À rayons ouverts, no 79 (printemps 2009)

Table des matières

Dossier : Son et image (Deuxième partie)


Gros plan sur la collection de films de la Grande Bibliothèque

Éric Labonté, bibliothécaire, section Musique et films,
Direction de la référence et du prêt

On a encore trop souvent tendance à n'associer les bibliothèques qu'aux imprimés. Pourtant,de plus en plus d'institutions consacrent une place grandissante à l'audiovisuel, plus précisément aux films.

La Grande Bibliothèque, par exemple, propose un peu plus de 23 500 titres de films pour un total de plus de 50 000 exemplaires. Une collection en pleine croissance dont la popularité ne se dément pas : au cours de l'année 2007-2008, elle a compté pour 26 % des prêts!

De prime abord, on serait tenté de croire que la section Musique et films n'offre rien de plus que ce que l'on trouve dans un club vidéo de quartier. Qu'on se détrompe! Elle abrite beaucoup plus et beaucoup mieux. Évidemment, on y découvre les plus récentes parutions, mais également plusieurs raretés.

La collection de DVD se divise en deux sections principales : les films de fiction d'un côté et les documentaires de l'autre. Pour faciliter le repérage, les fictions ont été réparties par genre cinématographique : films d'action, d'animation, fantastiques,musicaux et policiers ainsi que comédies, drames et séries télévisées. Les documentaires, quant à eux, sont classifiés selon le système Dewey.

Option Québec et option monde

Le cinéma québécois est à l'honneur à la Grande Bibliothèque puisqu'on y trouve une section spécifiquement conçue pour permettre aux usagers de découvrir non seulement les petits bijoux de notre production cinématographique nationale tels Le confessionnal de Robert Lepage ou C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée, mais aussi des productions plus marginales comme Le gambit du fou de Bruno Dubuc. Les cinéphiles désirant redécouvrir ces classiques pourront trouver dans le catalogue Iris, au www.banq.qc.ca, les œuvres de cinéastes tels que Gilles Groulx, Pierre Perrault, Anne Claire Poirier, Pierre Falardeau et, bien sûr, Denys Arcand.

Par ailleurs, la section Musique et films développe présentement une collection de films québécois qui ne sont plus disponibles sur le marché et qui, pour diverses raisons, n'ont pas pu bénéficier d'un transfert en format DVD. Les amateurs ne pourront pas les emprunter, mais ils pourront les visionner sur place. Parmi ces films, on trouve des raretés comme Kamouraska de Claude Jutra, Fantastica de Gilles Carle, Comme les six doigts de la main d'André Melançon et plusieurs autres!

Les usagers peuvent aussi explorer le cinéma international grâce à une collection diversifiée de films provenant du monde entier : d'Afrique, d'Asie, d'Europe, d'Océanie et de toutes les Amériques. Cette collection de films étrangers est offerte en version originale doublée ou sous-titrée, ce qui comporte de nombreux avantages : les nouveaux arrivants bénéficient de titres provenant de leur pays d'origine et les abonnés en apprentissage d'une nouvelle langue peuvent l'entendre. La section Musique et films offre ainsi un bouquet de plus de 2300 titres de cinéma de répertoire international.

Place aux documentaires

Le panorama ne serait pas complet si on ne mentionnait pas ce qui fait l'unicité de notre collection : les films documentaires. Ceux-ci occupent presque lamoitié de l'espace consacré aux films. À la Grande Bibliothèque, on acquiert régulièrement des titres produits par Télé-Québec, Radio- Canada, l'ONF, National Geographic et plusieurs autres maisons de productionmoins connues ou plus marginales.

On y trouve des documents qui couvrent l'ensemble des domaines du savoir — architecture, sciences sociales, sciences pures, histoire, sports, littérature, etc. — ainsi que des spectacles de musique de tous genres — populaire, jazz, métal, classique et contemporain, sans oublier l'opéra. Vous désirez apprendre à cuisiner les insectes, découvrir la danse du ventre ou comprendre l'origine de l'univers? Rien de plus simple : profitez de l'un des documents vidéo de la section Musique et films!

Cependant, l'offre ne se limite pas aux enregistrements vidéo disponibles sur place. En effet, certains films peuvent être visionnés sur le portail de BAnQ, notamment Au fil des mots qui donne la parole à 13 poètes québécois. De même, Branché sur notre histoire permet de découvrir de nombreux documents jetant une lumière révélatrice sur notre passé. Le volet concernant le passage des écoles de rang aux polyvalentes est particulièrement évocateur à cet égard. De nombreux autres films de pionniers de la cinématographie documentaire québécoise seront, par ailleurs, ajoutés au fil du temps.

Dans quelques mois, les usagers pourront ainsi visionner des documents qui n'ont jamais été disponibles sur le marché de l'édition ou qui ne le sont plus depuis très longtemps. Le cinéaste Arthur Lamothe sera à l'honneur avec sa série de documentaires portant sur les Innus et leur culture. Les Québécois pourront également découvrir leurs racines grâce aux films de l'abbé Proulx et d'Albert Tessier. Dans les années 1940 et 1950, ces derniers furent, en effet, parmi les premiers à promener l'oeil d'une caméra aux quatre coins de notre belle province afin d'en dévoiler toutes les richesses. Leurs films sont des documents prodigieux ayant une valeur historique inestimable!

Prenez le temps d'explorer la sectionMusique et films afin de découvrir toutes les richesses de ses collections. Une multitude de titres ne demandent qu'à rencontrer votre lecteur DVD et peut-être même à changer votre vie!

Retour au menu


Le savoir en images

par Isabelle Charuest, chef du service des acquisitions et du développement de la collection de prêt et de référence

La plupart des ressources électroniques de la section Revues, journaux et bases de données du portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) comportent des illustrations, des photographies, des reproductions, des cartes, des tableaux et des graphiques. Certaines ressources sont regroupées sous la rubrique Cartes et images, mais, en ce qui concerne l'iconographie disponible, il ne faut en aucun cas s'y limiter. Par exemple,on trouvera des images sur les sciences, l'histoire ou les arts en consultant les bases de données spécialisées.

Les outils de repérage des bases de données permettent souvent de cibler la recherche par type de document, en l'occurrence par les images. Parfois, des regroupements thématiques d'images attirent notre attention dès la première page.

Le tableau suivant présente une sélection de bases de données riches en iconographie. N'hésitez pas à partir à la découverte de ces trésors selon vos goûts ou vos passions.

Pour repérer des images, utilisez les bases de données...en cherchantvous trouverez entre-autres......et ferez des découvertes innatendues
Access Science
  • dans la rubrique Image galleries
des images de la planète Mars vue des airs et au sol les nouvelles scientifiques de la semaine
American Indian History Online
  • dans la rubrique Image and video
  • par sujet
  • par nation
une carte des routes commerciales des Hurons une gravure du XVIe siècle de Theodore de Bry représentant un village algonquin
Ap Interactives
  • par grand domaine
  • par période
  • par mot clé
une photographie d'une exposition sur Jack Kerouac à Lowell à l'occasion du 50e anniversaire de la publication d'On the road des photos de l'Associated Press prises le jour même, y compris dans la dernière heure…
Canadian Reference Center
  • par sujet
  • dans les photographies en noir et blanc
  • dans les photographies en couleurs
  • dans la rubrique
    Image collection
une photographie couleur de Louise Arbour ou de Jorane 85 photographies de tempête de neige
Grove Art Online (Oxford Art Online)
  • par la boîte Search for images only
  • dans une liste alphabétique
183 résultats sur les cathédrales dont la Sagrada familia d'Antonio Gaudi d'innombrables liens vers d'autres sources
Press Display
  • dans Library.Pressdisplay.com en image
  • par date

 

les photograhies des journaux du jour et les articles correspondants beaucoup de matière pour les amateurs de sport
Proquest Historical Newspaper - Historical New York Times
  • Par type de document (bande dessinée, dessin humoristique, photographie, etc.)
une photographie d'Andy Warhol quelques planches de Superman
Quid
  • dans la section Le monde en 6000 cartes et illustrations
des photos sur tous les pays du monde une carte du Montréal souterrain
Times Digital Archives
  • par sujet dans Picture Gallery
une photographie de Churchill, Roosevelt et Mackenzie King à la conférence de Québec la notice nécrologique de la cantatrice Emma Albani
World Book Online
  • par type de document et par sujet
  • par ordre alphabétique de titre
la peinture Le cri d'Edvard Munch une photographie du Titanic
World Book Kids
  • par l'icône pictures et par domaine
une sélection de photographies sur le thème de l'écologie Alice in Wonderland, Winnie-the-pooh, Bugs Bunny, etc.

 

Retour au menu


Quelques notions de droit d'auteur dans le domaine de l'audiovisuel

par Jean-Philippe Paré, avocat, conseiller en droit d'auteur,
Secrétariat général et Direction des affaires juridiques

Le texte qui suit ne constitue pas un avis juridique.

L'utilisation d'une œuvre littéraire, dramatique, musicale ou artistique originale requiert généralement l'obtention préalable d'une autorisation du titulaire des droits d'auteur. S'il est relativement aisé de déterminer qui est le titulaire des droits d'auteur, souvent unique, lorsqu'il s'agit d'un livre ou d'une illustration, qu'en est-il dans le cas d'une œuvre audiovisuelle? Ce texte précise certaines notions sur les droits d'auteur dans le domaine de l'audiovisuel et énumère quelques démarches pouvant faciliter la libération des droits.

La loi canadienne sur le droit d'auteur ne définit pas expressément la notion d'œuvre audiovisuelle. Un film, une émission de télévision, un vidéoclip, un dessin animé ou un documentaire sont tous susceptibles de constituer une œuvre audiovisuelle protégée par le droit d'auteur. Tel qu'il sera expliqué ci-dessous, l'œuvre audiovisuelle résulte la plupart du temps d'une combinaison d'œuvres distinctes qui, ensemble, composent une œuvre audiovisuelle.

Le titulaire du droit d'auteur

La collaboration de plusieurs personnes est généralement nécessaire pourmener à bien la création d'une œuvre audiovisuelle. À titre d'exemple, une œuvre cinématographique requiert habituellement le travail d'un scénariste, d'un réalisateur, d'un producteur, d'un distributeur et de comédiens. À ces personnes s'ajoutent d'autres intervenants lorsque le film comporte une trame sonore. Il s'agit essentiellement du compositeur de la musique, de l'auteur et de l'interprète des chansons ainsi que du producteur de l'enregistrement sonore.

Enfin, il peut arriver qu'une œuvre artistique protégée par le droit d'auteur, par exemple une peinture ou une sculpture, figure dans l'œuvre audiovisuelle. Le producteur de l'œuvre audiovisuelle doit généralement obtenir l'autorisation du titulaire du droit d'auteur sur cette œuvre artistique, à moins qu'il s'agisse d'une incorporation incidente et non délibérée, conformément à l'exception prévue dans la Loi sur le droit d'auteur. À titre d'exemple, si la caméra n'effectue qu'un balayage visuel au cours duquel une œuvre artistique apparaît brièvement, cette reproduction pourrait vraisemblablement constituer une incorporation incidente.

Partant de l'idée que la plupart des gens qui ont participé à la création d'une œuvre audiovisuelle se voient conférer, à divers égards, des droits par la Loi, déterminer qui est le titulaire des droits d'auteur sur celle-ci n'est pas toujours une entreprise aisée. La règle générale dicte que l'auteur d'une œuvre est le premier titulaire du droit d'auteur. Dans le cas d'une œuvre audiovisuelle, est-ce le scénariste, le réalisateur ou encore le producteur qui est le véritable auteur de l'œuvre? Malheureusement, la Loi demeure silencieuse sur cette question.

Étant donné ce mutisme, l'industrie audiovisuelle s'est dotée d'un encadrement contractuel prenant la forme d'une multitude d'ententes collectives négociées entre les divers intervenants. Sur la base de ce régime contractuel, des usages se sont développés et aujourd'hui, il est admis que le scénariste et le réalisateur ayant collaboré à la création d'une œuvre audiovisuelle confèrent généralement une licence exclusive d'exploitation au producteur. Par cette licence, le producteur devient le seul habilité à exploiter l'œuvre audiovisuelle.

Concrètement, le producteur d'uneœuvre audiovisuelle doit se tourner vers la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTeC) et l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) pour se voir consentir une licence exclusive d'exploitation, conformément aux ententes collectives négociées par ces entités.

La libération de droit d'auteur pour l'utilisation d'une œuvre audiovisuelle

Déterminer qui est titulaire du droit d'auteur revêt une importance particulière lorsqu'il s'agit de procéder à la libération du droit d'auteur sur une œuvre audiovisuelle. La Loi confère au titulaire du droit d'auteur certains droits exclusifs d'exploitation de son œuvre et surtout le droit exclusif d'autoriser ou non son exploitation. Par conséquent, préalablement à toute utilisation d'une œuvre audiovisuelle protégée, il importe généralement d'obtenir l'autorisation du producteur de celle-ci.

Il est à noter que, dans le domaine cinématographique, certains producteurs confient la gestion de leur droit d'auteur à un distributeur. À titre d'exemple, au Canada, plusieurs producteurs ont délégué la gestion de leur droit d'auteur à des entités comme Les films Criterion ou Audio Ciné films Inc., qui ont notamment pour mandat d'octroyer des licences encadrant l'exploitation publique d'œuvres cinématographiques. Ainsi, lorsqu'il s'agit d'obtenir l'autorisation d'utiliser un film, il importe de vérifier qui, du producteur ou du distributeur, est habilité à accorder une licence d'exploitation.

Enfin, dans certains cas, il peut s'avérer nécessaire d'obtenir une autorisation auprès des interprètes apparaissant dans l'œuvre audiovisuelle. Au Canada, l'Union des artistes et l'Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists négocient des ententes collectives établissant les conditions de travail minimales devant être respectées, notamment les cachets payables aux interprètes.

La durée de protection d'une œuvre

Le droit d'auteur sur l'œuvre audiovisuelle subsiste généralement pendant la vie de l'auteur, puis jusqu'à la fin de la cinquantième année suivant celle de son décès. Il s'agit de la règle générale concernant la durée de protection du droit d'auteur, prévue dans la Loi sur le droit d'auteur.

Dans le cas spécifique d'une œuvre cinématographique, la Loi prévoit cependant une règle particulière voulant qu'en l'absence de caractère dramatique, la durée de protection de l'œuvre cinématographique soit de 50 ans après l'année de sa publication ou, si elle n'est pas publiée, de 50 ans après l'année de sa création. En d'autres termes, une œuvre cinématographique qui résulterait d'une simple captation sans aucunemise en scène nimontage pourrait être considérée comme dénuée de tout caractère dramatique et bénéficier d'une protection moindre que celle que la règle générale prévue dans la Loi accorde normalement.

En conséquence de ce qui précède, plusieurs démarches et négociations, parfois longues, doivent être menées avant d'utiliser une œuvre audiovisuelle ou un extrait de celle-ci, notamment vu la coexistence des droits inhérents à une telle œuvre. La libération de ces droits engendre souvent des coûts relativement importants puisque chaque ayant droit est susceptible d'exiger une redevance financière. Il s'avère donc utile de planifier au préalable, en tenant compte de ces contraintes, l'utilisation d'une œuvre audiovisuelle afin de maximiser les chances de pouvoir aller de l'avant.

Retour au menu

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.