À rayons ouverts, no 70 (hiver 2007)

Table des matières

Dossier : Les services aux milieux documentaires


 

Entretien avec Jean-Sébastien Dupuit

inspecteur général de l'administration des affaires culturelles
Directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture et de la Communication de la France de 1993 à 2003

par Carole Payen
directrice du cabinet de la présidente-directrice générale, conseillère aux affaires internationales

1. Durant une dizaine d'années, en tant que Directeur du livre et de la lecture au ministère français de la Culture et de la Communication, vous avez présidé à la mise en oeuvre d'une décentralisation des mandats et missions des bibliothèques sur l'ensemble du territoire français, aujourd'hui source d'inspiration pour de nombreux pays. Pourriez-vous nous parler de la philosophie qui a sous-tendu cette importante réforme?

Les 10 années que j'ai effectivement passées, de 1993 à 2003, à la tête de la Direction du livre s'inscrivent dans un mouvement d'ensemble qui remonte maintenant à plus de 30 ans. Ce que l'on appelle la décentralisation des bibliothèques a été lancé en 1983-1986 et représentait une accélération de l'effort engagé progressivement pendant les années 1970 pour rattraper le retard historique de la France dans ce domaine. «En matière de bibliothèques, tout reste à faire », avait dit le président Georges Pompidou. Ce mouvement a été rendu possible par la conjonction de deux facteurs. D'une part, l'émergence de nouvelles générations de professionnels des bibliothèques a conduit à une sensibilisation croissante des élus. D'autre part, l'État s'est enfin saisi de cette question et a eu une impulsion déterminante, grâce en particulier au transfert au ministère de la Culture des responsabilités qui incombaient jusque-là à l'Éducation nationale et à la création d'une direction chargée du livre en 2005. Si la « lecture publique » n'était pas ainsi rentrée, du point de vue de l'État comme des collectivités locales, dans le champ de ce que l'on appelait à l'époque le « développement culturel », il est vraisemblable que la décentralisation intervenue par la suite n'aurait pas porté les mêmes fruits.

La décentralisation lancée en 1983 a pris deux formes. La première est le transfert aux départements des « bibliothèques centrales de prêt » (BCP). Cette institution originale avait été créée en 1945 et visait à assurer la desserte de l'espace rural, pour lequel l'émiettement des communes ne permettait pas d'envisager la création d'équipements municipaux de plein exercice. Parties de huit, ces BCP s'étaient développées trop lentement, en fonction des moyens budgétaires, mais elles avaient été l'un des « viviers » du militantisme des bibliothécaires. Gérées en direct par l'État, elles ont donc changé radicalement d'autorité de rattachement et il faut souligner qu'il s'est longtemps agi du seul transfert complet de compétence en matière culturelle, jusqu'à la loi de 2004 qui a prévu le transfert des services d'inventaire du patrimoine culturel.

Le second volet de la décentralisation a été la réaffirmation de la compétence des communes pour la gestion des bibliothèques municipales, mais dans un cadre juridique et financier modernisé, cherchant à garantir leur développement dans le respect du principe constitutionnel de liberté d'administration des collectivités locales. J'ajoute que notre troisième niveau de collectivités, l'échelon régional, n'a pas de compétence directe en matière de bibliothèques.

Sur le plan des principes, le plus important est de réaffirmer que la décentralisation n'est en aucune façon un abandon et un désintérêt de la part de l'État, qui au contraire garantit le maintien de son effort financier à un niveau important et continue à exercer un «contrôle technique» à l'égard des établissements décentralisés.

2. Quelles ont été les principales étapes de cette réforme?

La loi a posé en 1983 le principe d'une réforme qui devait entrer en vigueur en 1986. Il a donc fallu d'ici là préciser les modalités et en particulier inventer un mécanisme original de financement. La grande majorité des moyens budgétaires consacrés aux bibliothèques décentralisées a été transférée dans une « dotation générale de décentralisation », qui offre le grand avantage, par rapport à nos crédits courants, d'être actualisée chaque année. Au sein de cette dotation, si les dépenses de fonctionnement des BCP ont été confondues de manière indifférenciée avec celles d'autres services publics décentralisés, les subventions destinées au fonctionnement et surtout à la construction des bibliothèques municipales ont été isolées dans un « concours particulier » qui leur est exclusivement réservé. Parallèlement, l'État fixait en 1986 la liste des BCP qu'il s'engageait à mettre à niveau en prenant intégralement à sa charge la construction des bâtiments dont elles ne disposaient pas encore. Enfin, un décret de 1988 a précisé les modalités d'exercice du contrôle technique, et notamment de l'intervention de notre inspection générale de bibliothèques, qui demeure placée auprès du ministre.

La deuxième grande étape de la décentralisation s'est ouverte en 1992. Après l'achèvement du programme exceptionnel de mise à niveau, les BCP, devenues « bibliothèques départementales de prêt » (BDP), ont vu leurs investissements bénéficier pour l'avenir d'une nouvelle fraction du concours particulier, pendant qu'un programme temporaire de construction de « bibliothèques municipales à vocation régionale » (BMVR) était également individualisé au sein de ce concours particulier. De 1994 à 1996, j'ai également eu à superviser le transfert aux départements des personnels des BDP, qui étaient restés pris en charge par l'État. Par ailleurs, et sans que cela s'inscrive à proprement parler dans le cadre juridique de la décentralisation, les années 1990 ont vu la réalisation de la nouvelle Bibliothèque nationale de France s'accompagner de la mise en place d'un réseau de « pôles associés », ce qui a représenté un changement substantiel par rapport aux pratiques antérieures, auquel ma direction s'est particulièrement attachée.

Une troisième étape s'ouvre aujourd'hui avec une importante réforme de la « dotation globale de décentralisation », dont j'avais jeté les bases avant mon départ. Elle prévoit la simplification et l'unification des concours de l'État, leur concentration sur l'équipement et la pérennisation d'un système d'aide aux grands équipements en région.

3. Quel bilan tirez-vous de ces restructurations, une vingtaine d'années après leur mise en place?

Je crois que la décentralisation a été une grande réussite en ce que, loin de freiner le mouvement engagé depuis les années 1970 et le doublement du budget de la culture en 1981, elle a permis de l'intensifier et de le démultiplier, en faisant porter par les collectivités locales à leur tour l'exigence de développement de la lecture, ce qui historiquement n'avait pas été le cas à quelques exceptions près, je pense à des villes comme Grenoble ou Mulhouse.

Ainsi, les départements auraient pu se contenter de gérer avec les seuls crédits qui leur étaient transférés ces services dont après tout ils n'avaient pas réellement réclamé la responsabilité. Bien au contraire, ils ont accru leur effort, souvent dans des proportions spectaculaires, au point de faire des BDP l'un des premiers outils de ce que l'on peut appeler l'aménagement culturel du territoire.

Il en est de même pour les bibliothèques municipales. Schématiquement, leur surface a doublé pendant les années 1980 et la décennie suivante a connu la même progression, avec notamment la construction des 12 grands équipements du programme exceptionnel des bibliothèques municipales à vocation régionale. Mais au-delà de la réalisation de nos objectifs en matière de lecture publique, je crois que le plus important est que les bibliothèques soient désormais au coeur de la politique culturelle et éducative globale de la quasi-totalité des élus.

4. Quels ont été les principaux obstacles rencontrés dans la réalisation du projet de décentralisation?

Il n'y a pas eu à proprement parler d'obstacles pour la mise en oeuvre du nouveau cadre. Je parlerais plutôt des limites propres à la politique publique dans un cadre décentralisé.

Le système suppose le volontariat des collectivités. Contrairement au souhait de la majorité des professionnels sans doute, il n'y a pas d'obligation de construire ou de faire fonctionner une bibliothèque. Il faut donc persuader là où on peut être encore en retard, d'où l'importance du caractère incitatif du mécanisme d'aide à l'investissement, qui couvre en général 30 % du coût total. Je crois aussi beaucoup à la valeur de l'exemplarité : dans un territoire donné, l'ouverture d'un nouvel équipement et sa réussite « donnent envie » aux voisins de s'engager à leur tour, même si leurs ambitions sont parfois subordonnées à d'autres priorités, par exemple pour des musées ou des salles de spectacle, pour ne parler que de projets culturels.

Une autre limite de notre dispositif tient à ce que nous sommes en quelque sorte « victimes du succès » : la sanctuarisation des concours particuliers protège certes nos crédits de la baisse, mais elle interdit en même temps une augmentation. Nous avons ainsi connu en 1999 une grave crise de financement dans certaines régions dont les dotations ne permettaient de répondre à une forte croissance des listes d'attente qu'en diminuant jusqu'à les rendre inopérants les taux de concours de l'État ; l'engagement personnel de la ministre a permis l'ouverture d'un crédit exceptionnel hors dotation, dans des conditions qui ne pourraient sans doute plus se reproduire aujourd'hui.

Le système avait également l'inconvénient de ne pas permettre une prise en charge incitative du fonctionnement, c'est-à-dire d'abord le personnel et les collections. À la différence de l'équipement, il ne s'agissait pas en effet d'une subvention préalable à des projets, mais d'un remboursement a posteriori. La stabilité des enveloppes, confrontée à la forte montée en charge des dépenses des collectivités, a conduit à un abaissement du taux de remboursement à un niveau ridicule de 3 %. C'est pourquoi la réforme de 2006 supprime purement et simplement cette aide au fonctionnement en la reportant sur l'investissement. C'est bien là en effet que l'intervention de l'État peut réellement être incitative, et au-delà de la seule construction : l'expérience montre bien que c'est essentiellement à l'occasion de la réalisation d'un nouvel équipement (central ou dans un quartier) qu'une collectivité change d'échelle dans l'attribution des moyens de fonctionnement.

Au sein du fonctionnement, c'est assurément pour les ressources humaines qu'il est le plus regrettable que notre dispositif n'ait pas de prise, qu'il s'agisse de leur niveau quantitatif ou de leur qualification. La loi par exemple ne prévoit pas encore que la direction des bibliothèques soit, comme je l'avais proposé et comme c'est désormais le cas pour les musées de France, réservée à des personnels disposant de qualifications objectives ; dans la très grande majorité des cas il n'y a pas de problème, mais une telle disposition offrirait une garantie au moins partielle si devaient se renouveler des risques d'interventionnisme idéologique des élus comme nous avons pu en connaître il y a une dizaine d'années dans quelques villes bien particulières. Plus généralement, l'État n'a pas le moyen d'aider les collectivités à mieux anticiper le recrutement et la formation de leurs personnels, dont elles ont la responsabilité dans un système mutualisé : s'il est bien de créer de nouveaux emplois, il est encore mieux de pourvoir de manière plus rapide et plus fluide ceux que les collectivités ont déjà eu le mérite de créer!

A contrario je voudrais souligner le succès des dispositifs, trop peu nombreux et trop brefs dans le temps, par lesquels l'État a pu aider dans un cadre précis et en complément du droit commun la création d'emplois qualifiés. Cela a été le cas voilà 10 ans des « relais-livre en campagne » qui visaient à inciter de petites communes à se regrouper pour faire fonctionner des équipements associant plusieurs services publics. De même lorsque le nouveau ministre en 2002 a voulu lancer un programme de « médiathèques de proximité » axé sur la diffusion de la qualité architecturale qui avait été recherchée avec les « bibliothèques municipales à vocation régionale », j'ai pu convaincre les responsables politiques d'y associer une aide à la création d'emplois qualifiés. Très bien accueilli les deux premières années, ce programme s'essouffle malheureusement aujourd'hui car il s'impute sur les crédits ordinaires de nos directions régionales des affaires culturelles, qui doivent en priorité répondre aux besoins considérables des monuments historiques comme du spectacle vivant.

5. Le numérique a-t-il changé les modes de coopération habituels entre bibliothèques?

La révolution qui a été accomplie, du milieu des années 1980 à la fin des années 1990, est d'abord celle de l'informatisation et de la mise en réseau des catalogues. Dans ce cadre, je dois mentionner particulièrement la conversion rétrospective des catalogues des fonds anciens, qui a pu être financée pour 50 villes en totalité sur l'enveloppe du grand projet de la BnF : cela a été la première traduction concrète de la politique des « pôles associés », qui se poursuit aujourd'hui sous forme d'une prise en charge partielle.

La numérisation des contenus pose d'autres problèmes et s'est inscrite jusqu'à présent dans une perspective de consultation à distance plus que véritablement d'échange et de partage. Une véritable coopération est sans doute un des enjeux du projet de Bibliothèque numérique européenne, mais il s'agit là de nouveaux chantiers que je ne suis plus.

6. Quelle est votre vision du rôle d'acteur culturel de la bibliothèque, au-delà de ses missions traditionnelles?

Il n'y a pas d'opposition à mon sens entre de nouvelles missions que la collectivité assignerait aux bibliothèques et leur rôle traditionnel. Il s'agit plutôt d'un prolongement, d'un développement de ce qui était virtuellement dans le programme, je dirais presque le « code génétique »d'une institution, qui pour moi est un outil, fondé sur la médiation, au carrefour des différents savoirs et des différentes disciplines artistiques. Un bon symbole selon moi en est la persistance du vocable de « bibliothèque » qui, contrairement à ce qu'on pouvait croire il y a un quart de siècle, n'a pas été supplanté par celui de « médiathèque » qui est pratiquement devenu synonyme. Pourquoi? Parce que la bibliothèque, avant d'être définie par ses collections, repose sur le métier de ses agents. Médiation, ai-je dit, mais aussi partenariat multiforme avec les autres acteurs de la cité, en fonction des priorités politiques définies par les élus.

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La Direction des services aux milieux documentaires… en soutien au développement des bibliothèques québécoises

par Marie-Josée Benoit
directrice des services aux milieux documentaires

Offrir toute une gamme d'activités et de services spécialisés, développer des liens étroits et constants, voire renforcer la coopération entre toutes les bibliothèques du Québec et l'élargir en la jumelant à des réseaux plus vastes comme ceux de la Francophonie : voilà les grands mandats que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) confie à sa Direction des services aux milieux documentaires (DSMD). L'objectif ultime recherché est d'amener tous les intervenants de tous les milieux documentaires, et plus particulièrement ceux des bibliothèques publiques québécoises, à collaborer et à se concerter pour hausser et pour améliorer de façon notoire la quantité et la qualité de l'offre de service à toute la population sur l'ensemble du territoire du Québec. Une contribution d'une valeur exceptionnelle auprès des bibliothèques québécoises.

Les bibliothèques peuvent également enrichir leur offre de service en puisant gratuitement dans les nombreuses ressources disponibles grâce au portail Internet de BAnQ, notamment des outils de recherche ou des ressources numérisées. Les bibliothèques publiques québécoises sont invitées à référencer sur leur site Web des ressources telles que Romans@lire, un outil précieux d'indexation pour trouver un roman parmi plus de 15 000 titres de la littérature d'ici et d'ailleurs, ou encore le répertoire BREF, qui recense plus de 1700 ressources de référence de qualité sur Internet.

Une équipe de bibliothécaires est spécialement affectée au développement des services d'information, de documentation, de référence et de soutien professionnel aux milieux documentaires. Pour répondre aux demandes professionnelles d'aide, lesquelles vont des plus simples aux plus complexes (par exemple, les critères de développement d'une collection en cinéma québécois ou le pourcentage d'espace libre à prévoir sur les tablettes de rangement), les bibliothécaires utilisent à la fois les ressources spécialisées en bibliothéconomie et l'expertise des équipes de BAnQ.

Le personnel des bibliothèques dispose également d'un extranet qui favorise le partage de l'information; plus de 400 bibliothèques, dont l'ensemble des bibliothèques publiques, y sont actuellement abonnées.

Que ce soit pour la consultation ou le prêt sur place, ou encore pour le prêt entre bibliothèques, les milieux documentaires ont accès à la Grande Bibliothèque à une collection spécialisée en bibliothéconomie et en sciences de l'information. On y retrouve plus de 7000 documents sur différents supports et sur divers sujets, couvrant tout autant les pratiques de gestion que d'informatisation, l'architecture que l'aménagement des bibliothèques. La section Collection spécialisée de l'extranet signale régulièrement les nouvelles acquisitions pour le bénéfice des professionnels des bibliothèques.

Des services de qualité…

Les services de BAnQ tels que le prêt entre bibliothèques, la référence à distance et le téléchargement de notices contribuent sensiblement à mieux outiller les bibliothèques en vue de remplir leur mission de culture, d'information et de savoir :

  • grâce au service de prêt entre bibliothèques, les bibliothèques ont accès à plus d'un million de livres, pour le bénéfice de leurs usagers et en complémentarité avec leurs collections locales et régionales. Ce service inclut également la reproduction d'articles de revues et de journaux, dans le respect du droit d'auteur ;
  • le service de référence à distance de l'institution est complémentaire à celui offert par les bibliothèques locales, particulièrement en ce qui a trait aux informations sur le Québec, champ d'excellence de BAnQ;
  • le téléchargement de notices bibliographiques, contenues et disponibles sans frais dans le catalogue en ligne Iris, sauf celles des Services documentaires multimédia (SDM), permet de bonifier les catalogues des bibliothèques.

… en coopération et en réseau

Le présent numéro de À rayons ouverts couvre davantage trois grands projets de coopération et de mise en réseau basés sur la participation volontaire des différents acteurs des milieux documentaires :

  • le prêt entre bibliothèques et l'implantation d'un système automatisé (logiciel VDX) ;
  • la référence à distance et le projet de référence virtuelle coopérative ;
  • le Consortium d'acquisition de ressources électroniques du Québec (CAREQ), par lequel les partenaires encouragent la négociation de licences collectives d'abonnement à des ressources électroniques : revues, journaux, encyclopédies, bases de données de livres électroniques.

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Le Consortium d'acquisition de ressources électroniques du Québec (CAREQ)

par Isabelle Charuest, chef de service
Section des acquisitions et du développement de la Collection universelle de prêt et de référence

À l'initiative de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), un Consortium d'acquisition de ressources électroniques (CAREQ) a été constitué en 2003 par les bibliothèques publiques du Québec afin de négocier des ententes communes avec des fournisseurs de ressources électroniques, aux meilleurs coûts et conditions possibles. Le CAREQ est une composante importante de l'offre d'information à distance aux clientèles des bibliothèques publiques du Québec. Celles-ci ont tout à gagner à y participer.

Le consortium est guidé par un comité de gestion composé de représentants provenant de bibliothèques publiques de toutes tailles, des grands centres comme des régions, du Réseau Biblio et de BAnQ. Il en va de même pour le comité de négociation, chargé de ficeler les ententes avec les fournisseurs. Pour sa part, BAnQ assure la coordination des offres aux bibliothèques et leur suivi, assume le secrétariat du comité de gestion, mène les travaux de négociation et participe financièrement à l'abonnement aux ressources.

Les ressources électroniques sont sélectionnées par le comité de gestion en fonction de leur intérêt pour un large public. Étant donné la multiplication des ressources disponibles, un des projets actuels du regroupement est de rédiger des lignes directrices pour guider la sélection.

Le CAREQ fait la promotion de ces sources d'information et favorise l'accès à des ressources électroniques de qualité pour l'ensemble des bibliothèques et de leurs usagers. De cette volonté découle un principe de négociation fondamental : l'accès aux bases de données à partir du domicile des abonnés. Les clientèles éloignées sont ainsi mieux servies par les ententes conclues, sans oublier les usagers qui se déplacent plus difficilement, entre autres ceux du Service québécois du livre adapté (SQLA) qui dessert les personnes ayant un handicap visuel.

Une autre avenue explorée pour améliorer les conditions de participation au CAREQ est l'établissement de ponts avec les autres consortiums existants tels celui de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CRÉPUQ), qui regroupe les universités québécoises, et Consortia Canada, un consortium de bibliothèques canadiennes.

Le tableau ci-dessous énumère les ressources électroniques déjà disponibles pour les usagers des bibliothèques participantes. D'autres négociations sont en cours qui viendront enrichir cette liste.

Nom de la ressource électronique Nombre de bibliothèques desservies Nombre de Réseaux BIBLIO participants Population desservie
Biblio Branchée 159
(73 abonnements)
9 6 011 620
Encyclopædia Universalis 117
(41 abonnements)
11 3 219 283
Encyclopédie Hachette Multimédia en ligne 78
(25 abonnements)
5 2 071 552
Tap'Touche en ligne 44
(20 abonnements)
1 1 233 894
REPÈRE sur Internet 201
(82 abonnements)
- 5 160 182

 

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Le prêt entre bibliothèques : un passeport pour une offre documentaire élargie

par Claire Séguin, bibliothécaire
Direction des services aux milieux documentaires

Le prêt entre bibliothèques est relativement peu répandu au Québec où, en 2004, on enregistrait 30000 transactions de ce type comparativement à plus de 100 000 pour la Colombie-Britannique, 200 000 pour l'Ontario ou 350 000 pour la Finlande, dont la population est comparable à celle du Québec. Dans une société du savoir marquée par l'abondance de l'information et l'explosion documentaire, les bibliothèques publiques, lieux privilégiés de la diffusion de l'information, sont de plus en plus sollicitées par des citoyens curieux, exigeants, exprimant des besoins diversifiés et éclatés. Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) entend établir un large partenariat avec les bibliothèques qui le désirent pour les aider à mieux se relier entre elles et à rendre leurs collections accessibles au plus vaste lectorat possible.

Le prêt entre bibliothèques : pour mieux servir les usagers Conformément à leur mission respective, les bibliothèques développent des collections pour répondre aux besoins documentaires habituels de leurs usagers. Comme nulle bibliothèque ne peut prétendre à l'exhaustivité, un constat vrai de tout temps, et désormais d'une particulière acuité, des solutions alternatives doivent être considérées. Parmi celles-ci, le prêt entre bibliothèques est une pratique qui vise à mieux servir les clientèles par un accès élargi aux ressources documentaires des autres institutions. En facilitant ainsi l'accès à leurs collections et en tenant compte de leurs politiques respectives de prêt entre bibliothèques, les bibliothèques publiques du Québec renforcent la complémentarité et la coopération entre elles, pour le plus grand bénéfice de la population.

Quand sa collection locale ne peut répondre à des besoins particuliers de ses usagers, une bibliothèque, pour assurer un service adéquat, se procure auprès d'autres institutions les documents souhaités. Le prêt entre bibliothèques n'est évidemment pas un substitut au développement des collections : il s'inscrit dans une logique de complémentarité des ressources. Essentiel au dynamisme des bibliothèques de toutes catégories, le prêt entre bibliothèques favorise un accès démocratique à l'information et à la culture en encourageant l'utilisation réciproque des collections des diverses bibliothèques. Vitrines exceptionnelles pour apprécier la richesse des collections, les catalogues en ligne indiquent la localisation et la disponibilité des documents.

L'implantation d'un logiciel de gestion de prêt entre bibliothèques

Soucieuse d'offrir aux Québécois un accès élargi à l'ensemble des ressources documentaires des bibliothèques publiques, BAnQ travaille à l'implantation d'un système informatisé de gestion des prêts entre bibliothèques reposant sur la mise en réseau des catalogues. Basé sur une participation volontaire, le projet favorise la coopération entre les bibliothèques, la mise en commun des ressources et surtout l'amélioration des services aux citoyens.

Un principe important est cependant à respecter afin de s'assurer d'une juste répartition des prêts entre les bibliothèques : celles-ci tentent d'abord de répondre aux demandes de prêt entre bibliothèques à partir des ressources locales et régionales avant d'acheminer leurs requêtes à l'extérieur de leurs réseaux de proximité.

Le logiciel retenu (The Virtual Document eXchange / VDX) est largement utilisé dans les bibliothèques nordaméricaines, entre autres dans les universités québécoises, dans plusieurs bibliothèques publiques ontariennes (Southern Ontario Library Service) et dans l'imposant réseau Western New York Libraries. BAnQ, dans le cadre de sa mission d'agir comme catalyseur auprès des institutions documentaires québécoises, fournit aux bibliothèques publiques participantes le logiciel VDX, en administre l'application et assure la formation initiale du personnel.

Grâce à cet outil électronique, les abonnés des bibliothèques participantes peuvent lancer une recherche pour localiser des documents dans un ensemble de catalogues de façon simultanée. Lorsque la bibliothèque de leur municipalité ne possède pas le document recherché, le logiciel leur permet d'effectuer immédiatement une demande de prêt entre bibliothèques. Par ailleurs, des fonctionnalités réservées au personnel des bibliothèques permettent de valider les demandes de leurs usagers, de recevoir des requêtes d'emprunt d'autres bibliothèques et d'assurer une gestion efficace du prêt entre bibliothèques.

Après une première phase d'analyse des besoins et de tests en collaboration avec quelques bibliothèques, s'est tenue, à l'automne 2006, une rencontre d'échange pour fixer les principales lignes directrices en matière de prêt entre bibliothèques. Cette étape préalable était essentielle à l'implantation du logiciel à l'ensemble des bibliothèques publiques québécoises désireuses de s'ajouter au groupe initial.

Trouver et fournir le document recherché par les usagers

Qu'il soit de Chibougamau, de Laval, de Gaspé, de Magog ou d'ailleurs au Québec, l'abonné qui n'aura pu trouver réponse à son besoin documentaire dans sa bibliothèque d'appartenance, qu'il s'agisse d'un livre ou de la reproduction d'un article de revue ou de journal, pourra repérer l'ouvrage ou le périodique convoité dans l'une des bibliothèques participantes, incluant la Grande Bibliothèque de BAnQ. Après s'être identifié, par un simple clic, il acheminera sa demande de prêt entre bibliothèques. En consultant la rubrique Mes demandes, il obtiendra des indications sur le suivi de sa requête. Dès que le document demandé sera reçu par sa bibliothèque, il en sera avisé soit par courriel, soit par téléphone. Généralement, l'emprunt de livre est gratuit mais des frais de photocopie sont exigés pour la reproduction d'articles. Toutefois, chaque bibliothèque élabore sa propre grille de tarification.

Nul doute que ce service est appelé à s'affirmer davantage au fur et à mesure que le logiciel de repérage des documents et de gestion du prêt entre bibliothèques sera utilisé et apprécié par les clientèles et le personnel des bibliothèques publiques québécoises.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.