À rayons ouverts, no 77 (automne 2008)

Table des matières

Rubriques


Dans l'atelier de restauration
Les manuscrits d'écrivain

par Séverine Chevalier, restauratrice
Direction de la sauvegarde des collections

Cahiers d'écolier. Encre bleue, noire ou violette. Blocs-notes. Crayons au graphite. Papier blanc. Petits carnets. Stylos plume et stylos bille. Feuillets rangés dans des classeurs de bureau. Papier uni, ligné, quadrillé ou coloré. Feutres vert et rouge. Chutes assemblées par collage, pose de ruban adhésif ou agrafage… Qu'il s'agisse de brouillons autographes ou de versions imprimées proches du texte définitif publié, les manuscrits d'écrivain revêtent des formes très différentes dont il est impossible de faire une liste exhaustive.

La notoriété des auteurs fait que ces documents de travail peuvent rapidement changer de statut pour devenir des objets à conserver. En effet, ces témoins discrets de l'acte créateur font partie du patrimoine culturel. Le choix des supports et des médias qui composent les manuscrits peut être le fruit d'une réflexion rigoureuse et systématique mais peut aussi varier selon l'humeur et les finances disponibles. Les altérations observées sont donc spécifiques à la nature et à la qualité des matériaux employés, mais la conservation de ces derniers pose quelquefois problème.

Le jaunissement parfois prononcé que présentent certains papiers faits à partir de pâte de bois est souvent dû à la présence de lignine, un composé organique très sensible à la lumière. Cette substance enclenche un processus de dégradation qui provoque une coloration pouvant aller jusqu'au brunissement et qu'accompagne une fragilisation du papier : celui-ci devient cassant et s'émiette. Certaines encres pâlissent, se décolorent ou migrent dans le papier en formant des halos, allant parfois jusqu'à causer des perforations en raison de leur haut taux d'acidité. Les trombones, épingles et agrafes marquent les feuilles qu'ils retiennent en leur imprimant un relief. De plus, ils risquent de les tacher lorsqu'ils commencent à rouiller.

Quel que soit le type de document, les consultations fréquentes et un rangement parfois peu soigneux entraînent des froissures, des plis et des déchirures qui s'aggravent en causant la perte de fragments. Quand les feuillets sont agrafés ou rangés dans un classeur à anneaux, les perforations s'agrandissent progressivement et ne les maintiennent plus correctement. À force de manipuler les carnets brochés ou reliés, on en affaiblit les structures : les dos se cassent, les mors se fendent et les couvertures se séparent des corps d'ouvrage, qui ne sont alors plus protégés.

Dès leur entrée dans les collections de l'institution, les manuscrits d'écrivain sont soumis à une série de mesures visant à en stabiliser l'état. Une grande attention est portée au contrôle climatique, aux modes de rangement et aux pratiques de manipulation. Alors qu'il est conseillé de retirer tout élément ajouté pouvant entraîner une dégradation mécanique ou chimique, une réflexion doit impérativement être menée avant toute intervention afin de ne pas pervertir le caractère original d'un document. Par exemple, les rubans adhésifs (dont la dégradation est particulièrement dommageable) seront conservés s'ils ont manifestement été posés par l'auteur.

De même, on ne procède jamais à la reliure des feuilles volantes, car cette intervention peut être considérée comme une atteinte à l'intégrité physique, esthétique et historique d'un document. Les traitements de restauration éventuellement entrepris consistent essentiellement en des interventions minimales destinées à permettre la consultation ou la mise en exposition des manuscrits. Ils se limitent bien souvent à des nettoyages, à la réparation de déchirures et au comblement de certaines lacunes.

De nos jours, l'utilisation d'outils informatiques dans l'acte d'écrire pose le problème de la conservation des traces de création. Elle obligera demain à instaurer une veille technologique dont un des aspects consistera à choisir des supports de sauvegarde qui, par nature, sont plus instables que le papier.

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Le livre sous toutes ses coutures
Une censure en mutation

par Michèle Lefebvre, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

Depuis que l'homme a appris à communiquer ses idées par l'écrit, les pouvoirs établis ont tenté d'en contrôler la diffusion lorsqu'elles les menaçaient. Les mesures de censure ont considérablement varié selon la rigidité des sociétés et la gravité des transgressions, allant de légères retouches aux textes à la mise à mort d'auteurs.

Avant l'avènement de l'imprimerie, le livre, laborieusement retranscrit à la main, n'atteint qu'un cercle restreint de lettrés. Les écrits potentiellement dangereux pour les pouvoirs en place ne font pas toujours l'objet d'une surveillance attentive mais peuvent à l'occasion, tout comme leurs auteurs, être victimes de condamnations sévères.

C'est cependant avec la diffusion accélérée des idées, permise par l'imprimerie, que les autorités commencent à ériger des systèmes organisés de contrôle du livre. L'Église catholique est la première à s'inquiéter, elle qui ne peut contenir la propagation de l'hérésie de Luther. Elle cherche rapidement à s'associer le pouvoir temporel afin de bénéficier de mesures de contrainte plus tangibles que la simple excommunication. De plus, à partir de 1559, elle édite un Index des livres prohibés qu'elle mettra constamment à jour.

Les conflits religieux du XVIe siècle menacent bientôt la monarchie française catholique, qui décide de réglementer l'imprimerie et la librairie. En 1566, l'ordonnance de Moulins interdit l'impression de quelque écrit que ce soit sans l'obtention d'un privilège royal. Le contrôle se fait désormais de deux façons : par une censure préventive, qui œuvre à la source en déterminant ce qui peut être publié et vendu, et par une censure punitive, qui impose des sanctions aux livres et aux auteurs ayant échappé à la censure de première ligne. Cette situation a pour conséquence le développement d'un véritable réseau clandestin d'édition et de commerce du livre, dont les publications égalent peut-être en importance la production autorisée.

La Révolution française de 1789 offre aux citoyens un aperçu de la liberté d'expression décrite dans la Déclaration des droits de l'homme, mais pour une courte durée. Dès l'avènement de la Terreur, en 1793, la censure punitive est rétablie. Alors que les détracteurs de la royauté risquaient parfois leur vie aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce sont désormais ses défenseurs qui s'exposent à la mort…

Mais le concept de liberté de la presse a été adopté par une partie de la population. Même si les différents régimes politiques du XIXe siècle continuent à exercer une certaine forme de censure contre les écrits, ils veillent à le faire de manière moins visible. Les tribunaux prennent la relève et s'attaquent plutôt aux ouvrages licencieux dans le but de protéger la moralité des classes populaires nouvellement alphabétisées, qu'on croit faibles et influençables. Gustave Flaubert et Charles Baudelaire seront ainsi traînés en cour, respectivement pour Madame Bovary et Les fleurs du mal.

Au Québec, les années noires de la censure se situent plutôt au XIXe siècle. Un contexte différent explique cet état de choses. Dans une société où l'imprimerie ne fait son apparition qu'en 1764, les possibilités de diffusion des idées « dangereuses » par l'écrit demeurent minimes. Cependant, le développement de la presse libérale au XIXe siècle et la propagation des « mauvais livres » par les bibliothèques des Instituts canadiens inquiètent l'Église catholique canadiennefrançaise, qui passe à l'offensive. Elle réussira à maintenir un certain contrôle sur les lectures jusqu'à la Révolution tranquille.

Les avancées récentes de la démocratie ne nous mettent pas tout à fait à l'abri de l'abus censorial. La majorité des pays du monde, même ceux qui se prétendent libres, continuent encore à museler les idées qui dérangent les pouvoir en place. Encore et toujours, il importe de rester vigilant.

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D'art et de culture

par Éric Fontaine, rédacteur-réviseur,
Direction de la programmation culturelle

Pour animer notre automne et franchir avec bonheur le seuil de l'hiver, la programmation culturelle de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) s'est particulièrement attachée à mettre en valeur les fils de la création et à montrer les liens qui unissent littérature, arts de la scène et arts visuels.

Expositions

Dans cette optique, nos expositions sont éloquentes. Deux écrivains sont à l'honneur : Paul-Marie Lapointe, auteur d'un recueil excessif et fou, Le vierge incendié, et Yves Thériault, qui, par la richesse et l'ampleur de son œuvre, était un être non moins excessif et même « innombrable », selon l'expression de Gérald Godin. Deuxième volet de la série « Ateliers d'écrivains », L'archipel poétique de Paul-Marie Lapointe s'attache à montrer non seulement l'aspect ludique de la poésie de Lapointe mais aussi l'invention langagière et la contestation sociale qui n'ont jamais cessé de l'animer. Yves Thériault : le pari de l'écriture, première grande exposition de BAnQ consacrée à la littérature, nous dévoile l'auteur d'Agaguk dans toute sa multiplicité.

Le mercredi 19 novembre de 19 h à 20 h 30, le visiteur de la Grande Bibliothèque pourra découvrir l'œuvre de Thériault en compagnie du commissaire de l'exposition, Renald Bérubé, ancien professeur de littérature à l'Université du Québec à Rimouski et cofondateur de la revue Voix et images, qui a rencontré Thériault en 1968 et n'a jamais cessé de le fréquenter jusqu'au décès de l'écrivain, en 1983. Sa connaissance intime de l'œuvre de Thériault et son enthousiasme débordant marqueront cette visite-conférence.

Du 24 février au 16 août 2009, l'œuvre de l'artiste et professeure d'art Monique Charbonneau fera l'objet d'une importante rétrospective. Grâce à la présentation de photos d'atelier ainsi que des techniques de travail et du parcours biographique de l'artiste, la commissaire Hedwidge Asselin, historienne et critique d'art, invite le public à mieux comprendre la démarche de Monique Charbonneau. Rêvant de publier des œuvres de poésie dans son atelier, elle a illustré de gravures sur bois les poèmes « Migration »de Jacques Brault et, surtout, « Noyade » de Gilles Hénault. L'équilibre profond entre l'image et les mots ne laissera personne indifférent.

Poésie et jazz

La deuxième des quatre soirées de lecture Poésie et jazz – Quatre saisons, quatre couleurs, quatre lumières aura lieu le dimanche 21 décembre, à 19 h 30. BAnQ et le 24e Festival international de la poésie de Trois-Rivières vous proposent d'aborder l'hiver en compagnie de nos poètes sur un fond de jazz. Dans l'esprit de Paul-Marie Lapointe, qui a déjà affirmé que la forme d'improvisation particulière au jazz exprimait très concrètement sa conception de la poésie, le Trio Daniel Lessard marquera le solstice d'hiver en mettant notamment en lumière la poésie de Louis-Philippe Hébert et de Pierre Nepveu. Le Trio Daniel Lessard soulignera aussi la tenue de l'exposition L'archipel de Paul-Marie Lapointe en offrant un hommage au poète.

Théâtre à lire

Avec la présentation de la série « Théâtre à lire », conçue par le Centre des auteurs dramatiques en collaboration avec BAnQ, sont exposés les fils de la création. Non seulement le théâtre se joue, mais il se lit aussi. Sous la direction du metteur en scène Philippe Lambert, la romancière et femme de théâtre exceptionnelle Lise Vaillancourt prendra le relais de Larry Tremblay, le mercredi 3 décembre à 19 h 30, pour nous parler de son parcours et de sa démarche artistique. Les comédiens Pascale Montpetit et Claude Poissant ponctueront l'entretien avec l'auteure de Billy Strauss et du Journal d'une obsédée en lisant des extraits de ses œuvres théâtrales.

Rencontres littéraires

Les Midis littéraires de la Grande Bibliothèque se poursuivent en compagnie de la journaliste et écrivaine Aline Apostolska. Certaines des voix les plus fortes de la littérature actuelle se feront entendre, notamment celles de l'auteure de Deuils cannibales et mélancoliques, Catherine Mavrikakis (le mardi 11 novembre), du scénariste de la mythique télésérie La vie, la vie, Stéphane Bourguignon (le mardi 9 décembre), et de l'auteure de La lettre aérienne, Nicole Brossard (le mardi 10 février), dont l'œuvre a marqué toute une génération de féministes.

Conférences

Il existe plusieurs façons d'aborder la littérature afin d'en percevoir la substantifique moelle. La plus directe est parfois la plus efficace. Voilà que le romancier, essayiste et professeur de lettres Jean-François Chassay la saisit par le collet avec sa conférence intitulée La science contre la littérature, tout contre. En s'appuyant sur de nombreux exemples tirés de la littérature, M. Chassay expliquera que l'opposition traditionnelle entre littérature et science n'a jamais eu de sens pour les écrivains, qui ont toujours utilisé ce que la science leur révélait du monde (le mardi 27 janvier à 19 h).

Conférence midi

Le jeudi 22 janvier, de 12 h 30 à 14 h, le journaliste médical et scientifique Luc Dupont nous offrira Le cabaret Guy Mauffette : hommage à l'Oiseau de nuit. Nous découvrirons le célèbre animateur de la populaire émission radiophonique Le cabaret du soir qui penche, présentée les dimanches soir à la radio de Radio-Canada. À 24 ans, il fut le premier réalisateur d'Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon, téléthéâtre à l'origine d'un phénomène qui a embrasé le Québec pendant 20 ans. C'est un pan entier de l'histoire de la radio au Québec qui sera révélé au public.

Espace Jeunes

Pour les enfants, le chemin le plus magique pour entrer en littérature consiste à se frotter aux contes et aux mille formes du récit. Le dimanche 16 novembre, de 13 h 30 à 14 h 30, les comédiens d'Histoires cachées et ombres folles nous montrent que les histoires ne se trouvent pas seulement sur les rayons de la bibliothèque : elles sont aussi cachées dans les objets.

Planté dans un décor médiéval, le spectacle Rira bien qui lira le dernier fera appel à l'imaginaire du public. Le roi Gaga, qui ne sait pas lire, devra apprendre une formule magique s'il veut retrouver sa fille, la princesse Voyelle, que la sorcière Crapoutine a transformée en image (le dimanche 21 décembre, de 13 h 30 à 14 h 30).

Au menu des Fêtes pour les tout-petits, les Contes de Noël pour petites oreilles (le mardi 30 décembre, de 13 h 30 à 14 h 30) et, pour les plus grands, des Frissons de Noël (le dimanche 28 décembre, de 13 h 30 à 14 h 30).

On poursuit dans la tradition orale avec le Voyage au pays de l'ours polaire (le dimanche 18 janvier, de 13 h 30 à 14 h 30). Accompagné d'une chanteuse de gorge inuite, Jacques Pasquet, auteur jeunesse et ambassadeur du Grand Nord pour l'occasion, offrira des mythes inuits et de vrais récits de voyage du pays des froids extrêmes. Ce qui nous ramène tout naturellement au maître conteur Yves Thériault, à qui est consacrée l'exposition qui a lieu au même moment dans la salle d'exposition principale et à l'Espace Jeunes.

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Comptes rendus de lectures

par Jenny Desjardins, bibliothécaire,
Direction des services aux milieux documentaires

 

Báez, Fernando, Histoire universelle de la destruction des livres – Des tablettes sumériennes à la guerre d'Irak, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2008. ISBN 978-2-213-63484-5

Fernando Báez, touché depuis sa plus tendre enfance par le phénomène de la destruction des livres et constatant qu'aucun ouvrage n'existait à ce sujet, a entrepris d'en brosser un tableau des plus complets. De l'Antiquité à nos jours et aux quatre coins du monde, consacrant même un chapitre à la destruction des livres dans le domaine de la fiction, l'auteur nous fait connaître non seulement les méthodes d'élimination des livres mais aussi la sombre volonté qui se cache derrière l'action : effacer la mémoire et l'histoire des peuples. Très abondamment documenté, cet ouvrage fait la lumière sur une situation toujours décriée mais qui continue de se reproduire par-delà les frontières.

 

Hastings, Sascha et Esther E. Shipman (dir.), Logotopia – The Library in Architecture, Art and the Imagination, Cambridge, Ontario, Cambridge Galleries, 2008. ISBN 978-1-897001-26-4

Qu'elle soit nationale, publique, privée, universelle ou futuriste, la bibliothèque occupe l'imagination et l'esprit des artistes depuis des temps immémoriaux. En tant que lieu où les mots habitent l'espace (logotopia), la bibliothèque inspire écrivains, artistes et architectes. Cet ouvrage nous permet de découvrir ces bibliothèques inspiratrices, dont la bibliothèque d'Alexandrie, la Grande Bibliothèque de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et la bibliothèque privée de l'écrivain Alberto Manguel, pour ne nommer que celles-ci. On y présente également les œuvres d'artistes comme Denis Farley ou Guy Laramée, qui exploitent la bibliothèque non seulement en tant que lieu architectural mais aussi en tant que siège des mots. Illustré de nombreuses photos et de quelques documents historiques, cet ouvrage nous transporte dans le monde imaginaire de ces lieux universels que sont les bibliothèques.

 

Serry, Hervé, Les Éditions du Seuil – 70 ans d'histoires, Paris, Éditions du Seuil / IMEC éditeur, 2008. ISBN 978-2-02-097577-3

Depuis sa fondation il y a un peu plus de 70 ans, la société bien connue Les Éditions du Seuil est passée par plusieurs transformations. Ce catalogue de l'exposition intitulée Les Éditions du Seuil – L'histoire d'une maison nous fait remonter le temps au fil des grandes périodes qui ont jalonné la vie de cette entreprise (et de ses éditeurs). Des collections ont été créées, des visuels élaborés, des auteurs publiés : ainsi ont évolué Les Éditions du Seuil de 1935 à 2008. De Rondes de l'abbé Jean Plaquevent à La vie sexuelle de Catherine M. de Catherine Millet en passant par les colorés albums jeunesse, le Seuil possède un catalogue d'une grande richesse. Cet ouvrage est l'occasion de se replonger dans l'univers de ces couvertures qu'on reconnaît depuis plusieurs décennies et de connaître l'histoire de leur création ainsi que celles de leurs auteurs et de leurs publics.

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Coup d'œil sur les acquisitions patrimoniales

par Daniel Chouinard, coordonnateur, achats, dons et échanges,
Direction des acquisitions de la collection patrimoniale
et François David, archiviste
Centre d'archives de Montréal

Parmi les nombreux documents patrimoniaux qui enrichissent régulièrement les collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se trouvent forcément des pièces qui, en raison de leur rareté, de leur valeur ou de leur originalité, méritent une attention particulière. Coup d'œil sur les plus belles acquisitions des derniers mois... et sur d'autres à venir.

Il était une fois des francophones dans l'Ouest

L'histoire de la famille Gravel raconte l'installation des minorités francophones dans le sud de la Saskatchewan, plus particulièrement à Gravelbourg, ville fondée par Pierre Gravel et son frère Émile il y a déjà plus de 90 ans. Conservé au Centre d'archives de Québec, le fonds Famille Gravel, acquis par donation, comprend, outre les documents officiels de l'abbé Gravel relatifs à sa charge de missionnairecolonisateur, une imposante correspondance composée de centaines de lettres échangées entre des membres de la famille Gravel de cinq générations et couvrant une période de plus de 150 ans.

L'histoire familiale des Gravel, originaires d'Arthabaska, est singulière à plusieurs égards. L'aventure de cette famille débute en 1864, lorsque Jessie Bettez épouse le docteur Louis Gravel. Quatorze enfants naîtront de cette union et plusieurs s'établiront dans l'Ouest canadien. Grâce à la vigilance et aux soins apportés aux documents familiaux, des centaines de pièces de correspondance familiale ont été sauvegardées. Signalons entre autres les lettres de Sam, l'aîné de la famille, qui sillonna l'Amérique pendant près de 15 ans et qui fut témoin de la pendaison de Louis Riel en 1885. À ces lettres s'ajoutent celles de l'abbé Pierre Gravel, qui s'installa en Saskatchewan en compagnie de sa sœur Laurianne et de cinq de ses frères  :Henri et Maurice, médecins;Alphonse et Émile, avocats;et Guy, pharmacien. Tous travaillèrent jusqu'à leur mort à la colonisation française de l'Ouest canadien. Ils contribuèrent ainsi au maintien et au développement d'une communauté fransaskoise active et firent de la ville de Gravelbourg un centre d'éducation d'importance pour les francophones de l'Ouest canadien, notamment par l'établissement du Collège Mathieu en 1917.

Gabriel Desmarais (Gaby) : un maître du portrait

BAnQ a annoncé en juin 2008 l'acquisition d'une partie importante du fonds d'archives du photographe Gabriel Desmarais (Gaby), soit ses portraits de personnalités québécoises. Considéré comme l'un des meilleurs portraitistes de sa génération, Gabriel Desmarais a offert ses services aux personnages de marque du monde entier. Revenu s'établir au Québec après avoir vécu à Hollywood et à Monaco, l'artiste est décédé à Montréal en mai 1991 à l'âge de 65 ans.

Les œuvres de Gabriel Desmarais constituent un véritable bottin mondain du Québec de la fin des années 1940 à 1990. Elles revêtent un intérêt indéniable, tant pour le grand public que pour les chercheurs, et offrent de nombreuses possibilités en matière d'exposition et d'édition.

L'étude des négatifs nous permet de comprendre le travail artistique et technique de Gaby, qui lui a permis d'élever les standards de l'art du portrait à des sommets rarement égalés. Il a en effet perfectionné l'art de la retouche de façon à adoucir ou à accentuer les contrastes, à corriger les traits et à améliorer les drapés. Jouant de manière remarquable avec les ombres et le grain de l'image, il utilisait avec une grande maîtrise la technique du grattage, les fondus à l'aquarelle rouge, les pointillés au crayon fin noir et les accentuations au crayon gras.

Grâce, entre autres, à la collaboration de la famille Desmarais, BAnQ procède progressivement à la mise en ligne des milliers de photographies que comporte ce fonds d'archives.Parmi les 1600 photos signées Gaby déjà accessibles sur le portail de BAnQ, signalons celles d'Alys Robi, Alfred Pellan, Bernard Geoffrion, Dominique Michel, Pierre Elliott Trudeau, Robert Lapalme, Sam Steinberg, Lise Watier, Ludmilla Chiriaeff, Félix Leclerc, le père Ambroise Lafortune, Germaine Guèvremont, Gérard Filion, Béatrice Picard, Willie Lamothe et Judith Jasmin.

L'héritage de Victor-Lévy Beaulieu

BAnQ a récemment procédé à l'acquisition d'un imposant complément au fonds de Victor-Lévy Beaulieu. Cet ajout permet de tripler l'ensemble déjà considérable d'archives que l'institution conservait au sujet de cet écrivain prolifique. On trouvera dans la nouvelle partie du fonds diverses versions d'une centaine d'œuvres publiées ou inédites de Victor- Lévy Beaulieu dans le domaine du roman, de l'essai, du théâtre, des émissions radiophoniques et télévisuelles, des contes et récits, de l'entretien, de même que d'autres écrits. Ces documents nous renseignent sur la genèse de la plupart de ses créations. Le versement contient aussi de nombreux dossiers professionnels, la correspondance de l'écrivain de 1965 à 2003, des papiers personnels, des écrits d'autres auteurs, une multitude d'imprimés ainsi que des documents iconographiques et audiovisuels.

Une vue ancienne de la ville de Québec

Officier britannique ayant appartenu à l'armée du général James Wolfe, Richard Short est surtout connu pour ses talents de dessinateur. Alors qu'il était stationné à Québec, en 1759 et en 1760, il a réalisé une série de 12 dessins de la ville qui ont ensuite été gravés par divers artistes et publiés à Londres en 1761. BAnQ, qui ne possédait aucun original de ces œuvres devenues très rares, a récemment pu acquérir celle intitulée Vue de la partie Nord Ouest de la ville de Québec prise de la rivière St. Charles.

Le pays des mots de Gilles Vigneault

Il y a 40 ans, la Bibliothèque nationale du Québec a fait l'acquisition d'une cinquantaine de poèmes et de chansons de Gilles Vigneault ainsi que d'un dossier traitant de sa participation à l'ouvrage Où la lumière chante – Québec, première ville française en Amérique, publié en 1966.Grâce à une acquisition récente, le fonds d'archives actuel reflète mieux la longue et féconde carrière de Gilles Vigneault. On remarque dans le nouveau lot de nombreuses versions d'environ 300 de ses chansons,une douzaine de dossiers de textes de poésie et de notes, des textes de la série télévisée Dans tous les cantons ainsi que d'autres émissions de radio et de télévision auxquelles il a participé.On y trouve aussi des documents portant sur des projets de films et de pièces de théâtre. Par ailleurs, des dossiers relatifs aux spectacles permettent de suivre la trace de Gilles Vigneault au Québec, au Canada, en Europe et au Maroc. Parmi les partitions obtenues se trouvent, entre autres, les musiques des chansons Jack Monoloy, La Manikoutai, La danse à Saint-Dilon et Mon pays. D'autres dossiers concernent des maisons d'édition et des entreprises créées par Gilles Vigneault pour gérer les droits de ses œuvres, produire ses spectacles et surtout publier, en plus de ses poèmes et de ses contes, de ses chansons et de sa musique, de nombreuses œuvres de ses contemporains. La correspondance occupe également une place considérable. Ce nouvel ajout au fonds comporte aussi des documents personnels ainsi que des documents photographiques et audiovisuels. Ce versement complète donc avantageusement le fonds Gilles Vigneault, qui sera désormais l'un des plus importants de nos dépôts d'archives.

Une affiche qui a fait date

L'artiste Henry Eveleigh (1909-1999) est né à Shanghai, a fait des études en beaux-arts à Londres et s'est installé à Montréal en 1938. En 1947, il a remporté le premier prix d'un concours international pour la conception d'une affiche devant souligner la fondation de l'Organisation des Nations unies. Plus de 60 ans plus tard,BAnQ a pu acquérir un exemplaire de cette affiche remarquable.

Un don exceptionnel

La Congrégation de Sainte-Croix est une communauté religieuse fondée au Mans, en France, en 1837. Elle s'est établie au Canada dès 1847 et s'est consacrée à l'éducation, notamment au Collège de Saint-Laurent et au Collège Notre-Dame à Montréal. Elle est également à l'origine de la construction du célèbre oratoire Saint-Joseph du mont Royal, sanctuaire fondé en 1904 par un de ses membres, le bienheureux frère André. Ces activités ont favorisé le développement de riches collections de livres et de périodiques. C'est donc avec beaucoup de reconnaissance que BAnQ a reçu en juin 2008 un lot de plus de 1000 documents comprenant 89 imprimés québécois anciens, parmi lesquels on trouve 11 imprimés d'avant 1800 ainsi qu'une collection de 37 volumes du Quebec Almanack parus entre 1794 et 1841. Toutes ces pièces sont dans un excellent état de conservation.

Un ouvrage fondateur en sciences naturelles

L'ouvrage Fauna Boreali-Americana, publié en quatre volumes par John Richardson entre 1829 et 1837, s'appuie en grande partie sur les spécimens qu'il avait recueillis alors qu'il accompagnait l'explorateur John Franklin au cours de ses deux premières expéditions dans l'Arctique canadien à titre de médecin et de naturaliste. Portant respectivement sur les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les insectes, ces volumes ont permis à Richardson d'établir sa réputation comme l'un des plus éminents biologistes de son époque. BAnQ a dernièrement acquis les deux premiers volumes de cette série.

Estampes : le riche univers de René Derouin

Au cours des derniers mois, BAnQ a pu accroître sa collection d'estampes grâce à l'acquisition de 362 gravures de René Derouin. Artiste multidisciplinaire, Derouin a gagné, au fil d'une carrière qui s'étend sur plus de 50 ans, une reconnaissance internationale, notamment en Amérique latine et aux États-Unis. Considéré comme un maître de la gravure sur bois, il a reçu le prix Paul-Émile Borduas en 1999 ainsi que l'Ordre de l'Aigle aztèque en 2006, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Mexique à un étranger. Il a aussi été l'un des fondateurs du Conseil de la gravure du Québec, devenu en 1985 le Conseil québécois de l'estampe. En 1995, il a créé à Val-David la Fondation Derouin, dont le mandat principal est axé sur les échanges Nord-Sud et l'art d'intégration. Les œuvres acquises par BAnQ ont été offertes par l'artiste ainsi que par des amis et des membres de sa famille. Elles s'ajoutent aux 337 titres que BAnQ possédait déjà, faisant de notre collection un des plus riches ensembles de l'œuvre gravé de René Derouin.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.