À rayons ouverts, no 72 (été 2007)

Table des matières

La vie de BAnQ


Bibliothèque et Archives nationales du Québec à la rencontre des régions du Québec

par Carol Couture
conservateur et directeur général des archives

Entre septembre 2006 et janvier 2007, une équipe de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) composée de madame Lise Bissonnette, présidentedirectrice générale, madame Marie-Josée Benoit, directrice des services aux milieux documentaires, monsieur Michel Dufresne, directeur du conseil et de l'action régionale, et de moi-même en tant que conservateur et directeur général des archives, a parcouru le Québec dans le cadre d'une vaste tournée des régions. L'objectif principal était de rencontrer les gens impliqués dans le domaine culturel pour leur présenter ce qu'est devenue BAnQ et pour prendre connaissance de leurs préoccupations en matière de patrimoine documentaire.

Au total, l'équipe de BAnQ s'est arrêtée dans 22 localités de 15 régions du Québec où elle a rencontré plus de 600 représentants de bibliothèques, de sociétés historiques, de sociétés de généalogie, d'institutions muséales, du monde municipal (municipalités, municipalités régionales de comté, conférences des élus), du monde de l'éducation, du domaine religieux et du monde des affaires.

Ces rencontres et échanges avec le milieu ont suscité près de 275 interventions significatives et permis d'identifier cinq grands chantiers : la prise en charge du patrimoine documentaire par l'ensemble des intervenants régionaux; la préparation d'un état des lieux des patrimoines documentaires nationaux et régionaux ; l'accessibilité et la diffusion de l'ensemble du patrimoine documentaire québécois; la révision des programmes d'agrément et de soutien financier aux archives privées et, enfin, le renforcement de la présence et de l'action de BAnQ en région.

Prise en charge du patrimoine documentaire par l'ensemble des intervenants régionaux

Tout au long de la tournée, les participants ont souvent évoqué la convergence comme étant une voie méritant d'être explorée par le monde de la culture et, tout particulièrement, par les gens qui s'intéressent à la gestion et à la préservation du patrimoine documentaire. Plusieurs intervenants se sont demandé si la fusion de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec n'offrait pas ce dont les institutions du domaine culturel ont tant besoin dans les régions : une façon de faire qui permette une mise en commun des intérêts et des préoccupations. Les services d'archives privées agréés, les bibliothèques publiques, les musées, les sociétés historiques, les sociétés de généalogie sont autant d'institutions qui travaillent déjà beaucoup à la gestion du patrimoine documentaire et qui, souvent, souhaiteraient pouvoir en faire davantage. Malheureusement, elles ne disposent pas de ressources suffisantes, et les membres de leur personnel vivent au quotidien la frustration de ceux qui veulent agir, mais ne peuvent le faire faute de temps et de ressources.

Il importe à ce chapitre de mentionner les organismes du milieu municipal, qui ont été présents lors des activités de la tournée. Les administrations municipales, les élus municipaux, les conférences des élus, les municipalités régionales de comté apparaissent de plus en plus comme des intervenants qu'il faut mettre davantage à contribution quand il s'agit de préserver le patrimoine documentaire québécois. Ils peuvent jouer un rôle déterminant dans la constitution, la préservation et la diffusion de ce patrimoine en fournissant des locaux, des infrastructures technologiques, des ressources humaines ou de l'aide financière. Déjà impliqué dans le domaine des bibliothèques, le monde municipal est un partenaire incontournable en matière de préservation et de diffusion du patrimoine documentaire élargi.

Ce n'est donc pas rêver que de croire en une prise en charge du patrimoine documentaire par tous les intervenants régionaux. Cependant, ce ne peut plus être l'affaire d'une ou deux institutions. Il faut véritablement élargir les horizons et faire converger les efforts consacrés au patrimoine documentaire dans les régions du Québec. Et cette convergence, BAnQ veut s'employer à la définir, à en tracer les grandes lignes et à en faire partager les avantages. Pour ce faire, elle a déjà amorcé des projets avec des institutions régionales pour, par exemple, faire ressortir auprès de la population l'importance des archives personnelles et familiales. La Direction générale des archives de BAnQ a aussi participé au dernier congrès du réseau Les Arts et la Ville qui a eu lieu à Laval en mai 2007 pour sensibiliser le milieu municipal à la nécessité et aux avantages de la gestion des archives.

État des lieux des patrimoines documentaires régionaux

Qu'il soit publié ou archivistique, le patrimoine documentaire régional est une réalité qu'il faut davantage circonscrire pour mieux connaître les potentiels patrimoniaux régionaux et nationaux. La récente tournée de BAnQ a d'ailleurs permis d'identifier clairement quelques domaines d'activité de la société québécoise pour lesquels nous avons assez peu de témoignages patrimoniaux.

Ainsi, le patrimoine commercial et industriel est véritablement menacé dans plusieurs régions du Québec. La Direction générale des archives a d'ailleurs pris soin d'inclure cet aspect du patrimoine québécois dans ses orientations stratégiques 2006-2009 et elle travaille actuellement à dresser un portrait de la situation des archives commerciales et industrielles au Québec tout en poursuivant plusieurs projets d'acquisition en ce domaine. Mais il faut aller plus loin. Il est essentiel que la direction de BAnQ mette en place un programme de rencontres avec les représentants des milieux d'affaires pour les sensibiliser au rôle extrêmement important qu'ils peuvent jouer en faveur de la promotion, de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine documentaire. Et ces démarches doivent se faire sur un plan régional, c'est-àdire là où se situent pour beaucoup les fondements des activités commerciales et industrielles.

La situation du patrimoine religieux de toutes les confessions est aussi précaire. Si le patrimoine bâti a été largement documenté, le patrimoine documentaire par contre n'a que peu ou pas été traité jusqu'à maintenant. Pourtant, ce patrimoine est dangereusement menacé et il faudra des avancées majeures dans ce secteur si l'on veut éviter une catastrophe patrimoniale. Déjà dans l'action en ce domaine, BAnQ participe activement aux travaux du Comité des archives de la Fondation du patrimoine religieux, qui a pour but d'encourager les représentants des communautés et traditions religieuses à assurer la pérennité de leurs archives.

D'autres domaines sont aussi fortement menacés ou moins présents dans les fonds d'archives et les collections de BAnQ. Le patrimoine scientifique et agricole, le patrimoine autochtone, le patrimoine des communautés culturelles sont autant d'exemples qui laissent songeur. En effet, BAnQ possède peu ou pas d'éléments de patrimoine documentaire représentant ces domaines d'activité pourtant bien ancrés au Québec. Là aussi, il faudra trouver des façons de faire qui permettront de protéger le patrimoine.

Il faut rapidement entreprendre des démarches d'identification et d'évaluation des potentiels patrimoniaux à caractère bibliothéconomique et archivistique. Un état des lieux et un examen attentif des mesures à prendre s'imposent pour développer une connaissance approfondie qui permette de mieux cerner les ressources documentaires associées à ces domaines d'activité.

Accessibilité et diffusion de l'ensemble du patrimoine documentaire québécois

L'accessibilité et la diffusion du patrimoine documentaire en région passent désormais par la numérisation. Pendant la tournée, il ne fut pas une rencontre, pas un échange où il n'a pas été question de numérisation. Mais qui va coordonner toutes ces actions qui sont faites un peu partout et de toutes les façons? Le risque est grand de numériser sans plan directeur, en doublant souvent les efforts de tout un chacun, en reproduisant des documents de bibliothèques et de services d'archives sans se demander si tout cela sera compatible avec les infrastructures de lecture qui existent actuellement ou qui seront en place dans le futur. Et bien sûr, il y a toute la question des normes en vertu desquelles la numérisation doit être faite.

Dans ce contexte, le rôle de BAnQ est central, et tous les intervenants sont d'accord pour le reconnaître. Il faut que BAnQ exerce son leadership en assumant un rôle de coordination et en offrant une expertise en matière de normes, de procédures et de règles à respecter. Ce sont là les conditions minimales qui doivent présider à la numérisation du patrimoine québécois pour peu qu'on veuille en faire un moyen de diffusion intéressant, efficace et adéquat. D'ailleurs, BAnQ se dotera bientôt de ressources qui lui permettront de remplir le mandat de coordination que tous lui reconnaissent et souhaitent lui voir assumer.

Révision des programmes d'agrément et de soutien financier aux archives privées

S'il est un domaine pour lequel un large consensus s'est rapidement développé au cours de la tournée, c'est la nécessité d'entreprendre une révision du Programme de soutien aux archives privées en place depuis 1990. Ce programme permet à des services d'archives privées qui répondent à un certain nombre de critères d'être reconnus par BAnQ et de recevoir une subvention de fonctionnement qui constitue le point de départ de leur financement.

Il importe aussi d'entreprendre une démarche similaire pour rafraîchir le Programme de soutien au traitement et à la mise en valeur des archives ouvert à tous les services d'archives du Québec qui permet à BAnQ d'accorder des subventions pour des projets de traitement et de mise en valeur de fonds d'archives privées.

La révision de ces deux programmes implique un examen attentif de la politique et du règlement ainsi que des orientations et des critères qui les encadrent. Les travaux dans ce sens sont déjà en cours.

Enfin, il faudra aussi peaufiner l'accompagnement que BAnQ offre aux services agréés d'archives pour les aider à identifier d'autres sources potentielles de financement et à intervenir auprès de celles-ci.

Renforcement de la présence et de l'action de BAnQ en région

Pour que Bibliothèque et Archives nationales du Québec soit vraiment présente dans les régions, il faut plus qu'un simple changement de nom sur la plaque devant les immeubles qu'elle occupe. Il y a une certaine urgence à procéder à un rattrapage raisonnable des infrastructures et des ressources humaines, immobilières et technologiques des centres régionaux de BAnQ pour leur permettre de remplir plus efficacement leur mandat. Cela peut signifier, entre autres, examiner la possibilité de doter BAnQ de quelques autres antennes (points de service secondaires) dans les régions non encore directement desservies par ses centres actuels. Il faut aussi évaluer la possibilité d'élargir l'offre de service actuelle des centres régionaux de BAnQ pour tenir compte du mandat plus large de l'institution.

Cette tournée des régions a permis de mesurer la vigueur de la présence régionale de BAnQ et de mieux distinguer le chemin qu'il reste à parcourir à ce chapitre. Le plan d'action de BAnQ devra comporter, sinon de nouvelles ressources, du moins un réalignement des ressources existantes, et prévoir le développement de nouveaux partenariats avec les bibliothèques, les musées, les bureaux régionaux du ministère de la Culture et des Communications ainsi qu'avec toutes les composantes du milieu culturel régional. BAnQ ne peut se tromper en misant sur le dynamisme, la créativité, la ténacité et la motivation qui animent le milieu régional.

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La Société des Dix : un partenaire de prestige pour BAnQ en 2007-2008

par Pascale Ryan, agente culturelle
Direction de la programmation culturelle

Au printemps, la Direction de la programmation culturelle a lancé un nouveau cycle de conférences, en partenariat avec la Société des Dix, dont les membres présenteront quatre conférences par année, en plus d'animer des tables rondes à partir de thèmes traités dans les expositions présentées par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Ce nouveau cycle a été inauguré par l'historien Yvan Lamonde, de l'Université McGill, le 24 avril dernier. À partir de la réflexion élaborée par l'essayiste Pierre Vadeboncoeur dans son livre La ligne du risque (1962), qui mettait en dialogue le peintre Paul-Émile Borduas, auteur du Refus global, et le chanoine Lionel Groulx connu pour son leitmotiv « Notre maître, le passé », monsieur Lamonde s'est interrogé sur ce que le Québec contemporain, des baby-boomers à la génération X, a fait du passé.

Le 6 juin, dans sa conférence sur la littérature au Québec de 1760 à 1800, l'historien de la littérature Bernard Andrès, de l'Université du Québec à Montréal, a montré que, au terme du XVIIIe siècle, alors que l'on assistait à la naissance de l'imprimerie, du journalisme, de la critique et des premiers réseaux intellectuels, contrairement à l'affirmation de Lord Durham, il existait bien déjà sur le territoire du Québec un peuple doté d'une histoire et d'une littérature émergente, aux couleurs des Lumières.

À l'automne, le sociologue Simon Langlois, de l'Université Laval, prononcera une conférence sur Alexis de Tocqueville et son voyage au Bas-Canada. Il y présentera la lecture sociographique que Tocqueville a faite de la société canadienne de l'époque, ainsi que les éléments d'interprétation se dégageant de son œuvre qui peuvent encore inspirer les analyses contemporaines de la question québécoise.

Dans Regards croisés sur les chiens en contexte colonial canadien, Denys Delâge, historien et sociologue au département de sociologie de l'Université Laval, analysera le rapport ambigu des Amérindiens à leurs chiens et le regard que posent les Occidentaux sur ce lien. Il montrera comment, à partir d'une telle perspective, l'étude du chien conduit à penser la société.

Dans le cadre des fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec, les historiens Yvan Lamonde et Fernand Harvey, sociologue de l'Institut national de la recherche scientifique à Québec, se demanderont, lors d'une table ronde intitulée La rivalité politique et culturelle entre Québec et Montréal, pourquoi et à quel moment Montréal a ravi à Québec son titre de capitale culturelle. D'autres conférences sur l'histoire de la ville de Québec seront présentées au cours de l'année 2008. À fur et à mesure de leur présentation, les enregistrements des conférences seront diffusés sur le portail Internet de BAnQ, dans la section Baladodiffusion.

Fondée en 1935, la Société des Dix regroupe 10 spécialistes de l'histoire du Québec et de l'Amérique française. En plus de Yvan Lamonde, Bernard Andrès, Simon Langlois, Denys Delâge et Fernand Harvey, ses membres actuels sont Gilles Gallichan, historien et bibliothécaire de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, l'historien de l'art Laurier Lacroix, de l'Université du Québec à Montréal, l'ethnologue Jocelyne Mathieu, de l'Université Laval, l'archéologue et historien Marcel Moussette, de l'Université Laval, et la musicologue Marie-Thérèse Lefebvre, professeure à l'Université de Montréal. Les travaux des Dix paraissent chaque année depuis 1936 dans Les Cahiers des Dix (http://www.er.uqam.ca/nobel/sodix1/).

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Les 100 ans de l'hôpital Sainte-Justine

par Isabelle Crevier, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition
et Marthe Léger, archiviste
Centre d'archives de Montréal

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a récemment mis en ligne sur son portail Internet le premier volet d'une exposition virtuelle sur l'hôpital Sainte-Justine, afin de souligner le centenaire de cette importante institution montréalaise. Dans sa forme finale, ce parcours réunira plus de 80 documents.

Un peu d'histoire

Au début du XXe siècle, la ville de Montréal, aux prises avec un taux de mortalité infantile élevé, a besoin d'un hôpital pour accueillir les enfants et les soigner gratuitement. La première femme médecin canadienne-française, Irma LeVasseur, fait appel à Justine Lacoste Beaubien pour mener à terme son projet d'hôpital pédiatrique. L'appui de sa famille ainsi que le zèle et le dévouement des nombreux bénévoles qui l'entourent permettent à Justine Lacoste Beaubien de concrétiser son rêve et l'hôpital Sainte-Justine est inauguré en novembre 1907. Les déménagements et les agrandissements successifs, la spécialisation continue des soins prodigués et la formation dispensée au personnel hospitalier contribueront au développement et à la rapide progression de cette institution.

De riches fonds d'archives

Le parcours thématique produit par BAnQ, fruit d'une collaboration entre la Direction générale des archives, la Direction de la recherche et de l'édition et la Direction générale des technologies de l'information et des télécommunications, vise à faire connaître à la population la richesse des fonds d'archives de l'institution qui ont trait à l'histoire du centre hospitalier montréalais.

Le premier volet du parcours couvre la période de 1907 à 1957 et met en valeur une quarantaine de documents issus principalement des fonds Famille Justine Lacoste Beaubien, Famille Landry, Famille Lacoste et Conrad Poirier. Des photographies, des coupures de journaux, un acte de mariage, une lettre, un extrait de journal personnel et d'autres documents accompagnés de courts textes permettent au visiteur de suivre l'évolution de l'hôpital, depuis ses débuts jusqu'à son déménagement dans l'actuel édifice du chemin de la Côte-Sainte-Catherine.

Les fonds préalablement cités renferment d'autres trésors à exploiter. Le fonds Famille Justine Lacoste Beaubien contient, par exemple, des documents textuels et iconographiques relatifs à l'enfance et à la vie de jeune adulte de Justine Lacoste Beaubien ainsi qu'à son implication dans la fondation et l'administration de l'hôpital. De plus, les 20 journaux intimes de Lady Lacoste (la mère de Justine), qui se trouvent dans le fonds Famille Lacoste, révèlent les activités, les préoccupations et les réflexions d'une personne pieuse, dévouée à sa famille et aux œuvres de charité. Ces cahiers ont été rédigés de 1864 à décembre 1919, c'est-à-dire à la veille du décès de leur auteure. La transcription presque intégrale de ces journaux, probablement faite par Blanche, soeur de Justine, mariée à Joseph-Philippe Landry, se trouve d'ailleurs dans le fonds Famille Landry. Ce dernier fonds comprend en outre des photographies de la famille Lacoste, de la correspondance ainsi que d'autres documents textuels liés à ce clan familial de la bourgeoisie. Enfin, le fonds Conrad Poirier renferme d'autres photographies qui illustrent les nombreuses affiches des campagnes de financement de l'hôpital Sainte-Justine. Depuis la fondation de celui-ci, les campagnes publicitaires et de financement se sont multipliées afin de maintenir la qualité des soins offerts et de contribuer au développement de la pédiatrie moderne.

Le deuxième volet de l'exposition virtuelle, qui couvrira la période de 1957 à 2007, trouvera également ses sources dans ces fonds d'une richesse inégalée. La mise en ligne de cette seconde partie est prévue à l'automne prochain, dans le but de souligner le cinquantenaire du déménagement de l'hôpital dans l'actuel édifice, le 20 octobre 1957.

Les mordus d'histoire et d'actualité apprécieront l'important ouvrage de l'historienne Denyse Baillargeon, Naître, vivre, grandir : Sainte-Justine, 1907-2007, qui vient de paraître aux Éditions du Boréal. L'ouvrage peut être emprunté dès maintenant à la Grande Bibliothèque.

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Un centre d'archives et ses partenaires pour une grande région

par Nathalie Gélinas, archiviste,
Centre d'archives de l'Outaouais

Les neuf centres d'archives de BAnQ

La Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec offre ses services sur tout le territoire québécois grâce à un réseau de neuf centres régionaux. Cette série invite à découvrir l'histoire particulière de chacun de ces centres, de même que les fonds et collections qu'ils conservent.

Situé à Gatineau, le Centre d'archives de l'Outaouais est né de la régionalisation amorcée par les Archives nationales du Québec au milieu des années 1970. Inauguré en 1977, il s'est vu confier la responsabilité d'assurer la conservation et la mise en valeur du patrimoine archivistique de la région de l'Outaouais, dont le territoire couvre près de 33 000 km2.

Depuis l'automne 2003, le Centre est installé à la maison de la culture de Gatineau où il participe à un partenariat avec un organisme public (la Section de la gestion des documents et des archives de la Ville de Gatineau) et des organismes privés (le Centre régional d'archives de l'Outaouais – seul service d'archives agréé de la région – et la Société de généalogie de l'Outaouais). La clientèle accède ainsi à des ressources documentaires et généalogiques dans un même endroit, appelé Centre d'archives, de généalogie et d'histoire. De plus, le Centre d'archives de l'Outaouais collabore avec des organismes de l'ensemble du territoire dont le mandat est relié aux archives et au patrimoine pour sensibiliser la population à l'importance des archives et soutenir toutes les initiatives visant la conservation des archives et la diffusion de la mémoire collective, entre autres en offrant son aide-conseil.

Le Centre d'archives de l'Outaouais, conjointement avec ses partenaires du milieu des archives, gère une aire d'exposition, connue sous le nom de Vitrines du Centre d'archives, de généalogie et d'histoire. La mission première de cet espace de diffusion est de faire connaître l'histoire régionale en présentant des expositions portant sur des thématiques inspirées par la richesse des fonds détenus par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et ses partenaires.

Bien que de gros incendies survenus au tournant du XXe siècle aient provoqué la perte de nombreux documents, notamment dans les registres d'état civil, les archives conservées au Centre témoignent de l'histoire de l'Outaouais depuis le milieu du XIXe siècle. L'ensemble des fonds représente 1442,08 mètres linéaires de documents textuels, 50 656 cartes et plans, 165 029 photographies et 735 documents audiovisuels. Les chercheurs peuvent repérer les documents qu'ils souhaitent consulter à l'aide de la base de données Pistard qui se trouve sur le portail de BAnQ (www.banq.qc.ca). Le nombre grandissant de documents numérisés, directement en lien avec la base de données, permet aux usagers de consulter les documents en ligne, favorisant ainsi une plus grande accessibilité sur l'ensemble du territoire.

Les archives privées comprennent des manuscrits, des photographies, des cartes et des plans d'architecture. Elles révèlent notamment l'histoire d'individus et de familles, le développement économique et l'importance de l'industrie forestière dans la région, ainsi que la vitalité culturelle de l'Outaouais. Parmi les principaux fonds privés du Centre, on peut noter le fonds des familles Mackay-Papineau, le fonds Champlain Marcil, le fonds Foster Bennett, le fonds de la famille François-Samuel Mackay, le fonds Aimé Guertin, le fonds de la famille Foran, le fonds James Maclaren Company, le fonds Ernest St-Jean et le fonds de la Bibliothèque centrale de prêt de l'Outaouais. Quant aux archives publiques, elles sont principalement constituées de documents des bureaux régionaux des ministères, des archives judiciaires et des contrats notariés. On peut noter parmi les plus importants les fonds du ministère des Transports, de l'Office de planification et de développement du Québec – Secrétariat au développement des régions, de la Commission d'étude sur la région de l'Outaouais, de la cour supérieure, de la cour du magistrat et des cours municipales.

Tous les fonds d'archives, à l'exception de documents protégés par certaines législations ou par des conventions de donation, sont accessibles dans la salle de consultation ouverte du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30, ainsi que les mardis et mercredis soir de 19 h à 22 h pour les documents ayant fait l'objet d'une réservation ou ceux en libre accès, tels que les microformes. Le chercheur trouvera au Centre une aire de travail accueillante et conviviale où il pourra découvrir son histoire.

Coordonnées

Centre d'archives de l'Outaouais
855, boulevard de la Gappe
Gatineau (Québec) J8T 8H9
Téléphone : 819 568-8798
Télécopieur : 819 568-5933
Courriel : anq.gatineau@banq.qc.ca
Internet : www.banq.qc.ca

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Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.