À rayons ouverts, no 81 (automne 2009)

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Mot du président-directeur général

par Guy Berthiaume
Président-directreur général

Ce 81e numéro d'À rayons ouverts fait la part belle au rôle des éditeurs dans la foulée de la remarquable exposition Les éditeurs québécois et l'effort de guerre, 1940-1948 que l'on peut voir à la Grande Bibliothèque jusqu'au 28 mars 2010. L'hommage rendu aux pionniers de l'édition québécoise es t à la fois opportun et bien mérité. Il était en effet grand temps qu'une institution comme Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) souligne la contribution de ces héros secrets de notre littérature que sont les éditeurs. Comme le note fort justement l'article de Marie-Pier Luneau, ceux-ci sont l'intermédiaire essentiel entre les auteurs et leurs lecteurs. On ne dira pas assez souvent qu'en plus de leur rôle économique en matière de production et de diffusion des livres, les éditeurs jouent un rôle social et culturel fondamental puisque, en dernière analyse, ce sont eux qui choisissent ce qui sera publié et ce qui ne le sera pas. C'est donc la somme de toutes leurs décisions individuelles, ponctuelles, qui donne leur forme à nos littératures.

Les années 1940 ont été exemplaires à cet égard, ainsi que le rappelle Jacques Michon, commissaire de l'exposition Les éditeurs québécois et l'effort de guerre, 1940-1948. Comme le révèle l'entretien qu'il accorde à Sophie Montreuil dans ces pages, au cours de cette brève période – annonciatrice de la Révolution tranquille –, les éditeurs québécois se démarquent, profitant d'une conjoncture exceptionnelle résultant de l'occupation allemande de la France. Non seulement ils assurent la diffusion du livre français dans tous les pays non occupés, mais ils font aussi découvrir à leurs lecteurs les premières œuvres d'AnneHébert, d'Alain Grandbois, de Roger Lemelin et de nombreux autres auteurs québécois.

Ce rôle de premier plan des éditeurs québécois, il convient d'en prendre acte au moment où il est soumis, ici comme ailleurs, à une remise en question fondamentale causée par les possibilités nouvelles créées par Internet, ce dont Marie-Pier Lune au fait état avec pertinence.

Avant que le rôle des éditeurs ne soit bien affirmé, les auteurs québécois voyaient leurs textes publiés dans les almanachs, ces ouvrages qu'a étudiés le professeur Hans-Jürgen Lüsebrink grâce à une bourse de BAnQ. Seuls livres non religieux longtemps présents dans la plupart des foyers québécois, les almanachs permirent à Louis Fréchette, à Marie-Claire Daveluy et à Honoré-Beaugrand d'être très largement lus par leurs concitoyens. L'exposition dont M. Lüsebrink lui-même est commissaire (Grande Bibliothèque, Collection nationale, jusqu'au 28 mars 2010) permet de mesurer l'ampleur et la diversité du phénomène littéraire que représentent les almanachs.

Le tour d'horizon de l'édition québécoise que nous propose À rayons ouverts se poursuit avec une évocation des débuts de l'édition des partitions musicales , que nous devons à Patrick Des rosiers, et avec une contribution de Michelle Brulé sur les défis de l'édition en braille. Je les remercie tous deux, de même que tous les autres collègues de BAnQ qui ont participé à la réalisation de cette édition de notre revue. Je m'autorise de la qualité de leurs textes, puisque j'ai le plaisir de signer ce mot pour la première fois depuis mon entrée en fonction, pour exprimer à quel point je suis quotidiennement frappé par la grande compétence des équipes de BAnQ. Elle est à la hauteur de l'importance de notre mission.

 

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