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À rayons ouverts, no 75 (printemps 2008)

Table des matières

Dossier : Généalogie et histoire de famille


 

Un filon à explorer : les documents iconographiques et cartographiques

par Marielle Lavertu, archiviste
Centre d'archives de Montréal
et Jean-François Palomino, cartothécaire
Direction de la recherche et de l'édition

Vous voulez donner un peu de chair à votre arbre généalogique? Pourquoi ne pas y ajouter des photographies et des cartes géographiques? Pour dénicher le portrait d'un arrière-grand-père, la photographie du village dont il était maire ou la carte montrant le lopin de terre qu'il a acheté dans les Laurentides, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) peut certainement vous venir en aide. Que vous soyez généalogiste ou historien, biographe ou cinéaste, ethnographe ou amateur d'histoire locale, elle met à votre disposition environ 14 millions de photographies, dont plusieurs milliers sont numérisées et accessibles en ligne sur son portail au www.banq.qc.ca.

Photographies et cartes postales

La photographie ancienne revêt un intérêt indéniable pour la recherche généalogique. Les portraits sont particulièrement nombreux dans les fonds de grandes familles bourgeoises et dans les fonds de studios. Ils sont aussi très diversifiés par leur contenu et par leur forme : photos de politiciens, de personnalités publiques, de mariages, de clubs sportifs ; cartes de visite, photos composites, portraits saisonniers, mosaïques, galeries de célébrités, etc. Le fonds Jules Ernest Livernois constitue un incontournable du genre avec plus de 110 000 photographies réalisées entre 1860 et 1970. Celui du Studio O. Allard est aussi digne d'intérêt, couvrant les années 1930 à 1990 avec plus de 1 800 000 portraits et vues de commerces montréalais.

Le genre du paysage donne aussi à voir des scènes pittoresques, vues topographiques ou stéréogrammes permettant de recréer l'environnement physique d'une autre époque. Photographies de sites naturels et témoins visuels de l'exploration du territoire côtoient des paysages urbains : sites et monuments historiques, éléments d'architecture, travaux d'ingénierie, constructions entre autres de ponts, d'usines, d'édifices ou de chemins de fer. Quant aux scènes de la vie rurale au Québec, on en trouve de toutes sortes dans la série exceptionnelle de l'Office du film du Québec (1922-1982) du fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6), dont 124 000 clichés sont maintenant numérisés et diffusés sur Internet.

Les cartes postales de BAnQ, dont le nombre s'élève à plus de 300 000, constituent un autre précieux filon à exploiter pour mieux imaginer la vie de nos ancêtres. Répartis entre le Centre d'archives de Québec et le Centre de conservation à Montréal, ces documents témoignent des grandes métamorphoses du paysage urbain et rural survenues depuis la fin du XIXe siècle. Les cartes postales font découvrir aussi bien l'architecture des villes et des villages du Québec (rues principales, façades de commerces et d'édifices publics) que les attraits d'anciens lieux de villégiature ou le développement des infrastructures et des moyens de transport. Les mordus de cartes postales savent déjà que plusieurs d'entre elles sont accessibles en ligne : 32 000 pièces de la collection Magella Bureau par l'entremise de Pistard, plus de 10 000 autres dans les collections numériques de BAnQ. Il est à noter qu'en 2008, ces deux corpus seront réunis virtuellement en une interface de recherche commune qui en facilitera l'accès et l'usage.

Les albums de rues d'Édouard-Zotique Massicotte, aussi accessibles en ligne, font découvrir en 6 000 images le décor du Montréal des années 1870 à 1920. Classées par noms de rues, ces photographies tirées de journaux présentent des personnalités publiques, des bâtiments ainsi que diverses scènes urbaines typiques de l'époque.

Les photographies aériennes donnent l'occasion de revisiter le territoire à vol d'oiseau et d'apprécier les différentes phases d'occupation du sol. Les quatre millions de photographies de la compagnie Point du jour Aviation ainsi que les 1100 photographies anciennes de la Compagnie aérienne franco-canadienne figurent parmi les gisements les plus importants.

Les cartes et plans

Tout comme les photographies, les cartes anciennes sont de précieux documents pour compléter une recherche généalogique. Certaines d'entre elles non seulement localisent un lieu, mais signalent aussi les noms des habitants. Les milliers de greffes d'arpenteurs abondent en cartes et plans de seigneuries, de cantons et de comtés où l'on peut repérer très souvent l'emplacement d'un lot, ses dimensions, ses bornes ainsi que les noms des propriétaires.

Le fonds Ministère des Terres et Forêts (E21) comprend d'importantes séries sur les cantons, les seigneuries, les concessions forestières et les lots de grève. Il renferme de surcroît les plans du cadastre originaire de 1860, ainsi que tous les documents relatifs au service du cadastre, plans et livres de renvois depuis 1854. Le cadastre officiel de la province de Québec constitue une forme de catalogue qui recense et décrit chaque propriété immobilière. Le fonds des Grands voyers (E2) représente une piste à ne pas négliger avec plus de 300 plans de seigneuries, de cantons et de paroisses réalisés par ces commis de l'État chargés de la construction et de l'entretien des chemins entre 1668 et 1842. Par ailleurs, on trouve dans les dossiers du fonds du Secrétariat de la province (E4), des plans nominatifs touchant l'érection civile des paroisses. Annexés à l'acte de répartition qui sert à déterminer la dette d'entretien en fonction des biens fonciers de chaque propriétaire, ces renseignements de type nominatif mettent en évidence l'organisation des classes sociales en milieu rural, du notable au plus humble paysan, et présentent sans conteste une piste à explorer pour la recherche en histoire sociale.

Il faut rappeler qu'une portion importante des collections de cartes se trouve dorénavant numérisée et accessible sur le portail de BAnQ (pour plus de détails, voir À rayons ouverts, no 73). On y trouve, parmi les éléments les plus intéressants, le fac-similé d'une carte en cinq feuillets de Gédéon de Catalogne et Jean-Baptiste Decouagne. Bien connue des adeptes de la généalogie, cette carte localise l'emplacement des premières terres concédées dans les gouvernements de Québec et de Trois-Rivières, avec les noms des habitants. On y trouve aussi un certain nombre de cartes cadastrales réalisées au XXe siècle et repérables par le nom du canton ou du comté. À cette recension de plans utiles, il faut ajouter les plans d'assurance-incendie qui comportent généralement une délimitation cadastrale avec, parfois, les noms des propriétaires.

Ces corpus, dont nous n'avons fait qu'effleurer ici toute la richesse, constituent d'exceptionnels témoignages de la vie au Québec. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter le portail de BAnQ (www.banq.qc.ca) et à faire appel aux archivistes et bibliothécaires, toujours à l'écoute de vos besoins.

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Des autochtones à la recherche de leurs racines

par Luc Lacroix, spécialiste en généalogie autochtone
et Nathalie Gélinas, archiviste
Centre d'archives de l'Outaouais

Les généalogistes autochtones, comme tous les généalogistes, fréquentent les centres d'archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec en quête de leurs origines. Ces histoires de famille sont souvent marquées par des rencontres entre individus des Premières Nations et Européens qui ont lié leur destinée, léguant à leurs descendants une identité marquée par la pluralité culturelle.

Deux raisons incitent les autochtones à entreprendre des recherches généalogiques : la curiosité au sujet de leurs ancêtres et le désir de se voir accorder le statut d'Indien, auquel se rattachent des droits et des avantages exclusifs. Peu importe l'objectif poursuivi, la recherche d'un lien filial avec une nation indienne pose des défis.

Les défis de la généalogie autochtone

Chez les peuples de traditions orales comme les autochtones, les connaissances, le savoir-faire, la culture et l'histoire se transmettent, depuis des temps immémoriaux, en se racontant. Constituer son arbre généalogique à partir de documents représente donc un défi pour les autochtones, peu habitués à cette conception de la pratique généalogique. Ils doivent réconcilier les traditions orales et les sources écrites.

L'expertise dans le champ de la généalogie autochtone est encore en développement et les professionnels aptes à orienter et à soutenir les autochtones dans leurs recherches encore trop peu nombreux. De plus, le généalogiste amateur ne dispose pas d'outils de référence spécialisés pour le guider dans l'élaboration de son histoire de famille.

Une généalogie autochtone s'écrit à partir de documents créés par les Européens et leurs descendants établis au Canada. Ceux-ci posent le défi de l'interprétation et, surtout, de leur utilisation dans un contexte de preuve. L'évolution des noms et la transcription des dialectes sont probablement les principales difficultés qui s'élèvent pour celui qui veut établir sa filiation. Selon les anciennes traditions, le nom d'un Indien changeait au cours de sa vie, en fonction de sa personnalité ou de ses exploits. Par conséquent, à l'instar des Européens, les Indiens ne transmettaient pas un nom de génération en génération. Les missionnaires, pour des besoins d'enregistrement de la population et d'évangélisation, ont modifié ces coutumes ancestrales. Les registres sont remplis de noms d'Indiens composés de prénoms chrétiens et de noms amérindiens. Au fil du temps, ces prénoms sont parfois devenus des noms, augmentant ainsi la complexité d'établir des liens entre les individus.

Les ressources documentaires

Il existe des ressources documentaires publiées où sont consignés des renseignements sur les autochtones1. À ces ressources s'ajoutent plusieurs sources archivistiques essentielles pour établir une généalogie autochtone.

Dès les premières explorations du territoire nordaméricain et jusqu'au milieu du XIXe siècle, les archives religieuses se révèlent d'une grande richesse pour documenter la vie des autochtones. Ces premiers regards posés sur les peuples amérindiens ont donné lieu à des écrits qui traduisent la compréhension de ces peuples par les Européens. En plus d'établir l'identité autochtone, plusieurs de ces documents permettent également de préciser la nationalité de l'individu2.

À partir de 1851, les recensements canadiens contiennent des informations exhaustives identifiant les autochtones. Les instructions données aux recenseurs sont la clé pour entreprendre la lecture des recensements et en comprendre les symboles.

Les actes notariés et les registres d'état civil contiennent des informations essentielles pour établir l'appartenance autochtone d'un individu. Pour la période 1626 à 1784, les chercheurs disposent du logiciel Parchemin, outil facilitant le repérage dans les contrats notariés3.

Le champ de recherche de la généalogie autochtone est en émergence. Bien au-delà des simples arbres généalogiques, ce sont des histoires de familles qui se construisent, dans un but de préservation du patrimoine ancestral pour les générations futures.


1 Ces outils de référence – dictionnaires, répertoires, index et bases de données généralistes, incluant certains renseignements liés aux Premières Nations – sont mis à la disposition du public par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Bibliothèque et Archives Canada et les sociétés de généalogie.

2 Les Abénakis, les Algonquins, les Atikamekw, les Cris, les Hurons, les Innus et les Iroquois comptent parmi les nations amérindiennes présentes sur le territoire québécois.

3 BAnQ conserve et diffuse sur son portail Internet les greffes des notaires du Québec.

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 Voici votre famille

par Hana Hruska, directrice des projets spéciaux
Direction des services, Bibliothèque et Archives Canada
et Normand Charbonneau, directeur du Centre d'archives de Montréal et des archives privées, judiciaires et civiles, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Technologies et généalogie vont de pair depuis longtemps. Du microfilm à la diffusion de bases de données sur le Web en passant par la consultation d'images numérisées de documents, le généalogiste a toujours été un utilisateur intéressé des technologies. Il est même un créateur d'information, rendant souvent disponibles, pour les autres chercheurs, les résultats de ses recherches.

Bien que les amateurs de généalogie soient nombreux et que les sites Internet leur étant destinés se multiplient, la recherche généalogique demeure une activité qui demande une certaine connaissance des techniques de recherche. Le plus motivé des chercheurs, s'il est mal guidé ou s'il tombe sur un site peu convivial, peut se décourager devant la multitude de sources disponibles. Préoccupés par cette réalité, les représentants des archives des provinces et territoires du Canada ainsi que ceux de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ont répondu à une proposition formulée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) visant à rendre disponible un moteur de recherche fédérée spécialisé en généalogie. Ce moteur de recherche est hébergé sur le site Web voicimafamille.info et également offert en version anglaise à thatsmyfamily.info.

Les bases de données que le moteur de recherche permet d'exploiter sont hébergées par BAnQ, par BAC ou par des institutions archivistiques et des bibliothèques provinciales ou territoriales du Canada. On y trouve aussi des bases de données provenant d'autres organisations publiques ou privées du Canada ou même de l'étranger (ce dernier volet est en cours de développement).

Les principaux partenaires du projet sont BAnQ, qui en est le maître d'œuvre technologique, et BAC, qui partage avec la précédente la responsabilité des contenus. Ces deux institutions reçoivent l'appui du Conseil des archivistes provinciaux et territoriaux. En collaborant à la mise sur pied d'une telle ressource, les institutions participantes jouent pleinement leur rôle. Elles mettent en commun des ressources documentaires et rendent plus accessibles des informations autrement dispersées sur le Web. Elles établissent une collaboration fructueuse pour les institutions et leurs usagers. Elles permettent aux utilisateurs de découvrir des mines de renseignements mis à leur disposition non seulement par des institutions publiques, mais aussi par des partenaires privés.

Les curieux gagnent à visiter régulièrement voicimafamille.info. Le contenu et le nombre de bases de données interrogées ne cessent d'augmenter. D'ailleurs, un appel à de nouvelles contributions a été lancé sur le site.

Revenez-y souvent... c'est une affaire de famille!

 

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La généalogie et les communautés culturelles : trois experts se racontent

Terre d'accueil, le Québec a reçu plusieurs vagues d'immigration en provenance de tous les continents. Il aurait été difficile de présenter ici tous les parcours généalogiques possibles en ce pays. Trois experts nous font part de leurs expériences et, ce faisant, témoignent d'approches différentes en matière de recherches généalogiques.

Jacques Gagné ouvre la voie à la découverte des racines écossaises, Michel Fragasso décrit sa démarche personnelle à la recherche de ses origines italiennes et Claude Kaufholz-Couture inscrit ses recherches dans une approche communautaire qui l'a amené à devenir président de l'Association des familles d'origine germanique du Québec.

Comment retracer ses ancêtres d'origine écossaise

par Jacques Gagné, de la Quebec Family History Society

Retracer ses ancêtres émigrés au Québec intéresse aujourd'hui de nombreux descendants de familles écossaises qui ont marqué l'histoire de la province. On n'a qu'à penser aux familles de William McGillivray, John Ogilvy, William MacDonald, Roderick Mackenzie, John Redpath, George Simpson, John William Dawson, Richard Angus, George Drummond et William Dow, qui ont quitté l'Écosse pour s'installer à Montréal, où ils sont devenus des chefs de file dans leurs domaines.

Plusieurs d'entre eux ont émigré au Québec dès 1779, comme Simon McTavish, l'un des propriétaires de la North West Company, grand compétiteur de la Hudson's Bay Company; James McGill, fondateur de l'université du même nom, dont la réputation n'est plus à faire; Henry Morgan, propriétaire d'une importante chaîne de grands magasins ; ou encore Sir Hugh Allan, magnat du commerce maritime, promoteur du chemin de fer et grand financier. Rappelons ici que 1,5% des Québécois sont d'origine écossaise.

Les généalogistes amateurs de souche écossaise sont fascinés par la recherche des antécédents familiaux de leur premier ancêtre émigré en terre d'Amérique : la date de son arrivée, l'endroit où il s'est installé et la profession qu'il exerçait sont les premiers éléments qu'ils cherchent à connaître.

Les réponses aux questions que se posent les descendants de familles écossaises exigent une recherche approfondie qu'on peut amorcer dans un centre d'archives tel celui de Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Montréal, dont les ressources gagnent à être connues de la communauté anglophone. Les descendants d'immigrants du Royaume-Uni se demandent souvent s'il est possible de retracer le lien entre les membres de leurs familles et leurs ancêtres britanniques. La réponse est un oui catégorique!

Les sources généalogiques les plus utilisées au Centre d'archives de Montréal sont les registres de l'état civil (naissances, mariages et décès), les greffes des notaires, les archives judiciaires du district de Montréal, les tutelles et curatelles. Le Centre possède des microfilms et des microfiches, des dictionnaires généalogiques, des généalogies de familles et bien d'autres ressources qui constituent une des grandes collections d'outils de recherche généalogique au Canada.

Pour ceux qui souhaitent fouiller les archives de leur pays d'origine, il faut mentionner que l'Écosse est un leader de la recherche généalogique sur le Web. Un chercheur patient et prêt à dépenser quelques dollars (les services sont souvent tarifés) a la possibilité de retracer ses ancêtres écossais. Si la consultation d'un moteur de recherche est utile pour découvrir les meilleures ressources disponibles, le généalogiste débutant consultera d'abord les ressources énumérées dans l'encadré suivant, qui forment une solide base pour le généalogiste d'origine écossaise cherchant à découvrir ses origines.

Des tutoriels

Introduction to Scottish Family History – Tutoriel – www.genuki.org.uk/big/sct/intro.html
Scottish Roots BBC – www.bbc.co.uk/scotland/history/scottishroots

Des ressources

Scotlands People, the official government source of genealogical data for Scotland – www.scotlandspeople.gov.uk Naissances, mariages, décès, 1513-1956
Scottish Archive Network – www.scan.org.uk – Un regroupement de 52 centres d'archives en Écosse
National Archives of Scotland – www.nas.gov.uk
General Register Office of Scotland – www.gro-scotland.gov.uk
GENUKI Scotland Genealogy – www.genuki.org.uk
Ancestral Scotland – www.ancestralscotland.com
KinHelp. Scottish Genealogical Services – www.kinhelp.co.uk/web-ecosse.com/genes.htm

Généalogie d'une famille italienne

par Michel Fragasso, gouverneur et membre à vie de la Société de généalogie de Québec

Dresser sa généalogie n'est pas aussi simple en Italie qu'au Québec. L'Italie a vécu des guerres ; certaines parties du pays ont été sous la domination de puissances étrangères, d'autres étaient de petits États indépendants. À cela s'ajoutent les «États de l'Église », qui étaient sous l'autorité du Vatican. L'uniformisation des archives n'a été possible qu'en 1870, au moment de l'unification du pays1.

En Italie, chaque ville doit conserver des archives d'état civil. Toutefois, les administrations municipales ne sont pas tenues de permettre l'accès aux archives. Par contre, certaines archives provinciales sont accessibles aux chercheurs. On trouve en tout 95 dépôts d'archives dans les capitales provinciales2.

Comment dresser sa généalogie italienne

Évidemment, la tradition familiale est un riche filon pour dresser l'histoire de sa famille. Elle permet de connaître le village d'origine de ses ancêtres. Plus de 83 % des immigrants italiens sont venus de villages et non de villes.

Il faut savoir que l'Italie est divisée en 20 régions qui elles-mêmes sont divisées en 103 provinces. Ainsi, mon grand-père Michel(e) Fragasso est né le 25 novembre 1888 dans la commune de Cerignola, province de Foggia, région des Pouilles, dans le sud du pays.

Consulter des membres de sa famille restés en Italie peut s'avérer profitable pour le chercheur en généalogie italienne, puisque ces parents ont accès à des documents, à des renseignements obtenus de leur entourage et à des bibliothèques que nous n'avons pas ici. Dans mon cas, mes cousins et cousines paternels m'ont permis d'approfondir mes recherches et de découvrir des histoires dont je n'avais jamais entendu parler étant donné que mon grand-père est décédé quand j'avais deux ans.

Pour aller plus loin, j'ai ensuite eu recours à des généalogistes professionnels de Salt Lake City, dans l'Utah, qui ont accès à la Family History Library, où se trouvent des copies sur microfilms d'une bonne partie des archives provinciales d'Italie. Compte tenu des résultats positifs de cette démarche, j'ai décidé de poursuivre ma recherche généalogique en me rendant à Salt Lake City. Je suis allé consulter les microfilms des paroisses italiennes de la province de Foggia et de la paroisse San Francesco, ce qui m'a permis de remonter jusqu'à la fin du XVIIe siècle. L'entrée est libre pour le grand public à la Family History Library, qui appartient à l'Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours.

De retour au Québec, j'ai fait venir des bobines de microfilms au chapitre local (Québec et Montréal) de l'Église. Il faut noter qu'il y a des frais de transport pour chacun des microfilms et que seul un nombre limité de rouleaux peut être envoyé par commande.

Le défi généalogique québécois italien

La troisième langue maternelle en importance à Montréal, après le français et l'anglais, est l'italien3. La communauté italienne s'est intégrée au tissu social local. Il suffit de regarder les expériences communes des Italiens et des Québécois telles que familles nombreuses, pratique religieuse fervente et exode (comme nous l'avons vécu en Nouvelle-Angleterre) pour se convaincre qu'il existe bel et bien des similitudes entre ces deux peuples.

La fraternité entre les deux communautés ne date pas d'hier. À la conquête des Plaines d'Abraham en 1759, le numéro deux militaire français, immédiatement sous les ordres de Montcalm4, s'appelait Carlo Burlamacchi5. Il est plus connu sous le nom de… Charles de Bourlamaque. Plus récemment, les nostalgiques des glorieuses années des Canadiens de Montréal se souviendront peut-être des Cesare Maniago, Lou Fontinato, Phil Roberto, Sergio Momesso et Tony Esposito.

À ce jour, les Italiens sont le plus important groupe d'immigrants au Québec après les Français et les Britanniques. Plus de 62 000 personnes vivant au Québec sont nées en Italie, selon le recensement de 2006. Plus de 180 000 personnes connaissent l'italien.

Une étude plus poussée de la généalogie italienne au Québec pourrait sceller le mariage de ces deux communautés et en faire un secteur de développement, alors qu'elle n'est maintenant pratiquée que par une poignée d'individus.

1 John Philip Colletta, Finding Italian roots, Genealogical Publishing Co., Baltimore, 1993, p. 60.

2 Ibid., p. 53.

3 Gouvernement du Québec, Portail Québec : Démographie.

4 Jean Cournoyer, La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Bourlamaque, François-Charles de, Montréal, Stanké, 2001.

5 Paul R. Magocsi, Encyclopedia of Canada's people, Toronto, University of Toronto, 1999, p. 789.

La germanité québécoise : une entité culturelle

par Claude Kaufholz-Couture, président de l'Association des familles d'origine germanique du Québec

La réalité germanique du Québec n'est pas une légende. Son histoire et sa généalogie permettent de la connaître. C'est pourquoi l'Association des familles d'origine germanique du Québec (AFOGQ) travaille depuis plus de sept ans à la réalisation de recherches généalogiques et historiques. Ces recherches ont pour but de développer et de faire rayonner la mémoire collective de la germanité québécoise.

L'Association

C'est en 1995 que l'idée d'une association a pris forme. Cependant, ce n'est qu'en 2001 que l'AFOGQ est née et que cette aventure a vraiment débuté. Grâce à ses recherches, la population québécoise d'origine germanique peut renouer avec son identité culturelle et la redécouvrir.

Au début, l'AFOGQ s'en est tenue à trois pays : l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse alémanique. Après quelques années de recherches fructueuses, et voyant qu'il y avait beaucoup à faire, l'AFOGQ a élargi son champ de recherche aux pays scandinaves, à l'Europe de l'Est et au peuple juif ashkénaze.

Faire connaître et redécouvrir la germanité québécoise n'est pas simple et nécessite énormément de recherches. Les Germains parlaient une langue totalement inconnue des autorités qui tentaient de comprendre leurs patronymes. Ainsi, bon nombre de patronymes ont subi des transformations phonétiques majeures. Ces changements entraînent des difficultés à retracer un ancêtre par son nom de famille d'origine.

C'est à ce moment qu'entre en jeu la paléographie allemande. L'étude de la calligraphie germanique est indispensable, car, à une certaine époque, 60 % des Germains écrivaient en Sütterlin (écriture pointue) et 40 % écrivaient en Deutschnormalschrift (calligraphie utilisée par les Occidentaux). Afin de reconnaître un même patronyme dans les différents fonds d'archives, il est nécessaire de savoir lire le Sütterlin .

Projets en cours

L'AFOGQ est consciente qu'il reste encore beaucoup à découvrir. Certains projets ont donc été mis sur pied. Une équipe de bénévoles transcrit ou traduit certains journaux anciens, comme celui du marchand Heinrich Juncken (1740-1818) et celui de James Thompson (Écossais, 1733-1830), afin de pouvoir retrouver des ancêtres germains.

Ces projets permettent d'instruire la population, mais aussi de faire découvrir des aspects inconnus de notre histoire. Souvent, il est possible de découvrir des liens généalogiques et historiques entre les familles germaniques.

C'est en scrutant les différents fonds d'archives du Québec que l'AFOGQ découvre et acquiert une meilleure compréhension de l'histoire germanique. Ces recherches patientes, parfois marquées par la chance, nous aident à parfaire nos connaissances sur les différentes familles formant notre mémoire germanique collective.

Au cours des sept dernières années, de nombreuses recherches ont été faites et il est important de pouvoir mettre tous ces résultats en commun. Dans la revue Germaniques : Ahnengalerie (nom qui signifie la galerie des ancêtres germains), publiée trois fois par année, le chercheur en généalogie peut trouver des renseignements détaillés au sujet des différentes familles qui ont émigré.

Redécouvrir l'histoire et la généalogie des peuples germaniques, c'est aussi tisser des liens entre le passé, le présent et le futur. C'est pourquoi l'homme regarde pour admirer, et il admire pour apprendre et développer ce qui est déjà préfiguré en lui par l'hérédité et son histoire : son identité culturelle.

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XXVIIIe Congrès international des sciences généalogique et héraldique

Des congressistes de plus de 30 pays à Québec

par Michel-G. Banville, secrétaire général
Congrès international des sciences généalogique et héraldique

La Fédération québécoise des sociétés de généalogie sera l'hôte du XXVIIIe Congrès international des sciences généalogique et héraldique, qui se tiendra au Centre des congrès de Québec, du 23 au 27 juin 2008. L'organisation de l'événement a été confiée à la Société de généalogie de Québec, qui bénéficie du soutien de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et compte un de ses représentants au sein de son comité organisateur.

Les congrès internationaux des sciences généalogique et héraldique sont nés du Congrès international des études historiques et héraldiques organisé à l'occasion du 100e anniversaire de la fondation du Collegio Araldico, centre de recherche en héraldique et en généalogie, en 1953. Il y fut décidé de réunir désormais un tel congrès tous les deux ans et de considérer celui tenu à Barcelone en 1929 comme le premier du genre. La participation aux congrès est ouverte à tous et les congressistes proviennent de plus de 30 pays des cinq continents.

Le congrès de juin 2008, à Québec, aura lieu sous la présidence d'honneur de Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada.

Le thème du congrès est La rencontre de deux mondes : quête ou conquête. Il rappelle que maintes fois dans l'histoire, l'homme est parti à la quête ou à la conquête de nouveaux territoires pour assurer sa survie ou encore pour augmenter sa richesse ou son pouvoir. Son passage ou son établissement a laissé une marque indélébile dans le paysage nord-américain. Ainsi, ses quêtes ou conquêtes ont entraîné des changements démographiques, des mouvements de population, ont suscité de nouvelles alliances et, enfin, ont modifié les cultures et les structures tant sociales et politiques qu'économiques. Ce sont autant de sujets d'intérêt qui seront traités sous plusieurs angles. Le thème général sera divisé en sous-thèmes liés à la généalogie et à l'héraldique. Parmi ces sous-thèmes, mentionnons l'usage des symboles, l'occupation du territoire, l'exploration et les explorateurs, la quête des origines et de territoires, et les migrations.

Le congrès débutera le 23 juin 2008 par une cérémonie officielle d'ouverture qui sera suivie d'une conférence sur l'histoire de la ville de Québec. Les jours suivants, 48 conférences, réparties à parts égales entre la généalogie et l'héraldique, seront présentées par des spécialistes de divers pays dont l'Allemagne, la Belgique, la Croatie, l'Écosse, l'Espagne, la France, la Norvège et la Russie. Un service de traduction simultanée des conférences, en anglais et en français, sera offert. Des excursions à caractère touristique et culturel seront aussi offertes aux congressistes et à leurs proches. Le tout sera couronné par une cérémonie de clôture et un banquet.

Les 26 et 27 juin, un salon de la généalogie et de l'héraldique regroupera une cinquantaine d'exposants sur le site du congrès; il sera ouvert au grand public.

Pour tous les gens intéressés par l'histoire, la généalogie, l'héraldique, la gestion et la conservation du patrimoine, le Congrès des sciences généalogique et héraldique constitue une occasion unique. Il permet à des académiciens, à des chercheurs, à des professionnels, à des étudiants et à des passionnés d'héraldique et de généalogie de faire des découvertes, de partager leurs connaissances, de développer ou de consolider des réseaux, ce qui contribue à l'avancement de ces sciences et à l'émergence de nouveaux projets et de partenariats.

Pour plus d'information, visitez le site Web du congrès : www.cisgh-icghs2008.org.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.