À rayons ouverts, no 78 (hiver 2009)

Table des matières

Rubriques


Dans l'atelier de restauration
Les affiches

par Séverine Chevalier, restauratrice
Direction de la sauvegarde des collections

Moyens d'information, de publicité ou de propagande, les affiches sont encore aujourd'hui bien souvent imprimées sur du papier. Elles sont installées de différentes manières (collage, agrafage, utilisation de punaises ou de ruban adhésif) dans les lieux publics, sur des murs ou à des endroits réservés à cette fin. Les plus grandes affiches, constituées de plusieurs sections, sont destinées à être fixées sur des panneaux surélevés afin d'en accroître la visibilité. En revanche, les plus petites se posent facilement sur des éléments de mobilier urbain ou à l'intérieur des bâtiments.

Parce qu'elles annoncent un événement ponctuel, les affiches ne sont pas destinées à être conservées. Cependant, pour diverses raisons (politiques, culturelles ou esthétiques, par exemple), elles témoignent d'un moment de l'histoire d'une société et font ainsi partie de son patrimoine.

Quand elles entrent dans les collections d'une institution patrimoniale, les affiches présentent souvent des dégradations spécifiques aux lieux et aux modes d'installation choisis. Laissées à l'extérieur, elles ont ainsi été soumises aux intempéries et montrent des détériorations plus marquées que celles subies par les affiches posées à des endroits plus protégés : gondolement du papier, taches d'humidité, traces de coulure, décoloration et pâlissement dus à la lumière.

Les modes d'installation peuvent occasionner certains types de dégradations qu'aggrave un retrait non précautionneux. Avec le temps, les adhésifs appliqués par vaporisation ou par brossage sur le revers d'une feuille peuvent jaunir et transparaître. Les empâtements et les défauts de lissage occasionnent des zones de relief plus sensibles aux frottements : les encres d'impression et le papier s'usent par endroits. En raison du peu de temps généralement consacré à l'enlèvement des affiches entièrement collées sur une surface, on procède souvent à leur arrachage, ce qui entraîne des pertes importantes.

Quand les affiches sont maintenues sur leur pourtour ou par les coins, des tensions s'y exercent : avec les variations climatiques, le papier se déforme en se contractant ou en s'allongeant et peut se déchirer. On dégage généralement les feuilles en retirant le dispositif d'attache ou en découpant le papier autour de celui-ci : il est alors fréquent d'observer des perforations ou de petites déchirures causées par les agrafes et les punaises, des amincissements du papier là où le ruban adhésif avait été posé ainsi que des coins manquants.

Les traitements de restauration des affiches ne diffèrent pas de ceux auxquels les œuvres sur papier sont soumises. On accorde la priorité à l'élimination du ruban adhésif et autres moyens de fixation pour éviter que les taches et les fragilisations ne s'aggravent et deviennent irrémédiables. La consolidation partielle (sur les perforations, par exemple), la réparation des déchirures et le comblement des lacunes permettent de stabiliser mécaniquement la plupart des feuilles. Une consolidation générale par doublage est parfois nécessaire pour les grands formats ou les papiers fins. Enfin, les affiches qui auraient été roulées ou pliées intentionnellement sont presque systématiquement mises à plat pour éviter des usures localisées et pour faciliter leur entreposage.

À l'origine éphémères, les affiches deviennent des objets à conserver pour des institutions comme Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Leur mise en exposition pose des défis intéressants parce qu'il est difficile de reproduire les modes d'accrochage communs et délicat de les présenter comme des œuvres traditionnelles.

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Le livre sous toutes ses coutures
Histoire d'une révolution : du livre manuscrit au livre imprimé

par Michèle Lefebvre, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

L'« art admirable » : c'est ainsi qu'on désigne l'imprimerie dès les premières décennies suivant son invention. Il s'agit en effet d'une véritable révolution technique, culturelle et sociale.

Tout au long de l'Antiquité et du Moyen Âge, on reproduit à la main les textes dont on souhaite la diffusion. Les lettrés étant surtout des ecclésiastiques durant les premiers siècles du Moyen Âge, la copie de livres s'effectue presque exclusivement dans les scriptoria des monastères.

La renaissance des villes aux XIe et XIIe siècles change cette situation. Apparaît alors une nouvelle classe de bourgeois qui s'alphabétise, utilisant l'écrit pour des besoins d'abord professionnels, puis récréatifs. Naissent également, dans cette concentration humaine des villes, les premières universités, instruments d'enseignement religieux, bien sûr, mais aussi de promotion sociale.

Pour répondre à ces besoins nouveaux, le mode de production des livres se professionnalise. Les ateliers laïques de copie, d'enluminure et de reliure s'ajoutent aux scriptoria et s'organisent en corporations. L'université recourt pour sa part au système de la pecia : on loue les livres à l'étude en cahiers détachés, ce qui permet à plusieurs personnes à la fois de copier unmême livre, morceau par morceau.

Malgré tout, un bon copiste ne peut écrire que de 180 à 200 mots à l'heure. On recherche donc des façons mécaniques de multiplier les copies. Johannes Gutenberg, aidé du financier Fust et du calligraphe Schöffer, trouve àMayence aumilieu du XVe siècle une solution ingénieuse. Il fait fondre dans un alliage demétal plusieurs exemplaires des lettres de l'alphabet et des signes de ponctuation, compose lettre par lettre le texte d'une page dans un cadre, encre les caractères puis utilise une presse à bras pour imprimer la page sur parchemin ou sur papier. Le texte peut ainsi être reproduit à des centaines d'exemplaires sans risque d'erreurs dues à la transcription.

L'invention connaît un succès fulgurant. On estime qu'entre 1450 et 1500, de 30 000 à 35 000 éditions différentes, totalisant de 15 à 20 millions d'exemplaires, ont été imprimées. Maintenant produit en série, le livre devient tout à coup abondant et bon marché.

L'imprimerie permet de faire circuler sur de vastes étendues des idées qui auparavant n'auraient pas pu bénéficier d'une telle diffusion. Alors que d'autres mouvements religieux séditieux avaient pu être endigués par l'Église catholique précédemment, la Réforme de Luther, appuyée par de nombreux écrits, s'impose rapidement auprès de la population allemande, puis dans toute l'Europe. C'est la première médiatisation de masse de l'histoire. Les formes de l'imprimé s'adaptent à de nouveaux usages d'information et de propagande : affiches, placards et autres feuilles volantes pullulent. Petit à petit, elles évolueront vers la presse d'information qu'on connaît.

Tout en favorisant la démocratisation du savoir, l'imprimerie crée aussi le danger de l'uniformisation et d'un certain appauvrissement culturel. L'investissement de base en matériel et en temps étant considérable, les imprimeurs privilégient la reproduction de textes populaires, qu'ils savent pouvoir écouler, et rejettent les autres. Dans la même logique, pour être compris par le plus grand nombre, les imprimeurs et les auteurs se tournent de plus en plus vers les langues vernaculaires, délaissant le latin, la langue internationale des savants et des clercs. Ils uniformisent par ailleurs les langues nationales, éliminant les expressions régionales non comprises de la majorité.

Le rôle capital de l'imprimerie dans la constitution de l'univers culturel moderne est souvent méconnu aujourd'hui tant l'imprimé nous semble banal. Et pourtant, les conséquences de l'invention de cet « art admirable » sont nombreuses et inestimables…

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Comptes rendus de lectures

par Jenny Desjardins, bibliothécaire,
Direction des services aux milieux documentaires

Québec reliée comme jamais : la reliure célèbre le 400e anniversaire de Québec, format 215 x 285mm, 80 pages, 132 illustrations en couleur, relié sous jaquette avec rabats, Paris / Dijon, Art & métiers du livre / Éditions Faton, 2008. ISBN 978-2-87844-108-6

La section canadienne des Amis de la reliure d'art (ARA Canada) a organisé, dans le cadre des célébrations entourant le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, cette exposition unique qui s'est tenue du 24 juin au 29 septembre 2008 à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec. Réunissant 66 relieurs du Canada, de la France, de l'Italie, du Japon et des États-Unis, elle a mis en valeur un éventail de couleurs, de formes et de techniques appliquées au livre et à la reliure. Les 66 pièces créées spécialement pour l'occasion représentent chacune à sa façon une parcelle de l'histoire et de la culture de la ville de Québec.

Foglia, Marc, Wikipédia – Média de la connaissance démocratique? – Quand le citoyen lambda devient encyclopédiste, Limoges, FYP éditions, 2008. ISBN 978-2-916571-06-5

En s'inspirant du modèle de l'encyclopédie collaborative, Marc Foglia s'est associé à plusieurs experts afin de proposer à ses lecteurs une réflexion sociologique et philosophique à propos de Wikipédia. Créée en 2001 et consultée plusieurs millions de fois par mois, l'« encyclopédie libre » permet en effet aux internautes d'éditer les articles qui la constituent. Marc Foglia et ses collaborateurs posent des questions comme : Quels sont les enjeux du phénomène Wikipédia? Quelles sont les nouvelles tendances sociétales révélées par Wikipédia? Faut-il comprendre son fonctionnement comme celui d'une organisation politique? Sur un ton légèrement humoristique, les auteurs stimulent habilement la réflexion autour de cette icône du Web 2.0. et amènent le lecteur à se questionner sur les limites de la Connaissance.

Cassagnes-Brouquet, Sophie, La passion du livre au Moyen Âge, Paris, Éditions Ouest-France, collection «Histoire», 2008. ISBN 978-2-7373-4489-3

Le livre a toujours suscité la passion. Malgré l'illettrisme de la majorité des femmes et des hommes au Moyen Âge et le caractère précieux de l'objet-livre à cette époque, celui-ci est au cœur de la civilisation. Cet ouvrage nous fait connaître l'ampleur de la production livresque à cette époque. Copistes, rubricateurs, enlumineurs, correcteurs et relieurs travaillent de concert dans les monastères pour produire de véritables objets d'art. Ce n'est que beaucoup plus tard que le livre sera transporté dans les villes et ne sera plus réservé aux membres du clergé et de la noblesse. Très richement illustré, à l'image des livres de l'époque, et abondamment documenté, l'ouvrage de Sophie Cassagnes-Brouquet éclaire la relation passionnelle que certains ont entretenue avec le livre et, du même coup, notre fascination actuelle pour les manuscrits du Moyen Âge.

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D'art et de culture

par la Direction de la programmation culturelle

En ce début d'année 2009, changements et transformations de tout ordre secouent le monde à une vitesse fulgurante. Il y a des jours où, comparativement à l'image bucolique que nous entretenons du passé, quelque chose semble dérailler sur cette planète. Mais il y a aussi des moments inattendus qui nous attrapent et nous procurent de purs instants de bonheur et de découverte.

C'est à de tels petits moments savoureux que le public est convié cet hiver. Science, littérature, arts visuels et arts de la scène sont à l'honneur dans une nouvelle série d'expositions conçues expressément pour les salles de la Grande Bibliothèque.

Issues d'une programmation éclectique, tant par la forme que par les thématiques abordées, ces expositions sont toutefois animées par la quête d'un sens nouveau et la liberté que cela sousentend. Qu'elle soit consacrée à l'espace de création du chercheur, de l'écrivain, de l'artiste, ou à celui du metteur en scène, chaque exposition illustre la recherche de l'inédit et le désir de repousser les limites de la connaissance par le dépassement de soi.

Depuis plus d'un an, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) s'est affairée à concevoir ces expositions originales, présentées pour la première fois au public, qui assurent la mise en valeur de ses collections et de ses fonds tout en témoignant de la richesse dont ils regorgent.

La quête des étoiles

Les découvertes que fit Galilée en 1609 grâce au télescope changèrent pour toujours notre vision de l'univers et de la place que nous y occupons. Quatre cents ans plus tard, l'Espace Jeunes souligne l'Année mondiale de l'astronomie grâce à l'exposition Virginia, messagère des étoiles, présentée du 26 mai au 25 octobre.

Virginia Galilée, fille du célèbre astronome italien, avait neuf ans à l'automne 1609, au moment où celui-ci fit ses premières observations astronomiques. En contemplant avec la lunette de son père les montagnes de la Lune, les anneaux de Saturne, les satellites de Jupiter et les phases de Vénus, elle découvrit un univers insoupçonné et spectaculaire.

C'est en se laissant guider par Virginia Galilée que les enfants exploreront les mondes lointains et inaccessibles qui ont stimulé la pensée des scientifiques et nourri l'imaginaire des artistes et des écrivains. Œuvres littéraires et picturales, photographies, télescopes, maquettes du système solaire et cherche-étoiles de partout dans le monde feront partie du parcours proposé.

Le dimanche 31 mai, de 13 h 30 à 15 h, à l'occasion de la Journée des musées montréalais, un atelier-découverte sur l'astronomie sera offert en complément de l'exposition Virginia, messagère des étoiles. Jean-Pierre Urbain, communicateur scientifique, journaliste et auteur, répondra aux questions que se posent petits et grands sur l'univers inconnu qui nous entoure. Astronome passionné, M. Urbain croit que l'apprentissage est un plaisir extraordinaire qui se partage et se transmet. L'atelier sera repris tous les troisièmes dimanches de chaque mois pendant toute la durée de l'exposition.

Un espace de tolérance et de liberté

Dès le 17 février, à la Collection nationale, l'exposition L'Institut canadien de Montréal  : tolérance et liberté de penser rassemblera une sélection des documents d'archives et des imprimés de la collection de cette institution fondée en 1844. En acquérant ce fonds en 2006, BAnQ a assuré la préservation d'un témoin capital de l'histoire des bibliothèques québécoises.

Créé afin d'offrir un accès élargi au savoir et à la culture, l'Institut canadien de Montréal se dote dès le départ d'une bibliothèque et d'une salle des nouvelles. Progressiste et ouvert à la différence, il acquiert des ouvrages portant sur tous les sujets et exposant des points de vue variés, ce qui lui attire les foudres d'un clergé en guerre contre les « mauvais livres ». La lutte acharnée qui fait alors rage se terminera par la fermeture, en 1880, des locaux de l'Institut canadien de Montréal, qui cédera sa bibliothèque à l'Institut Fraser cinq ans plus tard.

Cette exposition relatera l'histoire de cette institution tout en présentant sa vision très moderne d'une bibliothèque publique qui soit à l'abri de la censure. Catalogues, annuaires et registres illustreront la vie quotidienne et les moments forts de l'Institut canadien de Montréal. Les visiteurs découvriront des ouvrages polémiques, scientifiques, historiques et religieux ainsi que des romans populaires reflétant la diversité prônée par l'Institut ainsi que l'audace dont celui-ci faisait preuve. Cette exposition nous rappellera aussi que la tolérance et la liberté de penser au Québec ne devaient pas être tenues pour acquises sous l'emprise du clergé.

Les dessous de l'écriture

Se déroulant dans la section Arts et littérature de la Grande Bibliothèque jusqu'au 24 mai, L'archipel poétique de Paul-Marie Lapointe est la deuxième exposition présentée dans le cadre de la série « Ateliers d'écrivains ». Auteur marquant de sa génération, Paul-Marie Lapointe a fait paraître en 1948 un premier recueil de poésie, Le vierge incendié, nourri de révolte et de surréalisme. « Liberté aux mots, à chacun des sons », écrivait-il dans cette œuvre de jeunesse. Si cet ouvrage ne sera véritablement connu que plus de 20 ans après sa parution, sa modernité rebelle marque sans contredit une étape décisive dans la littérature québécoise.

À l'occasion du 60e anniversaire de la publication de ce recueil, cette exposition témoigne de l'œuvre d'un poète essentiel pour qui « la liberté des mots préfigure la liberté des hommes ». Alliant improvisation, contestation sociale et invention langagière, Paul-Marie Lapointe a créé une poésie ludique et originale qui, selon le poète, romancier et essayiste Pierre Nepveu, n'a cessé d'envoûter et de dérouter ses lecteurs.

Carnets, photos, recueils et ébauches de poèmes ainsi qu'archives personnelles du poète évoquent une œuvre qui affirme avec énergie et une apparente insouciance la plus grande liberté.

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Coup d'œil sur les acquisitions patrimoniales

par Daniel Chouinard, coordonnateur, achats, dons et échanges, Direction des acquisitions de la collection patrimoniale, et François David, archiviste-coordonnateur, Centre d'archives de Montréal, avec la collaboration de Christian Drolet, archiviste au Centre d'archives de Québec, de Sophie Morel, archiviste au Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec, d'Hélène Fortier, archiviste à la Direction des acquisitions de la collection patrimoniale, et de Mireille Laforce, coordonnatrice du dépôt légal à la Direction des acquisitions de la collection patrimoniale

Parmi les nombreux documents patrimoniaux qui enrichissent régulièrement les collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se trouvent forcément des pièces qui, en raison de leur rareté, de leur valeur ou de leur originalité, méritent une attention particulière. Coup d'œil sur les plus belles acquisitions des derniers mois... et sur d'autres à venir.

Un héritage du patrimoine architectural préservé

Grâce à une donation considérable de l'architecte et urbaniste André Robitaille, nous pouvons dorénavant reconstituer l'évolution du patrimoine bâti d'importants quartiers de la ville de Québec et rappeler l'impact du travail de cet architecte sur l'espace public. D'autres sources archivistiques conservées par BAnQ permettent également de suivre les transformations sur près de 70 ans de la petite rue Sous-le-Fort, située dans le quartier de la Basse-Ville de Québec.Quartier vivant et dynamique au début du XXe siècle, la Basse-Ville connaît un déclin progressif au profit de la Haute-Ville, et ce, jusque dans les années 1970. Après plusieurs années d'abandon, un énergique programme de mise en valeur est alors instauré. Important acteur de cette revitalisation, André Robitaille contribue de façon remarquable à la construction et à la préservation de ce secteur de la ville de Québec. Si cette municipalité a retrouvé sa beauté d'antan et conservé le caractère unique qui la distingue des autres grandes villes nord-américaines, c'est grâce entre autres à des professionnels tels qu'André Robitaille. Par son talent et ses efforts, ce dernier a fait par exemple de la rue Sous-le-Fort et du secteur de la place Royale de Québec des modèles de rénovation urbaine et de restauration.

Polyvalent et ouvert aux tendances architecturales modernes, André Robitaille a expérimenté les nouvelles technologies et les matériaux novateurs. Influencé par ses années d'études en France, il n'hésite pas dès 1960 à bousculer les pratiques architecturales en vigueur à cette époque. L' édifice LaFayette, situé dans le quartier Saint-Roch à Québec, est un exemple éloquent du modernisme prôné par André Robitaille.Cet édifice se caractérise notamment par le béton laissé apparent le long des murs latéraux, le revêtement orange des surfaces extérieures et la marquise de béton ondulée qui domine l'entrée principale du bâtiment donnant sur le boulevard Charest1.

Le fonds d'archives d'André Robitaille renferme de nombreux documents (correspondance, devis, rapports, photographies, dessins architecturaux, etc.) qui permettront aux chercheurs de mieux connaître les rêves et les aspirations d'un architecte québécois de premier plan.

Trois-Rivières en images : le fonds Studio Henrichon (1981) inc.

Le fonds Studio Henrichon (1981) inc. a été récemment acquis par BAnQ grâce à une donation deRobert Sauvageau, propriétaire actuel de cet important studio photographique de la région de Trois-Rivières. Ce studio a pignon sur rue depuis les années 1940 alors que Léo Henrichon décide de s'établir dans la région trifluvienne. Il en est le propriétaire et photographe durant une trentaine d'années, et ce, tout en exerçant parallèlement,à partir de 1942, la profession de cinéaste. En 1969, il vend le studio à Robert Sauvageau, photographe professionnel, qui a fréquenté l'École de photographie de Trois-Rivières.

Un dégât d'eau survenu au début des années 1970 a malheureusement détruit la quasi-totalité des négatifs produits par monsieur Henrichon. Amputé de sa partie la plus ancienne, le fonds d'archives se compose principalement de la production photographique de Robert Sauvageau réalisée entre 1969 et 2007.

Au cours de sa carrière, Robert Sauvageau a travaillé en studio, mais il a aussi proposé ses services à de nombreuses industries établies dans la région mauricienne. Cette spécialisation l'a amené à photographier de nombreuses chaînes de production. À titre d'exemples, mentionnons celles de la compagnie Marmen, spécialisée dans l'usinage de haute précision, de la papetière Kruger, des entreprises de métallurgie Canadian Iron et Canadian Steel Wheel ainsi que du manufacturier Westinghouse.

Robert Sauvageau a aussi capté sur pellicule le passage à Trois-Rivières de personnalités dumonde politique et culturel : Pierre Elliott Trudeau, Brian Mulroney, Jean Charest, Gilbert Bécaud, Nicole Martin et bien d'autres. Enfin, pour les amateurs de hockey, signalons la présence de photographies de Maurice Richard, de Michel Bergeron et d'une partie de hockey entre les Canadiens de Montréal et les Nordiques de Québec ayant eu lieu au Colisée de Trois-Rivières en 1983 alors que la rivalité entre les deux équipes atteignait des sommets.

Dans l'univers de Madeleine Gagnon

BAnQ a récemment réalisé un intéressant ajout au fonds d'archives de la romancière et poète Madeleine Gagnon. C'est en 1976 que l'institution a obtenu le premier ensemble documentaire constituant ce fonds, qui représentait à l'époque 0,31 mètre de documents. Au fil des ans, plusieurs ajouts se sont greffés au fond, qui totalise maintenant 11,78 mètres de documents. Auteure prolifique, Madeleine Gagnon a écrit plus de 30 livres et signé un grand nombre d'articles. Elle a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix du Gouverneur général du Canada en 1991 pour son recueil de poésie Chant pour un Québec lointain et le prix Athanase-David en 2002 pour l'ensemble de son œuvre. Le fonds d'archives de Madeleine Gagnon offre un accès privilégié à son univers de création en mettant à la disposition du public plusieurs versions de manuscrits, de la correspondance et des photographies. Le récent ajout témoigne plus spécifiquement de l'écriture de ses derniers ouvrages : Le chant de la terre (2002), Je m'appelle Bosnia (2005) et À l'ombre des mots (2007).

Du côté des affiches

Au cours des dernières semaines, BAnQ a acquis plusieurs affiches anciennes d'un grand intérêt. Dans le domaine maritime, soulignons d'abord une remarquable affiche publicitaire de la compagnie Cunard White Star datant de la fin des années 1940 qui fait état de la contribution de cette entreprise à l'effort de guerre. L'affiche offre une vue en plongée sur des passagers en vêtements kaki sur le pont du Queen Elizabeth alors réquisitionné pour le transport des troupes. Après avoir emmené plus d'un million de soldats vers l'Europe, ce navire fut utilisé jusqu'en mars 1946 pour rapatrier des militaires vers les États-Unis et le Canada.

Une autre affiche maritime acquise récemment date de 1914 et provient de la compagnie Allan Line, dont le siège social était situé à Montréal. Imprimée recto verso, elle donne de l'information sur les trajets, les horaires, les tarifs et la configuration des navires faisant la liaison Glasgow-Québec-Montréal. Il s'agit là d'un rare et excellent exemple d'affiche dite typographique.

Dans le domaine du transport aérien, BAnQ a pu acquérir une affiche d'Air France datant des années 1960 et faisant la promotion du Canada comme destination. Réalisée par le peintre français Georges Mathieu, elle utilise habilement l'oie blanche pour illustrer le pays. Enfin, c'est d'un tout autre sujet que traite l'affiche la plus ancienne acquise au cours des dernières semaines. Intitulée Les deux chemins : que deviendra cet enfant?, elle a été publiée vers 1900 par la Société de tempérance de l'église Saint- Pierre de Montréal. L' illustration d'Edmond-Joseph Massicotte montre les destins heureux ou tragique qui attendent un enfant selon qu'il aura su résister ou non à la tentation de l'alcool, considéré alors comme un véritable fléau.

Un plan ancien de Victoriaville

Grâce à la générosité d'un donateur de Victoriaville, BAnQ a obtenu un des rares exemplaires du plan de cette ville publié en 1907 à des fins d'assurance-incendie par le réputé Charles Edward Goad (1848-1910). Entre 1875 et 1910, l'entreprise de Goad aurait en effet cartographié près de 1300 villes canadiennes. Chaque plan était sans doute imprimé en peu d'exemplaires, en particulier dans le cas des petites villes. Ces plans, mis à jour au besoin, étaient offerts en location aux agents ou courtiers d'assurance et demeuraient la propriété de l'entreprise de Goad. Ils donnent une version précise et détaillée de l'occupation du territoire (localisation des bâtiments, matériaux utilisés, etc.) et ont favorisé la normalisation des règles d'assurance-incendie. De nos jours, ils constituent un outil précieux pour connaître l'état de développement d'une agglomération à un moment précis. BAnQ ne possédait pas d'original de ce plan, l'unique exemplaire connu appartenant à la British Library.

Des vues anciennes de Montréal et de Québec

August Kollner est né en Allemagne en 1813 et a émigré aux États-Unis en 1839. Entre les années 1849 et 1851, il a publié une série de 54 lithographies sous le titre Views of American Cities. Ce recueil comprend notamment des vues de Montréal et de Québec qui figurent parmi les représentations les plus utilisées pour illustrer le Québec du XIXe siècle. C'est donc avec une satisfaction toute particulière que BAnQ en a fait récemment l'acquisition.

Des programmes de spectacles par centaines

Une relance effectuée auprès des producteurs de théâtre au cours de 2008 a permis de récolter 470 programmes de saisons ou de soirées concernant majoritairement les saisons 2006-2007 et 2007-2008. Environ 160 compagnies théâtrales ont ainsi répondu à l'appel de BAnQ. L'exercice aura certainement permis de mieux faire connaître le dépôt légal des programmes de spectacles, dont l'instauration remonte à 2004.

1.Source:http://www.roche.ca/lafayette/pages/p_hist.htm(page consultée le 17 octobre 2008).

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