À rayons ouverts, no 70 (hiver 2007)

Table des matières

La vie de BAnQ


Les archives littéraires, précieux apport à la mémoire collective

par Sophie Montreuil, agente de recherche,
Direction de la recherche et de l'édition

« Au moment où l'on débat de l'importance des patrimoines nationaux dans la préservation de la diversité culturelle, l'appropriation des archives et des manuscrits littéraires devrait constituer un véritable enjeu. » Au terme du colloque international Archives et manuscrits d'écrivains. Politiques et usages du patrimoine littéraire, nul doute ne pouvait subsister dans l'esprit des participants quant à la légitimité de cette position énoncée par les organisateurs.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a accueilli à l'Auditorium du Centre d'archives de Montréal, les 20, 21 et 22 septembre dernier, ce colloque organisé en partenariat avec BAnQ par le groupe IRMA (Initiative interuniversitaire de recherche sur les manuscrits et les archives littéraires), subventionné par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Présente au sein du comité scientifique de l'événement, avec Micheline Cambron (Université de Montréal), Pierre L'Hérault (Université Concordia), Sophie Marcotte (Université Concordia) et Jacinthe Martel (Université du Québec à Montréal), BAnQ a suivi étroitement l'ensemble des préparatifs du colloque et a notamment contribué à l'élaboration de sa problématique et de son programme.

La conférence inaugurale, prononcée par Bernard Beugnot, professeur émérite de l'Université de Montréal, et les 19 communications présentées par autant de conférenciers ont permis de mesurer la richesse patrimoniale des fonds d'archives d'écrivains et de mettre en valeur le travail des chercheurs qui contribuent à éclairer le rôle des archives littéraires dans la constitution d'une mémoire collective. La table ronde Apprenti je reste, animée par Marie-Andrée Beaudet et réunissant les écrivains Madeleine Gagnon, Pierre Nepveu et Gail Scott, a en outre donné aux participants le privilège d'entendre le (trop) rare discours de ceux et celles qui, à un moment de leur vie et pour des raisons qui se redéfinissent chaque fois, décident de céder leurs archives à une institution nationale.

La grande originalité du colloque, qui réunissait des littéraires (chercheurs et écrivains), mais également des archivistes rattachés à des institutions du Québec, du Canada, de la Suisse, de la Belgique et de la France, a sans contredit résidé dans le dialogue auquel a donné naissance la rencontre de ces deux groupes de personnes. Si archivistes et littéraires partagent une même et grande passion pour les documents d'archives, rarement sont-ils invités, et encore moins publiquement, à échanger sur les réalités de leur travail, sur les enjeux qui sous-tendent celui-ci et sur les limites auxquelles ils sont souvent confrontés de part et d'autre. Les communications mais surtout les périodes de discussion qui ont suivi celles-ci ont révélé l'intérêt des uns pour l'approche des autres et ont permis de confirmer le caractère certes complémentaire des tâches de qui classe et traite les fonds, de qui les dépouille et de qui en analyse finement les composantes pour éclairer, par exemple, l'oeuvre publiée d'un écrivain.

Représentée au nombre des conférenciers, BAnQ a contribué de deux façons au développement de la problématique du colloque. Carol Couture, directeur général des archives, et Julie Roy, chercheure à l'Université de Montréal, ont présenté la politique institutionnelle de gestion des archives à un public avide de découvrir les nouvelles modalités régissant la diffusion des fonds et des collections d'archives depuis la fusion de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec. Pour ma part, à la lumière des expositions Gaston Miron. Les métamorphoses du poème (automne 2004) et Redécouvrir Ferron (printemps 2006), j'ai exploré les tenants et les aboutissants des projets d'exposition mettant en valeur des fonds d'archives d'écrivains et réfléchi au rôle que BAnQ doit jouer dans la promotion de ce patrimoine et de sa valeur.

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Les ateliers-conférences du Centre de conservation : vues panoramiques et parcours balisés

par Danielle Léger, spécialiste de collections,
Direction de la recherche et de l'édition

C'est chose connue : les coulisses des institutions culturelles suscitent le désir de voir et de comprendre. Au-delà des séjours en salle de lecture pour consulter les collections spéciales et des visites d'expositions, que se passe-t-il au Centre de conservation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), au coeur du quartier Rosemont à Montréal?

Au 2275, rue Holt, une équipe d'une centaine de personnes déploie au quotidien toutes les fonctions techniques et scientifiques entourant la gestion et la mise en valeur de la Collection patrimoniale québécoise. Ces travailleurs de la culture développent les divers segments de la collection et en assurent la sauvegarde et la mise en valeur. Ils classent, décrivent, interprètent et font connaître ces documents produits au Québec, témoignant du rayonnement des créateurs québécois ou offrant un point de vue particulier sur la réalité québécoise.

Les ateliers-conférences offerts par les spécialistes du Centre de conservation donnent l'occasion de les entendre parler de ce qui les passionne, de discuter avec eux, d'examiner des documents originaux et de parcourir virtuellement le contenu des réserves en fonction d'une thématique particulière. Au fil des saisons, des ateliers en lien avec les collections spéciales ou avec les expertises détenues par l'équipe du Centre de conservation sont proposés. Ces activités interpellent tour à tour plusieurs domaines du savoir et disciplines d'étude, qu'il s'agisse des arts visuels, de l'histoire de l'art et du design graphique, de l'histoire, de la géographie et de l'urbanisme, de la littérature, des études théâtrales et des études québécoises, ou encore des techniques de la documentation, de la bibliothéconomie, des sciences de l'information et de l'histoire de l'imprimé.

Afin de répondre aussi bien aux visiteurs qui souhaitent s'initier aux richesses des collections spéciales qu'à ceux qui désirent échanger dans un contexte plus pointu, deux types d'ateliers coexistent. Il y a, d'une part, les activités ouvertes à un public plus large, selon des dates préétablies. D'autres s'adressent à des groupes spécialisés (classes de niveau universitaire ou collégial, groupes de chercheurs ou de professionnels, associations spécialisées, etc.). Dans tous les cas, l'inscription est gratuite, mais nécessite une réservation préalable.

Au printemps 2007, cinq ateliers seront au programme

Deux ateliers animés par Sylvie Alix, spécialiste du livre d'artiste et de l'estampe, portent sur l'univers passionnant du livre d'artiste. L'un offre un panorama représentatif de cette collection (livres illustrés, albums d'estampes, livres de graveurs, livres-objets, publications d'artistes, graphzines, etc.) ; l'autre propose aux classes d'étudiants des 1er et 2e cycles universitaires un parcours élaboré en fonction des besoins exprimés par le professeur.

Michel Brisebois, spécialiste de l'imprimé ancien, anime pour sa part deux ateliers sur le livre ancien. Le premier s'intitule Le livre ancien retourne à l'école et permet aux étudiants en bibliothéconomie et en histoire du livre d'examiner des exemplaires originaux publiés du XVe au XIXe siècle et de se familiariser avec le vocabulaire descriptif en usage pour ces objets. Le second atelier propose un aperçu et une mise en pratique de la bibliographie matérielle, outillant les étudiants en littérature afin qu'ils puissent établir l'histoire de l'édition d'un ouvrage.

En tant que responsable de la salle de lecture du Centre de conservation, je propose un survol, en deux heures, des collections spéciales, avec la collaboration de Michel Brisebois. Afin de permettre aux participants d'utiliser pleinement les ressources offertes, cette activité couvre neuf volets de la Collection patrimoniale québécoise (affiches, cartes géographiques, cartes postales, estampes, imprimés anciens, programmes de spectacles, etc.) et les services qui y sont associés.

Un dépliant présentant les ateliers-conférences du Centre de conservation est disponible à divers points de distribution dans les édifices de BAnQ. On peut en obtenir des exemplaires sur demande auprès de la salle de lecture du Centre de conservation en appelant au 514 873-1101 ou au 1 800 363-9028, poste 3823.

 

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471 fonds d'archives déménagés en l'espace d'une fin de semaine

par François David, archiviste
Centre d'archives de Montréal

Dès les premières semaines qui ont suivi la création de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), le 31 janvier 2006, la Direction générale des archives, avec le soutien de collègues de la Direction générale de la conservation, a entrepris le projet de transférer les archives des domaines de la littérature et des beauxarts conservées au Centre de conservation de BAnQ, situé rue Holt à Montréal, vers l'un ou l'autre des neuf centres d'archives répartis sur le territoire québécois. Il s'agissait d'un projet ambitieux, puisque 471 fonds d'archives représentant environ un kilomètre linéaire de documents devaient être déplacés.

Une analyse du contenu de ces fonds d'archives a permis d'identifier et de déménager une cinquantaine de fonds vers les centres d'archives régionaux basés à Rimouski, à Saguenay, à Québec, à Trois-Rivières, à Sherbrooke et à Gatineau. Cependant, la grande majorité de ces fonds d'archives, soit 420 fonds, a été transférée au Centre d'archives de Montréal, situé avenue Viger.

Le déménagement, qui s'est effectué les 10 et 11 novembre dernier, a monopolisé une équipe d'une vingtaine de déménageurs supervisée par 10 employés de BAnQ et exigé pas moins de 15 voyages de camions de transport.

Ce transfert a été l'objet d'importants travaux de préparation. En effet, un total d'environ 175 jours de travail a été nécessaire à la planification, à l'inventaire et à l'étiquetage des 7365 unités de rangement (boîtes d'archives et autres cartons pour les documents de grands formats) qui ont été transportées. Grâce à ce travail de préparation, dès le 21 novembre, les usagers de BAnQ avaient de nouveau accès aux fonds d'archives.

Rappelons que cette opération a été effectuée en conformité avec le principe de territorialité selon lequel les archives doivent être conservées dans les services d'archives du territoire dans lequel elles ont été produites. Les besoins de la recherche ont aussi été un facteur déterminant dans la répartition géographique de ces fonds. Tout en étant conscients que ce transfert entraînera une période d'adaptation de la part de notre clientèle, nous savons que celle-ci saura apprécier à leur juste valeur les avantages de cette opération. Deux gains s'offrent notamment aux usagers qui voudront consulter des documents d'archives, soit :

  • des heures d'ouverture prolongées (soirs et fins de semaine) dans les salles de consultation des Centres d'archives de Québec et de Montréal ;
  • le regroupement de sources archivistiques (archives privées et publiques) complémentaires aux fonds d'archives des domaines de la littérature et des beaux-arts.

Cette opération de régionalisation permettra sans nul doute la mise en valeur de la richesse patrimoniale que constituent les archives et les manuscrits littéraires et suscitera auprès des populations desservies un intérêt que nous espérons grandissant. Précisons en terminant que, si la diffusion des fonds d'archives de créateurs québécois en littérature et en beaux-arts relève dorénavant de la Direction générale des archives, le développement de ces fonds, par des dons ou des acquisitions, est toujours entre les mains de la Direction générale de la conservation.

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Des archives de bâtisseurs à Rouyn-Noranda

par Louise Hélène Audet, archiviste
Centre d'archives de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec

Les neuf centres d'archives de BAnQ

La Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec offre ses services sur tout le territoire québécois grâce à un réseau de neuf centres régionaux. Cette série invite à découvrir l'histoire particulière de chacun de ces centres, de même que les fonds et collections qu'ils conservent.

Situé à Rouyn-Noranda, le Centre d'archives de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec est né de la régionalisation amorcée par les Archives nationales du Québec au milieu des années 1970. Inauguré en juin 1980, il s'est vu confier la responsabilité d'assurer la conservation et la mise en valeur du patrimoine archivistique de la région administrative de l'Abitibi-Témiscamingue, dont le territoire couvrait alors 116500 km2. À ce territoire s'est ajoutée à la fin des années 1990 la gestion de celui de la région Norddu- Québec, créée en 1987 et vaste de 840 000 km2, qui couvre 55 % de la superficie totale du Québec.

Depuis l'ouverture du Centre d'archives de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du- Québec, les efforts consentis par le personnel ont permis de doter les régions qu'il dessert de structures adéquates pour assurer une meilleure conservation des archives privées et leur diffusion auprès d'une clientèle de plus en plus large. Des échanges soutenus et des partenariats, principalement avec les sociétés d'histoire et de généalogie, mais aussi avec l'ensemble des intervenants du milieu culturel et patrimonial, consolident les investissements de chacun. Tangible, la concertation ouvre des perspectives intéressantes pour l'avenir.

Sur le territoire desservi par le Centre, trois sociétés d'histoire ont obtenu le titre de services d'archives privées agréés grâce à l'excellence de leurs services : ce sont celles d'Amos (agrément le 3 novembre 1994), du Témiscamingue (agrément le 19 décembre 2002) et de Chibougamau (agrément le 1er août 1996).

À ce jour, le Centre d'archives de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec conserve et met en valeur 775,41 mètres linéaires d'archives manuscrites, 269042 documents iconographiques, 4131 documents cartographiques, 3227 heures d'images en mouvement et 2736 heures d'enregistrements sonores. Au cours des dernières années, l'accroissement significatif des archives est venu principalement des fonds d'archives des tribunaux judiciaires des cinq palais de justice de la région Abitibi-Témiscamingue.

Les archives confiées au Centre permettent de retracer l'histoire de l'Abitibi-Témiscamingue depuis le milieu du XIXe siècle. Parmi les principaux fonds, mentionnons les fonds d'archives de plusieurs studios de photographes (Eddy Mathon, Euclide Blais), qui constituent une vitrine par excellence de la vie sociale, politique, économique et culturelle. Les fonds d'associations et d'entreprises (Conseil de développement régional de l'Abitibi-Témiscamingue, Minéraux Noranda Inc.), de même que ceux d'individus et de familles (Réal Caouette, Louise Desjardins, Donat Martineau), reflètent d'une manière particulière l'influence exercée par les groupes communautaires alors que les archives orales et audiovisuelles témoignent avec éloquence du vécu des pionniers et pionnières de la région.

Ces fonds d'archives sont accessibles, sauf restrictions inscrites aux conventions de donation, dans la salle de consultation ouverte du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30.

 

Coordonnées

27, rue du Terminus Ouest
Rouyn-Noranda (Québec) J9X 2P3
Téléphone : 819 763-3484
Télécopieur : 819 763-3480
Courriel : anq.rouyn@banq.qc.ca

 

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