À rayons ouverts, no 77 (automne 2008)

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Éditorial

Nos lettres vivent ici

par Lise Bissonnette
Présidente-directrice générale

Une rumeur, qui a hélas un fondement, veut que la place de la littérature dans les médias se réduise comme peau d'un chagrin bien réel. Nous n'en sommes pas à l'érosion finale mais il est vrai, de façon notable en radio et télévision, que le compte rendu de la vie littéraire n'a à peu près plus de lieu à soi, et devient une simple référence occasionnelle au sein de menus variés. Seule consolation à ce sentiment d'abandon, particulièrement vif dans le monde des lettres québécoises, la tendance est universelle.

Est-ce à dire que nous baissons les bras? Il serait peut-être temps que les milieux culturels cessent de rêver d'un âge d'or qui n'a jamais existé dans les médias et qu'ils apprennent à jauger leur niveau de bonheur autrement que par les petits bouts de « couverture » qu'ils réussissent à obtenir d'un coup de chance à l'autre. Il y a d'autres espaces où s'épanouir plus à l'aise et être accueilli avec plus de conviction; Bibliothèque et Archives nationales du Québec en est un depuis longtemps et met sans cesse des moyens nouveaux au service de la littérature.

En quelques jours, lors de la rentrée, on aura rencontré chez nous Marie-Claire Blais dans un entretien substantiel dans le cadre de nos Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, on aura trouvé dans la grande galerie et dans l'Espace Jeunes une exposition rétrospective majeure de l'oeuvre et de la vie de Yves Thériault, tous les étages auront reçu une part de l'exposition-hommage au grand poète Paul-Marie Lapointe dans une présentation novatrice et saisissante, on aura vécu une soirée de beauté déclinée en jazz et poésie québécoise grâce à une collaboration qui sera saisonnière avec le Festival international de la poésie de Trois-Rivières, on aura coopéré à la remise des prix annuels de l'Académie des lettres du Québec, on aura célébré Thériault grâce à un événement parrainé par le Festival international de la littérature, on aura accueilli plusieurs mètres linéaires de fonds nouveaux dans les archives de Victor-Lévy Beaulieu et on aura comme toujours proposé à la lecture, tant par la Collection nationale que par la collection de prêt, absolument tout ce qui se publie de semaine en semaine au Québec. Et ce ne sont là que des exemples glanés sur quelques jours, parmi tant d'autres. Certaines expositions et événements voyageront, en réel et en virtuel puisque notre portail est devenu un lieu de rendez-vous culturel à nul autre pareil.

Certes, le service de la littérature québécoise n'est pas notre seule occupation mais il est aux premiers rangs de nos grands travaux de fond. L'avantage unique dont jouit BAnQ est de disposer de nombreux angles. Le recueil et le traitement des archives littéraires d'ici, le rassemblement exhaustif de la Collection nationale publiée, son catalogage érudit, sa diffusion sur place à la Grande Bibliothèque ou par nos services à distance, la mise en valeur des fonds par des expositions et des écrivains par des événements, les ententes de coopération avec de nombreux groupes et associations voués à la défense et à l'illustration de nos lettres : ce sont là des fonctions qu'on ne trouve pratiquement jamais au sein d'une même institution mais que la formule unique de BAnQ permet d'assumer. Petit à petit, nous croyons désormais créer une synthèse, c'est-à-dire un véritable grand logis littéraire dont les fondations sont solides et pérennes. Il nous reste bien d'autres formes d'animation à inventer mais on peut déjà dire que la vie littéraire, c'est ici qu'elle continue, avec de vraies ressources, à croître et à se fortifier.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.