À rayons ouverts, no 69 (automne 2006)

Table des matières

La vie de BAnQ


Acquisitions de fonds et de collections d'archives privées

François David, archiviste
Centre d'archives de Montréal, et
Jacques Prince, archiviste
Direction des acquisitions de la collection patrimoniale

Entre janvier 2004 et juin 2006, les archivistes de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) ont multiplié les démarches auprès de donateurs potentiels pour les sensibiliser à la sauvegarde de leurs archives. Par l'entremise de la Direction générale de la conservation et des neuf centres d'archives de BAnQ répartis sur l'ensemble du territoire québécois, l'institution a considérablement enrichi ses fonds et collections d'archives privées. Durant cette période, plusieurs ententes ont été signées avec des donateurs, ce qui a permis l'acquisition de 87 nouveaux fonds et collections et plus de 70 ajouts à des fonds et collections déjà existants.

Il serait difficile de faire une présentation complète de l'ensemble de ces acquisitions. Nous nous contenterons donc d'un survol sommaire de celles que nous jugeons les plus significatives et pertinentes tant pour leur valeur historique que culturelle. Malgré leur différence et la diversité de leur origine, ces nouvelles acquisitions proviennent toutes de personnes physiques et morales qui ont joué un rôle prépondérant dans leur secteur d'activité respectif et ont, chacune à leur façon, marqué l'histoire régionale ou nationale du Québec.

La politique

Le secteur de la politique est particulièrement bien représenté puisque BAnQ a procédé à l'acquisition d'archives privées relatives à cinq anciens premiers ministres du Québec (Lomer Gouin, Honoré Mercier, Paul Sauvé, Lucien Bouchard et Bernard Landry) et à des ministres québécois, notamment Louise Beaudoin, Yves Bérubé, André Boisclair, Gilles Grégoire et Louise Harel. À ces fonds s'ajoutent les archives d'un ancien conseiller politique de René Lévesque, Claude Malette.

Complémentaires aux archives gouvernementales, ces fonds sont des sources précieuses d'information pour la recherche et pour la compréhension de notre système parlementaire. Une sensibilisation accrue auprès des élus québécois amorcée en 2003, en collaboration avec l'Assemblée nationale, a donné de bons résultats et plusieurs parlementaires ont répondu favorablement à notre appel. Par leur contenu, ces fonds témoignent de la vie personnelle et professionnelle, de l'allégeance politique et du rôle de ces députés. À titre d'exemples, signalons la présence dans le fonds Famille Sauvé de photographies prises à l'occasion des cérémonies soulignant le 25e anniversaire de vie publique de Paul Sauvé et de son père, Arthur Sauvé, ou encore, dans le fonds Famille Mercier-Gouin, la correspondance d'Honoré Mercier avec de nombreuses personnalités politiques du début du XXe siècle, notamment Wilfrid Laurier et Joseph Israël Tarte.

La littérature

Du côté de la littérature, mentionnons, en premier lieu, l'acquisition de l'important fonds de Paul- Marie Lapointe qui réunit les multiples versions d'une douzaine de ses recueils de poésie parus entre 1948 et 2004. BAnQ a aussi acquis les archives de Gilbert Choquette qui portent principalement sur ses activités comme écrivain, poète et romancier. Par ailleurs, quatre des fonds obtenus sont relatifs au milieu du théâtre. Il s'agit du fonds du Théâtre des variétés qui a cessé ses activités en 2000, après 33 ans d'existence ; des volumineuses archives de Micheline Legendre, marionnettiste qui a commencé sa carrière en 1945 et qui a fondé le Théâtre de marionnettes de Montréal ; du fonds de madame Jean-Louis Audet, professeure de diction et d'art dramatique réputée, décédée en 1970, ainsi que du fonds du concepteur de costumes Luc J. Béland. Ce dernier fonds est constitué surtout de maquettes, d'esquisses et de photos permettant d'étudier la genèse des costumes d'environ 25 films, de plus d'une trentaine de productions théâtrales et de trois spectacles de danse, soit la plupart des productions auxquelles ce créateur a collaboré du début de sa carrière en 1986 à son décès en 2003.

L'architecture

Depuis toujours, les archivistes sont conscients de la valeur des documents produits par les architectes, qui sont jugés d'une grande utilité tant pour l'étude de l'histoire de l'art que de l'architecture et aussi pour mieux connaître notre environnement bâti. Depuis janvier 2004, signalons l'acquisition de quatre fonds d'architectes qui concernent la construction et la rénovation d'un grand nombre de bâtiments sur l'ensemble du territoire québécois. Le fonds Étienne Bégin, de Québec, et celui de la firme Larose, Petrucci, de Montréal, contiennent plusieurs milliers de dessins documentant des projets architecturaux de la période 1930-1990. Ces projets concernent principalement la construction d'églises, d'écoles et d'hôpitaux. Notons entre autres les dessins d'architecture relatifs à la construction ou à la rénovation des hôpitaux Royal Victoria à Montréal et Robert-Giffard à Québec, du complexe Guy-Favreau à Montréal et du sanatorium de Macamic en Abitibi.

La collection Michel Gaumond est particulièrement intéressante puisqu'elle contient des dessins architecturaux représentant plusieurs monuments historiques de la ville de Québec, tels que le château Saint-Louis à différentes étapes de sa construction et les édifices du Parlement.

Le fonds Claude Beaulieu témoigne pour sa part de la participation de cet architecte à de nombreux projets de restauration et de rénovation du patrimoine religieux, notamment à Montréal (cathédrale Marie-Reine-du-Monde, chapelle du Grand Séminaire de Montréal) et dans d'autres régions du Québec (église Saint-Édouard-de-Napierville, église Saint-Théophile du Lac-à-la-Tortue de Shawinigan). Signalons que le fonds contient également de superbes dessins de l'architecte Lucien Parent datant de 1924 relatifs à l'église La Visitation-dela- Bienheureuse-Vierge-Marie du Sault-au-Récollet de Montréal.

Les arts

BAnQ a aussi acquis six fonds d'archives liés au domaine de l'art qui viennent compléter avantageusement ses collections. Le fonds du céramiste Julien Cloutier et le fonds du graveur Louis Fréchette rassemblent des archives qui documentent le travail de ces deux artisans reconnus pour leur talent.

Par ailleurs, le fonds de Caroline Lamoureux porte sur ses activités comme chanteuse d'opéra et d'opérette. Née en 1904 et décédée en 1998, elle fut l'une des principales vedettes de l'art lyrique. Elle a interprété une trentaine de premiers rôles, d'abord avec la Société canadienne d'opérette, puis avec les Variétés lyriques jusqu'en 1946. Elle était à cette époque considérée comme la plus populaire des chanteuses classiques du Québec.

Le fonds Bruno Laplante témoigne de la carrière de ce réputé baryton. Il contient des documents textuels (critiques, programmes et affiches), des documents sonores et des enregistrements vidéo de prestations de Bruno Laplante avec sa collaboratrice et conjointe, la mezzo-soprano France Duval.

Le monde de la danse est aussi bien représenté grâce à deux acquisitions majeures : le fonds Festival international de nouvelle danse (FIND) et le fonds du chorégraphe Fernand Nault. Le fonds FIND témoigne de la contribution de cet organisme, durant plus de 20 ans, au rayonnement de la nouvelle danse et à la percée des principaux chorégraphes québécois et canadiens sur la scène internationale, dont Édouard Lock (La La La Human Steps), Jean-Pierre Perreault et Marie Chouinard.

Le fonds Fernand Nault porte sur les activités artistiques du créateur, notamment à titre de directeur adjoint et chorégraphe aux Grands Ballets canadiens. Il comprend de la correspondance avec des personnalités importantes du monde de la danse comme Ludmilla Chiriaeff ou Maurice et Carmen Morenoff. De plus, les notes manuscrites des mises en scène et chorégraphies constituent des témoignages exceptionnels du travail de Fernand Nault et décrivent le processus créatif à l'origine d'œuvres marquantes dans le domaine de la danse, notamment Casse-Noisette et Tommy.

L'histoire familiale et locale

BAnQ a procédé à l'acquisition de sept fonds d'archives témoignant de la vie privée et professionnelle de membres de familles de différentes régions du Québec, soit la famille Vézina de Boischatel de la région de Québec ; la famille Fraser de Charlevoix ; la famille Marcoux de Beauport ; les familles Casgrain, Giasson et Labbé de la Seigneurie de Bonsecours dans la région de Rimouski ; la famille Lippé de Lac-Mégantic ; les familles Saint-Pierre, Dessaint et Ward de Kamouraska et de Chicoutimi ainsi que la famille Mackay-Papineau. Qu'il s'agisse de la correspondance familiale ou de photographies, ces documents, transmis d'une génération à l'autre, nous ramènent parfois à l'époque du Régime français. C'est le cas notamment de la famille Vézina, qui a su conserver durant neuf générations des documents sur la maison familiale qui servit de refuge en 1759 au général James Wolfe et à ses hommes à la veille de l'attaque de Québec par les troupes anglaises.

Ces quelques exemples de nouvelles acquisitions témoignent du dynamisme de BAnQ dans le domaine de l'acquisition d'archives privées au cours des dernières années. Le travail se poursuit auprès de donateurs potentiels, et de nombreuses acquisitions viendront très prochainement enrichir notre patrimoine archivistique. Le travail accompli n'aurait pas été possible sans l'apport d'individus et d'organismes qui ont accepté de partager leurs richesses avec l'ensemble de la communauté. Grâce à la contribution de personnes sensibilisées à la sauvegarde de notre patrimoine documentaire, BAnQ peut assurer la pérennité et l'accessibilité de ces précieux documents essentiels à la compréhension de la société québécoise.

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BAnQ bonifie son Programme de soutien à la recherche

par Sophie Montreuil
agente de recherche, Direction de la recherche et de l'édition

Depuis 2003, le Programme de soutien à la recherche de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) offre des bourses à des étudiants et à des chercheurs québécois et étrangers dont les travaux portent sur un aspect ou une composante des collections de l'institution. Avant de lancer, cet automne, la cinquième édition des concours du Programme, et afin de tenir compte des collections enrichies de la nouvelle entité créée par la fusion de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Québec (en janvier 2006), la Direction de la recherche et de l'édition a procédé à la révision des règlements du Programme. L'édition 2006-2007 est également marquée par le lancement d'une nouvelle série de documents promotionnels.

Les concours 2006-2007

L'enveloppe budgétaire annuelle du Programme de soutien à la recherche, qui atteint la somme de 70 000 $, a été bonifiée et réaménagée à la suite du retrait de la bourse postdoctorale. Une deuxième bourse est offerte aux étudiants à la maîtrise, et la valeur des bourses destinées aux chercheurs québécois a été augmentée. La version révisée du Programme permet dorénavant l'attribution de deux bourses doctorales d'une valeur de 12 500 $ chacune, de deux bourses de maîtrise de 9500 $, d'une bourse Relations France-Québec de 3500 $ et d'un montant de 10 000 $ réservé aux chercheurs étrangers. Une bourse additionnelle de doctorat ou de maîtrise peut en outre être décernée annuellement.

Les concours sont ouverts aux projets de recherche qui mettent à contribution les collections patrimoniales de BAnQ, y compris les collections localisées dans les neuf centres d'archives régionaux de l'institution. Les corpus qui s'offrent aux chercheurs comprennent les monographies, journaux et périodiques, les fonds d'archives (privées, gouvernementales, civiles et judiciaires), les collections musicales, les livres anciens, les affiches, estampes, cartes postales et photographies, les documents cartographiques, les plans d'architecture, les programmes de spectacles ainsi que les livres d'artistes et de bibliophilie. Tous les champs disciplinaires relevant des sciences humaines et sociales sont admissibles.

Les prochaines dates de tombée des concours sont le 15 novembre et le 1er mars. La description et les règlements complets du Programme sont accessibles sur le portail Internet de BAnQ, à www.banq.qc.ca. Les lauréats des concours 2005-2006 Neuf bourses ont été attribuées au terme de l'édition 2005-2006 des concours du Programme de soutien à la recherche. Florence Le Cam, docteure en histoire et communication publique de l'Université Laval, a obtenu la bourse postdoctorale (25 000 $) pour son projet de recherche sur la construction de l'identité des journalistes du Québec (XIXe-XXe siècle). Les deux bourses doctorales (10 000 $ chacune) ont été décernées respectivement à Timothy Pearson, doctorant en histoire à l'Université McGill, pour son analyse du rôle de l'hagiographie dans la société et la culture canadienne de 1640 à 1930, et à Mariloue Ste-Marie, doctorante en littérature à l'Université Laval, pour son édition critique des lettres de Gaston Miron (1949-1970).

La bourse de maîtrise (7500 $) a été attribuée à Gabrielle Demers, étudiante en littérature à l'UQAM, pour son étude du recueil Le vierge incendié de Paul-Marie Lapointe. Une mention honorable a été décernée par le jury à Alain Couillard, étudiant en histoire à l'UQAM, pour son projet sur les Notions élémentaires de physique de Joseph Cauchon, premier manuel de physique publié au Québec. Catherine Briand, doctorante en littérature comparée à l'Université Laval et à l'Université Paris IV-Sorbonne, a obtenu la bourse Relations France-Québec (2500 $) pour son analyse des scènes de rencontre dans les récits de voyage en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Catherine Briand a en outre reçu une mention honorable dans le cadre du concours doctoral.

L'enveloppe de 10 000 $ destinée aux chercheurs étrangers a été partagée en quatre bourses. L'institution a été très heureuse d'accueillir en ses murs, au cours de la dernière année, Jean-François Botrel, professeur émérite de l'Université Rennes 2-Haute Bretagne, Geneviève Chovrelat, professeure à l'Institut universitaire de technologie de Belfort-Montbéliard, Serge Jaumain, professeur responsable du Centre d'études canadiennes de l'Université Libre de Bruxelles, et Hans-Jürgen Lüsebrink, professeur à l'Universität des Saarlandes.

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Des dizaines de millions de pages de ressources d'intérêt généalogique en ligne sur Internet

par Alain Boucher,
directeur des projets spéciaux en technologies de l'information

Que ce soit à titre professionnel ou comme activité de loisir, la généalogie intéresse des millions de personnes dans le monde. Au Québec, on compte un grand nombre de sociétés d'histoire et de généalogie, regroupées au sein de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie. Avec la collaboration de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la Fédération tient à jour le Portail de la généalogie québécoise (www.portailgenealogie.qc.ca), qui renseigne notamment sur les multiples ressources documentaires accessibles aux chercheurs.

Parmi ces ressources, les documents d'archives occupent une place primordiale : registres d'état civil, actes notariaux, recensements, archives administratives et judiciaires sont les sources premières de la recherche généalogique. Au Québec, BAnQ est la principale détentrice de ces documents, qui représentent des dizaines de millions de pages de texte.

Rendre ces vastes ressources disponibles pour les chercheurs est une préoccupation qui ne date pas d'hier. Jusqu'à une époque récente, la reproduction sur microfilm constituait la meilleure façon de diffuser ces documents. De nos jours, la numérisation et la mise en ligne sur Internet permettent de les rendre accessibles à tous les intéressés, peu importe où ils se trouvent.

Pour réaliser leurs objectifs de diffusion, les Archives nationales du Québec avaient conclu en 1988 une entente avec la Société généalogique de l'Utah (SGU) portant sur le microfilmage de huit millions de pages d'actes notariaux. Cette entente a été renouvelée par la suite pour couvrir d'autres types de documents. Depuis 2005, la numérisation a remplacé le microfilmage. C'est ainsi que, tout récemment, BAnQ a reçu de la SGU 360 000 fichiers numériques couvrant les Tutelles et curatelles du district de Québec de 1638 à 1930.

Fondée en 1894, la Société généalogique de l'Utah (www.gensocietyofutah.org) est un organisme à but non lucratif affilié à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (www.mormon.org). Elle a commencé ses travaux de microfilmage de documents d'intérêt généalogique en 1938. Active dans plus de 100 pays, elle conserve dans ses voûtes à Salt Lake City pas moins de 2,3 millions de bobines de microfilm (plus de 2 milliards de pages). La richesse de ses collections et son savoir-faire en matière de préservation du patrimoine généalogique mondial lui ont valu maintes distinctions.

En août 2006, BAnQ a résolu de conclure une nouvelle entente avec la Société généalogique de l'Utah, portant notamment sur la numérisation de deux ensembles très importants de documents : les actes notariaux de toutes les régions du Québec (35 millions de pages) et les registres de l'état civil jusqu'à 1900 (14 millions de pages). La SGU va réaliser la numérisation à partir des microfilms existants ou des documents originaux sur papier, dans les centres d'archives de BAnQ. Ces ressources seront accessibles sur le portail de BAnQ, par l'entremise de l'outil de recherche PISTARD-Archives. L'entente autorise également la SGU à conserver une copie des fichiers numériques, à les utiliser à des fins de compilation d'outils de recherche et à y donner accès.

L'entente conclue entre BAnQ et la Société généalogique de l'Utah a un caractère ouvert : d'un commun accord, les parties pourront étendre leur coopération à d'autres ensemble de documents d'intérêt généalogique. Il ne fait pas de doute que ce vaste projet de numérisation va réjouir tous les professionnels et amateurs de généalogie au Québec.

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Rabelais à la Grande Bibliothèque

par Claudine Jomphe
agente de recherche, Direction de la recherche et de l'édition

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) accueillait à la Grande Bibliothèque, du 27 au 31 août dernier, le colloque Rabelais ou « Les adventures des gens curieulx » : L'hybridité des récits rabelaisiens,organisé en partenariat avec BAnQ par Diane Desrosiers-Bonin, titulaire de la chaire Dawson en études de la Renaissance de l'Université McGill, Claude La Charité, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire de l'Université du Québec à Rimouski, et Renée-Claude Breitenstein, de l'Université McGill. La conférence inaugurale, ouverte au grand public, a été prononcée par Antonine Maillet, fine connaisseure de l'œuvre du grand auteur français depuis ses recherches doctorales, publiées sous le titre de Rabelais et les traditions populaires en Acadie (PUL, 1971). La femme de lettres acadienne a témoigné de son affection profonde pour cette œuvre, qui lui a inspiré une pièce de théâtre, Les Drôlatiques, horrifiques et épouvantables aventures de Panurge, ami de Pantagruel d'après Rabelais (Leméac, 1983). Ravi, le public a découvert, dans le langage acadien et dans la verve de madame Maillet, l'héritage toujours vivant de Rabelais, son verbe foisonnant et son inventivité entremêlant aux plus joyeuses facéties des trésors de science et de sagesse.

Quelque 125 participants se sont réunis par la suite pour entendre cinq conférences magistrales et plus de 60 communications scientifiques prononcées par des spécialistes québécois, canadiens, européens et américains. L'hybridité de l'œuvre de Rabelais a été étudiée sous des angles multiples : dans ses dimensions linguistiques, poétiques et rhétoriques ; sous l'angle de l'amalgame des genres et des sources littéraires ; du point de vue des influences philosophiques, théâtrales et musicales ; dans la perspective des rapports entre fiction et histoire, musique, religion et science ; et ainsi de suite. Les actes de ce colloque seront publiés en deux volumes chez Droz, à Genève, dans la collection Études rabelaisiennes.

En guise de conclusion à cet événement scientifique, BAnQ a offert aux participants au colloque ainsi qu'au grand public un après-midi consacré au patrimoine documentaire ancien. Invité spécial de BAnQ, Gilles Gudin de Vallerin, directeur des Médiathèques de Montpellier Agglomération, a présenté la Collection Rabelais de cette institution, qui comprend plus de 700 volumes dont de nombreuses éditions illustrées, des plus anciennes aux plus modernes, des plus familières (on songe aux illustrations célèbres de Gustave Doré et, plus récemment, d'André Derain) jusqu'aux plus rares (tel cet épisode du Quart Livre, « Comment parmi les paroles gelées, Pantagruel trouva les mots de gueule », illustré de papier découpé par l'artiste Béatrice Coron). Trois communications permettaient ensuite au public de découvrir les collections anciennes de BAnQ ainsi que ses travaux de recherche sur le corpus des imprimés antérieurs à 1800 au Québec. Michel Brisebois, spécialiste des livres anciens, a illustré, à partir des collections de BAnQ, l'évolution de la page de titre dans les ouvrages imprimés au XVIe siècle. Evelyn Kolish, spécialiste des archives judiciaires, a brossé un vivant tableau de la très riche collection institutionnelle d'archives de la Nouvelle-France. Elle a présenté le projet Nouvelle-France : horizons nouveaux, qui permet au public de consulter ces archives historiques en ligne, ainsi qu'un projet de recherche qui s'appuie également sur ces archives pour analyser l'évolution du français québécois. La dernière communication a permis de découvrir les travaux de recherche de l'institution sur les fonds documentaires des communautés religieuses du Québec et sur les imprimés antérieurs à 1800 présents sur le territoire québécois, dans le cadre d'un partenariat avec deux chaires universitaires. La présidente-directrice générale de BAnQ, madame Lise Bissonnette, a présenté ce dernier après-midi en soulignant l'importance de la collaboration entre les chercheurs et les spécialistes de milieux documentaires ainsi que la complémentarité de leurs expertises.

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Un centre d'archives sur la route des navigateurs

par Donald O'Farrell, archiviste
Centre d'archives du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Les neuf centres d'archives de BAnQ

La Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec offre ses services sur tout le territoire québécois grâce à un réseau de neuf centres régionaux. Cette série qui s'étendra sur plusieurs numéros vous invite à découvrir l'histoire particulière de chacun de ces centres, de même que les fonds et collections qu'ils conservent.

Le Centre d'archives du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, situé à Rimouski, est né de la régionalisation amorcée par les Archives nationales du Québec au milieu des années 1970. Il a été inauguré à l'automne 1979 et s'est immédiatement vu confier la responsabilité d'assurer la conservation et la mise en valeur du patrimoine archivistique baslaurentien et gaspésien, et ce, à l'échelle d'un vaste territoire s'étendant de La Pocatière jusqu'à Gaspé et aux Îles-dela- Madeleine.

Avec l'adoption de la Loi sur les archives en 1983, le mandat du Centre, jusque-là restreint aux archives historiques, s'est trouvé élargi de manière à assurer une gestion efficace des documents administratifs des organismes publics et à aider et conseiller les organismes du secteur privé dans leurs efforts de mise en valeur de leur patrimoine archivistique. De ces interventions sont nés des partenariats publics et privés dont les plus importants sont ceux réalisés avec les trois services d'archives privées agréés situés à La Pocatière, à Gaspé et aux Îles-de-la- Madeleine. Les différentes formes de partenariat mises en place visent à garantir la conservation du patrimoine archivistique privé et à permettre au plus large public possible d'y avoir accès.

Le Centre d'archives du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine conserve et met en valeur plus de 1380 mètres linéaires de documents textuels, près de 92 000 documents photographiques et 1200 documents cartographiques, 14 000 dessins d'architecture et d'ingénierie et dessins techniques et près de 300 heures d'enregistrements visuels et sonores. Plus de 255 mètres linéaires d'archives sont de provenance privée, alors que 1125 mètres linéaires sont d'origine publique.

Les archives privées qui y sont conservées témoignent de plus de 300 ans d'histoire et font état, notamment, du début du régime seigneurial dans le Bas-Saint-Laurent. Elles ont trait aussi aux arts et à la culture, à la politique provinciale et fédérale, à l'éducation, au mouvement coopératif, à l'industrie des pêches et à la présence amérindienne.

Pour leur part, les archives publiques témoignent de l'intervention de l'État dans les domaines du développement régional, de la culture, de l'emploi, de la sécurité publique et de la justice, des transports et de l'agriculture. Sauf exception, toutes ces archives sont accessibles et le personnel du Centre d'archives accueille les chercheurs dans la salle de consultation du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30.

Coordonnées

Édifice Louis-Joseph-Moreault
337, rue Moreault
Rimouski (Québec) G5L 1P4
Téléphone : 418 727-3500
Télécopieur : 418 727-3739
Courriel : anq.rimouski@banq.qc.ca

 

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