À rayons ouverts, no 76 (été 2008)

Table des matières

La vie de BAnQ


L'Initiative de services de bibliothèque équitables : une démarche porteuse d'espoir pour les Canadiens incapables de lire les imprimés

par Denyse Léger, directrice de la Collection nationale et des services spécialisés, et
André Vincent, chef des services aux personnes handicapés

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a été invitée, à la fin de l'année 2007, à faire partie d'un groupe de travail composé d'experts canadiens en matière de services de bibliothèque aux personnes handicapées. Le mandat du groupe de travail, constitué dès le début de janvier 2008 sous les auspices de la Canadian Library Association (CLA), est de représenter les intérêts des bibliothèques publiques canadiennes dans les travaux de mise en œuvre d'un réseau de bibliothèques aptes à offrir des « services équitables ». Il faut dire que ce groupe de travail répondait à l'appel de l'Initiative de services de bibliothèque équitables (ISBE) lancée le 2 octobre 2007 par la ministre du Patrimoine canadien, Madame Josée Verner, cette initiative faisant elle-même écho à une démarche de longue date de la part des milieux concernés, consignée dans le rapport Ouvrir le livre préparé par la CLA.

Confiée à Bibliothèque et Archives Canada, l'Initiative, un programme sur trois années, bénéficie d'un budget de trois millions de dollars. Elle a été créée pour améliorer l'accès à l'information et élaborer une stratégie destinée à soutenir la prestation de services de bibliothèque équitables pour les Canadiens incapables de lire les imprimés1, soit près de trois millions de personnes.

L'ACCESSIBILITÉ PASSE AUSSI PAR INTERNET

Les responsables de l'ISBE ont pour mandat de créer des conditions favorables et durables d'accès équitable aux services de bibliothèque au Canada. Plus précisément, d'ici le 31 mars 2010, ils doivent élaborer une stratégie et formuler des recommandations en vue d'offrir une réponse à long terme aux besoins en matière d'accès à l'information et aux services de bibliothèque pour les Canadiens incapables de lire les imprimés. De plus, l'ISBE doit mener à :

  • la mise en ligne d'un portail Internet;
  • l'élaboration de normes en matière de services de bibliothèque;
  • la création d'un centre d'échange de documents électroniques.

Le portail Internet entièrement accessible aux personnes incapables de lire les imprimés leur servira de passerelle vers les ressources et les renseignements relatifs à l'accès à l'information. Il renseignera aussi les usagers sur les fonds documentaires sur médias substituts disponibles dans les bibliothèques au Canada. Le portail du Service québécois du livre adapté de BAnQ, dont le certificat d'accessibilité a été renouvelé en mars 2008, constitue un modèle dans ce domaine.

Les normes en matière de services de bibliothèque seront élaborées après une consultation des milieux bibliothéconomiques. Ces normes engloberont la promotion, la sensibilisation, l'acquisition et l'accès aux technologies. BAnQ s'assurera que les normes qu'elle a développées en cette matière depuis 2005 puissent inspirer les travaux de l'ISBE.

Le centre d'échange de documents électroniques permettra aux éditeurs canadiens de mettre à la disposition des producteurs de médias substituts leurs fichiers électroniques rapidement et de façon sécuritaire. Ce centre favorisera la réduction des délais de production des médias substituts et en accroîtra la disponibilité. L'ISBE abordera également les importants enjeux relatifs aux restrictions liées au droit d'auteur tant au pays qu'à l'étranger, qui constituent un obstacle à l'accès à l'information des personnes incapables de lire les imprimés.

UNE CONSULTATION À LARGE ÉCHELLE

Pour réaliser son mandat, l'ISBE entend consulter les usagers et leurs représentants, les bibliothécaires œuvrant dans les bibliothèques publiques, les éditeurs, les associations d'éditeurs ainsi que les producteurs de médias substituts. BAnQ est d'ores et déjà désignée comme un partenaire privilégié, tant pour la fondation des bases du réseau de bibliothèques et de son plan d'action que pour la mise en œuvre des services spécialisés quand viendra le temps de la réalisation.

L'Initiative entend également s'appuyer largement sur les conclusions du groupe de travail de la CLA au sein duquel BAnQ est représentée par l'une des signataires de ce texte, Denyse Léger. En tant que directrice de la Collection nationale et des services spécialisés, elle fera valoir le rôle unique de BAnQ en matière de services aux personnes handicapées. La Grande Bibliothèque est la seule bibliothèque canadienne financée par des fonds publics à offrir de tels services. De plus, les collections de langue française du SQLA sont les plus importantes en Amérique.

 

1. « L'incapacité de lire les imprimés empêche les personnes de lire les imprimés présentés sous format courant. Ces déficiences peuvent résulter d'un handicap de la vue, d'un trouble d'apprentissage ou d'une incapacité qui fait en sorte qu'on ne puisse tenir un livre. Les Canadiens souffrant d'une telle incapacité requièrent de la documentation dans les formats substituts, tel que le braille, les enregistrements sonores, les ouvrages en gros caractères, les textes électroniques. » Tiré du site Internet de Bibliothèque et Archives Canada, http://www.collectionscanada.gc.ca/isbe/index-f.html. Consulté le 13 mai 2008.

Retour au menu


La visite audioguidée : une nouvelle façon de découvrir la Grande Bibliothèque

par Sonia Anguelova et Bernadette Carrier, agentes culturelles – formatrices,
Direction de la Collection nationale et des services spécialisés

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) offre depuis peu un nouveau service à la Grande Bibliothèque. En effet, les visiteurs peuvent désormais découvrir la Bibliothèque de manière autonome à l'aide d'un audioguide.

Depuis son ouverture, la Grande Bibliothèque figure parmi les arrêts incontournables pour toute personne qui découvre Montréal. Elle fait dorénavant partie du quotidien de milliers de gens. Notre défi a été de concevoir une visite audioguidée s'adressant autant aux visiteurs de passage intéressés par l'architecture du lieu qu'aux usagers et aux nouveaux abonnés curieux d'en savoir plus sur ce que la Bibliothèque peut leur offrir.

Un tel service présente de nombreux avantages : la visite audioguidée d'une durée d'une heure trente permet au visiteur de parcourir la bibliothèque au moment qui lui convient (jour, soir, fin de semaine), en français ou en anglais, et à son propre rythme. Le parcours peut être fait en entier ou en partie, seul ou en famille. De plus, une attention a été portée à l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite : l'audioguide donne des indications pour les déplacements en ascenseur. Les malentendants, quant à eux, peuvent profiter d'une visite en langage des signes grâce à des appareils dotés d'un large écran graphique rétroéclairé.

D'un étage à l'autre

L'audioguide est disponible gratuitement au comptoir d'accueil et d'orientation du rez-de-chaussée. Le parcours débute dans le hall d'entrée et amène le visiteur à chacun des six niveaux de la Bibliothèque, y compris un arrêt dans la superbe salle de la Collection nationale, pour se terminer au niveau 4. Afin de guider le visiteur dans son parcours, 12 panneaux d'affichage sont intégrés au mobilier déjà existant.

Les commentaires préenregistrés portent sur l'historique de l'institution, l'architecture de la Grande Bibliothèque, ses œuvres d'art et, bien sûr, les collections et services qu'elle propose. En cours de route, le visiteur peut visionner un extrait du film Lecture de chantier montrant les étapes de la construction de l'édifice. Finalement, pour agrémenter le tout, on entend la voix de personnes qui ont joué un rôle clé dans l'histoire de la Grande Bibliothèque.

Pour ceux qui préfèrent des visites guidées et dans le but de répondre à des besoins particuliers, BAnQ continue d'offrir des visites commentées par des membres de son personnel, tant pour des individus que pour des groupes, spécialisés ou non.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec est fière de créer ce service unique dans un contexte de bibliothèque publique au Québec. La visite audioguidée saura certainement répondre au désir d'un grand nombre de personnes de mieux connaître et de profiter plus largement des richesses de BAnQ.

Retour au menu


Un nouveau centre d'archives pour la Mauricie et le Centre-du-Québec

par Sophie Morel, archiviste
Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Situé au cœur du centre-ville de Trois- Rivières, le Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec est présent en région depuis 1975. À l'instar de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), il a pour mission, d'une part, d'encadrer, de soutenir et de conseiller les organismes publics de ces régions en matière de gestion de leurs documents et, d'autre part, d'assurer la conservation et la diffusion des archives publiques de ces mêmes régions. Sa mission s'étend également aux archives privées dont il assure la promotion, la conservation et l'accessibilité tout en jouant un rôle d'aide-conseil auprès des institutions patrimoniales de son territoire.

Depuis le printemps 2008, le Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec est encore plus en mesure d'accomplir sa mission, car il a fait l'objet d'un réaménagement complet. En effet, les chercheurs bénéficient désormais de locaux plus spacieux et mieux adaptés à la recherche, dont une salle climatisée comptant sept appareils de lecture de microfilms, une salle de travail pour les groupes pouvant accueillir jusqu'à 15 personnes et une bibliothèque de plus de 4000 volumes et périodiques sur l'histoire et la généalogie de la Mauricie et du Centredu- Québec. Par ailleurs, un nouveau magasin a été aménagé pour assurer une meilleure conservation des archives. En tenant compte d'un accroissement annuel de 55 mètres linéaires d'archives, ce vaste magasin est en mesure de combler les besoins d'espace du centre pour les 20 prochaines années.

Variées et nombreuses, les archives!

Les fonds et collections du Centre d'archives comptent près de trois kilomètres linéaires de documents, tous supports confondus, et couvrent plus de 350 ans d'histoire. Ils contiennent des archives gouvernementales produites par les directions régionales des ministères et organismes de la Mauricie et du Centre-du-Québec, des archives judiciaires et civiles des districts de Trois-Rivières, de Saint-Maurice, d'Arthabaska et de Drummond ainsi que des archives privées.

En ce qui a trait aux archives privées, elles proviennent par exemple de photographes (fonds Roland Lemire, fonds Flageol Photo), de familles (fonds Famille Petit-Bruno, fonds Famille Baillairgé), d'artistes (fonds Raymond Lasnier, fonds Alphonse Piché), de parlementaires (fonds Denis Vaugeois, fonds Normand Toupin), de personnalités régionales (fonds Anaïs Allard-Rousseau), d'organismes sans but lucratif (fonds Union musicale de Trois-Rivières, fonds Société d'étude et de conférence – Section de la Mauricie), d'entreprises (fonds Fonderie Bellefeuille et Frère) et d'architectes (fonds Jean-Louis Caron).

Une quantité non négligeable de documents datant d'aussi loin que l'époque de la Nouvelle-France et de la colonie britannique se trouvent aussi dans les fonds et collections conservés par le Centre. Mentionnons les archives de la Juridiction royale des Trois-Rivières, les archives des notaires, celles des arpenteurs, les insinuations et les registres d'état civil, pour ne nommer que ceux-là.

Afin de souligner l'ouverture des nouveaux locaux, le Centre présente jusqu'en novembre 2008 une exposition réalisée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec qui met en valeur quelques trésors des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Intitulée À la découverte de nos archives, cette exposition dévoile une parcelle de la richesse des fonds et collections conservés au Centre d'archives, lesquels témoignent des éléments marquants de l'histoire des deux régions en abordant leurs activités industrielles, commerciales et agricoles, de même que certains aspects liés au contexte social. Une quarantaine de documents et artéfacts sont ainsi exposés aux visiteurs.

 

Coordonnées

Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec
225, rue des Forges, bureau 208
Trois-Rivières (Québec) G9A 2G7
Téléphone : 819 371-6015
Télécopieur : 819 371-6158
Courriel : anq.trois-rivieres@banq.qc.ca
Internet : www.banq.qc.ca

 

Retour au menu.


L'Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques : reflet actualisé d'un réseau en constante évolution

par Linda Clermont, bibliothécaire
Direction des services aux milieux documentaires

Saviez-vous que cela fait près de 50 ans que des statistiques sont recueillies et publiées annuellement sur les bibliothèques publiques québécoises? La cueillette des données auprès des bibliothèques publiques par le ministère responsable des affaires culturelles remonte en effet à 1961.

En 2007, en réponse à une demande du milieu auprès de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec, trois équipes se sont unies pour développer un processus automatisé et bonifié de cueillette, de compilation, de validation, d'analyse et de diffusion de données concernant les bibliothèques publiques du Québec, soit l'Observatoire, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et le ministère. Le projet s'est concrétisé en 2008 par la création d'un nouvel outil de gestion et de diffusion des statistiques des bibliothèques publiques québécoises.

Un vent de changement

La commande était de taille : réunir les services et les compétences des trois partenaires pour optimiser le processus menant à la production, à la diffusion et à l'analyse de statistiques standardisées sur les bibliothèques publiques québécoises, qui seraient en adéquation avec les besoins et les attentes du milieu documentaire québécois.

C'est maintenant chose faite. Les données de l'Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques ont été révisées et actualisées en conformité avec la norme internationale ISO 2789 : 2006, Information et documentation – Statistiques internationales de bibliothèques. L'Enquête reflète maintenant plus adéquatement les services offerts dans les bibliothèques publiques québécoises, notamment les services électroniques, et fournit des indicateurs pour mesurer leur performance aux niveaux national et international. Elle permet également d'optimiser la mise en valeur des données en multipliant les lieux et les modes de diffusion de celles-ci.

De plus, le processus de cueillette et de diffusion des données s'effectue désormais à l'aide d'un système d'information statistique reposant sur un entrepôt de données, une interface Internet et un générateur de rapports. L'implantation de ce système permet un accès rapide à des données statistiques pouvant être exploitées facilement à des fins d'analyse comparative et de gestion des bibliothèques.

Des données indispensables

Cet accès est essentiel, particulièrement pour les gestionnaires des bibliothèques publiques. Des données fiables et de qualité permettent notamment de mesurer le rendement d'une bibliothèque, car elles aident à tracer un modèle de l'utilisation de celle-ci et des besoins de ses usagers. Ce modèle devient, à son tour, un outil important de planification. Le gestionnaire peut également s'appuyer sur ces données pour justifier une demande d'augmentation de ressources, développer sa collection et promouvoir les services de sa bibliothèque.

D'une façon plus globale, les données recueillies dans le cadre de l'Enquête annuelle permettront d'avoir une connaissance plus juste du réseau québécois et de mieux suivre l'évolution des bibliothèques publiques puisque les données des bibliothèques affiliées aux centres régionaux de services aux bibliothèques publiques seront éventuellement intégrées à l'Enquête par unité municipale, permettant ainsi d'obtenir un portrait exhaustif de l'ensemble des bibliothèques publiques québécoises.

La nouvelle Enquête constitue donc un outil souple et moderne qui accompagne les bibliothèques dans leur évolution et témoigne de leur dynamisme et de leur souci de se renouveler et de se moderniser. Au-delà des rapports et analyses que continue de publier le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, BAnQ diffusera au cours des prochains mois l'ensemble des données de façon conviviale et facilement accessible. De plus, des analyses seront réalisées et publiées par l'Observatoire, permettant un regard différent et fournissant un nouveau tremplin pour contribuer au développement des bibliothèques publiques québécoises.

 

Retour au menu

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.