À rayons ouverts, no 80 (été 2009)

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Dossier : La liberté de lire, d'hier à aujourd'hui


L'acquisition de documents dans les bibliothèques au XIXe siècle

par Éric Leroux, professeur à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal

Comme c'est toujours le cas aujourd'hui, les modes d'acquisition de documents étaient variés au XIXe siècle.

Des dons

Au moment de la création d'une bibliothèque, un phénomène récurrent tout au long de cette période, le don de livres ou de journaux demeure le moyen le plus répandu de bâtir un premier fonds documentaire. En 1842, lors de la fondation de la bibliothèque paroissiale de Notre-Dame de Québec, on peut compter sur les nombreux dons du clergé pour se constituer une collection de départ : le Séminaire de Québec offre 105 volumes à la nouvelle bibliothèque, le curé Baillargeon en offre 89, l'évêque coadjuteur fait don de 72 volumes et quelques prêtres viennent aussi s'ajouter au tableau1.

L'Œuvre des bons livres de Montréal reçoit pour sa part, au moment de sa fondation en 1844, 2400 volumes en dons, dont 600 de la Congrégation des hommes, 700 de la Congrégation des demoiselles et 900 des sulpiciens2. Les collections de bibliothèques de collèges fondées tout au long du siècle, comme celle du Collège de Sainte-Anne-de-la- Pocatière (1827) ou du Collège de l'Assomption (1832), s'enrichissent principalement par les dons et legs d'anciens élèves, de mécènes ou d'amis de ces établissements3.

La bibliothèque de l'Institut canadien de Québec peut compter sur la générosité des citoyens de Québec, qui lui font don de 1000 livres au moment de sa fondation en 1848. Le poète-libraire Octave Crémazie, qui est aussi le premier bibliothécaire de l'Institut, aurait fourni à cette occasion de très nombreux livres4. L'Institut canadien de Montréal ne fait pas exception et profite également de la contribution de ses membres pour garnir les rayons de sa bibliothèque, du moins au cours de ses premières années d'existence5.

Le milieu du XIXe siècle est marqué par l'essor des associations littéraires et la création de nombreuses bibliothèques de collectivités. Ainsi, lorsque la Société typographique de Québec décide de mettre sur pied une bibliothèque et un cabinet de lecture pour ses membres, en 1860, elle peut compter sur de nombreux dons de particuliers et d'associations américaines et européennes de typographes pour garnir ses rayons. Plusieurs éditeurs de journaux envoient aussi gratuitement et sur une base régulière leurs journaux au cabinet de lecture6. La même situation prévaut dans la communauté anglophone, alors que l'on mise sur des dons de livres et de thé (!) au moment de la mise sur pied, en 1889, de la Montreal Free Library, une bibliothèque à l'usage de la communauté anglo-catholique de Montréal7. À la bibliothèque du Montreal Mechanics' Institute, les dons de livres forment la pierre d'assise de la collection. Entre 1841 et 1850, par exemple, la bibliothèque fait l'achat de 35 livres seulement, alors qu'elle en reçoit près de 800 en dons. En 1845, on précise d'ailleurs que la bibliothèque serait bien garnie si chaque membre donnait systématiquement un livre par année à la bibliothèque8.

L'acquisition par dons et legs testamentaires demeure une pratique courante tout au long du XIXe siècle et particulièrement lorsque des événements tragiques, comme des incendies, anéantissent des collections complètes, comme ce sera le cas à la suite de l'incendie du Parlement du Canada-Uni, y compris de sa bibliothèque, en 1849 à Montréal, ou encore de la bibliothèque du Barreau de Québec, en 18739.

Des missions d'acquisition

L'envoi de missions en Europe constitue une autre méthode d'acquisition fort prisée au XIXe siècle. En 1826, par exemple, le juge Jonathan Sewell profite d'un voyage en France pour acquérir 600 ouvrages de droit français pour la bibliothèque du Barreau10. Durant une cinquantaine d'années, entre 1835 et 1883, l'Assemblée législative envoie à plusieurs reprises des émissaires en Europe et aux États-Unis avec l'objectif d'enrichir les fonds de sa bibliothèque. En 1856, Alpheus Todd, bibliothécaire depuis 1850, revient de mission avec plus de 17 000 volumes dans ses bagages11. Au début du XXe siècle, Ægidius Fauteux fait trois voyages aux États-Unis et en Europe (1913, 1914 et 1923) pour le compte de la bibliothèque Saint-Sulpice. En 1914, il revient d'un séjour en France, en Belgique, en Angleterre, en Allemagne et en Autriche avec 60 000 livres reliés12.

Pour s'approvisionner en livres et en objets de toutes sortes, les libraires du XIXe siècle comme Édouard-Raymond Fabre, Louis Perreault et Octave Crémazie n'hésitent pas, eux aussi, à multiplier les voyages à l'étranger. Dans sa correspondance, Fabre se plaint à plusieurs reprises de la concurrence des membres du clergé qui rapportent des caisses de livres de leurs voyages en Europe. En 1843, il écrit à ce sujet à son fils : « Tous ces prêtres ne peuvent voyager sans faire le commerce, c'est drôle13! »

Des achats en librairie

Entre ces voyages, les bibliothèques acquièrent livres et journaux par l'entremise ou bien des librairies locales, ou bien des librairies à l'étranger. L'achat de livres directement auprès de fournisseurs européens permet de diminuer substantiellement les coûts en éliminant un intermédiaire. Les frais de transport, de douane et d'assurances ainsi que les redevances à verser aux intermédiaires sont tellement élevés que les livres se vendent ici le double du prix qu'ils affichent en librairie parisienne14.

Très actifs dans le commerce du livre, les sulpiciens s'approvisionnent au début du XIXe siècle en livres neufs à Londres, chez le libraire Dulau pour les livres en français et chez Keating pour ceux en anglais. Plusieurs caisses de livres partent ainsi chaque année pour le Collège de Montréal et pour la paroisse Notre-Dame et sa Congrégation des hommes. Un peu plus tard, le sulpicien français Joseph Carrière sert d'entremetteur en facilitant l'importation de livres français de Paris à Montréal. En avril 1837, Carrière fait parvenir à Montréal neuf caisses comprenant non seulement des livres mais aussi des gravures pour les salles de récréation du Collège de Montréal. Évidemment, ce sont principalement les libraires et éditeurs catholiques qui profitent de ces commandes et achats : notamment Mame, à Tours, pour les livres religieux et scolaires, Lecoffre et Périsse pour les ouvrages classiques, et Gaume pour la littérature religieuse15.

Les ouvrages pédagogiques comme les grammaires, les dictionnaires et les manuels scolaires sont également importés d'Europe. En 1831, Carrière fait ainsi parvenir à Montréal 8000 grammaires latines et quelques centaines de dictionnaires pour débutants, qui seront prêtés toute l'année aux étudiants pour le quart de leur prix d'achat16. Les relations de la bibliothèque Saint-Sulpice avec la France sont si étroites qu'au milieu du XIXe siècle, les sulpiciens importent trois fois plus de livres de France qu'ils n'en achètent dans les libraires locales17.

Quant aux achats locaux des bibliothèques, ils se font chez Fabre, chez Leprohon, rue Notre- Dame, chez Beauchemin dès 1842, à la Librairie Catholique, propriété de Jean-Baptiste Rolland, à compter de 1847, chez Gravel, chez les frères Crémazie à Québec et chez Chapleau à partir de 185818.

Encore d'autres méthodes d'acquisition

Il existe aussi d'autres moyens de se procurer des livres et d'autres types de documents, notamment les ventes à l'encan, très prisées à l'époque, l'achat de collections privées ou de documents à la pièce auprès de particuliers, ou encore les échanges de documents officiels entre bibliothèques, une méthode utilisée tout particulièrement par la bibliothèque de l'Assemblée législative.

En définitive, compte tenu de différents facteurs, comme la rareté des livres, les difficultés d'approvisionnement auprès des fournisseurs européens et américains et le peu de ressources financières dont disposent les bibliothèques, ces dernières n'ont d'autre choix que de multiplier et de varier leurs méthodes d'acquisition afin d'être les plus efficaces possible.


1. Claude Galarneau, « Clergé, bourgeoisie et lecture publique – La bibliothèque paroissiale de Notre-Dame de Québec (1842-1847) », Cahiers des Dix, no 54, 2000, p. 113.

2. Marcel Lajeunesse, Les Sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, p. 31.

3. Marc Lebel, « Livres et bibliothèques dans les collèges d'autrefois », dans Gilles Gallichan (dir.), Les bibliothèques québécoises d'hier à aujourd'hui, Montréal, ASTED, 1998, p. 131.

4. Alphonse Désilets, Les cent ans de l'Institut canadien de Québec, 1848-1948, Québec, Institut canadien de Québec, 1948, p. 200.

5. Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques, La vie littéraire au Québec, vol. III : 1840-1869, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1996, p. 231.

6. Éric Leroux, « Culture ouvrière et métiers du livre : la Société typographique de Québec, 1836-1872 », Papers of the Bibliographical Society of Canada / Cahiers de la Société bibliographique du Canada, vol. 42, no 2, automne 2004, p. 47-48.

7. Yvan Lamonde, « Un aspect inconnu du débat autour de la bibliothèque publique à Montréal : la Montreal Free Library », Cahiers des Dix, no 57, 2003, p. 266.

8. Nora Robins, « The Montreal Mechanics' Institute : 1828-1870 », Canadian Library Journal, vol. 38, no 6, décembre 1981, p. 377.

9. Gaston Bernier, « La bibliothèque du Parlement québécois  : les méthodes de composition de la collection, de 1802 à 2002 », Documentation et bibliothèques, vol. 53, no 3, juillet-septembre 2007, p. 162 ; Gilles Gallichan, La bibliothèque du Barreau de Québec : l'émergence d'une institution, Montréal,Wilson et Lafleur, 1994, p. 13.

10. Gilles Gallichan, op. cit., p. 15-16.

11. Gaston Bernier, loc. cit., p. 157.

12. Jean-René Lassonde, La Bibliothèque Saint-Sulpice, 1910-1931, Montréal, Bibliothèque nationale du Québec, 1987, p. 129.

13. Jean-Louis Roy, Édouard-Raymond Fabre, libraire et patriote canadien (1799-1854), Montréal, Hurtubise HMH, 1974, p. 98.

14. Ibid., p. 74.

15. Marcel Lajeunesse, « Le livre dans les échanges sulpiciens Paris-Montréal au cours de la première moitié du XIXe siècle », dans Marcel Lajeunesse, Lecture publique et culture au Québec – XIXe et XXe siècles, Québec, PUQ, 2004, p. 55-65.

16. Ollivier Hubert, « Stratégies culturelles sulpiciennes : le livre », dans Dominique Deslandres, John A. Dickinson et Ollivier Hubert (dir.), Les Sulpiciens de Montréal – Une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007, Montréal, Fides, 2007, p. 481.

17. Jean-René Lassonde, op. cit., p. 151.

18. Jean-Louis Roy, op. cit., p. 100-101; Marcel Lajeunesse, Les Sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, p. 46.

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Les raisons de la difficile émergence de la bibliothèque publique au Québec

par Yvan Lamonde, professeur émérite au Département des langues et littératures de l'Université McGill

La mise sur pied de la Quebec Library / Bibliothèque de Québec (1790) et de la Montreal Library / Bibliothèque de Montréal (1797) par le gouverneur britannique de la colonie donne à penser que la bibliothèque publique est ancienne au Québec. Tel n'est pas le cas, car ces deux bibliothèques n'étaient ni ouvertes au public ni financées avec des deniers publics. Il s'agissait de bibliothèques ouvertes à ceux qui pouvaient payer une souscription pour en devenir membres. Eux seuls pouvaient y accéder et y emprunter des livres1.

À vrai dire, comme on le verra plus bas, la bibliothèque publique au Québec, avec ses retards, est traversée de part en part par l'influence britannique métropolitaine2 et coloniale. Des modèles états-uniens inspireront le Dr Jean-BaptisteMeilleur, premier surintendant de l'Instruction publique, et l'OEuvre des bons livres de Bordeaux fournira aux sulpiciens de Montréal l'idée de leurs premières bibliothèques.

La bibliothèque publique comparée : les cas du Québec et de l'Ontario

Il faut connaître l'histoire du développement de la bibliothèque publique en Ontario et au Canada pour comprendre la spécificité du Québec, le retard que cette province a subi dans la création de bibliothèques et les causes de ce retard. Le schéma le plus global de ce développement peut être illustré par l'image d'une spirale où chaque cercle concentrique correspond à un nouveau groupe social, où le « public » de la bibliothèque va s'élargissant.

Aux individus possesseurs de livres et aux souscripteurs privilégiés des bibliothèques de Québec et de Montréal s'ajoutent bientôt les écoliers grâce aux bibliothèques rattachées aux écoles à la suite de l'adoption de lois sur l'instruction publique durant la décennie 1840. Cet élargissement du public aux élèves s'accompagne en Ontario de l'établissement de bibliothèques scolaires « communes » qui accueillent la population adulte intéressée. Au même moment, au Québec, se mettent en place deux institutions : l'Œuvre des bons livres (août 1844) des sulpiciens, seigneurs de l'île, et l'Institut canadien de Montréal (décembre 1844), qui vont créer deux filières institutionnelles, l'une cléricale et l'autre laïque, lesquelles seront au coeur de l'histoire tumultueuse de la bibliothèque publique. Au Bas-Canada comme au Haut-Canada, ce type d'institutions associatives regroupant soit des artisans, soit des avocats, des notaires, des marchands ou des commis, ouvre davantage socialement la spirale de la bibliothèque. En 1851, une loi sanctionne cette progression des bibliothèques d'associations, permettant à l'État de les subventionner.

En Ontario et au Québec, le public qui a alors accès à des bibliothèques est celui des écoliers et des différents corps de métiers ou professions associés en un lieu ; en Ontario, un public adulte a accès aux bibliothèques scolaires communes aux élèves et aux citoyens. C'est le mode de développement urbain et du système municipal ontarien qui explique en partie l'initiative d'élargir le public des bibliothèques au moment où les mechanics' institutes piétinent. La loi ontarienne de 1882 permet à des municipalités d'utiliser un pouvoir de taxation pour établir une bibliothèque financée par des deniers publics et ouverte à tout public. C'est cette loi qui est à l'origine de la loi ontarienne de 1895 sur les bibliothèques publiques au sens propre du terme. Grâce au type de développement économique, urbain et municipal de l'Ontario ainsi qu'à l'originalité de ses législations scolaires et culturelles, cette province bénéficiera de la philanthropie d'Andrew Carnegie – un riche homme d'affaires qui finança la création de 2500 bibliothèques publiques dans le monde – en raflant 111 des 125 donations qu'il fit en faveur de la construction de bibliothèques publiques canadiennes entre 1901 et 19213.

Les filières cléricale, laïque et municipale

C'est dans ce contexte global qu'il faut revenir au développement de la filière catholique – Œuvre des bons livres et Cabinet de lecture paroissial des sulpiciens4, Union catholique des jésuites, modestes bibliothèques paroissiales – ainsi que de la filière laïque, identifiée aux péripéties des luttes et des condamnations épiscopale (1858) et papale (1869) de l'Institut canadien de Montréal, qui doit fermer ses portes en 1880. Montréal connaît alors un certain vide culturel en matière de bibliothèques ; on en est encore aux bibliothèques d'associations ou de paroisses et la question est de savoir quelle est la véritable instance « publique » dans cette ville et, plus généralement, dans la province. Les villes qui désirent ouvrir des bibliothèques doivent faire toutes sortes de détours pour écarter les préventions de l'Église catholique toujours vigilante à exercer un contrôle sur le contenu de celles-ci.

Pendant ce temps, la philanthropie permet l'ouverture de l'Institut Fraser (1885) qui, après les refus de la Ville de Montréal, de l'Université McGill et du Club canadien, accueille la bibliothèque et les archives de l'Institut canadien de Montréal, qui seront transférées à Bibliothèque et Archives nationales du Québec en 2006. C'est aussi le mécénat qui permet l'établissement de la Pettes Memorial Library (1894) à Knowlton. Et dans la foulée de l'adoption de la loi québécoise du 30 décembre 1890, qui donne « pouvoir aux corporations de cité, ville et village d'aider au maintien de bibliothèques publiques », la Ville deWestmount ouvre en 1899 la première véritable bibliothèque publique au Québec.

Les sulpiciens vont poursuivre leur œuvre et devancer l'initiative municipale montréalaise en ouvrant la bibliothèque Saint-Sulpice en 1915, deux ans avant la Bibliothèque municipale de Montréal. C'est la Ville qui pourra vraiment représenter les citoyens en créant avec des fonds publics une bibliothèque ouverte à tous et offrant, en principe, tous les types de publications5.


1. Yvan Lamonde, Les bibliothèques de collectivités à Montréal (17e-19e siècle), Montréal, Ministère des Affaires culturelles / Bibliothèque nationale du Québec, 1979, p. 37-39.

2. Notamment les mechanics' institutes ou instituts d'artisans, dont on traite aussi en page 6.

3. Pour plus de détails, voir Yvan Lamonde, Peter F. McNally et Andrea Rotundo, « Les bibliothèques publiques et l'émergence d'une culture publique », dans Yvan Lamonde, Patricia Fleming et Fiona A. Black (dir.), Histoire du livre et de l'imprimé au Canada, tome II : De 1840 à 1918, Montréal, PUM, 2005, p. 262-286.

4. Voir aussi l'article de Marcel Lajeunesse en page 19.

5. Pour des études sur le sujet, voir les ouvrages cités dans la bibliographie de Histoire du livre et de l'imprimé au Canada, tome II : De 1840 à 1918), sous Lajeunesse, Marcel, et Lamonde, Yvan ; Michèle Dagenais, « Vie culturelle et pouvoirs publics locaux – La fondation de la Bibliothèque municipale de Montréal », dans Faire et fuir la ville – Espaces publics de culture et de loisirs à Montréal et Toronto aux XIXe et XXe siècles, Québec, PUL, coll. « Cultures québécoises », 2006, p. 81-116 ; sur la bibliothèque publique de Sherbrooke, Monique Nadeau-Saumier, « Un espace et un lieu de culture : le Art building de Sherbrooke, 1887-1927 », thèse de doctorat (histoire de l'art), UQAM, 2007.

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