À rayons ouverts, no 80 (été 2009)

Table des matières

Dossier : La liberté de lire, d'hier à aujourd'hui


Un Institut ancré dans son temps

par Michèle Lefebvre, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

La chronologie qui suit retrace les grands jalons de l'existence de l'Institut canadien de Montréal. Ceux-ci sont mis en parallèle avec quelques événements politiques et culturels importants qui ont eu lieu à la même époque.

1837-1838
Rébellions des patriotes, réprimées par l'armée anglaise, qui se solderont par l'exil, la déportation ou la pendaison des meneurs.
1837
Début de l'arrivée au Bas-Canada de congrégations religieuses enseignantes qui renforceront la mainmise du clergé sur l'éducation.
1837
Publication du premier roman canadien-français, L'influence d'un livre, de Philippe-Ignace-François Aubert de Gaspé.
1840
Début de la parution des Mélanges religieux, qui diffuseront les idées de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal.
1840-1841
Élaboration sans lendemain du projet d'instituts Vattemare à Québec et à Montréal.
1841
Entrée en vigueur de l'Acte d'Union, qui réunit le Bas-Canada et le Haut-Canada dans le but d'assimiler les Canadiens français.
1841
Adoption de la Loi de l'instruction publique, à l'origine du système d'écoles primaires québécois.
1844
Création par les sulpiciens de Montréal de l'Œuvre des bons livres, bibliothèque paroissiale.
1844
Fondation de l'Institut canadien de Montréal.
1845
Publication du premier volume de l'Histoire du Canada de François-Xavier Garneau, œuvre capitale de la littérature canadienne-française du XIXe siècle.
1847
Début de la parution du journal L'Avenir, organe de communication des libéraux radicaux.
1848
Révolution de février en France, qui amène provisoirement une république démocratique avec suffrage universel.
1848
Révolution romaine, qui oblige le pape Pie IX à céder une partie de son pouvoir temporel à un gouvernement constitutionnel.
1848
Octroi du gouvernement responsable au Canada-Uni.
1848
Élection, aux postes d'officiers de l'Institut canadien de Montréal, de plusieurs libéraux radicaux proches de Louis-Joseph Papineau ; début des tensions internes entre les radicaux et les modérés.
1848
Publication, par un des membres fondateurs de l'Institut, James Huston, des trois premiers volumes du Répertoire national, première compilation d'œuvres canadiennes-françaises.
1850
Destruction par un incendie des archives et de la bibliothèque de l'Institut.
1850
Modification de la constitution de l'Institut pour permettre à des personnes de toutes les nationalités et de toutes les confessions religieuses d'en faire partie.
1851
Adoption par le Canada-Uni d'un acte facilitant l'incorporation des associations de bibliothèques et d'artisans ainsi que l'octroi de subventions à celles-ci, ce qui favorisera la fondation d'Instituts canadiens dans de nombreuses villes.
1851
Tenue à Londres de la première exposition universelle.
1852
Publication du premier catalogue de livres de l'Institut.
1852
Création du journal Le Pays qui, tout en étant moins radical que L'Avenir,
soutient les grandes idées démocratiques.
1852
Fondation à Québec de l'Université Laval, première université canadienne-française catholique.
1853
Incorporation de l'Institut.
1854
Acquisition d'un immeuble, rue Notre-Dame, pour loger l'Institut.
1855
Abolition de la tenure seigneuriale.
1857
Création du Cabinet de lecture paroissial par les sulpiciens de Montréal dans le but de faire concurrence à l'Institut canadien de Montréal.
1858
Condamnation de l'Institut par Mgr Bourget.
1858
Scission à l'Institut : 138 membres favorables à la censure de la bibliothèque quittent l'association pour fonder l'Institut canadien-français.
1859
Publication par Charles Darwin de l'ouvrage De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle.
1861
Visite à Montréal du prince Napoléon, qui fait un don généreux de livres, de cartes et de gravures à l'Institut.
1861
Début de la guerre de Sécession aux États-Unis.
1864
Établissement à l'Institut d'un musée permanent exposant une variété d'objets d'art.
1865
Appel adressé à Rome par 17 membres catholiques de l'Institut afin que le pape tranche
quant à la légitimité de la condamnation prononcée par Mgr Bourget contre l'association.
1865
Abolition de l'esclavage aux États-Unis.
1866
Inauguration du nouvel édifice de l'Institut, bâti sur le même terrain que l'ancien, au 111, rue Notre-Dame.
1866
Première liaison télégraphique entre l'Europe et l'Amérique.
1867
Naissance de la Confédération canadienne, qui réunit le Québec, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse
et le Nouveau-Brunswick.
1869
Mise à l'Index de l'Annuaire de l'Institut-canadien pour 1868, contenant le fameux discours
sur la tolérance de Louis-Antoine Dessaulles.
1869
Mort de Joseph Guibord, membre de l'Institut canadien ; refus du clergé de l'inhumer en terre consacrée.
1870
Mise à l'Index de l'Annuaire de l'Institut-canadien pour 1869, qui condamne la décision du clergé dans l'affaire Guibord.
1870
Publication du second catalogue de livres de l'Institut.
1871
Proclamation en France de la Commune, premier gouvernement révolutionnaire prolétarien.
1872
Modification de la constitution de l'Institut pour rendre gratuit l'abonnement à la bibliothèque.
1873
Début d'une longue crise économique mondiale.
1874
Victoire, après quatre procès, de l'Institut sur l'Église dans l'affaire Guibord, le jugement définitif du Conseil privé de Londres autorisant l'inhumation en terre consacrée de Joseph Guibord.
1875
Enterrement de Joseph Guibord au cimetière catholique Notre-Dame-des-Neiges, sous la protection de la police et de l'armée en raison de la vive opposition populaire.
1876
Invention du téléphone par Alexander Graham Bell.
1878
Introduction de l'éclairage électrique au Canada, à Montréal.
1880
Fermeture des locaux de l'Institut en raison de difficultés financières.
1880
Remise d'un prix Montyon de l'Académie française au poète québécois Louis-Honoré Fréchette.
1882
Prêt temporaire de la bibliothèque de l'Institut au Club canadien.
1885
Donation de la bibliothèque à l'Institut Fraser, à la condition que celui-ci fasse en sorte que la collection soit accessible gratuitement.
2006
Acquisition, par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, de la bibliothèque et des archives de l'Institut canadien de Montréal, jusqu'alors détenues par l'Institut Fraser-Hickson. La collection comprend aujourd'hui 1380 titres et des documents d'archives.

Retour au menu


Un heureux dénouement

par Daniel Chouinard, coordonnateur des achats, dons et échanges
Direction des acquisitions de la collection patrimoniale

Le 30 octobre 2006, les représentants de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et de l'Institut Fraser-Hickson ont signé à Montréal une entente concernant le transfert de propriété de la collection de l'Institut canadien de Montréal. BAnQ est ainsi devenue propriétaire d'une collection de livres, de revues, de journaux et de documents d'archives développée par l'Institut canadien de Montréal entre 1844 et 1880, propriété de l'Institut Fraser-Hickson depuis 1885. Pour BAnQ, la signature de cette entente était l'aboutissement de démarches d'acquisition entreprises depuis plus de trois ans.

Dès avril 2003, ayant appris la fermeture (alors provisoire) de la bibliothèque Fraser-Hickson aux prises avec des difficultés financières, la Bibliothèque nationale du Québec avait manifesté son intérêt pour la collection de l'Institut canadien de Montréal en raison de son importance historique et de sa valeur patrimoniale. Rouverte en octobre 2003, la bibliothèque Fraser-Hickson devait fermer définitivement ses portes en octobre 2006, cette fermeture ouvrant ainsi la voie à un transfert définitif de la collection de l'Institut canadien de Montréal vers une institution capable de la préserver et de la faire connaître.

Entre-temps, BAnQ s'était livrée à un examen approfondi de la collection afin d'en évaluer la pertinence et d'en mesurer l'exhaustivité. En ce qui concerne les livres, on avait alors constaté que l'ensemble conservé par la bibliothèque Fraser-Hickson représentait un peu plus de la moitié du nombre de titres présents dans la collection de l'Institut canadien de Montréal lors de sa fermeture, en 1880 (environ 1400 titres sur 2453). Quant au contenu, il avait été jugé représentatif de la collection d'origine, car les proportions occupées par les divers domaines sont restées sensiblement les mêmes et beaucoup des titres importants signalés dans les catalogues publiés par l'Institut canadien de Montréal figurent encore au sein de la collection. Pour ce qui est de l'état de conservation, on peut le qualifier de moyen, ce qui est tout à fait prévisible pour une collection de cet âge, dont la vocation première était de servir à un usage public.

Une collection de livres

L'acquisition de ces ouvrages par BAnQ présente de nombreux avantages, et le catalogage de la collection n'en est certainement pas le moindre. Le traitement des livres étant maintenant terminé, une foule de données sont désormais aisément accessibles dans le catalogue informatisé de BAnQ, toutes prêtes à être exploitées par les chercheurs. Une note de provenance a été placée dans la description de chaque titre, permettant de retracer rapidement tous les éléments de cette collection.

Dans le cas des livres, on constate que, suivant les normes de catalogage de BAnQ, la collection comprend 1415 titres distincts, dont la grande majorité (1198) ont été publiés au XIXe siècle. On notera toutefois que le titre le plus ancien est un ouvrage de géographie en latin publié en 1520 et que la collection comprend également 11 titres publiés au XVIIe siècle et 166 titres publiés au XVIIIe siècle. Ainsi, toute « publique » qu'ait été cette collection, on se rend compte notamment qu'elle avait aussi une certaine dimension bibliophilique. En ce qui a trait aux langues représentées, on note que 1081 titres sont en français (76 %) et 294 en anglais (21 %) ; la troisième langue en importance est le latin (25 titres). BAnQ a par ailleurs effectué un important travail de réparation et de restauration des reliures de plus de 1000 volumes (pour en savoir plus, voir la rubrique  Dans l'atelier de restauration).

Une collection de périodiques

Le catalogage des journaux n'étant pas tout à fait complété, on ne pourra donner ici qu'un aperçu des données disponibles. On ne saurait toutefois trop insister sur l'importance des périodiques dans les bibliothèques au XIXe siècle. Comme le souligne Yvan Lamonde, « la “salle des nouvelles” (news room) [de l'Institut canadien de Montréal] fut sans doute l'endroit, à Montréal, où se fit la lecture la plus intensive des journaux et des périodiques […] Il est peu probable qu'on puisse mesurer exactement l'importance de cette “salle des nouvelles” ; il est vraisemblable que son utilisation fut autant sinon plus importante que celle de la bibliothèque même1. »

Le nombre de revues et de journaux auxquels la bibliothèque de l'Institut était abonnée a passablement varié au fil des ans. De 15 titres en 1846, ce nombre a atteint un sommet de 126 titres en 1857 et est progressivement redescendu jusqu'à 53 en 18792. La collection de journaux acquise par BAnQ comprend 27 titres. Cela semble peu élevé à première vue, mais on doit prendre en compte le caractère éphémère et la fragilité de ce type de publications avant de porter un jugement. L'état de conservation est par ailleurs fort acceptable, ce qui est sans doute attribuable en bonne partie aux grandes reliures cartonnées qui datent visiblement de l'époque et portent l'ex-libris de l'Institut canadien de Montréal.

La teneur de la collection n'est pasmoins intéressante : 13 titres sont publiés à Montréal, 7 à Québec, 5 aux États-Unis et 2 à Paris. Au chapitre de la langue, le français domine largement avec 22 titres alors que 2 sont en anglais et 3 bilingues. Fait intéressant, les cinq titres publiés aux États-Unis sont en français, ce qui témoigne de la vitalité de la communauté franco-américaine dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ils constituent une acquisition très intéressante puisque BAnQ ne possédait ni original ni microfilm de trois d'entre eux. Il s'agit de titres publiés dans l'État de New York, en Illinois et au Michigan. Quant à la période couverte par cette collection de journaux, elle va de 1809 à 1877 et 8 des 27 titres comportent des numéros dont la publication est antérieure à 1844, année de fondation de l'Institut.

Il faut savoir gré à l'Institut Fraser-Hickson d'avoir accueilli la collection de l'Institut canadien de Montréal en 1885 et de l'avoir conservée pendant 121 ans. Et il est heureux que BAnQ puisse maintenant prendre le relais, ramenant ainsi dans le domaine public une collection qui apparaît aujourd'hui comme une remarquable manifestation d'ouverture et de tolérance dans le Québec du XIXe siècle.


1. Yvan Lamonde, « L'Institut canadien de Montréal (1852-1876) : pour une analyse multidimensionnelle », dans Territoires de la culture québécoise, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1991, p. 120.

2. Ibid., p. 121.

Retour au menu


Passion et conciliation : les archives de l'Institut canadien de Montréal et de l'Institut canadien de Québec

par François David et Christian Drolet, archivistes
Centres d'archives de Montréal et de Québec

Au lendemain de l'Acte d'Union de 1840, une poignée de jeunes libéraux canadiens-français désabusés par la situation politique au Bas-Canada ressentent le besoin de se regrouper pour discuter et débattre des enjeux politiques et sociaux de l'époque. Il en résulte la fondation de l'Institut canadien de Montréal (ICM) en 1844 et de l'Institut canadien de Québec (ICQ) en 1848. L'épiscopat catholique finit par s'inquiéter de l'orientation que prennent ces associations libérales, d'autant plus que ce mouvement trouve écho dans plusieurs autres villes du Bas-Canada (Trois-Rivières, Joliette, Sorel, Lanoraie, etc.). S'ensuit alors une rivalité idéologique qui connaît son apogée en 1869 lorsque l'Annuaire de l'Institut canadien pour 1868 est mis à l'Index et que l'ICM est frappé d'interdit par une ordonnance de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal. C'est à la suite de cette ordonnance qu'éclate la célèbre affaire Guibord opposant les ultramontains et les tenants de l'école libérale de l'ICM, qui déchaîne les passions.

Les archives conservées par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) témoignent en partie des actions et des positions défendues par l'ICM et l'ICQ. Les documents qui nous sont parvenus sont fragmentaires mais tout de même suffisamment explicites pour nous permettre de comprendre, notamment, la nature des relations avec le haut clergé. Le fonds de l'ICQ n'est constitué que d'une dizaine de centimètres de documents textuels et couvre la période 1861-1908. Pour sa part, le fonds de l'ICM, dont la presque totalité des archives antérieures au 17 février 1850 n'a pas survécu à un incendie, se compose de 1,56 mètre de documents. Une recherche plus attentive dans des fonds d'archives privées (fonds Louis-AntoineDessaulles et fonds J.-E. Livernois Ltée), ou encore dans des fonds gouvernementaux (série Office du film du Québec et fonds Ministère des Communications), permettra de découvrir de riches documents textuels et photographiques sur l'histoire de l'ICM et de l'ICQ.

L'Institut canadien de Montréal

Les chercheurs trouveront dans le fonds de l'ICM tous les procès-verbaux à partir de 1855, certaines listes de membres et des documents de gestion de la bibliothèque (catalogues, registres et index de titres de volumes et de périodiques, registres des emprunteurs). S'ajoutent évidemment des documents relatant l'affaire Guibord1 : carnets et listes de souscriptions, retranscription du jugement et textes de propagande. L'affrontement entre l'ICM et le clergé catholique, relativement à l'affaire Guibord, est indéniable. Des écrits pamphlétaires passionnés témoignent de l'atmosphère de lutte entre les deux parties et illustrent le fossé idéologique qui les sépare. Les partisans du clergé n'hésitent pas à exprimer leur hostilité envers la position de l'ICM, qu'ils jugent irrespectueuse envers les institutions religieuses.

La douloureuse aventure du procès Guibord marque le sommet des affrontements entre la pensée libérale de l'ICM et celle, ultramontaine, du haut clergé montréalais. Elle contribue à sceller le destin de l'ICM qui, entre 1880 et 1885, négocie le dépôt de ses archives et de sa bibliothèque à l'Institut Fraser. L'ICM met officiellement fin à ses activités en 1900.

L'Institut canadien de Québec

Composé essentiellement de correspondance postérieure à 1875, le fonds de l'ICQ illustre une réalité tout autre. Loin des affrontements et des querelles idéologiques qui ont caractérisé la situation à Montréal, les archives conservées dans le fonds de l'ICQ témoignent, entre autres, d'une certaine entente avec les autorités religieuses de Québec et d'une volonté d'éviter la dissension. D'ailleurs, la correspondance entre Jules-Joseph-Taschereau Frémont, président de l'ICQ, et Cyrille-Alfred Marois, prêtre et secrétaire de Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau, démontre que l'ICQ fait preuve de prudence en retirant de son programme d'activités une conférence que devait donner l'essayiste et journaliste Arthur Buies.

Dans un autre ordre d'idées, le directeur du Séminaire de Québec, Louis-Nazaire Bégin, n'hésite pas à demander la collaboration de l'ICQ pour l'application d'un règlement sur la fréquentation de celui-ci par les séminaristes. Enfin, l'ICQ accepte de se débarrasser des revues, des livres et des journaux jugés immoraux par l'Église catholique, comme en fait foi la lettre du 28 juin 1882 d'Honoré-Julien- Jean-Baptiste Chouinard, président de l'ICQ, à C. E. Légaré, prêtre et vicaire général :

vous demandez que l'Institut canadien de Québec renvoie le Courrier des États-Unis à cause de l'immoralité profonde de quelques-uns de ses feuilletons […] J'ai le plaisir de vous informer que le Bureau de Direction a été unanime à accéder à votre demande […] À partir d'hier matin le Courrier des États-Unis ne se retrouvera plus sur les tables de notre salle de lecture […]2.

L'ICM et l'ICQ ont contribué à faire évoluer les idées dans le Québec de la fin du XIXe siècle, et leurs archives constituent des témoins privilégiés de leur influence. En défendant de nouvelles idées dites libérales, ces deux associations culturelles bousculent les modèles d'autorité traditionnels, provoquant ainsi certaines tensions sociales. Celles-ci sont particulièrement manifestes à Montréal, où les idées libérales de l'ICM s'opposent à la pensée ultramontaine de Mgr Bourget, tandis qu'à Québec, l'ICQ adopte une « voie médiane » avec le haut clergé, ce qui permet une certaine forme de coexistence des deux idéologies. C'est ainsi que, chacun à sa façon, l'ICM et l'ICQ ont interagi avec l'autorité religieuse en optant pour la voie radicale de la passion ou pour celle de la conciliation3.


1. Outre les documents qui se trouvent dans le fonds Institut canadien de Montréal, plusieurs autres pièces conservées à BAnQ témoignent de l'affaire Guibord. Signalons entre autres le fonds Affaire Joseph Guibord et les documents juridiques du procès conservés au Centre d'archives de Montréal et, enfin, au Centre d'archives de Québec, une photographie de la pierre tombale de Joseph Guibord prise vers 1923.

2. Correspondance d'Honoré-Julien-Jean-Baptiste Chouinard, président de l'ICQ, adressée à C. E. Légaré, prêtre et vicaire général, le 28 juin 1882. Collections de BAnQ, Centre d'archives de Québec, fonds Institut canadien de Québec.

3. Yvan Lamonde, Histoire sociale des idées au Québec, Montréal, Fides, 2000, p. 492-493.

Retour au menu

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.