À rayons ouverts, no 70 (hiver 2007)

Table des matières

La vie de BAnQ


L'IRLQ : une ressource incontournable en littérature québécoise

par Isabelle Crevier, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

Par sa position unique de nation francophone en Amérique du Nord, le Québec attire l'attention, et sa littérature est étudiée à travers le monde. Pour faciliter le travail des chercheurs, l'Instrument de recherche en littérature québécoise (IRLQ) sera désormais disponible sur le portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), dans la section « Nos publications ».

Ce projet, fruit d'une collaboration entre l'Association internationale des études québécoises (AIÉQ) et BAnQ, a été élaboré non seulement pour les professeurs, les chercheurs et les étudiants québécois, mais également pour les spécialistes de la québécité à l'étranger. Conçu par Yvan Lamonde, professeur au Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill, l'outil a été produit par BAnQ avec le concours de sa Direction de la recherche et de l'édition et de sa Direction des systèmes d'information. Un comité consultatif formé de quatre professeurs de littérature appartenant à des universités québécoises a cautionné et bonifié le contenu du document.

Cet instrument de recherche électronique, qu'il est loisible de qualifier « d'instrument des instruments » à cause de son niveau de généralité élevé, fournit la liste exhaustive des outils bibliographiques actuellement disponibles sur la littérature québécoise et sur les littératures de la francophonie. Afin de refléter l'approche pédagogique qui sous-tend sa conception et sa réalisation, il a été divisé en cinq grandes sections :

  1. les textes de la littérature québécoise ;
  2. les grands instruments de recherche ;
  3. les répertoires sur les auteurs et les oeuvres ;
  4. le repérage des articles sur la littérature québécoise, les mémoires et les thèses et
  5. les grands instruments de recherche sur les littératures de la francophonie.

Dans chaque section, le chercheur trouvera des références à des ouvrages papier, comme d'importants dictionnaires ou des répertoires généraux, ainsi que de nombreux hyperliens qui le mèneront vers des instruments numérisés. Ces derniers, qui comprennent des catalogues de bibliothèques, des répertoires de fonds d'archives ou des banques de données, permettent notamment d'accéder à des oeuvres québécoises disponibles en ligne ou à des transcriptions de ces oeuvres. Les banques de données dont l'accès est limité par un abonnement sont signalées par un pictogramme dans l'instrument de recherche. En outre, les notices sont généralement présentées par ordre d'importance et de pertinence, sauf pour quelques sous-sections, où c'est l'ordre alphabétique qui est privilégié (par exemple, la liste des centres d'archives des universités québécoises).

Les ressources électroniques retenues ont été l'objet d'une attention particulière à cause de leur accessibilité ; elles représentent plus de la moitié des 80 entrées réunies dans l'instrument. Parmi les ressources en ligne, certaines, déjà disponibles pour les usagers de BAnQ, sont mises en valeur dans la publication en raison de leur lien avec les littératures québécoise ou internationale. C'est le cas, par exemple, de la Bibliographie du Québec, du Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord (DALFAN), des banques de données MagillOnliterature Plus et Literature Resource Center, des répertoires numérisés de fonds d'archives ainsi que des instruments de repérage d'articles scientifiques MLA International Bibliography, Repère et Francis.

Ce nouvel outil pédagogique n'a pas d'équivalent dans le milieu des études sur la littérature québécoise. Il sera mis en ligne au cours de l'hiver sur le portail de BAnQ (www.banq.qc.ca) et sur le site de l'AIÉQ (www.aieq.qc.ca).

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Le voyage du Français Alexandre Vattemare au Bas-Canada : prélude des bibliothèques publiques gratuites au Québec

par Geneviève Marin
stagiaire à l'Inventaire RFQ et étudiante à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal

Alors que l'« ambassadeur extravagant » Alexandre Vattemare vient de refaire surface dans l'actualité française, grâce à une exposition tenue à la Bibliothèque Forney à Paris1, des recherches ont actuellement cours au Québec pour documenter le séjour que fit ce personnage célèbre dans le Bas-Canada pendant la première moitié du XIXe siècle. Quinze ans avant le passage de la corvette française La Capricieuse dans le Saint-Laurent, symbole des retrouvailles entre la France et son ancienne colonie, le voyage du philanthrope Alexandre Vattemare à Montréal et à Québec aura marqué l'éveil intellectuel et culturel du peuple bas-canadien. « Je vis chez lui, plus peut-être que partout ailleurs, le feu sacré et la soif des lumières2 », écrira le missionnaire parisien. Les travaux réalisés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec dans le cadre de l'Inventaire bibliographique des Relations France-Québec depuis 1760 (RFQ) révèlent cet important pan de l'histoire de la province et de ses bibliothèques publiques.

Le « locomotif »

La prolifique carrière de ventriloque d'Alexandre Vattemare le conduit dans toutes les capitales européennes où il visite bibliothèques et musées. S'étonnant des innombrables doubles de livres et d'objets ignorés dans les collections, il lui vient l'idée de faire profiter l'humanité de ce patrimoine endormi par l'établissement d'un système d'échange. Ainsi, pense-t-il, « les bibliothèques deviendront sans qu'il en coûte rien à l'impôt, rien à l'État, des bibliothèques universelles3 ». En 1825, l'Agence européenne des échanges est créée. Autorités et notables de tout le continent lui offrent un fervent appui. Alphonse de Lamartine voit même en ce système le « locomotif de la civilisation universelle ». Paradoxalement, seul le gouvernement français tarde à en reconnaître le bien-fondé.

À l'automne 1840, après un séjour aux États-Unis où il voit ses idées applaudies par le Congrès, Alexandre Vattemare propose au Bas-Canada de prendre part à ce commerce fraternel entre les nations. Mais en Amérique, son projet revêt une nouvelle dimension. Dans chaque ville visitée, Vattemare revendique l'instruction populaire en proposant la création d'un institut, à l'accès libre et gratuit, qui comprendrait « bibliothèque, cabinet d'histoire naturelle, musée d'arts, […] salle de lecture et de cours publics, enfin tout ce qui peut aider au développement du génie, du goût et de l'intelligence4 ». Les collections des principales sociétés littéraires et scientifiques y seraient fusionnées, créant une plus grande force d'action et facilitant la réalisation des échanges.

Tant à Montréal qu'à Québec, la réponse est élogieuse. Les élites offrent rapidement leur soutien à Vattemare, notamment Denis-Benjamin Viger, le gouverneur général Lord Sydenham ainsi que les évêques Ignace Bourget et Joseph Signay. Jusqu'à 3000 personnes forment les assemblées populaires. Une messe solennelle est même chantée en l'honneur de l'institut projeté. Tous sont réunis à travers le plan Vattemare : notabilités et pauvres, catholiques et protestants, francophones et anglophones, jeunes gens et femmes. Malgré le ralliement des sociétés et la publication d'une ordonnance pour la construction d'un édifice à Montréal, le plan tombe dans l'oubli après la promulgation du régime de l'Union des Canadas et la dissolution du Conseil spécial. Toutefois, trois ans plus tard, de jeunes intellectuels fondent l'Institut Canadien de Montréal, inspiré de la vision de Vattemare.

L'histoire racontée par l'Inventaire RFQ

Le passage d'Alexandre Vattemare dans le Bas-Canada fut largement documenté dans la presse, de l'Aurore des Canadas au Montreal Herald, en passant par le Journal des étudiants rebaptisé L'Institut et par Le Fantasque qui lui consacra des numéros entiers. C'est donc avec le souci d'offrir un récit complet de la mission de Vattemare, vue à travers les journaux de l'époque, mais aussi par les écrits contemporains, que fut enrichi l'Inventaire bibliographique des Relations France- Québec. Les notes de citations dans les notices des documents repérés permettent cette reconstitution historique. La somme témoigne de l'importance de cet événement tant dans la vie culturelle du Québec qu'au sein des relations franco-québécoises post-conquête, sur lesquelles l'Inventaire RFQ offre une fenêtre privilégiée depuis 1996.


1 L'ambassadeur extravagant, Alexandre Vattemare, présentée du 30 janvier au 15 avril 2007.

2 « Départ de Monsieur Vattemare : ses adieux », Le Fantasque, vol. 3, no 27 (8 mars 1841), p. 169.

3 « Assemblée de mardi dernier », Le Canadien, vol. 10, no 124 (5 mars 1841), p. [1].

4 Ibid., p. [2].

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Le Café des lettres, un nouveau lieu de rendez-vous à la Grande Bibliothèque!

par Hélène Panaïoti
Directrice des communications et des relations publiques

Le tout nouveau Café des lettres de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), ouvert depuis la mi-novembre à la Grande Bibliothèque, remporte un succès croissant auprès du public.

Aménagé au rez-de-chaussée de l'édifice, à proximité de la grande salle d'exposition et de l'Auditorium, le Café des lettres, élégant, contemporain, s'intègre harmonieusement à son environnement. Dans l'atmosphère intime que lui procurent les panneaux feutrés qui le ceinturent, le Café se distingue par un design simple et novateur réalisé par les architectes Menkès-Shooner- Dagenais, qui ont collaboré à la création de la Grande Bibliothèque.

Situé au cœur du Quartier latin, à quelques pas de la rue Saint-Denis et du campus de l'UQAM, le Café des lettres offre une table d'hôte et un menu à la carte simples et savoureux, aux mêmes prix très abordables midi et soir. Sa clientèle peut également agrémenter son repas d'un verre de vin ou de bière ou encore choisir d'y déguster un café accompagné d'une viennoiserie. Le Café est déjà fréquenté par de nombreux habitués de la Grande Bibliothèque, qui prolongent ainsi agréablement leur visite, et par les travailleurs du centre-ville qui apprécient d'y venir sans devoir affronter les caprices de la météo puisque la Grande Bibliothèque a un accès direct à la station de métro Berri-UQAM.

Ouvert de 10 h à 22 h du mardi au vendredi et de 10 h à 17 h le samedi et le dimanche, le Café des lettresMC à la Grande Bibliothèque est géré par Presse Café, qui offre également sur place des mets à emporter. On peut y faire des réservations en composant le 514 499-2999.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.