À rayons ouverts, no 76 (été 2008)

Table des matières

Dossier : La coopération internationale à BAnQ


Entretien avec Madame Lise Bissonnette

par Carole Payen
directrice de cabinet de la présidente-directrice générale et conseillère aux affaires internationales

Comment la coopération internationale s'articule-t-elle avec les différentes missions de Bibliothèque et Archives nationales du Québec?

Si l'on pense aux grandes missions de Bibliothèque et Archives nationales du Québec – celles d'une bibliothèque nationale, d'archives nationales, d'une grande bibliothèque publique et d'une bibliothèque virtuelle –, on constate vite que chacune d'entre elles a un prolongement dans le champ international.

Les bibliothèques nationales ont une longue tradition de coopération internationale et la BNQ, dès sa création en 1967, n'a pas échappé à la règle. De même, les Archives nationales, avant de se joindre à nous, avaient déjà une pratique ancienne des contacts internationaux. Le volet extérieur de notre action est donc ancré dans l'histoire.

Cela dit, ces dernières années, d'importants changements sont intervenus dans les orientations de notre coopération internationale en raison de l'irruption des nouvelles technologies dans la vie de nos institutions. Ces technologies ont non seulement facilité les échanges mais aussi ouvert de nouveaux espaces de collaboration presque illimités.

Désormais, par exemple, la numérisation patrimoniale ne peut plus être appréhendée de façon isolée : elle constitue un domaine privilégié de partage et de travail en réseau. Il en va de même pour la référence à distance, qui gagne énormément à être organisée de façon coopérative à travers le monde, selon les compétences particulières des uns et des autres.

Quelles sont les priorités de BAnQ dans ce domaine?

Nous devons d'abord nous inscrire activement dans les réseaux de coopération, notamment ceux de l'espace francophone. Nous nous sommes associés avec enthousiasme au Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN), créé en 2006 à l'initiative de la Bibliothèque nationale de France, car nous y voyons un vecteur privilégié de rayonnement de la langue française et de partage d'expertise. Ce point est essentiel pour nous : nous voulons aider des bibliothèques moins nanties ou affectées par des épisodes historiques difficiles à développer leurs activités et à entrer dans le cercle de la coopération internationale. C'est pourquoi nous avons participé au premier stage de formation organisé par le RFBNN ce printemps pour des responsables de bibliothèques du Sud et accepté de concevoir le portail Internet du réseau dans une approche d'accessibilité maximale. C'est pourquoi, aussi, nous nous sommes engagés dans le programme Congés solidaires, organisé par le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), en envoyant, ces derniers mois, deux bibliothécaires, l'un au Niger, l'autre au Mali, et un archiviste au Burkina Faso, premiers contacts que nous voudrions voir déboucher sur des liens bilatéraux suivis. C'est pourquoi, enfin, nous soutenons le projet de réhabilitation de la Bibliothèque nationale du Liban, si durement touchée par la guerre.

Notre deuxième priorité est d'assurer une meilleure connaissance de la culture québécoise hors de nos frontières. Grâce à la collaboration du ministère des Relations internationales, nous avons au début de cette année pris en charge le développement des activités de la Bibliothèque Gaston-Miron de la Délégation générale du Québec à Paris, et le premier bilan de ces quelques mois de réorganisation est très satisfaisant. Nous accordons également beaucoup d'importance à la coopération scientifique avec d'autres bibliothèques et archives nationales dans le monde, qu'il s'agisse de réfléchir ensemble à la préservation à long terme de notre patrimoine, à l'histoire du livre et de l'édition, ou de mettre conjointement en valeur notre patrimoine à travers des activités de programmation culturelle originales. Chacune de mes visites à l'étranger ouvre la voie à de nouveaux projets de coopération ; les trésors de la Bibliothèque royale de Belgique, par exemple, me font rêver à de superbes expositions… Nos initiatives touchent pour la plupart l'espace francophone mais elles se déploient aussi en Amérique du Nord, avec nos amis de la Library of Congress, de la New York Public Library ou de la John Carter Brown Library de Providence, dans le Rhode Island.

Une troisième priorité consiste pour nous à nous insérer de façon utile et sélective dans nos milieux professionnels en participant notamment à la Conférence des directeurs de bibliothèques nationales, aux activités de l'International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA) et aux principales rencontres internationales de bibliothécaires et d'archivistes. Notre Direction générale des archives a largement contribué au succès de la dernière conférence internationale de la Table ronde des archives, organisée à Québec à l'automne 2007, et, en plus de prendre part aux principaux événements internationaux réunissant les milieux archivistiques, elle joue également un rôle de plus en plus actif au sein de l'Association internationale des archivistes francophones (AIAF).

Quels sont les défis institutionnels posés à BAnQ par la coopération internationale?

Nous sommes interpellés sur tous les fronts, et je dirais que la grande difficulté est de ne pas nous disperser, de garder une cohérence d'action. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité que les affaires internationales soient rattachées à la présidence de BAnQ.

Il existe également un deuxième défi, celui d'être sans cesse à l'affût des occasions de coopération, de mener un travail de veille qui nous permette d'être présents là où il le faut.

Enfin, il nous faut parvenir à faire comprendre notre institution et à la faire connaître non seulement des milieux culturels, qui sont nos partenaires naturels, mais aussi des milieux éducatifs et politiques, qui nous permettront de toujours mieux fonctionner en réseau.

Quelle est ou quelle devrait être pour vous la part des bibliothèques dans la défense de la diversité culturelle?

Le Québec a joué un rôle important dans l'adoption de la Convention sur la diversité culturelle en octobre 2005, lors de la 33e Conférence générale de l'Unesco; de nombreux milieux se sont engagés, et cela de façon bipartisane, en faveur de cette cause, et il s'agit d'un dossier qui a fait l'objet d'une certaine unanimité ici. Cette bataille a été menée au nom de certains biens culturels, le livre, le film, la chanson, afin de les soustraire aux règles du capitalisme sauvage, au nom de l'exception culturelle. Il me semble qu'il serait grand temps maintenant de reprendre la réflexion sur ce que nous voulons véritablement protéger. La question de la présence du patrimoine culturel québécois sur la Toile, par exemple, n'a jamais été abordée. Cet enjeu, qui dépasse le Québec, a été soulevé par les bibliothèques, et c'est Jean-Noël Jeanneney, alors président de la Bibliothèque nationale de France, qui a le premier sonné l'alarme en dénonçant les pratiques de Google dans le champ documentaire. Aujourd'hui, la préservation de la diversité culturelle passe certainement par la numérisation du patrimoine. Europeana est une forme de réponse à ce constat, mais le Canada et le Québec sont encore loin du compte.

Bibliothèque et Archives Canada, BAnQ, la Société des musées québécois et d'autres partenaires essaient d'attirer l'attention des gouvernements sur cette urgence. Je crois profondément qu'il faut reprendre le débat sur la diversité culturelle et inviter nos institutions à y participer.

Comment concevez-vous la dimension internationale de votre mission de présidente-directrice générale de BAnQ?

Cette dimension est pour moi extrêmement importante. Elle me donne la responsabilité de faire connaître l'institution à l'étranger, d'expliquer ce qu'elle est lors des nombreuses rencontres internationales auxquelles je participe.

Au-delà de ce rôle pédagogique, je peux faire valoir notre point de vue dans les grands débats du moment et prendre position auprès de mes collègues des milieux documentaires ou d'autres cercles de décideurs. Mes déplacements et rencontres à l'étranger sont de plus très propices à un travail de veille et ouvrent des pistes pour une insertion toujours plus poussée de BAnQ dans les réseaux de coopération culturelle et scientifique. Des contacts noués lors de mon dernier voyage à Paris, par exemple, permettront de faire de BAnQ l'invitée d'honneur du prestigieux Salon international du livre ancien au Grand Palais, en 2009.

Comme je le disais au début de cet entretien, les grandes institutions culturelles ne peuvent plus vivre en vase clos et la perspective internationale fait évidemment partie de mon quotidien.

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La coopération internationale à BAnQ : objectif monde

par Carol Couture
conservateur et directeur général des archives
et Carole Payen
directrice de cabinet de la présidente-directrice générale et conseillère aux affaires internationales

Le champ de la coopération internationale a de tout temps fait partie de la vie des bibliothèques, fût-ce sur fond de féroce rivalité, telle la célèbre lutte qui opposa, dès le IIIe siècle av. J.-C., les prestigieuses bibliothèques d'Alexandrie et de Pergame. Depuis lors, fort heureusement, échange et partage sont devenus les maîtres-mots de relations de plus en plus nourries et harmonieuses. Au chapitre particulier des relations transatlantiques, les bibliothèques doivent un inestimable tribut à Alexandre Vattemare, homme aux multiples talents qui, dans les années 1830, consacra toute son énergie à mettre en place un « système d'échange international scientifique, littéraire et agricole » précurseur des échanges de publications qui, longtemps, constitueront le coeur des liens tissés entre institutions documentaires européennes et américaines.

Un premier partenaire naturel : la Bibliothèque nationale de France...

Dès sa création en 1967, la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) suit cette tradition et s'ouvre à la coopération internationale. Elle noue tout d'abord des relations privilégiées avec la Bibliothèque nationale de France (BnF), au moyen d'un accord officiel de partenariat dont le champ ne cessera de prendre de l'ampleur au fil des décennies. Initialement axés sur l'envoi de publications et d'information institutionnelles, ces échanges s'enrichiront en 1996 d'un important projet d'inventaire des relations France-Québec (dont il est plus longuement question aux pages 13 à 17 de ce numéro d'À rayons ouverts). Reconduite pour deux ans en 2004, cette convention a pris sa pleine mesure avec la signature, par les présidents de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et de la BnF, d'une nouvelle entente-cadre à Séoul le 22 août 2006, à l'occasion du 72e Congrès annuel de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions (IFLA).

Cette nouvelle convention modifie de façon importante la philosophie même de la collaboration précédemment mise en oeuvre, en cohérence avec l'évolution des deux bibliothèques nationales, de plus en plus marquée par la présence des nouvelles technologies et le développement d'activités de programmation culturelle et pédagogique. Les vastes perspectives de coopération ainsi ouvertes sont illustrées sans tarder par la réalisation de deux projets à l'occasion des célébrations du 400e anniversaire de la présence française en Amérique du Nord : l'exposition Ils ont cartographié l'Amérique, qui présente, jusqu'au mois d'août 2008 à Montréal, des documents exceptionnels issus notamment des collections de cartes anciennes de la BnF, et le colloque Passeurs d'histoire(s), organisé en juin 2008, auquel la BnF apporte une importante contribution scientifique.

... et d'autres horizons multiples

Au-delà de cette coopération étroite avec son homologue française, la BNQ amorce également une collaboration suivie avec la Bibliothèque d'Alexandrie, en signant une première convention en 1999, reconduite en 2004.

Des contacts plus ponctuels mais non moins essentiels se développent au fil des ans avec la British Library ainsi qu'avec les bibliothèques nationales de Tunisie, du Rwanda, d'Haïti, de Catalogne, du Pays de Galles.

De plus, l'ouverture de la Grande Bibliothèque en 2005 donne à la BNQ l'occasion de développer les collections et les services à distance d'une grande bibliothèque publique. Cette expertise de poids lui permet de s'engager, en décembre de la même année, à prendre en charge la revitalisation de la Bibliothèque Gaston-Miron de la Délégation générale du Québec à Paris dans le cadre d'une entente signée avec le ministère des Relations internationales du Québec (voir pages 18 et 19 pour plus de détails sur ce projet).

Enfin, les liens tissés avec la Bibliothèque publique d'information (BPI) du Centre Pompidou prennent un nouvel essor avec la mise sur pied d'un projet commun de référence à distance et la signature prochaine d'une entente destinée à élargir et à diversifier le champ de cette coopération.

Par ailleurs, au-delà de ce réseau de partenariats bilatéraux, BAnQ contribue activement à de multiples forums multilatéraux de réflexion et d'échange d'expertise, notamment dans le contexte de grandes rencontres professionnelles : IFLA, Conférence des directeurs de bibliothèques nationales (CDNL), congrès et colloques organisés par les principales associations internationales de bibliothécaires et d'archivistes. Elle est également membre du groupe de réflexion constitué en vue de mener à bien le projet de réhabilitation de la Bibliothèque nationale du Liban.

Du 11 au 17 novembre 2007, la ville de Québec a accueilli la 40e Conférence internationale de la Table ronde des archives (CITRA), organisée sur le thème Coopérer pour préserver la diversité. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada et le Conseil international des archives, a reçu plus de 200 participants venant de 66 pays différents. Le thème de cette conférence s'appuyait sur le constat selon lequel la convergence des supports et le manque de moyens amènent certains pays à repenser et à rationaliser la répartition des missions entre les différentes professions patrimoniales : archivistes, bibliothécaires, documentalistes et conservateurs de musée. Les travaux avaient donc été répartis en trois séances  : la collaboration administrative, institutionnelle et associative entre archives, bibliothèques et musées; la coopération au sein et hors de la profession d'archiviste; les perspectives de collaboration internationale entre archives, bibliothèques et musées. Pour BAnQ, cette thématique était tout à fait d'actualité, car la fusion, officielle depuis le 31 janvier 2006, est une illustration concrète de cette coopération.

Notons enfin que la Déclaration québécoise sur les archives a fait l'objet d'une présentation et a été la source d'inspiration d'une résolution de l'assemblée générale invitant le Conseil international des archives à rédiger une déclaration universelle sur les archives.

Les nouvelles technologies, vecteur privilégié de coopération internationale

L'engagement de Bibliothèque et Archives nationales du Québec dans un vaste programme permanent de numérisation la place au premier rang des grandes institutions documentaires dans ce domaine. C'est donc tout naturellement qu'elle s'engage, en février 2006, dans le projet de bibliothèque numérique francophone lancé par la BnF, aux côtés des bibliothèques nationales de Belgique, du Canada, du Luxembourg et de Suisse, auxquelles se joindra, quelques mois plus tard, la Bibliothèque d'Alexandrie.

Réponse à la mise en ligne par Google d'une bibliothèque numérique très largement anglophone et étrangère aux règles élémentaires de la bibliothéconomie, ce Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) s'ouvre désormais aux pays du Sud, en partenariat avec l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). BAnQ s'est vu confier la mission de concevoir le portail Internet du réseau, qui offrira un accès en ligne aux corpus numériques des bibliothèques patrimoniales de l'espace francophone.

Le lancement officiel de ce portail est prévu en octobre 2008, à l'occasion du XIIe Sommet de la Francophonie à Québec. Ce nouveau site réunira, dès son ouverture, une douzaine de bibliothèques partenaires et permettra notamment de consulter à distance des milliers de pages de journaux, des archives ainsi que des documents rares et précieux. Grâce à l'appui de l'OIF, le RFBNN se veut également un lieu d'échange d'expertise et de formation continue pour l'ensemble de ses membres.

L'apport précieux des archives

À compter de 2006, au lendemain de la fusion entre la Bibliothèque nationale du Québec et les Archives nationales du Québec, l'originalité de la nouvelle institution suscite un intérêt sans cesse croissant qui contribue à multiplier les pistes de collaboration. Les délégations étrangères se succèdent pour observer cette nouvelle création hybride, source d'inspiration et de réflexion tant pour les responsables gouvernementaux que pour les bibliothécaires et les archivistes.

Notons à cet égard que, de leur côté, les Archives nationales du Québec se sont elles aussi fortement mobilisées dans l'action internationale depuis une vingtaine d'années. Tout d'abord, elles ont piloté la création de l'Association internationale des archivistes francophones et joué un rôle actif dans le développement de son portail Internet. Ensuite, elles ont pris part à des projets spéciaux tel le Portail Canada France, lancé en 2003 dans la perspective des célébrations du 400e anniversaire de l'Amérique française.

AIAF et PIAF : deux acronymes pour un partenariat unique

Fondée en 1989, à l'instigation des Archives nationales du Québec, par une vingtaine de directeurs d'archives nationales d'États francophones présents à la Conférence internationale de la Table ronde des archives à Madrid, l'Association internationale des archives francophones (AIAF) regroupe des directions nationales, des services d'archives et des associations d'archivistes des États qui ont en commun l'usage de la langue française.

Membre du Conseil international des archives (ICA), l'AIAF compte actuellement une cinquantaine de participants en provenance de pays de l'Amérique, de l'Afrique, de l'Asie, de l'Europe et de l'Océanie. Son siège social est situé au Centre d'archives de Québec.

Depuis quelques années, l'AIAF consacre l'essentiel de ses efforts et de ses activités au développement du Portail international archivistique francophone (PIAF), destiné à répondre à des besoins de formation continue et de perfectionnement exprimés par la communauté archivistique francophone. Le portail vise aussi à briser l'isolement de nombreux archivistes qui n'ont qu'un accès fort limité à la littérature professionnelle en archivistique.

Après avoir collaboré étroitement à la conception du PIAF, BAnQ prend toujours une part très active au maintien et au développement du portail par la contribution de membres de son personnel à son comité directeur, à son encadrement administratif et financier et au développement des volets Se former et Se documenter.

Avec le volet Se former, les internautes disposent de 7 cours et de 15 modules d'une durée totale de 200 heures, qui constituent une solide formation de base en archivistique et en administration d'un service d'archives. À ces cours s'ajoute un glossaire fort utile.

Complémentaire au volet précédent, le volet Se documenter est un outil de travail destiné à l'ensemble des institutions de la communauté archivistique de langue française et regroupe cinq grands modules : un babillard, un réseau, une bibliographie, un recueil de textes et des outils terminologiques.

Le PIAF est ainsi un exemple de collaboration internationale réussie entre des institutions nationales d'archives, des associations d'archivistes professionnels, des universités et des entreprises de France, de Suisse, du Canada, du Québec, de Tunisie, du Sénégal, du Liban et du Maroc.

Pour plus d'information sur l'AIAF ou le PIAF, visitez les sites www.aiaf.org et www.piaf-archives.org.

Le Portail Canada-France

Depuis 2001, la volonté constante de diffuser des archives concernant la présence française en Amérique a été stimulée par la perspective de célébrer le 400e anniversaire de l'arrivée des Français en Amérique et le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec en 2008.

En 2003, une première entente entre la France et le Canada a permis de travailler à la réalisation d'un portail donnant accès à ces trésors patrimoniaux, en collaboration avec les Archives nationales du Québec (ANQ), détentrices d'une très grande partie des documents originaux du Régime français. Les ANQ prévoyaient initialement d'avoir mis en ligne en 2008 au moins 150 000 images numériques de documents originaux. Aujourd'hui, nous en comptons plus de 450 000 sur le portail archivescanadafrance.org.

Cette première entente a pris fin le 31 mars 2005. Le 31 janvier 2006, la création de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a suscité une réflexion au sujet de son renouvellement et le partenariat initial a été réévalué dans une perspective tripartite, confiant de façon paritaire cette mise en valeur au Canada, à la France et au Québec.

Le secteur des technologies joue ici un rôle essentiel pour donner accès de façon facile et rapide à une masse de documents numériques originaux et diversifiés.

D'une part, il est nécessaire de maintenir l'intérêt des généalogistes d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique pour notre portail en diffusant des contenus archivistiques qui, dans une première phase, favorisent l'établissement de l'ascendance et de la descendance des familles sur les deux continents.

D'autre part, il faut aussi aller plus loin en matière d'offre documentaire. Les sources primaires conservées par les partenaires permettent par exemple de retracer les faits et gestes des familles dans leur transmission de biens familiaux et dans leur occupation du sol. Voilà toute une richesse documentaire qui mérite d'être traitée et mise à la disposition du public. Afin de relever ce défi, un effort particulier sera consenti pour les milieux scolaires et universitaires, grâce notamment à la création d'outils Web sur le portail pour une utilisation maximale des sources documentaires numériques déjà disponibles.

La signature d'une nouvelle entente tripartite, le 3 juin 2008 à Québec, inclura tous ces volets et permettra à BAnQ d'agir en tant que partenaire à part entière aux côtés de Bibliothèque et Archives Canada et de la Direction des Archives de France.

Du 10 au 14 août 2008, les travaux du 74e Congrès annuel de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions (IFLA) se dérouleront à Québec autour du thème Bibliothèques sans frontières : naviguer vers une compréhension globale. À cette occasion, environ 5000 congressistes venus du monde entier convergeront vers la capitale nationale pour participer aux dizaines de rencontres organisées par les 8 divisions et les 48 sections de l'organisation.

Hôte de l'événement aux côtés de Bibliothèque et Archives Canada, BAnQ s'est fortement impliquée dans sa préparation, participant activement au comité national et au comité consultatif chargés de superviser la logistique de ce congrès.

Les deux bibliothèques nationales ont également coordonné pour l'occasion la publication d'un ouvrage collectif soulignant le dynamisme et le souffle innovateur qui animent les bibliothèques canadiennes.

Membre de la Conférence des directeurs de bibliothèques nationales (CDNL) – qui se tient traditionnellement lors de l'IFLA – depuis 2004, la présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec participera de plus, cet été, à la 35e réunion de cette instance.

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Concevoir et mettre en œuvre une bibliothèque numérique
Un stage international réussi

par Alain Boucher, directeur des projets spéciaux en technologies de l'information

Dans le monde francophone, les réalisations en matière de bibliothèques numériques sont déjà nombreuses et plusieurs pays souhaitent s'engager dans la mise en ligne de leur patrimoine documentaire.

En vue de faire le point sur cette question, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) et la Bibliothèque nationale de France (BnF) ont uni leurs efforts pour organiser à Paris, du 10 au 17 avril 2008, un stage international sur la conception et la mise en oeuvre d'une bibliothèque numérique.

Soumis à un horaire chargé, les représentants de quinze pays ont pu se familiariser avec les différentes facettes du sujet :

  • les aspects documentaires (sélection des documents, valorisation du patrimoine, etc.);
  • les questions technologiques (création et organisation des documents numériques, normes et formats, préservation);
  • la dimension juridique (droit d'auteur, partenariats avec les éditeurs);
  • le volet administratif (montage et financement de projets, préparation d'un cahier
    des charges, etc.).

À ces présentations de portée générale s'est ajouté un aperçu des réalisations de cinq pays (Égypte, France, Madagascar, Québec et Tunisie) qui ont développé des collections numériques diffusées sur Internet.

En outre, des échanges fructueux ont été établis entre les institutions qui collaboreront à la mise en œuvre du portail du RFBNN, en cours de conception. BAnQ assure la réalisation technologique de ce portail, qui mettra en valeur de manière intégrée les ressources numériques diffusées par les bibliothèques nationales francophones.

Au terme de ce stage, les participants ont témoigné de leur satisfaction en invitant les organisateurs à prévoir d'autres rencontres pour approfondir les multiples questions soulevées. Nul doute qu'il s'agit d'un début, qui ouvre des perspectives stimulantes pour le développement des bibliothèques numériques francophones.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.