Sorry!

The page you are trying to reach is not available in English.
We regret the inconvenience.

View this page in French Return to the previous page

À rayons ouverts, no 75 (printemps 2008)

Table des matières

La vie de BAnQ


Des archives au service de la réconciliation : le Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis

par les archivistes Julie Fournier, Centre d'archives de Québec
Evelyn Kolish, Centre d'archives de Montréal
et Sophie Morel, Centre d'archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec

C'est alors que Bernard Landry est premier ministre du Québec que l'on assiste, en 2001, à la mise sur pied du Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis. Ce programme octroie dans un premier temps des compensations financières « aux personnes orphelines qui, entre 1935 et 1964, ont été institutionnalisées dans des hôpitaux psychiatriques alors que l'internement n'était vraisemblablement pas justifié et que ces personnes étaient âgées de 18 ans ou moins1 ».

En mai 2007, le gouvernement de Jean Charest instaure la deuxième phase du programme, qui permettra d'accorder une aide financière aux personnes orphelines qui, entre 1935 et 1964, ont fréquenté l'une des neuf institutions non psychiatriques désignées et qui ont reçu un diagnostic de déficience ou de retard intellectuel.

Les archives judiciaires de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) ont permis de faciliter le processus de réconciliation avec les orphelins de Duplessis. En effet, c'est leur valeur de preuve qui a permis de faire la démonstration que les orphelins avaient été lésés dans leurs droits.

Afin de compléter l'analyse des demandes reçues dans le cadre du Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale a eu recours aux services de la Direction générale des archives de BAnQ. Devant la portée sociale du programme et la quantité de demandes de recherche, la direction a élaboré un processus centralisé et uniforme de traitement. La mise en place de ce processus visait à offrir au Ministère un service efficace lui permettant d'obtenir dans les meilleurs délais les renseignements nécessaires à la poursuite de l'analyse des demandes.

Le mandat de la Direction générale des archives a consisté à rechercher dans les archives judiciaires des documents concernant le placement en institution de personnes dont la demande ne démontrait pas l'admissibilité au programme, et, le cas échéant, à transmettre au Ministère des copies des documents repérés. La Direction générale des archives s'est aussi chargée d'assurer le lien avec les greffes des palais de justice lorsque les archives n'étaient pas conservées dans l'un de ses neuf centres.

Les recherches se sont poursuivies dans les centres d'archives en fonction des districts judiciaires couverts par ces derniers. La répartition des demandes a été déterminée par le lieu de résidence de l'enfant au moment du placement. Périodiquement, un état du résultat des recherches et une copie des dossiers repérés étaient acheminés au Ministère. Ces dossiers pouvaient être composés, entre autres, des documents suivants : correspondance, ordonnance, jugement, avis d'ordre d'admission, requête, rapport de la situation familiale.

Au total, la Direction générale des archives a traité plus de 200 demandes de recherche, dont la majorité sur une période de quatre mois, à l'aide d'une équipe de techniciens et d'archivistes répartis dans ses neuf centres d'archives. Les recherches ont été effectuées principalement dans les archives de trois types de cours, soit les cours des jeunes délinquants, les cours de bien-être social et les cours de magistrat dont des milliers de pages d'index et de plumitif ont été consultées.

L'exemple du Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis met en lumière l'importance des archives judiciaires conservées par BAnQ et illustre particulièrement bien leur valeur de preuve. Grâce à ces archives, l'admissibilité de nombreux orphelins de Duplessis au programme a été démontrée et un autre pas vers la réconciliation a été franchi. Cette collaboration de la Direction générale des archives avec le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale fait état de la variété de l'offre de BAnQ axée sur les besoins très divers de tous ceux auxquels elle rend de fiers services.

Les orphelins de Duplessis : qui sont-ils?

Il faut se reporter aux années 1930 pour retracer l'histoire de ces personnes qui sont connues aujourd'hui sous l'appellation d'« orphelins de Duplessis ». Ce terme désigne des enfants illégitimes qui n'ont pas été adoptés ou des enfants légitimes abandonnés ou donnés en adoption ou encore d'autres qui ont été enlevés à leurs parents jugés incapables de s'en occuper.

Diagnostiqués à tort comme ce qu'on appelait alors des « arriérés mentaux » dans le but de permettre au gouvernement du Québec de retirer davantage de subventions du gouvernement fédéral, ces orphelins ont été internés dans des institutions psychiatriques, transférés dans des orphelinats qui tenaient lieu d'école industrielle ou placés dans des exploitations agricoles. Non seulement ils ont été dépourvus d'une éducation élémentaire, mais ils ont souvent été victimes de négligence ainsi que d'abus physiques et sexuels. Comme ils étaient placés sous la tutelle de l'État, on les a appelés « orphelins de Duplessis », du nom de Maurice Duplessis, premier ministre du Québec de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959.

En 1992, afin d'attirer l'attention sur les injustices et les sévices commis à leur endroit, puis d'obtenir réparation, les orphelins se sont regroupés au sein du Comité des orphelins et des orphelines institutionnalisés de Duplessis afin d'intenter un recours collectif dont la demande a été rejetée à deux reprises. C'est à l'initiative du comité que le Bureau du Protecteur du citoyen a entamé une enquête sur la situation des orphelins de Duplessis et qu'il en est arrivé en 1997 à émettre des recommandations suggérant notamment que le gouvernement du Québec, la profession médicale et les communautés religieuses présentent des excuses publiques et que les orphelins reçoivent des dédommagements financiers.


1. http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/ salle-de-presse/communiques/2001/octobre/2001-10-24.shtm (page consultée le 22 octobre 2007).

Retour au menu


 

Le Centre d'archives de Montréal : reflets d'une métropole

par Normand Charbonneau, directeur
et Marthe Léger et Sylvain de Champlain, archivistes
Centre d'archives de Montréal et des archives privées, judiciaires et civiles

Les neuf centres d'archives de BAnQ

La Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec offre ses services sur tout le territoire québécois grâce à un réseau de neuf centres régionaux. Cette série invite à découvrir l'histoire particulière de chacun de ces centres, de même que les fonds et collections qu'ils conservent.

L'ouverture du Centre d'archives de Montréal, en 1971, marque le début de la régionalisation des Archives nationales du Québec. Installé au départ dans l'édifice Ernest-Cormier, rue Notre-Dame, le Centre loge depuis l'an 2000 dans l'ancienne École des hautes études commerciales sur l'avenue Viger. Ce magnifique édifice patrimonial a été rénové et agrandi pour respecter les standards de conservation et répondre aux besoins du Centre d'archives et de ses larges publics répartis sur les territoires de Montréal, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie.

 

Coordonnées

Centre d'archives de Montréal
Édifice Gilles-Hocquart
535, avenue Viger Est
Montréal (Québec) H2L 2P3
Téléphone : 514 873-1100
Télécopieur : 514 873-2980
Courriel : anq.montreal@banq.qc.ca
Internet : www.banq.qc.ca

Des archives de diverses provenances

Les voûtes du Centre d'archives de Montréal renferment plus de 20 km d'archives civiles, judiciaires, privées et gouvernementales constituant un ensemble cohérent de fonds d'une richesse historique et d'une continuité remarquables qui permettent aux chercheurs de suivre l'évolution de la société québécoise depuis la colonisation européenne jusqu'à nos jours.

En provenance de la Cour supérieure et de ses ancêtres, les archives civiles (3,5 km, soit 18 % des archives conservées) se composent notamment de dossiers des tutelles et curatelles, de testaments homologués, de registres de l'état civil, de greffes de notaires (testaments, contrats de mariage, inventaires après décès). Ces séries documentaires figurent parmi les plus consultées par les chercheurs intéressés par leurs origines, leurs ancêtres et leur histoire familiale. Les archives judiciaires (9 km ou 45,5 %) rassemblent les dossiers de litiges en matières civiles, pénales et criminelles portés devant les tribunaux depuis la création du Baillage de Montréal jusqu'à celle de la Cour du Québec. S'y trouvent aussi bien des causes de petites créances ou de divorce que des procès pour meurtre et trahison.

Les archives privées (3,5 km ou 18 %) documentent quant à elles l'histoire politique, économique, sociale, littéraire, religieuse, artistique et culturelle de la société québécoise. Elles invitent à partager la vie de grandes familles ayant marqué l'histoire de Montréal et du Québec telles que les Papineau, Lacoste, Mercier, Gouin et Gérin- Lajoie. Les fonds d'individus et de familles de milieux modestes témoignent de la vie quotidienne dans les quartiers populaires, dans les villes et les villages. Ceux des parlementaires et des partis politiques font découvrir les coulisses du pouvoir avec les René Lévesque, Claude Ryan, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Le milieu culturel se trouve fort bien représenté par les archives du dramaturge Marcel Dubé, du peintre Ozias Leduc, de la chanteuse Pauline Julien, du poète Émile Nelligan, du romancier Jacques Ferron, du chorégraphe Fernand Nault et de maints autres. Les archives privées regroupent aussi des fonds d'entreprises (Consolidated Bathurst Incorporated, Charbonneau et Lamothe Ltée) et de groupes sociaux ou populaires tels la Fédération québécoise du guidisme et du scoutisme et l'Imperial Order Daughters of the Empire.

Le Centre d'archives de Montréal assure aussi la conservation des archives gouvernementales (4 km ou 18,5 %) produites sur son territoire. Ces archives témoignent du rôle de l'État dans plusieurs domaines, dont la protection et la promotion de la langue française, l'immigration, l'éducation, l'énergie, le tourisme, les affaires juridiques et le logement. Les chercheurs y trouveront les archives des Grands voyers, de diverses commissions d'enquête publiques, du Comité organisateur des Jeux olympiques de 1976, de Radio-Québec devenue Télé-Québec et de bien d'autres organisations encore.

Des archives sous diverses formes

Des kilomètres, donc, d'archives textuelles, mais aussi une multitude d'archives iconographiques, cartographiques, audiovisuelles et sonores.

Plus de 8 500 000 images proviennent de fonds d'archives de photographes amateurs ou professionnels parmi lesquels se trouvent le Studio O. Allard, Point du Jour Aviation (photographies du milieu rural), Denis Brodeur (sports), Antoine Désilets (photographe de presse), Daniel Kieffer (théâtre), Conrad Poirier (reporter-photographe) et les artisans de l'Office du film du Québec, dont Gabor Szilasi. À ce regard des photographes s'ajoute celui plus ironique des caricaturistes Phaneuf, Pijet, Berthio et Girerd (8230 dessins).

Les fonds d'architectes (David Reich, Thibodeau et Thibodeau, etc.) regroupent 100 800 dessins de projets d'édifices religieux, publics, commerciaux et de résidences privées. Plusieurs fonds comprennent des cartes et des plans (70 500 pièces) permettant aux chercheurs de retracer les terres de leurs ancêtres ou de suivre l'évolution de l'occupation d'un territoire. Ainsi, les plans d'arpentage d'Henri-Maurice Perrault et ceux d'Arthur et de Roch- Arthur Vincent tracent ni plus ni moins que le dessin et le destin… de Montréal sortant de son centre historique par l'urbanisation de ses alentours.

Diffusion et mise en valeur

Lieu incontournable pour les généalogistes et les chercheurs en histoire familiale, la salle de recherche du Centre d'archives de Montréal offre une imposante documentation à caractère généalogique dont une bonne part est un héritage de la Salle Gagnon de la Bibliothèque centrale de Montréal. La bibliothèque compte plus de 15 000 ouvrages de référence, 270 titres de périodiques et une collection de 20 000 microfilms. Des appareils de lecture et de reproduction, dont des lecteurs-numériseurs, sont mis à la disposition des usagers. Le personnel répond aux demandes d'information sur place et à distance par télécopie et par courriel. Figurent aussi parmi les utilisateurs de la salle de recherche des historiens, des biographes, des représentants des médias, des réalisateurs, des éditeurs, des avocats et bien d'autres.

Sur le portail de BAnQ, le public peut profiter de la base de données Pistard qui décrit les fonds d'archives et rend accessibles, grâce au vaste programme de numérisation de l'institution, de nombreux documents. On trouve aussi sur le portail des instruments de recherche et des parcours thématiques tels que Un homme et son péché, l'œuvre de Claude-Henri Grignon et Justine Lacoste Beaubien et l'hôpital Saint-Justine, présentant en images et en paroles des pans de l'histoire du Québec.

Autres activités

Le Centre d'archives de Montréal est l'hôte de colloques, de séminaires, de conférences, d'activités de formation et de perfectionnement. Des expositions y sont aussi présentées. Depuis l'été dernier, on peut découvrir l'édifice en parcourant l'itinéraire de visite École des hautes études commerciales de Montréal – Vocation d'origine du Centre d'archives de Montréal.

La Direction du Centre d'archives de Montréal a la responsabilité de planifier, d'organiser et de contrôler la gestion des archives privées, civiles et judiciaires sur l'ensemble du territoire du Québec. De ce fait, elle assume la responsabilité, pour l'ensemble des centres d'archives, de l'élaboration des politiques, des procédures et des directives relatives à l'acquisition, au versement et au traitement des archives privées, civiles et judiciaires dont elle veille à l'application dans ses murs. Par ailleurs, elle applique les politiques, les procédures et les directives relatives au versement et au traitement des archives gouvernementales qui sont élaborées sous la responsabilité de la Direction du Centre d'archives de Québec et des archives gouvernementales.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.