À rayons ouverts, no 78 (hiver 2009)

Table des matières

Dossier : Son et image


Écouter pour lire : la collection sonore du SQLA

par André Vincent, chef des services aux personnes handicapées
Direction de la Collection nationale et des services spécialisés

Plus de 7500 Québécois ayant une déficience visuelle peuvent lire en écoutant grâce à la collection sonore du Service québécois du livre adapté (SQLA) de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Cette collection, constituée de 10 500 titres analogiques sur cassettes et de 2700 titres numériques sur CD, regroupe des ouvrages couvrant tous les sujets : art et littérature, biographies, musique, sciences, histoire et sciences humaines ainsi que littérature jeunesse. Il s'agit de la plus importante collection en langue française de ce genre en Amérique.

Le SQLA a été transféré à la Grande Bibliothèque en mars 2005 à la suite d'ententes conclues avec l'Institut Nazareth et Louis-Braille et avec La Magnétothèque. Depuis lors, près de 700 nouveaux titres enrichissent la collection chaque année; celle-ci s'étoffe aussi de 500 titres convertis de l'analogique au numérique. En effet, le support analogique, devenu désuet, est graduellement remplacé par le support numérique. Les ouvrages ainsi produits respectent la norme DAISY, qui régit la production des documents audionumériques destinés aux personnes ayant une déficience visuelle. Ainsi, les abonnés peuvent naviguer dans un livre audio produit conformément à cette norme comme le fait tout lecteur de l'imprimé, prendre connaissance rapidement de la table des matières, se déplacer d'une page à l'autre, d'une section à l'autre, d'un chapitre à l'autre, et même insérer un signet, option qui s'avère particulièrement utile pour retrouver rapidement des renseignements dans un ouvrage documentaire.

S'il souhaite écouter des ouvrages numériques, l'abonné doit utiliser un équipement ou un logiciel spécifique distribué gratuitement par les centres de réadaptation aux personnes ayant une déficience visuelle dans le cadre d'un programme de la Régie de l'assurance maladie du Québec.

Pour faciliter l'accès aux collections à l'ensemble de ces personnes, les prêts sont effectués principalement par la poste et gratuitement, partout au Québec. Notons par ailleurs que les documents destinés aux personnes ayant une déficience visuelle bénéficient d'une franchise postale. Il est également possible d'écouter les livres sonores à la Grande Bibliothèque.

Par ailleurs, afin de bonifier l'offre de service pour les abonnés du SQLA qui utilisent Internet, les titres numériques seront également disponibles prochainement pour téléchargement à partir du portail du SQLA (sqla.banq.qc.ca). C'est sur ce portail que les abonnés peuvent également prendre connaissance des nouveautés et consulter l'ensemble du catalogue.

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Écouter le monde

par Isabelle Charuest, chef du service des acquisitions et du développement de la collection de prêt et de référence

La rubrique Revues, journaux et bases de données des ressources en ligne du portail de BAnQ regorge d'inépuisables richesses, et les bases de données qui offrent des enregistrements sonores ne font pas exception : plus de 150 000 pièces musicales y sont disponibles. Pour trouver rapidement les principales bases de données à contenu sonore, il suffit de chercher les rubriques Musique ou Livres électroniques et sonores dans la section qui regroupe les ressources par type de contenu. Le tableau suivant présente les principaux centres d'intérêt liés à la musique, aux livres sonores et aux archives sonores en les associant aux bases de données qui les contiennent. Laissez-vous aller à la découverte des ressources présentées dans cet outil de sélection inédit!

 

Pourutiliser les bases de donnéesen cherchant parvous trouverez entre autres...... et ferez des découvertes inattendues
La musique classiqueNaxos
Music Library
  • compositeur
  • genre
  • étiquette
  • etc.
le Quatuor à cordes no 2 de Jean Papineau-Couture interprété par le Quatuor à cordes Orford un guide de prononciation sonore des noms de compositeurs et d'interprètes
Classical
Music Library
  • chef d'orchestre
  • période
  • instrument
  • etc.
L'oiseau de feu d'Igor Stravinski sous la direction de Kent Nagano des regroupements thématiques par exemple, des musiques pour les mariages
Le jazz, le bluesNaxos
Music Library

  • genre
  • compositeur
  • etc.
Montréal Jazz Club
Session 1
la couverture des pochettes
African American Song
  • artiste
  • instrument
  • genre
  • etc.
26 chansons interprétées par Joséphine Baker des biographies, dont celle de Charlie Parker
Smithsonian Global Sound
  • genre et sous-genre
  • ensemble
  • etc.
l'album Brownie McGhee and Sonnie Terry Sing 427 pièces de gospel
La musique du mondeNaxos
Music Library
  • genre
  • ordre alphabétique
  • région géographique
Terra nostra du groupe Constantinople des discographies
Contemporary World Music
  • groupe culturel
  • région géographique
  • genre et sous-genre
  • etc.
2000 résultats pour la musique de danse allant du flamenco au tango en passant par la salsa tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le gagaku
Smithsonian
Global Sound
  • langue
  • groupe culturel
  • continent
  • etc.
27 pièces musicales iroquoises et 41 pièces inuites les hymnes nationaux
Les livres sonoresNumilog
  • titre
  • auteur
  • etc
La première gorgée de bière de Philippe Delerm lu par Jean-Pierre Cassel une sélection de livres érotiques
Numilog jeunesse   Vendredi ou la vie
sauvage
de
Michel Tournier
 
NetLibrary
  • sujet
  • durée
  • etc.
sous la rubrique Children's classics :
The Wizard of Oz,
Heidi,
The Jungle Books
des méthodes de langues
Smithsonian
Global Sound
  • rubrique
  • pays
  • genre
  • etc.
sous la rubrique Spoken Words and Sound :
Edwige Feuillère
dans Phèdre
de Racine
A hyacinth for Edith lu par Leonard Cohen dans l'album Six Montreal poets
Les archives sonoresIls ont dit…Moments choisis des archives de Radio-Canada
  • personnalité
  • domaine
  • émission radiophonique
  • etc.
Pierre Péladeau racontant la naissance du Journal de Montréal à la faveur d'une grève à La Presse des discours d'Adélard Godbout, de Maurice Duplessis, de Lucien Bouchard, etc.
Smithsonian
Global Sound
  • rubrique
  • genre
  • etc.
sous les rubriques Spoken Words and Sound et Oral History and Biography : une entrevue avec Margaret Mead la voix de Marius Barbeau dans l'album My Life in Recording: Canadian-Indian
Folklore

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Les paroles s'envolent, mais elles restent aussi : la numérisation des enregistrements sonores à BAnQ

par Alain Boucher, chef de la Division de la numérisation
Direction des systèmes d'information

Il y a plus de 5000 ans que l'écriture permet de fixer de façon durable les idées. Dans le cas des sons (paroles, musique ou bruits), ce n'est que depuis 125 ans qu'on a inventé puis continuellement perfectionné les dispositifs qui rendent possible leur enregistrement et leur reproduction.Mais alors qu'on peut directement prendre connaissance des écrits produits il y a des siècles sur parchemin ou sur papier, il faut toujours recourir à des appareils plus ou moins perfectionnés pour restituer les sons enregistrés.

Plus le temps avance, plus la situation devient complexe, dans la mesure où les développements technologiques mènent à l'invention de nouveaux procédés qui remplacent ceux qui étaient utilisés précédemment. Gramophones, phonographes, électrophones et magnétophones doivent trouver refuge dans les musées, les bibliothèques et les centres d'archives.

En outre, les méthodes d'enregistrement évoluent sans cesse. Après les enregistrements gravés de façon purement mécanique (disques et cylindres) sont apparues les bandes et cassettes magnétiques. Ces supports sont pratiquement remplacés de nos jours par les enregistrements numériques, diffusés sur disques optiques ou de façon presque dématérialisée sur Internet.

Tout cela entraîne de nombreux problèmes pour la conservation et la diffusion des enregistrements sonores, actuellement comme dans l'avenir. Matériellement, les enregistrements mécaniques conservés dans de bonnes conditions ont une durée de vie très longue, sans doute comparable à celle des documents sur papier. Il en va tout autrement des enregistrements magnétiques : la dégradation possible des supports matériels s'aggrave avec la détérioration inévitable des signaux magnétiques qui constituent l'enregistrement.

Quant aux enregistrements numériques, qui n'existent que depuis une trentaine d'années, ils comportent l'avantage de pouvoir être reproduits à l'infini sans la moindre perte d'un support à l'autre. Cela n'assure cependant pas qu'on puisse les écouter à long terme puisque les dispositifs de reproduction doivent pouvoir traiter le format d'enregistrement utilisé à l'origine ou encore le convertir dans un autre format d'usage plus courant.

Conservation et diffusion des enregistrements sonores à BAnQ

Autant dans sa collection nationale de documents de bibliothèque que dans ses centres d'archives, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) possède des dizaines de milliers d'enregistrements sonores de tous types, dont un grand nombre sont uniques. Ils sont conservés dans des conditions optimales d'entreposage, ce qui assure leur existence matérielle à long terme.

Les chercheurs peuvent consulter ces enregistrements sur demande. Conformément aux dispositions de la Loi sur le droit d'auteur, chaque fois qu'un enregistrement requiert une technologie désuète pour être écouté, BAnQ procède à sa numérisation et met la copie numérique à la disposition de la personne qui en fait la demande. La version numérique des enregistrements libres de droits est conservée pour diffusion éventuelle dans la collection numérique de BAnQ.

Il dépasse le cadre de cet article de traiter longuement des normes et des formats de numérisation. On peut toutefois aborder les principes qui orientent les choix technologiques. En cette matière, les développements sont continuels et les niveaux de qualité qu'on peut obtenir de nos jours étaient inconcevables il y a quelques dizaines d'années. Ainsi, les standards adoptés pour le disque compact au début des années 1980 apparaissent aujourd'hui comme dépassés au regard des possibilités offertes notamment par des supports de stockage aux capacités de plus en plus grandes. De même, la simple stéréophonie semble désormais bien pauvre par rapport aux enregistrements multicanaux disponibles de nos jours.

Quand il s'agit de convertir sous forme numérique des enregistrements anciens, quelle attitude adopter? Un enregistrement sur cylindre ou sur disque 78 tours déçoit presque toujours une oreille humaine du XXIe siècle par sa piètre qualité : plage dynamique réduite, distorsion particulièrement notable dans les sons aigus, bruit de fond, crépitements, etc. La tentation est forte de tirer parti des ressources des logiciels de traitement sonore pour atténuer ces imperfections ou même, si possible, pour les faire disparaître complètement.

Toutefois, chercher ainsi à plaire aux auditeurs d'aujourd'hui ne constitue-t-il pas une forme de déformation du passé? L'opération a aussi un coût qui peut être appréciable, l'« amélioration » d'un enregistrement de quelques minutes pouvant exiger de nombreuses heures de travail. Pour ces motifs, sauf dans de rares cas d'enregistrements uniques présentant un intérêt particulier, BAnQ s'en tient à la reproduction des enregistrements anciens tels que pouvaient les écouter les auditeurs de l'époque. Le plus généralement, les enregistrements archivés sous forme numérique pour la production de la version de diffusion sont réalisés en format WAV (très répandu), au standard des disques compacts (44 kHz, 16 bits).

Toute la question des normes et formats d'enregistrement évolue sans cesse. De nouveaux dispositifs rendent aussi réalisables des conversions toujours améliorées. Ainsi, des lecteurs à laser utilisables pour la reproduction d'enregistrements mécaniques (notamment les disques microsillons) existent désormais. Leur coût élevé en limite la diffusion commerciale, mais ils permettent de convertir les disques sans entraîner la moindre détérioration du support original. D'autres appareils verront sans doute le jour dans l'avenir, autorisant des reproductions dont la qualité dépassera les normes les plus rigoureuses d'aujourd'hui.

Le son… et l'image

La vidéo pose des problèmes analogues à ceux du domaine des enregistrements sonores. Longtemps réservés aux professionnels, les moyens de production vidéo sont accessibles au grand public depuis une quarantaine d'années seulement (film 8 mm et Super 8 mm, puis bandes et cassettes magnétoscopiques). La grande diversité des supports et des formats constitue un défi encore plus considérable que pour ce qui est des enregistrements sonores.

Heureusement, de par le monde, plusieurs institutions se consacrent à la conservation et à la diffusion du patrimoine sonore et filmique. Au Québec, outre BAnQ et ses collections de films d'archives, il faut signaler la Cinémathèque québécoise et deux importantes institutions fédérales, la Société Radio-Canada et l'Office national du film, qui ont entrepris de vastes programmes de numérisation.

Les efforts à consacrer à la numérisation du patrimoine audiovisuel sont considérables. Toutefois, même si nous employons des moyens considérables pour exécuter cette tâche, les réalisations d'aujourd'hui paraîtront bien modestes dans quelques décennies. D'où l'importance de conserver, toutes les fois que c'est possible, les documents originaux. Les générations futures auront à leur disposition des ressources et des technologies qui permettront de faire revivre ces documents encore mieux que nous ne savons le faire de nos jours.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.