir de 1867, à embaucher les premiers gardes-chasse de la province. Parallèlement, à compter de 1885, il encourage la création de clubs de chasse et de pêche privés, qui louent à bail des territoires du domaine public réservés à l'usage exclusif de leurs membres. Fait à signaler, le Québec est la seule province du Canada à choisir cette approche.

Les clubs de chasse et de pêche privés

Les clubs privés sont des regroupements d'individus qui veulent pratiquer un sport selon des règles préétablies. Le premier club à voir le jour, au tout début des années 1800, est le Prince of Wales Fishing Club de Montréal, tandis que le célèbre Montreal Hunt Club est constitué en 1829. Les défenseurs de cette formule soutiennent que c'est la seule manière efficace de contrer le braconnage et de mettre un frein «  au pillage généralisé et à l'extinction qui mena[cent] plusieurs espèces1 ».

Dans cet esprit, ils sollicitent du gouvernement l'adoption de politiques favorables à la création de clubs privés. En 1885, celui-ci vote l'Acte pour faciliter la formation en cette province de clubs pour la protection du poisson et du gibier. Le premier club à s'incorporer sous l'empire de cette loi, en juin 1885, est le Sainte- Marguerite Salmon Club. En 1899, les clubs privés sont au nombre de 30, en 1914, de 70 et en 1941, de 614. En 1965, il existe plus de 2000 clubs privés au Québec; de 400 à 500 d'entre eux, près des villages surtout, seront abolis entre 1966 et 1970, dans une première phase de « déclubage». Au moment de leur abolition définitive, en 1978, il reste 1164 baux exclusifs de chasse et de pêche couvrant un territoire de 37 041 kilomètres carrés.

À l'origine, plus de 80 % des membres des clubs privés sont anglophones et «  les rares Canadiens français qui s'y font admettre sont, pour la majorité d'entre eux, issus de professions libérales, du commerce, du monde industriel, en un mot proches du pouvoir politique2 ». Ce n'est qu'avec l'opération de « déclubage » de 1977 et l'adoption de la formule des zones d'exploitation contrôlée (ZEC) que l'ensemble des citoyens du Québec retrouvera l'accès à ses territoires de chasse et de pêche3.

Des recherches difficiles

L'enchevêtrement des compétences gouvernementales auxquelles fut soumis le domaine de la chasse et de la pêche au Québec a pour corollaire la difficulté que doit affronter le chercheur qui tente de retracer la documentation et les archives s'y rapportant. Les sources publiées, les rapports annuels par exemple, changent de titre et de désignation ministérielle à plusieurs reprises. La recherche en archives, quant à elle, se heurte au désastre survenu le 31 décembre 1981 au Centre de pré-archivage du gouvernement à Québec  : 6671 boîtes d'archives du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche couvrant la période de 1883 à 1981 y sont détruites, dont 992 boîtes se rapportant aux seuls « établissements et territoires », c'est-à-dire aux clubs privés4. Heureusement, deux registres concernant les clubs privés et couvrant la période 1919 à 1963 ont été épargnés : on y trouve le montant du loyer payé, la durée du bail, le nombre de membres, la valeur des investissements, le nombre de prises et le nombre d'animaux abattus par espèce ainsi que le nom du secrétaire du club5. Parmi les documents qui nous sont parvenus se trouvent également deux registres de données statistiques se rapportant au trappage des animaux à fourrure et aux réserves de castor du Québec pour la période de 1916 à 19846, de même que des dossiers dans lesquels est consignée l'évaluation des équipements des clubs de chasse abolis en 19777.

Les centres d'archives de BAnQ possèdent cependant de riches collections de photographies et de cartes postales permettant de reconstituer la chasse et la pêche d'autrefois ainsi que l'existence des clubs de chasse et de pêche et celle des associations de chasseurs et de pêcheurs du Québec8. Quelques fonds d'archives se rapportent à des clubs privés spécifiques, celui de Saint-Louis-de-Chambord9 et celui de la Moisie10, tandis que d'autres permettent d'éclairer l'âge d'or de l'île d'Anticosti, à l'époque desMenier11. D'autres fonds d'archives privées sont conservés, il va sans dire, dans les nombreux dépôts et centres d'archives du Québec, et un bon chercheur pourra sans doute y faire de belles prises.


1. Paul-Louis Martin, Histoire de la chasse au Québec, Montréal, Éditions du Boréal Express, 1980, p. 80-81. Voir également Gérard Delorme, «  Pêche et chasse sportives », dans Pêche et chasse – Étude, Montréal, Fides / École des hautes études commerciales, 1946, p. 335-336.

2. Paul-Louis Martin, op. cit., p. 83.

3. Les informations qui précèdent sont tirées de Paul-Louis Martin, op. cit., et de Hélène Demers, Gaétan Hamel et Luc Samson, Les zecs, 25 ans d'histoire à retracer – 25 ans, zecs du Québec, 1978-2003, Québec, Fédération québécoise des gestionnaires de zecs, 2003.

4. Monique Laurent, Rapport sur l'incendie du 31 décembre 1981 survenu au Centre de préarchivage de la rue Dalton à Québec, [Sainte-Foy], Ministère des Affaires culturelles (Archives nationales du Québec), juillet 1982, p. 29.

5. BAnQ, Centre d'archives de Québec, fonds du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche (E 22), 1976-04-001 / 15 et 16.

6. BAnQ, Centre d'archives de Québec, E 22, 1995-12-005 / 62.

7. BAnQ, Centre d'archives de Québec, E 22, 1989-09-003 / 73 et 78.

8. BAnQ, Centre d'archives de l'Outaouais, fonds Aimé Guertin (P 8), série Club des Chasseurs et Pêcheurs de Hull.

9. BAnQ, Centre d'archives du Saguenay–Lac-Saint-Jean, fonds Club St-Louis de Chambord (P 27).

10. BAnQ, Centre d'archives de la Côte-Nord, fonds Mitchell Campbell, Club de pêche Moisie (P 41).

11. BAnQ, Centre d'archives de Québec, fonds Georges Martin-Zédé (P 186) et collection John Andrew (P 788).

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Des traces dans la neige et sur la page blanche – Cent ans de ski au Québec

par Danielle Soucy, auteure de l'ouvrage Des traces dans la neige – Cent ans de ski au Québec

Danielle Soucy

Traductrice et conseillère en communication, Danielle Soucy vient de publier aux Éditions La Presse Des traces dans la neige – Cent ans de ski au Québec, première histoire du ski au Québec. Les collections de BAnQ ont été largement mises à contribution dans ce livre richement illustré. Danielle Soucy a également publié en 1995 La vallée de la Diable – De la hache aux canons à neige, ouvrage sur l'histoire de la région de Mont-Tremblant qui a été primé par l'International Skiing History Association.

À l'hiver 1879, les journaux du Québec font état, non sans ironie, d'une expédition inusitée entreprise par un Norvégien le long du chemin du Roy. Chaussé d'étranges lames de bois de neuf pieds de longueur, l'aventurier quitte Montréal le 28 janvier et parvient à Québec neuf jours plus tard. La «  raquette norvégienne » – autrement dit, le ski – vient de faire son apparition au Québec. Aujourd'hui, des centaines de milliers de skieurs se ruent chaque fin de semaine dans les stations de ski alpin et de ski nordique. Portrait, en compagnie de quelques écrivains d'ici, d'un sport qui a changé la relation des Québécois avec l'hiver.

Le loisir des Années folles C'est en 1926 que paraît La maison vide, roman de Harry Bernard, vraisemblablement la première oeuvre de fiction où apparaît ce sport d'origine scandinave. Le personnage principal, une jeune femme recueillie par son oncle, haut fonctionnaire en poste à Ottawa, est initié au ski sur les pentes de Rockliffe Park. Avec des jeunes de son âge, l'héroïne se promène dans les bois du parc, monte les pentes à pied, glisse tant bien que mal sur ses skis de bois. Sous la plume du romancier, le ski des Années folles apparaît comme un loisir urbain, pratiqué par une jeunesse bourgeoise et frivole, affamée de plaisirs et de mondanités. Si la vision de Harry Bernard exclut les véritables sportifs – ceux qui mettent l'effort, la technique et la compétition au premier plan –, son regard a bien saisi la popularité du loisir d'hiver.

À Montréal, à Québec, à Trois-Rivières, à Sherbrooke, à Shawinigan, le ski est devenu le loisir à la mode des jeunes. Regroupés dans des clubs, skieurs et skieuses parcourent des pistes aménagées dans les parcs de leur ville ou, mieux encore, prennent le train pour explorer la campagne environnante. Les sportifs de compétition, parmi lesquels on trouve quelques femmes, participent à des courses de fond et à des concours de saut sur tremplin. Le ski se pratique alors dans la plus pure tradition nordique et rares sont les Canadiens français qui s'y adonnent. Aux yeux du poète Alphonse Beauregard (1921), seuls «  les forts » s'adonnent aux « descentes vertigineuses dans les côtes ».

L'ère du ski alpin

Lorsque Françoise Loranger publie Mathieu, en 1949, le paysage du ski a complètement changé. En grande partie grâce aux remontées mécaniques, une invention québécoise qui a vu le jour dans les Laurentides, le ski alpin est en voie de détrôner le ski de fond. Les purs et durs de la randonnée, tel le personnage de Rochat, propriétaire d'une auberge dans l'univers fictif de ce roman, continuent de parcourir les pistes en forêt créées dans les années 1920 et 1930, mais ils sont désormais en minorité. Concentrés au nord de Montréal, qui est devenu dans les années 1930 la région touristique d'hiver la plus renommée de l'Amérique du Nord, les centres de ski parsèment l'ensemble du Québec habité. Les moniteurs de ski, profession créée en 1939, trônent au sommet de la hiérarchie, en compagnie de l'élite des amateurs. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le ski féminin s'est affirmé, porté par les figures de grandes championnes telles Rhona et Rhoda Wurtele, de Westmount, ou encore Gaby Pleau, de Québec.

En 1950, on crée l'Association des clubs de ski de Montréal. Regroupés dans les clubs de ski paroissiaux, les Canadiens français de la métropole adoptent le ski en masse. L'autobus et l'automobile font concurrence aux trains de neige. Équipement, vêtements, remonte-pentes, transport, enseignement, hébergement : le ski est devenu une industrie. Dans la vie de Mathieu, le jeune intellectuel atone et dépressif mis en scène par Françoise Loranger, le ski, activité tonique, aura un pouvoir rédempteur.

Zone de turbulences

« Aujourd'hui, je n'ai rien fait. J'ai fait du ski de fond», écrira Félix Leclerc un jour dans son journal. À l'instar du poète de l'île d'Orléans, qui trouvait dans ses randonnées le véhicule de ses méditations, des milliers d'autres Québécois adopteront le ski de fond dans les années 1970. Porteur de toutes les causes qui agitent le Québec d'alors – retour à la terre, simplicité matérielle, rejet de la compétition, découverte du pays –, le ski de fond réintègre en quelques années la place qu'il avait perdue dans le monde des sports d'hiver. Les turbulences des années 1970 n'épargneront pas davantage le ski alpin, contesté de l'intérieur. Sur les pistes du Québec, des jeunes aux cheveux longs pirouettent et virevoltent  : le ski acrobatique obtient en 1979 la sanction des autorités internationales. Cent ans après l'expédition solitaire d'un Norvégien entre Montréal et Québec, le ski fête son centenaire dans les neiges du Québec.

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