À rayons ouverts, no 79 (printemps 2009)

Table des matières

Éditorial

L'image en mouvement

par Lise Bissonnette
Présidente-directrice générale

La précédente édition de À rayons ouverts, consacrée aux diverses richesses sonores de Bibliothèque et Archives nationales duQuébec (BAnQ), décrivait notre offre comme une corne d'abondance. La métaphore s'appliquerait aussi bien à nos fonds visuels, thème du présent numéro. À nos sociétés baignées sinon noyées d'images, que peut bien proposer de plus ou de différent une institution comme la nôtre?

Ce qui sautera aux yeux, littéralement, c'est la profondeur historique des fonds. Au quotidien, le rapport de chacun de nous à l'image est pour l'essentiel éphémère : l'abondante offre des télévisions, desmagazines, d'Internet, de la publicité et même des lieux d'art, passe comme l'éclair et généralement s'efface pour ne laisser que de vagues réminiscences. Depuis quelques années, les médias apportent heureusement plus de soin à la préservation de leur mémoire, récupèrent ou constituent les archives visuelles qu'ils négligeaient ou détruisaient autrefois. Mais aucun lieu ne réunit comme le nôtre l'ensemble de ces patrimoines.

Certes, nous ne parviendrons jamais à les reconstituer de façon exhaustive. Mais nos fonds photographiques québécois, l'extraordinaire fonds audiovisuel de l'ancien Office du film du Québec qui témoigne d'une société pratiquement disparue mais pourtant si proche dans le temps, les œuvres d'illustrations qui vont des dessins des officiers anglais au temps de la Conquête jusqu'à ceux de nos désormais célèbres artistes en littérature enfantine, les fonds d'affiches que nous continuons à enrichir en les obtenant des producteurs contemporains mais aussi en disputant les plus anciennes aux collectionneurs internationaux, les magnifiques collections d'estampes représentatives des mutations perpétuelles de la gravure québécoise et de l'éclatement actuel de ses formes, tout cela fait de BAnQ un lieu de référence unique. Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce qu'une multitude de chercheurs et de recherchistes aient adopté et nos lieux et les bibliothécaires et archivistes spécialisés qui les guident dans cette profusion. Lisons moins distraitement les génériques de la télévision et du cinéma d'ici, et nous y retrouverons BAnQ constamment.

Quant au public moins spécialisé qui fréquente les sections films (jeunes et adultes) de la Grande Bibliothèque, il est amené autant que possible à sortir des sentiers battus pour découvrir un cinéma autre, celui de la relève, celui de l'étranger, celui des anciens téléromans reprenant vie en DVD, celui des documentaires de toutes disciplines, toute une production dont on sait à quel point elle a de la difficulté à trouver des lieux de diffusion. Ici s'illustre l'une des qualités premières des bibliothèques et archives qui a toujours été d'échapper à la logique du marché.

La primauté actuelle de l'image pose aussi d'importants problèmes. Comment recueillir, conserver, classer et cataloguer les objets issus d'un pareil déluge? Comment adapter nos politiques d'acquisition et nos moyens techniques aux nouveaux modes de production, de l'estampe au laser aux œuvres multimédias? À ces défis s'ajoutent des devoirs pédagogiques non moins importants. Nos ressources, toujours gratuites y compris pour les bases de données de sources universelles que nous mettons à disposition des abonnés, sont encore trop peu connues et exploitées, notamment en milieu éducatif. Nous devons non seulement en promouvoir l'utilisation, mais profiter de leur diffusion pour rappeler à un public souvent insouciant le respect impératif des droits de propriété intellectuelle.

Notre propre travail, en somme, est de l'image en mouvement.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.