À rayons ouverts, no 78 (hiver 2009)

Table des matières

Dossier : Son et image


Pour faire revivre les voix du passé : les archives sonores de BAnQ

par Julie Roy, archiviste
Centre d'archives de l'Estrie

Aujourd'hui, grâce à la haute définition, la qualité sonore s'approche de la perfection. Malgré notre quête du son divin, nous succombons tous en entendant les parasites sonores des disques anciens des gramophones, car ils recréent une ambiance disparue, nous replongent dans une époque révolue. La magie opère aussi avec les cassettes huit pistes et les 33 tours. Comme le papier, le son ancien a un grain, et cette texture fait partie de son charme.

Le son, c'est aussi un message qui passe : celui des gens qui témoignent de leur vie, celui des grands idéaux, voire celui de la réclame commerciale, rapide et convaincante. L'étude du message sonore à travers les époques rend compte de l'évolution de nos mentalités et de nos cultures : il se fait tantôt pudique, tantôt direct, tantôt divertissant, tantôt vociférant. Passionnant, non?

Soyez donc les bienvenus dans l'univers des archives sonores de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)!

La radio, lieu de toutes les paroles

La radio est réellement un témoin de son époque, tant à l'égard des personnalités invitées et des sujets abordés qu'en ce qui concerne la musique et les publicités diffusées sur les ondes.

Le fonds le plus populaire est sans contredit le fonds Young & Rubicam (Montréal, P69), constitué d'émissions radiophoniques (notamment avec Janette Bertrand) et de radioromans (dont Un homme et son péché ), entrecoupés de messages publicitaires pour les produits culinaires Robin Hood ou Lipton, par exemple. Très prisés des professionnels du cinéma et de la télévision, ces enregistrements sonores permettent de recréer l'ambiance sonore des années 1940 et 1950.

La station CHRC (Québec, P723) est quant à elle une véritable institution dans le monde des communications. Son fonds, entièrement composé d'enregistrements originaux sur disques, propose des allocutions, les actualités de la semaine et des revues de l'année ainsi que des entrevues avec des personnalités artistiques, religieuses et politiques. Parmi les voix entendues, vous reconnaîtrez celles de Gratien Gélinas, Jacques Normand, Pierrette Roy (Chanson du Carnaval), Charles Aznavour et Tino Rossi, sans oublier les Compagnons de la chanson.

D'autres fonds radiophoniques ont une couleur locale, par exemple celui de la station CHOC-MF (Saguenay, P199), une radio communautaire qui tire ses origines du cégep de Jonquière et qui, entre 1976 et 1980, diffuse un contenu varié touchant l'adolescence, l'environnement, la chanson et l'actualité. Le fonds Radio communautaire CIRC-MF (Rouyn-Noranda, P107) comprend un ensemble d'entrevues radiophoniques avec des artistes et des écrivains de passage à Rouyn-Noranda, notamment Gilles Vigneault, Margie Gillis, Marie Cardinal et l'Ensemble Claude-Gervaise. Ce fonds comprend aussi l'enregistrement d'un spectacle de Richard Desjardins réalisé en mai 1984, bien avant le début de sa carrière internationale.

Souvenirs des boîtes à chansons

Dans les années 1940, le restaurant Chez Gérard attire le Tout-Québec grâce à Charles Trenet, alors en tête d'affiche. L'endroit appartient à Gérard Thibault, qui inaugurera aussi en 1960 La Boîte aux chansons. Le fonds Gérard Thibault (Québec, P709) est d'un intérêt manifeste grâce aux enregistrements réalisés dans ces établissements avec, entre autres, Duke Ellington, Raymond Lévesque, Georges Brassens, Luis Mariano, Gilbert Bécaud, Édith Piaf, Georges Guétary, les Jérolas et Gilles Vigneault.

La musique sous toutes ses formes

Le Québec a produit de grands chanteurs et musiciens, et certains de nos fonds illustrent le rayonnement de ces artistes, tant en province qu'à l'étranger. Soulignons les performances du ténor Raoul Jobin (Québec, E4), du baryton Bruno Laplante (Québec, P846) ou de Sylvio Lacharité (Sherbrooke, P3), chef de l'Orchestre de chambre de Radio-Canada. Le fonds Françoys Bernier (Québec, P718) contient également des enregistrements de concerts avec l'Orchestre symphonique de Québec, lesquels donnent la vedette à des pianistes d'envergure internationale tels Victor Bouchard et Renée Morisset.

L'impressionnante collection Jean-Jacques Schira (Sherbrooke, P24), qui contient plus de 4500 disques et 234 cylindres de cire, permet de suivre l'histoire de l'enregistrement et de l'édition sonore, depuis la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1960, pour le marché francophone de l'Amérique du Nord. Elle fait connaître les chanteurs d'opéra et d'opérette, les chanteurs populaires et les interprètes du répertoire de La Bonne Chanson. Elle illustre la variété de leurs créations ou interprétations : airs classiques français, chansons folkloriques, chansons d'inspiration religieuse ou patriotique, chansons et monologues comiques, chansons de style country ou western, chansons de variétés, danses populaires (reels, quadrilles, etc.).

Donner la parole aux gens

Au début des années 1980, plusieurs programmes (dont Jeunesse Canada au travail) donnent lieu à la réalisation d'enquêtes orales qui visent à préserver la mémoire humaine. C'est ainsi qu'on dénombre, dans toutes les régions, des collections d'enregistrements sonores d'un intérêt incontestable pour l'histoire, l'ethnologie et la sociologie. Elles documentent notamment l'histoire locale, la vie quotidienne, l'évolution des métiers et des professions, les traditions, la musique, les contes et les légendes. Soulignons par exemple la collection Venetia Crawford (Gatineau, P14), constituée d'enregistrements sonores sur la vie traditionnelle des Algonquins et sur les conditions de vie dans les fermes et dans les camps forestiers de l'Outaouais. Quant à elle, la collection Sakini (Saguenay, P185) rassemble les souvenirs des premiers travailleurs des grandes sociétés industrielles Alcan et Price. Enfin, le fonds L'Ensemble folklorique Les Cantonniers (Sherbrooke, P20) fait connaître l'héritage folklorique des Cantons-de-l'Est.

Le fonds de l'Institut québécois de recherche sur la culture (Québec et Trois-Rivières, E54; Rimouski, ZQ1; Saguenay, ZQ4; Gatineau, ZQ20) est une ressource incontournable pour mieux comprendre les transformations culturelles du Québec. En effet, un concours intitulé « Mémoire d'une époque », destiné à recueillir des récits de personnes âgées de 70 ans et plus, totalise plus de 1200 récits de vie d'hommes et de femmes de toutes les régions du Québec, de toute condition sociale et d'origines culturelles diverses.

L'art oratoire à la cour

Dans un registre plus sérieux, les palais de justice répartis sur l'ensemble du territoire québécois produisent des enregistrements de débats judiciaires pour des causes tant civiles que criminelles. Ainsi, depuis 1976, BAnQ conserve plusieurs échantillonnages sonores de journées d'audience, devenant ainsi une source intéressante pour l'étude de l'évolution de la langue parlée dans les cours de justice (presque toutes les régions, TP11, TP12, TP13, TP14, avec une cote SSS52).

Quand l'État enquête

Les commissions d'enquête ont pour objectifs la découverte de la vérité et la transparence. Les sujets abordés touchent l'administration gouvernementale et le bien-être de la population. Notre institution conserve les enregistrements sonores des auditions reliées aux travaux des commissaires, notamment sur le commerce du livre entre 1945 et 1966 (Québec, E120) ou sur la situation de la langue française au Québec entre 1968 et 1972 (Québec, E140). Il arrive qu'une restriction de 100 ans pèse sur certains de ces fonds aux sujets plus délicats, comme la Commission d'enquête sur l'effondrement d'une partie du viaduc du boulevard de la Concorde à Laval en 2006 (Montréal, E146) ou la Commission d'enquête sur des cas d'abus sexuels impliquant des enfants bénéficiaires d'un centre d'accueil en 1987 (Montréal, E240). Mais ce n'est qu'une question de temps avant que les chercheurs y aient un jour accès.

Le messager politique…

Grâce aux fonds d'archives des parlementaires, BAnQ dispose des enregistrements sonores des politiciens les plus marquants de l'époque contemporaine. Ainsi avons-nous accès aux discours de Maurice Duplessis sur le droit de vote des femmes, le nationalisme, la conscription, la «Loi du cadenas » et l'économie de la fin des années 1930 (Québec, P1000, S8, D1), au discours prononcé par le ministre Paul Beaulieu lors de la présentation du drapeau de la province de Québec en France en 1948 (Québec, P165), à l'assermentation de Paul Sauvé en tant que premier ministre du Québec en 1959 (Montréal, P719) ou encore aux conférences de René Lévesque dans différentes villes du Québec alors qu'il était ministre des Ressources naturelles au début des années 1960 (Québec, P764); le choix des personnalités politiques est multiple.

...et le message politique

Outre les messages électoraux éclatants du Parti libéral du Québec (Montréal, P717) et de l'Union nationale (Québec, P555), ce sont étonnamment les partis politiques marginaux ou qui n'ont existé que durant une courte période qui ont laissé de la propagande sonore. Ainsi, il existe du matériel du Mouvement national des Québécois (Montréal, P161), fondé à la fin des années 1940 pour assurer l'autodétermination de la nation québécoise. Soulignons également le fonds du Parti du ralliement créditiste du Québec (Québec, P700), dont le concept d'« une économie au service de la société » était amplement développé dans les discours de son chef, Réal Caouette, dans les années 1960. Finalement, le Mouvement socialiste (Québec, P635), qui présenta, sans succès, des candidats dans une douzaine de circonscriptions électorales au cours des années 1980, a su préserver les enregistrements sonores se rapportant à ses congrès.

Le son de la fin

Conservés dans de petits boîtiers, les enregistrements sonores ne sont que des objets sans grand intérêt en soi. On peut à la rigueur être intrigué par le mode de consultation des rouleaux de cire.Mais lorsque ces enregistrements sont utilisés, ils documentent une époque, contribuent à recréer une ambiance et confèrent une certaine immortalité à ceux et celles qui leur ont prêté leur voix et leur talent.

Les fonds d'archives de BAnQ regorgent de ces petits boîtiers tous plus riches et prometteurs les uns que les autres. Il revient à notre institution de les mettre en valeur.

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Vingt regards sur l'enfant Jésus et sur BAnQ

par Gérald Forget, bibliothécaire, section Musique et films,
et Benoit Migneault, chef de service de la section Musique et films, Direction de la référence et du prêt

Titre plutôt étrange, direz-vous, particulièrement pour un article qui entend offrir un « regard » sur quelques-unes des collections sonores de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), plus précisément celles localisées dans la section Musique et films de la Grande Bibliothèque. Ce clin d'oeil au chef-d'œuvre du compositeur Olivier Messiaen, qui aurait eu 100 ans cette année, découle de l'importance de son œuvre dans les collections de l'institution. Le corpus Messiaen que BAnQ met à la disposition des usagers comprend en effet 12 partitions, 6 biographies, 11 ouvrages documentaires, 2 programmes de spectacles et 143 documents musicaux, dont 9 interprétations de Vingt regards sur l'enfant Jésus, y compris la célèbre prestation d'Yvonne Loriod, épouse du compositeur et inspiratrice de cette œuvre.

Il est important de noter qu'Olivier Messiaen a marqué toute une génération de compositeurs et de musiciens d'ici. Répondant à l'appel de la pianiste québécoise Louise Bessette, qui compte à son actif un sublime enregistrement du chef-d'œuvre de Messiaen, Vingt regards sur l'enfant Jésus, plusieurs musiciens, compositeurs et pédagogues du Québec, sans oublier le chef d'orchestre et directeur musical de l'Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, ont décidé de souligner le centenaire de ce compositeur français.

Musique et bibliothèques

La musique occupe depuis toujours une place déterminante et fondamentale dans l'espace culturel québécois. L'importance qu'ont acquise, dans notre existence quotidienne, les artisans de la chanson, les compositeurs et interprètes de tous les milieux musicaux ainsi que les institutions académiques, sans oublier l'industrie du disque québécois, est telle qu'il n'est assurément pas nécessaire de la démontrer. Pourtant, on ne peut pas en dire autant de la place occupée par la musique dans les bibliothèques publiques du Québec, du moins jusqu'à très récemment. En effet, la musique a presque toujours été le parent pauvre des bibliothèques publiques, lieu où l'imprimé est toujours prédominant de nos jours. On peut même avancer que les bibliothèques ont su plus aisément intégrer l'arrivée du virtuel que celle du son enregistré.

Convaincue de l'importance des œuvres de création dans leurs manifestations les plus diverses, BAnQ a mis à la disposition des citoyens du Québec, dès l'ouverture de la Grande Bibliothèque en 2005, une imposante collection d'enregistrements sonores qui reflète tous les genres et sous-genres de la vie musicale d'ici et d'ailleurs et qui représente fort bien la réalité musicale québécoise.

L'objectif était à la fois simple et complexe : démocratiser l'accès à la culture sonore sous toutes ses formes. L'ampleur de l'investissement de BAnQ en matière d'acquisition et d'enrichissement d'une collection sonore de qualité, sans oublier l'expertise nécessaire pour soutenir une telle initiative à long terme, est évidente si on mesure le succès de cette collection auprès des citoyens et des mélomanes. Aujourd'hui, il est presque impossible de dissocier BAnQ et son étonnante collection d'enregistrements sonores dans l'esprit de nombreux amateurs de musique qui se lancent à la découverte de nouveaux territoires musicaux ou qui souhaitent simplement savourer de nouveau certaines œuvres qu'ils connaissent déjà fort bien.

En effet, BAnQ développe, diffuse et exploite deux grandes collections d'enregistrements sonores. La première est la Collection nationale de musique, qui rassemble rien de moins que l'ensemble du patrimoine sonore et musical québécois et qui est principalement constituée des documents reçus en vertu du dépôt légal depuis 1992. Cette collection est évidemment jeune si on la compare à sa cousine imprimée, mais elle est d'une grande richesse et de plus en plus utilisée. Les documents de cette collection ne peuvent cependant pas être empruntés; ils doivent être consultés sur place.

La seconde collection d'enregistrements sonores est la collection de prêt de la section Musique et films, un fabuleux outil de découverte, d'apprentissage et d'épanouissement musical ainsi qu'un vecteur fondamental de la démocratisation de la culture sonore, mis à la disposition des abonnés de BAnQ. Ces derniers peuvent écouter dans le confort de leur foyer ces œuvres provenant du monde entier.

Regard sur la Collection nationale de musique

Il serait évidemment facile de dresser une liste de documents rares ou introuvables ailleurs qui sont conservés dans la Collection nationale demusique. On n'a qu'à penser à l'opéra Louis Riel d'Harry Somers, qui reçut une critique louangeuse lors de sa publication en 1985 mais qui n'est cependant disponible qu'en format 33 tours. Et que dire du Vol rose du flamant de Clémence DesRochers, première comédie musicale québécoise jamais enregistrée, qui remonte à 1964?

Toutefois, la Collection nationale de musique est bien plus qu'un lot de raretés : ce qui la caractérise et constitue son ultime richesse, c'est le fait qu'elle rassemble en un seul lieu la totalité du patrimoine musical et sonore québécois, pour le plus grand bénéfice des usagers de BAnQ.

Après tout, le concept de trésor est bien variable selon les usagers à qui on demande de le définir. Certains sont fébriles à l'idée de pouvoir consulter la collection de disques country de BAnQ; pour d'autres, c'est le rock progressif ; enfin, d'aucuns jettent leur dévolu sur la musique de films, la musique d'émissions pour enfants ou l'impressionnante collection de 45 tours. On peut par ailleurs se poser la question suivante  : si la Collection nationale de musique n'existait pas, où donc trouverait-on un accès aussi convivial et aussi démocratique à ces témoins de notre passé et de notre présent?

Il faut en effet garder en tête qu'au-delà de leur contenu musical, ces enregistrements sont également révélateurs d'une société en mouvance. On n'a qu'à songer, par exemple, au parallèle à tracer entre l'émergence des chansonniers à texte et la Révolution tranquille. Évidemment, certains enregistrements sont absents de cette collection, soit parce que BAnQ n'en possède qu'un seul exemplaire, auquel cas il se trouve au Centre de conservation, soit parce que le document est trop fragile pour être disponible en accès libre, ce qui est le cas des rouleaux de cire, des 78 tours et des cassettes huit pistes. Dans une telle éventualité, il suffit de s'adresser au personnel de la section Musique et films afin qu'une version numérisée du document soit réalisée pour fins de consultation.

Regard sur la collection de prêt des enregistrements sonores

La collection d'enregistrements sonores du monde entier que les abonnés de la Grande Bibliothèque peuvent aujourd'hui emprunter fut, pour sa part, constituée au départ des enregistrements en provenance de la Phonothèque de la Ville deMontréal. Créée en 1984 et acquise par BAnQ lors du transfert des collections et des services de la Bibliothèque centrale deMontréal à la Grande Bibliothèque, en 2004, cette collection comportait déjà 55 000 CD dont la majorité était orientée vers l'opéra et la musique classique, le jazz, le blues ainsi que la musique traditionnelle. Immédiatement après cette acquisition, BAnQ s'est efforcée d'ajouter des exemplaires de titres déjà existants et de développer de nouveaux secteurs, notamment ceux de la musique du monde et des effets sonores. Par ailleurs, un vaste processus d'enrichissement de la musique d'expression française s'est mis en branle. Trois ans plus tard, la collection d'enregistrements sonores est composée d'environ 125 000 documents qui ont fait l'objet de près de 800 000  emprunts par les usagers en 2007-2008.

La popularité de cette collection est certes indéniable, mais au-delà de l'aspect quantitatif, il importe de s'arrêter quelques instants pour jeter un coup d'oeil à certains des trésors qui la composent, notamment dans les secteurs de l'opéra, de la musique dite actuelle et des effets sonores. Ces collections sont uniques, recherchées et dotées d'une valeur qu'on pourrait qualifier de professionnelle, voire de référentielle.

L'espace opéra

La collection de prêt compte plus de 1000 titres d'opéra qui dépeignent avec éloquence l'évolution, étalée sur plus de quatre siècles, de l'art dramatique lyrique, traversant toutes les périodes de l'histoire musicale, de L'Eurydice de Jacopo Peri (1561-1633), que plusieurs musicologues considèrent comme la première œuvre du genre, jusqu'au Saint François d'Assise d'Olivier Messiaen (1908-1992), créé à Paris en 1983. Par ailleurs, cette collection est riche d'œuvres qui font partie du patrimoine canadien et québécois, passant allègrement du Louis Riel de Harry Somers (1925-1999) au Kopernikus de Claude Vivier (1948-1983).

La collection de prêt offre au voyageur musical 1000 destinations dans le monde de l'opéra. L'enrichissement de cette collection repose sur deux principes : l'exhaustivité du répertoire et la présence des prestations de marque. Les enregistrements les plus louangés côtoient d'autres œuvres majeures, parfois inusitées et méconnues. À titre d'exemple, portons un regard sur l'œuvre dramatique de Franz Schubert (1797- 1828) : celle-ci se compose de 17 opéras peu connus, dont plusieurs restés inachevés. La collection de la section Musique et films offre à ses usagers l'occasion de découvrir 11 titres de ce corpus rarissime. Sur le plan de l'art lyrique contemporain, la collection n'est pas en reste puisque au moins 150 œuvres européennes et nord-américaines créées au cours des dernières décennies s'offrent aux oreilles curieuses.

La musique actuelle

La musique actuelle, qu'est-ce donc, au juste? Très sommairement, ce type de musique comprend toutes les musiques d'expérimentation et d'exploration sonore dénuées de structure ou d'organisation évidente et axées sur l'improvisation, par opposition aux musiques contemporaines, généralement plus structurées et plus organisées. Le Québec est reconnu dans le monde de la musique pour la qualité et la diversité de ses festivals de musique en tout genre. Une de ces manifestations est le Festival international de musique actuelle de Victoriaville qui, année après année, reçoit des invités prestigieux qui participent à l'exploration des frontières de la musique d'improvisation. Ce festival rivalise en importance et en popularité avec le célèbre Bang on a Can, événement similaire qui se tient à New York. Plusieurs maisons de disques québécoises, dont Victo, Red Toucan et Ambiances magnétiques, œuvrent presque exclusivement dans ce genre musical. Le prestigieux Conseil québécois de la musique remet annuellement un prix Opus dans le domaine de la musique actuelle, ce qui indique bien l'engouement grandissant pour ce genre. La collection de prêt de la section Musique et films de BAnQ met à la disposition des usagers près de 1000 CD de musique actuelle. Cette collection unique en son genre offre des occasions inédites de découvertes sonores aux voyageurs les moins frileux et les plus avides de nouveaux horizons.

L'espace des effets sonores

Moins connus des usagers de BAnQ, les enregistrements d'effets sonores n'en constituent pas moins une collection d'une grande richesse et d'une grande rareté. Ce corpus sonore est composé de ce que les spécialistes du son, dans leur jargon, appellent le bruitage. Il est tout d'abord constitué de la captation de sons ou de bruits naturels, tels ceux du vent, des oiseaux ou des vagues, des sons qu'on peut entendre la nuit en forêt, etc. Il compte aussi des enregistrements de sons reproduits artificiellement en studio et captés sur CD. Il s'agit d'un outil précieux et indispensable pour les cinéastes amateurs, les vidéographes, les étudiants en cinéma ainsi que les citoyens qui veulent tapisser leurs montages visuels avec des éléments sonores différents de la musique ou des voix.

La section Musique et films a récemment enrichi son espace sonore avec l'ajout de la collection d'effets sonores de Sound Ideas, un des éditeurs d'effets sonores professionnels les plus importants dans le monde. Cette collection compte parmi ses partenaires des sociétés comme Industrial Light and Magic de George Lucas, Disney et la BBC. De plus, il faut noter que ces documents sont libres de droits, un atout précieux pour les cinéastes et vidéastes amateurs, car cela leur permet d'utiliser légalement des effets sonores de qualité professionnelle à partir d'une collection accessible au public.

Il y a tant à écouter!

Ces quelques regards trop brefs sur les collections de la section Musique et films de la Grande Bibliothèque ne font qu'effleurer certaines de ses richesses. En effet, il aurait été très facile d'explorer et de mettre en exergue les trésors infinis et les raretés propres aux sections jazz et blues, musique du monde, musique classique et même, car on l'oublie trop souvent, à la chanson populaire d'expression française et anglaise, qui réserve des surprises même à l'explorateur le plus aguerri.

Un autre rendez-vous en vue, donc, mais en personne cette fois-ci, qui permettra aux mélomanes de découvrir et d'approfondir les étonnantes ressources offertes par BAnQ, que ce soit à des fins de recherche ou pour le simple plaisir d'écouter.

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Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.