À rayons ouverts, no 70 (hiver 2007)

Table des matières

Éditorial

Une institution hors les murs

par Lise Bissonnette
Présidente-directrice générale

La présente édition de notre magazine À rayons ouverts pourra paraître aride à certains. Le romantisme sert souvent de carte de visite aux bibliothèques et aux archives, maîtres dans l'art de suggérer la découverte, le voyage, le mystère, l'enchantement, prêts à surgir du sage alignement de leurs lieux où l'ombre devient le cachet de tant de lumières promises.

Ici, nous vous faisons pénétrer dans les arcanes mal connus et plus actuels de nos travaux. Notre devoir de donner accès au savoir et à la culture relève d'une mission immémoriale, mais ne peut désormais être assumé sans des moyens nouveaux, résolument hors les murs. Services à distance pour les citoyens et les professionnels de la documentation, déploiement réel et virtuel de nos ressources dans l'ensemble du territoire, coopération avec les réseaux régionaux, nationaux, internationaux dont les correspondances fluides seront porteuses, à l'avenir, de ressources intellectuelles quasiment sans limites, tout cela repose sur des articulations dont nous avons voulu donner une idée. Dans les limites de ce numéro, nous nous intéressons surtout aux services aux milieux documentaires, nos partenaires privilégiés autour de ces tâches.

Bien que les travaux à venir soient encore énormes – c'est le cas partout dans le monde –, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se trouve en situation privilégiée. À la différence d'institutions plus anciennes, sa mission territoriale a été établie clairement dans ses récentes lois constitutives, dès la création de la Grande bibliothèque du Québec (1998) qui fut jointe à la Bibliothèque nationale du Québec en 2002, puis aux Archives nationales du Québec en 2006.

Le « branchement » des Québécois à la bibliothèque virtuelle était prescrit par l'État, et en toutes lettres, au début de cette décennie de changement. Un peu confus au début, les contours des services décentralisés ont été peu à peu définis. Nous le devons, pour une part, aux expériences de pays amis et il nous fait grand plaisir de publier un entretien avec l'ancien Directeur du livre et de la lecture de France, un visionnaire qui avait littéralement adopté notre projet avant même qu'il fasse consensus au Québec. Des institutions scandinaves et nord-américaines auront aussi nourri notre réflexion. Mais notre offre spécifique, distincte, a été modelée par les attentes et les demandes de nos usagers grâce aux liens que nous avons développés avec les réseaux spécialisés et par nos rencontres avec les milieux documentaires, culturels, éducatifs, communautaires, municipaux dans toutes les régions du Québec. Notre plus récente tournée des régions, sur le thème de la convergence entre bibliothèque et archives, a suggéré des pistes qui s'ajouteront aux services présentés ici.

Autre avantage majeur et unique, le rassemblement au sein d'une même institution documentaire de toutes les voies d'accès que peuvent emprunter les citoyens permet de tisser la nouvelle toile en continu. À la fois grande bibliothèque publique, bibliothèque nationale, archives nationales et bibliothèque virtuelle, BAnQ dispose, par son personnel aux formations diversifiées et par ses outils technologiques rassemblés en un seul portail, d'une rare capacité de répondre aux demandes multiples de ses commettants. Pour l'instant, d'ailleurs, plusieurs de nos propositions devancent les demandes, et même des connaisseurs ne se prévalent pas encore de toutes les possibilités de l'institution… Mais nous savons que bientôt, demain, nos services seront exigés, auront caractère essentiel.

Sous ses nouvelles et toujours sobres apparences, le charme des archives et des bibliothèques devrait ainsi continuer à exercer une séduction pérenne.

 

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.