À rayons ouverts, no 81 (automne 2009)

Table des matières

La vie de BAnQ


La collection audionumérique du SQLA est désormais accessible à tous les usagers ayant une déficience perceptuelle

par André Vincent, chef des services aux personnes handicapées
Direction de la Collection nationale et des services spécialisés

Qu'ont en commun l'écrivain Léon Tolstoï, l'homme politique Thomas Jefferson, le compositeur Ludwig van Beethoven et le savant mathématicien Albert Einstein ? Tous ont eu à composer, à des degrés divers, avec un trouble d'apprentissage. Il s'agit d'une des incapacités incluses dans l'appellation générale de déficience perceptuelle.

C'est pour répondre aux besoins des personnes qui vivent avec cette déficience que le conseil d'administration de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a approuvé, le 31 mars dernier, l'élargissement des critères d'admissibilité à la collection audionumérique du Service québécois du livre adapté (SQLA) pour inclure l'ensemble des Québécois ayant une déficience perceptuelle.

On définit la déficience perceptuelle comme ceci : toute incapacité qui empêche une personne d'utiliser des imprimés, y compris, mais de façon non limitative, la déficience visuelle, l'incapacité de tenir ou de manipuler des imprimés, les troubles d'apprentissage et les inaptitudes consécutives à des traumatismes crâniens.

Il est clair pour tous que le fait d'avoir une déficience visuelle sévère empêche ou limite l'accès à la lecture et que les collections d'ouvrages en braille et audionumériques constituent un substitut indispensable aux documents imprimés. On est généralement moins conscient qu'un pourcentage important de la population éprouve des difficultés significatives à s'approprier l'information imprimée à cause de troubles d'apprentissage, notamment la dyslexie sévère, ou de problèmes de manipulation consécutifs à un accident (un traumatisme crânien, par exemple) ou à une maladie (la sclérose en plaques, par exemple).

Grâce à l'élargissement des critères, des milliers de personnes handicapées ont désormais la possibilité d'emprunter les titres de la collection audionumérique du SQLA, collection qui comptait 3750 titres en juillet 2009, auxquels s'ajouteront 700 nouveautés par année ainsi que 500 titres provenant de la conversion du mode analogique au mode numérique.

Pour s'abonner au SQLA, une personne doit résider auQuébec et fournir une attestation écrite de sa déficience perceptuelle, remplie par une autorité professionnelle reconnue, c'est-à-dire une personne du milieu de la santé, des services sociaux, de la réadaptation ou de l'éducation.

Les documents audionumériques du SQLA sont produits selon la norme DAISY, qui permet une navigation conviviale : déplacement par page, par section, par chapitre, insertion de signets. En fait, l'usager ayant une déficience perceptuelle peut pleinement profiter de la lecture d'un ouvrage, au même titre que tout lecteur.

Les ouvrages du SQLA peuvent être empruntés sur place, à la Grande Bibliothèque, ou acheminés par la poste. Prochainement, les abonnés du SQLA pourront télécharger les titres à partir du portail du SQLA et en faire l'écoute à l'aide d'un ordinateur ou d'un lecteur numérique conçu à cette fin.

Forts de l'expérience menée ailleurs en Amérique du Nord, notamment au National Library Service for the Blind and Physically Handicapped (NLS) de la Bibliothèque du Congrès, nous prévoyons un accroissement de l'ordre de 15 % du nombre d'abonnés au SQLA.

Cette bonification de l'offre de service de BAnQ s'inscrit dans le cadre de son Plan d'action relatif aux services aux personnes handicapées. D'autres mesures sont explorées pour l'avenir, notamment l'ajout au portail du SQLA de titres en texte intégral en format DAISY.

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75e congrès de l'IFLA – Après Québec, Milan

par Hélène Roussel, directrice générale de la diffusion

Du 23 au 27 août dernier s'est tenu à Milan, en Italie, le 75e congrès international de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions (IFLA).

Sur le thème « Les bibliothèques créent le futur : construire sur l'héritage culturel », le programme proposait des conférences et des ateliers touchant diverses préoccupations des bibliothécaires du monde entier : clientèles défavorisées ; conservation toujours essentielle du patrimoine documentaire, tant imprimé que numérique ; nouveaux besoins en matière de catalogage et d'indexation dans le contexte des catalogues élargis ; offre et diffusion des livres électroniques et autres ressources numériques ; incorporation des données statistiques relatives aux collections et services électroniques ; intégration des ressources des bibliothèques, des centres d'archives et des musées ; etc.

En sus du programme principal, les participants à ce congrès mondial annuel profitent des conférences satellites, des visites de bibliothèques et des réunions des comités permanents pour échanger entre eux et pour conduire des travaux de recherche et de développement.

Lors du congrès, les bibliothèques italiennes nous ont révélé leurs précieuses richesses patrimoniales. À Milan seulement, le programme de visites proposait des bibliothèques aussi prestigieuses que la Biblioteca nazionale Braidense, un symbole des bibliothèques de Milan, riche en documents sur l'histoire de la ville, la Biblioteca Trivulziana, logée au château Sforza, renommée pour sa collection de manuscrits enluminés, la Biblioteca Ambrosiana, une des premières ouvertes au public, fondée par le cardinal Federico Borromeo, ainsi que plusieurs bibliothèques publiques et universitaires. Par exemple, répondant à des préoccupations d'aujourd'hui, une visite à l'Université de Brescia a permis de voir fonctionner un système de rangement compact et de distribution robotisée de documents logés en magasin.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a participé au congrès de Milan ainsi qu'à deux conférences satellites en y déléguant cinq représentants. Lors de la rencontre annuelle du comité des bibliothèques nationales, le présidentdirecteur général de BAnQ, Guy Berthiaume, a présenté le portail du Répertoire francophone des bibliothèques nationales numériques. J'ai pour ma part assisté, avec Jean-François Gauvin, chef de la Division des technologiesWeb, à la conférence satellite Emerging trends in technology: libraries between Web 2.0, semantic web and search technology. Pat Riva, coordonnatrice dutraitement des monographies de la collection patrimoniale, a participé aux travaux du comité de catalogage. De son côté, Denyse Léger, directrice de la Collection nationale et des services spécialisés, a assisté à la conférence satellite Better library services for print-disabled people through partnerships with publishers and public libraries, qui s'est tenue en Belgique. Cette rencontre a d'ailleurs donné lieu à l'une des principales résolutions votées en assemblée générale du 75e congrès de l'IFLA en vue de favoriser la circulation des documents adaptés et leur accessibilité à l'échelle internationale.

De nouveau cette année, la fondation Bill et Melinda Gates a octroyé à l'IFLA une subvention de 1,5 million de dollars américains afin qu'elle puisse poursuivre son œuvre pour faire connaître le rôle important des bibliothèques dans l'accessibilité à l'information pour tous, partout dans le monde.

Le congrès annuel de l'IFLA demeure une occasion unique d'échanger avec les collègues des quelque 150 pays qui s'y donnent rendez-vous. Plusieurs d'entre eux nous ont réitéré leurs remerciements pour la tenue du congrès 2008 à Québec.

Prochain rendez-vous : Göteborg, en Suède, du 10 au 15 août 2010, sur le thème « Accès libre au savoir — Promouvoir un progrès durable ».

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.