À rayons ouverts, no 69 (automne 2006)

Table des matières

Dossier : Les manuels scolaires


Une collection numérique de manuels scolaires québécois accessible sur Internet

par Alain Boucher
directeur des projets spéciaux en technologies de l'information

Souvent tirés à des centaines de milliers d'exemplaires, les manuels scolaires sont cependant peu présents dans les bibliothèques québécoises. En outre, les exemplaires qui subsistent sont fréquemment en mauvais état, témoignant de l'usage intensif qui en a été fait parfois par plusieurs générations d'élèves.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et la Bibliothèque de l'Université Laval possèdent les collections les plus riches de manuels scolaires québécois. Rendre ces ressources accessibles au plus grand nombre étant un objectif partagé par les deux institutions, une entente a été conclue en février 2006 pour en réaliser la numérisation et les offrir en texte intégral sur Internet.

Choisir, parmi les quelque 20 000 manuels publiés depuis le XVIIIe siècle, un premier ensemble de documents à numériser constituait la première étape à franchir pour mettre en œuvre le projet. BAnQ et la Bibliothèque de l'Université Laval se sont rapidement entendues pour en fixer le cadre dans le temps, soit du XVIIIe siècle à 1964, année de création du ministère de l'Éducation du Québec.

Il fallait aussi s'entendre sur un domaine à couvrir. En raison de son caractère fondamental pour la formation des jeunes, c'est l'enseignement du français qui a d'abord été retenu. Les manuels de base en cette matière sont très nombreux, comme d'ailleurs ceux qui concernent les différents aspects du sujet (grammaire, orthographe, lecture, écriture, etc.).

Bien des manuels ont eu une longue durée de vie et connu de multiples éditions. Pour s'en tenir à l'essentiel, il a été décidé de numériser la première édition de ces titres ou, à défaut, l'édition la plus ancienne disponible. Au final, ce sont quelque 700 manuels qui seront numérisés et mis en ligne sur Internet au cours des prochains mois.

BAnQ assure la numérisation en mode image des manuels. Un premier lot de 216 titres a entraîné la numérisation de 44 000 pages ; l'ensemble du projet atteindra 150 000 pages. À partir de ces fichiers numérisés (format TIFF), la Bibliothèque de l'Université Laval réalise la lecture optique des pages et produit des fichiers en mode texte, ce qui rendra possible la recherche de mots ou d'expressions dans les manuels.

L'entente entre BAnQ et la Bibliothèque de l'Université Laval prévoit que les manuels seront accessibles de deux manières sur Internet. Sur le portail de BAnQ (www.banq.qc.ca), les manuels s'ajouteront à la Collection numérique, dans la section « À lire », déjà riche d'une vingtaine de collections de livres, de revues, de journaux et d'autres documents imprimés ou manuscrits. Sur le site de la Bibliothèque de l'Université Laval, on pourra accéder aux manuels par l'intermédiaire de la banque de manuels scolaires québécois MANSCOL (www.bibl.ulaval.ca/ress/manscol/), constituée par le chercheur Paul Aubin.

Cette expérience de collaboration fructueuse aura sans doute des suites. Après le français, nombreuses sont les matières susceptibles d'intéresser un large public : l'histoire et la géographie, les sciences et les techniques, l'économie domestique, etc. Tout un programme, dont la réalisation s'étendra sur quelques années.

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Les archives de l'éducation au Centre d'archives de Québec : une mémoire d'une richesse insoupçonnée

par Pierre Louis Lapointe
archiviste et historien, Centre d'archives de Québec

Le patrimoine scolaire du Québec est multiple et varié : la notion englobe les bâtiments, les objets et, surtout, le patrimoine documentaire, qu'il s'agisse d'imprimés ou d'archives. Il nous apparaît d'autant plus indispensable de sauvegarder ce dernier qu'il permet la réécriture de l'histoire de l'éducation et, le cas échéant, la reconstitution du patrimoine bâti et des objets de tout ordre qui se rattachent à la pratique de l'enseignement.

Les sources de ce patrimoine documentaire sont multiples et se retrouvent à plusieurs endroits, entre autres dans les dépôts d'archives des communautés religieuses enseignantes, dans ceux des diocèses catholiques, des grandes églises chrétiennes non catholiques – et en particulier dans les rapports annuels publiés à l'occasion de leurs assises annuelles – et des commissions scolaires. Les dépôts qui conservent des fonds d'archives d'enseignants, d'inspecteurs d'écoles, de fonctionnaires de l'éducation, d'anciens commissaires ou syndics d'écoles et d'hommes politiques qui ont trempé de près ou de loin dans ce secteur d'activité en contiennent aussi. À tous ces dépôts s'ajoute Bibliothèque et Archives Canada (BAC), où les chercheurs qui s'intéressent à la genèse de l'instruction publique dans le Bas-Canada des années 1792 à 1842 trouveront des documents utiles à leurs recherches.

Cela dit, de tous les dépôts d'archives qui possèdent des documents se rapportant à l'éducation, un seul, soit le Centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), mérite le titre de ressource documentaire «  incontournable » sur l'enseignement et l'éducation au Québec. En effet, il regroupe des fonds d'archives touchant de près ou de loin à la question de l'éducation dont le nombre, l'importance et la nature très diversifiée impressionnent. En plus de celui du ministère de l'Éducation, le chercheur a tout intérêt à parcourir les instruments de recherche qui décrivent les riches fonds énumérés dans l'encadré de la page 21.

Les fonds d'anciens ministres de l'Éducation tels Pierre- Joseph-Olivier Chauveau (P41), Jean-Jacques Bertrand (P669), Jacques-Yvan Morin (P656), Camille Laurin (P706), Michel Pagé (P627), Claude Ryan (P558) et Jean Garon (P763) sont porteurs d'interprétations différentes au même titre que le fonds du premier ministre Jean Lesage (P688), dans lequel se retrouve la trace de débats insoupçonnés sur la question du futur «  ministère » de l'Éducation.

À tous ceux-là s'ajoutent les non moins précieux fonds d'anciens hauts fonctionnaires et inspecteurs d'écoles qui livrent une vision des choses trop souvent occultée par les porteurs de rectitude politique. Soulignons entre autres les fonds Charles-Joseph Magnan (P169), Jean-Charles Magnan (P456), J.-Wilfrid Caron (P495), Albert Roberge (P496), Harold Graham Young (P500), François Lafleur (P636), Léonce Pelletier (P761) et Élisée Goulet (P784).

Quant au fonds du ministère de l'Éducation du Québec (E13), auquel sont intégrées les archives de l'ancien département de l'Instruction publique et de l'éphémère ministère de la Jeunesse, il permet à lui seul de reconstituer l'essentiel de l'histoire et de l'évolution du système d'éducation du Québec. Corpus documentaire d'une richesse insoupçonnée, ce fonds d'archives regroupe les lettres reçues et expédiées par le département de l'Instruction publique (1842- 1967), les rapports des inspecteurs d'écoles, les procès-verbaux des réunions des comités catholique et protestant du Conseil de l'instruction publique et de leurs divers sous-comités ainsi que les commentaires et les directives du surintendant de l'Instruction publique aux autorités locales. À ces archives antérieures à la création du ministère de l'Éducation s'ajoute une quantité de séries documentaires représentatives de l'énorme bureaucratie centralisatrice qui est mise en place par Arthur Tremblay, Paul Gérin-Lajoie et leurs émules de la «  Grande Révolution tranquille »! Cette masse de plus de 2300 mètres linéaires de documents textuels, de photographies, de films, de plans et d'archives sonores est une source inépuisable pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'éducation, voire à l'évolution culturelle du Québec.

Pour se retrouver dans cette masse documentaire, il faut faire appel aux nombreux instruments de recherche anciens et nouveaux préparés par des générations d'archivistes. Au cœur de ces outils de recherche se trouve PISTARD, le guide général informatisé de l'ensemble des fonds et collections conservés au Centre d'archives de Québec et dans les huit autres centres d'archives de BAnQ. Lui seul permet de retracer l'adresse de la boîte ou du registre, voire du dossier ou de la pièce d'archives repérés grâce à un des nombreux autres instruments de recherche spécialisés, et de remettre au chercheur les documents qu'il convoite.

Parmi ces derniers instruments de recherche, aucun ne peut remplacer les index de la correspondance reçue du département de l'Instruction publique, qu'il s'agisse de l'index des municipalités scolaires ou de l'index des noms de personnes et des sujets. Les dossiers numérotés ainsi constitués regroupent les lettres et documents reçus et le plus souvent les réponses expédiées par le surintendant de l'Instruction publique ou son personnel. Ces index microfilmés sont disponibles dans chacun des neuf centres d'archives de BAnQ. Ils constituent autant de portes d'entrée pour découvrir les archives textuelles du département de l'Instruction publique. Ils permettent d'identifier les dossiers susceptibles d'éclairer le sujet de notre recherche. Il s'agit ensuite de repérer ces dossiers au sein des divers versements du fonds du ministère de l'Éducation, démarche décrite avec force détails dans notre article «  Les archives de l'éducation aux Archives nationales du Québec : une mémoire incontournable1 ».

Bien que le repérage des dossiers puisse parfois présenter certaines difficultés, de nombreux chercheurs ont été en mesure de mener à bien des projets de recherche stimulants et novateurs dans le domaine de l'histoire de l'éducation grâce aux richesses documentaires de ce fonds d'archives. Il en va ainsi de Paul Aubin pour le manuel scolaire, de Martial Dassylva pour la genèse des cégeps, de Mélanie Lanouette pour le secteur catholique de langue anglaise et de Roderick MacLeod et Mary Anne Poutanen pour l'enseignement protestant. De plus, des chercheurs amateurs et professionnels se servent de ce fonds d'archives pour écrire l'histoire scolaire de leur localité ou pour rédiger la biographie d'un inspecteur d'écoles ou d'une simple institutrice d'école de rang. Les généalogistes, quant à eux, s'intéressent à tous les renseignements nominatifs qui permettent d'étoffer leur connaissance de proches parents ou de personnages qui ont marqué la vie scolaire de ces derniers.

Cette brève présentation de la richesse patrimoniale archivistique du Centre d'archives de Québec de BAnQ dans le domaine de l'éducation saura, nous l'espérons, donner le goût de ce type de recherche aux jeunes historiens et chercheurs de la relève.

Fonds d'archives sur l'éducation à explorer

  • Secrétariat de la Province (E4)
  • Conseil exécutif (E5)
  • Ministère de la Culture et des Communications (E6), pour les conservatoires de musique et d'art dramatique et les écoles des beaux-arts et de la danse
  • Ministère de l'Agriculture (E9), pour les écoles d'agriculture et les instituts de technologie agricole
  • École normale Laval (E30) • Commission d'enquête sur la situation des écoles catholiques de Montréal (E111), 1926-1928, (Lomer Gouin)
  • Commission d'enquête sur les problèmes constitutionnels (E114), 1953-1956, (Thomas Tremblay)
  • Commission d'enquête sur l'enseignement au Québec (E116), 1961-1966, (Mgr Alphonse- Marie Parent)
  • Commission d'enquête sur le commerce du livre dans la province de Québec (E120), 1963, (Maurice Bouchard).

1 Dans Anik Meunier (dir.), Le patrimoine scolaire, sa sauvegarde et sa valorisation, Québec, Éditions Multimondes, 2006, p. 45-62.

 

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Une lecture sous surveillance

par Paul Aubin
co-commissaire de l'exposition 300 ans de manuels scolaires au Québec

L'apprentissage de la lecture est un acte libérateur : dorénavant, l'enfant peut, jusqu'à un certain point, se passer de l'adulte pour parfaire sa formation. Mais est-ce une libération sans condition? Dans la mesure où son développement intellectuel le lui permet, l'enfant peut-il tout lire en classe? En fait, c'est une liberté limitée et encadrée. On lui impose une première contrainte : il ne choisit pas ses manuels, cette décision relevant des autorités. Deuxième contrainte possible : les auteurs de manuels jouissent-ils de toute liberté pour écrire ce que bon leur semble dans les livres destinés à un usage scolaire?

Un premier signe d'un certain dirigisme apparaît au tout début du XVIIIe siècle. Alors que, en l'absence de toute imprimerie en Nouvelle-France, les manuels devaient forcément venir de la métropole, Mgr de Saint-Vallier, en 1703, rappelle un de ses devoirs à son grand vicaire chargé de la visite des paroisses du diocèse : il doit vérifier « s'il y a un Maître & une Maîtresse d'Ecole. [...] Si le Curé prend soin que les Enfans ne lisent point dans de mauvais livres [...]1. » Cent cinquante ans plus tard, Mgr Hubert fixe les conditions contractuelles liant le professeur qu'il engage pour la direction d'une école : « Il ne sera lûe [sic] dans la dite école que les livres nommés par mon dit Seigneur évêque2. » L'autorité religieuse se contente d'un droit de regard sur ce qui entre dans les écoles, et les instances civiles qui prennent le relais s'en tiennent à la même politique : les lois scolaires votées par le Parlement du Bas-Canada, en 1829 et en 1831, font obligation aux visiteurs d'écoles d'inclure, dans leur rapport, la liste des « livres dont on se sert », lesquels, évidemment, doivent être « convenables ».

Ce n'est qu'à partir de 1841 qu'on peut parler d'une véritable politique gouvernementale d'encadrement du manuel scolaire, avec la création du poste de surintendant de l'Instruction publique : celui-ci est chargé de veiller à ce que les administrations locales remplissent leurs obligations pour la gérance du monde scolaire, notamment celle de choisir les manuels autorisés dans les écoles. Vœu pieux dans bien des cas si on en croit certains inspecteurs d'écoles, qui se plaignent que les élèves utilisent en classe n'importe quel imprimé, y compris des journaux! Le premier détenteur du poste de surintendant au Bas-Canada, Jean-Baptiste Meilleur, admettait que son pouvoir était limité, davantage de l'ordre de la « recommandation » que de l'obligation. Aussi tente-t-on de remédier à cette situation avec la création du Conseil de l'instruction publique, en 1856, qui devra superviser les administrations scolaires locales et auquel on confie, entre autres responsabilités, celle « de choisir ou faire publier, avec telle approbation comme susdit, les livres, cartes et globes, dont on se servira à l'exclusion de tous autres dans les académies, les écoles modèles et élémentaires sous le contrôle des commissaires ou syndics ». Nous voilà donc avec un organisme central qui a la haute main sur le choix des manuels et qui, en outre, est formé pour moitié d'évêques à partir de 1875. Les conditions pour une surveillance stricte étaient réunies, d'autant plus que la loi de 1856 avait reconduit une provision enchâssée dans celle de 1846 où on avait confié le choix des livres d'école aux commissaires, « pourvu que le curé, prêtre, ou ministre desservant ait le droit exclusif de faire le choix des livres qui auront rapport à la religion et à la morale, pour l'usage des écoles des enfans [sic] de sa croyance religieuse ».

Rappelons, dans un premier temps, que tant que cet organisme sera en fonction, soit jusqu'en 1964, on ne publiera pas le moindre texte fixant les balises à respecter pour que les livres proposés reçoivent l'aval des autorités chargées de les accepter ou de les refuser. Il n'en demeure pas moins que le texte précité ouvrait la voie toute grande aux ingérences : un manuel peut-il ne pas avoir d'incidence morale ou religieuse? La question se pose une seule fois, en 1899, alors que le curé de l'Île-Verte, arguant de cette provision légale, tente d'imposer son choix pour le manuel d'histoire sainte. Le surintendant réfute les prétentions du pasteur en lui rappelant que son contrôle se limite aux livres de prière et aux catéchismes. Quelques très rares cas de véritable censure sont connus, et encore, on ne peut être certain que ce soit au nom de la religion.

Auteure de La lettre ou Leçons de style épistolaire à l'usage des écoles primaires (1890), Mlle A. Germain devra remplacer « les ridicules prénoms dans cette édition par des prénoms chrétiens3 ». Les frères des Écoles chrétiennes sont avertis « que la page 125 du quatrième livre renferme une poésie qu'il faudrait retrancher4 ». Sans savoir ce qu'on reproche exactement au texte incriminé – les bécots de « deux pigeons langoureux » ou la dizaine de vers consacrés au «bon gros porc anglais » –, les frères s'exécutent : le poème La basse-cour est remplacé par la fable Les animaux malades de la peste, qui a, entre autres avantages, celui d'occuper le même espace que le poème banni, évitant ainsi aux éditeurs le coût d'une nouvelle mise en page pour l'ensemble du livre. Edmond-Marie Templé, professeur et auteur de manuels pour l'enseignement du dessin, se fait également rappeler à l'ordre en 1886 : on estime que son « mémoire comprend des modèles qui ne sont pas acceptables ». L'abbé Légaré précise :

Son éminence [le cardinal Taschereau] m'a prié de vous rappeler que le Conseil de l'instruction publique voudrait que l'Apollon du Belvédère et la Vénus de Milo ne fussent pas parmi vos modèles, quoiqu'il ne s'agit nullement du dessin entier mais seulement du profil de la tête de chacun des sujets5.

Dans le Mémoire auquel on se réfère, Templé suggère de faire exécuter par les élèves, entre autres exercices, « Dessin de tête [...] 8. Apollon du Belvédère – 9. Vénus de Milo – 10. Jacques Cartier ». Seul ce dernier sujet est accompagné d'un dessin de l'auteur, mais la simple évocation des deux premiers a fait sursauter le censeur... Et Templé obtempère : « déférant au vœu qui lui a été exprimé, [il remplace] ces modèles par “Samuel de Champlain” et la “Vierge à la chaise” de Raphaël6 ».

Ces quelques cas connus de censure semblent bien l'exception, puisque, en contrepartie, on peut dresser la liste de centaines de manuels soumis à l'approbation qui passent comme lettre à la poste ou qui ne font l'objet d'interventions du Conseil que sur les aspects pédagogiques ou économiques : ou bien le manuel soumis ne correspond pas aux programmes ou bien il y en a suffisamment pour la discipline concernée.

À défaut de directives précises émises par le Conseil de l'instruction publique, auteurs et éditeurs pouvaient, et surtout devaient, se référer à une documentation fixant les balises pour la rédaction des manuels : les programmes publiés par la même instance. Alors qu'au départ ils ne contiennent que des directives strictement pédagogiques – description des notions que l'enfant doit comprendre dans la discipline concernée –, à partir de 1878, on y insère des commentaires qui sont décodés comme devant guider les producteurs de manuels. Ainsi, l'histoire de l'Antiquité ne sert pas qu'à meubler l'esprit ; selon le programme de 1905, les auteurs de manuels devront expliquer aux enfants « que les desseins providentiels [...] ont présidé à la succession des grands empires païens7 ». Le programme de 1923 pour l'histoire du Canada embrigade les auteurs sans leur laisser beaucoup de marge de manœuvre :

Le but [de l'histoire du Canada] est de faire connaître les faits caractéristiques qui donnent à notre histoire son cachet particulier ; et de faire aimer nos origines et notre pays. L'élève des écoles doit connaître son histoire pour en parler avec fierté ; il doit l'aimer pour conserver et défendre, suivant ses ressources, l'héritage reçu des ancêtres8.

Aux autorités auxquelles revient le pouvoir de décider ce qui est interdit dans les livres ou ce qu'on doit obligatoirement y trouver, s'ajoutent des groupes de pression qui tentent de les influencer. La politique d'approbation des manuels vient tout juste de connaître, en 1860, une première application qu'une querelle importée de France soulève les passions dans le monde des collèges classiques. S'inspirant de la croisade de Mgr Gaume, l'abbé Alexis Pelletier, professeur au séminaire de Québec, part en guerre contre l'utilisation des auteurs païens pour l'enseignement du latin ; selon lui, dans l'éventualité où on ne pourrait pas s'en passer, il faudrait qu'ils soient « parfaitement expurgés9 ». Tentative avortée – l'abbé est expulsé du séminaire et son évêque lui interdit de publier sur ce sujet –, mais qui n'en montre pas moins que des groupes ou des individus s'essaient, eux aussi, au contrôle de l'imprimé utilisé en classe.

Minoritaires, les anglo-protestants s'inquiètent du traitement qu'on leur réserve dans les manuels destinés à la majorité franco-catholique. Principal de l'Université McGill, John William Dawson se plaint de l'« anglophobia10 » dont fait preuve un livre de lecture des frères des Écoles chrétiennes, mais il est heureux d'ajouter que les éditeurs lui ont promis que le passage incriminé disparaîtra des rééditions subséquentes. Des parents aussi veillent au grain : à Coaticook, en 1865, on se plaint que l'institutrice fait lire la Bible aux enfants catholiques, pratique propre aux seuls protestants ; le problème se règle de lui-même par le départ de l'institutrice pour cause de maladie. Des inspecteurs d'écoles ont également leur mot à dire. Dans la foulée de la contestation des thèses darwiniennes, Bernard Lippens s'insurge, en 1884, contre l'approbation, par un organisme où siègent les évêques, d'une grammaire française importée de France, qu'il juge « athée ; contrairement à ce qu'on y enseigne, le langage n'a pas évolué, mais l'homme a reçu de Dieu un langage formé11 ». Le brave homme en est quitte pour ses frais : le sous-comité où siègent deux évêques maintient l'approbation contestée.

Les minorités religieuses constituent d'importants et efficaces groupes de pression. En 1903, au nom de la liberté de conscience, les Juifs font enchâsser dans une loi leur droit au refus de certains manuels :

Néanmoins, aucun élève de croyance judaïque ne pourra être contraint de lire ou d'étudier dans aucun livre religieux ou de dévotion, ni de prendre part à aucun exercice religieux ou de dévotion auquel s'objectera le père, ou à son défaut, la mère, ou le tuteur, ou la personne qui a la garde ou le soin de cet élève12.

Des éditeurs se révèlent plus chatouilleux que les instances gouvernementales. Le programme de 1905 a beau prévoir l'étude d'auteurs comme Voltaire ou Victor Hugo, les sœurs de la Congrégation de Notre- Dame mettent leurs élèves en garde :

Cependant nous tenons à prémunir nos élèves contre certains de ces auteurs dont nous n'entendons nullement, par ces citations, recommander la lecture. Si Voltaire, J. J. Rousseau, V. Hugot [sic], G. Sand et quelques autres ont habilement manié la langue française, par contre, leurs ouvrages pour la plupart impies et immoraux ne sont pas de ceux qu'une femme puisse lire sans danger.

Des parents contestent à leur tour, cette fois-ci ouvertement, le choix de manuels approuvés. Dans un mémoire présenté à la commission Parent, ils demandent ni plus ni moins que l'abandon des recueils de la Bonne chanson de l'abbé Gadbois,

répertoire aussi inégal que varié qui va du plus riche folklore (« J'ai cueilli la belle rose ») aux plus susurrantes bluettes sentimentales (« Il faut croire au bonheur », « La rose effeuillée ») en passant par des chants patriotiques d'un goût douteux, au style ampoulé, dont la pauvreté musicale n'a d'égale que la pauvreté littéraire (« Gloire aux aïeux », « Hymne à Dollard », « René Goupil à sa mère », etc.)13.

Entre quelques cas d'interdictions souhaitées par les représentants des usagers – les premiers usagers, les enfants, étant évidemment trop jeunes pour qu'on leur demande leur opinion – et un dirigisme étatique plutôt discret, force est d'admettre qu'auteurs et éditeurs ont joui sous le règne du Conseil de l'instruction publique, particulièrement en ce qui concerne un éventuel contrôle de l'État, d'une liberté de manœuvre relativement grande.

La création du ministère de l'Éducation, qui remplace le Conseil de l'instruction publique, coïncide avec des mutations profondes de la société québécoise. De nouvelles voix tiendront de nouveaux discours dont les nouveaux décideurs, maintenant fonctionnaires sous la gouverne de l'appareil politique, devront tenir compte. On évaluera les nouveaux manuels à la lumière des nouveaux évangiles : le féminisme, la place et l'inclusion des minorités, la liberté d'orientation sexuelle. Aux programmes qui continuent toujours à définir ce qu'il faut enseigner et dans quel esprit, s'ajoute un nouveau type de documentation, destiné spécifiquement aux auteurs et éditeurs : les devis. Ceux-ci expliquent ce que doit contenir le manuel si on veut s'assurer qu'il corresponde au programme et qu'il ait conséquemment quelque chance d'être approuvé. Les devis sont parfois plus volumineux que les programmes dont ils découlent : le programme d'histoire du Canada de 4e secondaire de 1982 compte ainsi 67 pages, alors que le devis qui l'accompagne s'étend sur 119 pages.

La multiplicité des règlements engendre évidemment une augmentation de la bureaucratie : à quoi sert-il d'édicter des règlements si on ne prend pas les moyens de vérifier leur application? Ainsi, les devis sont accompagnés de guides destinés aux analystes chargés d'émettre un avis quant à l'opportunité ou non de décerner un certificat d'agrément au manuel proposé. Toujours en 1982, le Ministère publie, à l'intention de ses propres services, une Grille d'analyse des stéréotypes discriminatoires dans le matériel didactique imprimé, un document qui fait 160 pages et dans lequel rien n'est laissé au hasard. Au sujet des seules illustrations, on fournit aux analystes pas moins de 25 pages de directives et de tableaux à remplir pour justifier leur jugement :

L'analyse des personnages qui sont montrés dans une illustration comporte trois étapes. La première consiste à se familiariser avec le matériel d'évaluation. Le juge doit lire attentivement les consignes et les questionnaires destinés à l'analyse de ces personnages, examiner les différents tableaux. Dans une deuxième étape, le juge effectue un premier niveau d'analyse en compilant les données sur le nombre et les caractéristiques de personnages dans les illustrations. [...] Enfin, dans une troisième étape (voir le fascicule d'analyse qualitative), le juge procède à un deuxième niveau d'analyse qui consiste à évaluer de façon qualitative la manière dont les personnages sont représentés14.

Depuis l'interrogation de Mgr de Saint-Vallier en 1703, exprimée en termes très larges, jusqu'aux directives précises (tatillonnes, dirions-nous?) du récent ministère de l'Éducation, le manuel scolaire a évolué entre les deux approches traditionnelles de la censure, la prescription et la proscription. Souhaitons que les enfants n'en aient pas vu leur horizon rétréci.


1 Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, Rituel du diocèse de Québec, publié par l'ordre de Mgr de Saint-Val[l]ier, évêque de Québec, Paris, Simon Langlois, 1703, p. 393.

2 « Une école anglaise à Québec en 1792 », Bulletin des recherches historiques, vol. 31, no 1, p. 21.

3 Paul Aubin et Michel Simard, Les manuels scolaires dans la correspondance du Département de l'instruction publique 1842-1899 : inventaire, coll. Cahiers du GRÉLQ, Sherbrooke, Éditions Ex Libris, 1997, no 4, p. 196.

4 Paul Aubin, L'État québécois et les manuels scolaires au XIXe siècle, coll. Cahiers du GRÉLQ, Sherbrooke, Éditions Ex Libris, 1995, no 2, p. 34.

5 Marie-Louise Lefebvre, « Le discours sur la lecture dans la presse pédagogique à l'aube du XXe siècle », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 3, no 3, p. 384.

6 Ibid.

7 Michel Allard et Bernard Lefebvre (dir.), Les programmes d'études catholiques francophones du Québec : des origines à aujourd'hui, Montréal, Éditions Logiques, 1998, p. 207.

8 Ibid., p. 400.

9 David Gosselin, Les étapes d'une classe au Petit séminaire de Québec : 1859-1868, Québec, H. Chassé, 1908, p. 142.

10 John William Dawson, On Some Points in the History & Prospects of Protestant Education in Lower Canada: A Lecture Delivered by Principal Dawson before the Association of Teachers in Connection with the McGill Normal School, Dec., 1864, Montréal, J. C. Becket, 1864, p. 11.

11 Paul Aubin et Michel Simard, op. cit., p. 141.

12 Monique Lebrun, « L'image de la lecture dans les manuels québécois de 1900 à 1945 », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 3, no 3, p. 404.

13 Mémoire d'un groupe de parents à la Commission royale d'enquête sur l'éducation – Sujet : l'enseignement artistique dans nos écoles, s.l., s.é., [entre 1962 et 1966], p. 17.

14 Ministère de l'éducation du Québec, Direction générale du développement pédagogique, Direction du matériel didactique, Grille d'analyse des stéréotypes discriminatoires dans le matériel didactique imprimé, édition révisée, Québec, La Direction, 1982, p. 24.

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La Collection universelle de prêt et de référence : une ressource en éducation

par Isabelle Charuest, chef de service
Section des acquisitions et du développement de la Collection de prêt et de référence

Les élèves et les étudiants, qui sont bien accueillis parmi les clientèles de la Collection de prêt et de référence de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), viennent y chercher la documentation complémentaire à leurs manuels scolaires. Ils peuvent aussi puiser dans l'ensemble des ressources mises à leur disposition par BAnQ pour effectuer les recherches requises pour l'accomplissement de leurs travaux.

Ils y trouveront cependant peu de manuels scolaires, car ces derniers ne sont acquis que s'ils représentent un intérêt pour le grand public et qu'il n'existe pas de substitut disponible ; c'est le cas notamment dans le secteur scientifique, où la production courante d'ouvrages de vulgarisation est clairsemée. Le contenu de la documentation offerte par la Collection de prêt et de référence ne dépasse pas en général le premier niveau universitaire.

Par ailleurs, BAnQ développe présentement une nouvelle collection afin de répondre aux besoins des personnes qui cherchent à obtenir des attestations d'équivalence de niveau d'études québécois, particulièrement pour les gens qui veulent retourner aux études et les nouveaux arrivants. L'institution entend leur fournir la documentation qui leur permettra de se préparer aux tests menant à l'obtention des attestations.

Les étudiants peuvent aussi profiter des ressources de BAnQ pour s'entraîner aux divers tests menant à l'admission dans des programmes de formation au Québec ou à l'étranger, comme le Test Of English as a Foreign Language (TOEFL), un test normalisé pour l'évaluation des aptitudes de niveau universitaire en langue anglaise pour les personnes dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Le Graduate Management Admission Test (GMAT), qui permet de mesurer les habiletés pour les études en management, est également disponible. On peut consulter ces documents en version imprimée et en mode électronique.

Ce faisant, la Collection de prêt et de référence de BAnQ remplit son mandat de soutenir les personnes de tout âge qui accomplissent une démarche individuelle menant à parfaire leur éducation.

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Les manuels scolaires dans la Collection patrimoniale québécoise

par Louise Tessier
chef du service de la Collection nationale

Au sein de la Collection patrimoniale québécoise, les manuels scolaires figurent parmi les documents disponibles pour la recherche et la consultation dans la Collection nationale, située à la Grande Bibliothèque. Ce genre littéraire ne compte-t-il pas le premier livre à avoir été publié au Québec, soit le Catéchisme du diocèse de Sens, imprimé chez Brown et Gilmore en 1765? Dû à la plume de Mgr Jean-Joseph Languet, cet ouvrage fut utilisé dans le diocèse de Québec jusqu'en 1777, année de parution du Catéchisme à l'usage du diocèse de Québec. C'est l'un de ceux que l'usager peut consulter pour parfaire ses connaissances et revivre le passé dans ces sources d'information et de souvenirs que sont les manuels scolaires.

Une recherche rapide dans nos collections nous permet d'énoncer les chiffres suivants : plus de 16 000 notices s'apparentent à ce matériel pédagogique entendu au sens large, c'est-à-dire incluant des guides, des manuels, des recueils de problèmes et d'exercices ainsi que des corrigés.

Si la quantité de livres scolaires publiés est plus importante depuis les années 1950 (correspondant à plus de 14 300 de ces notices), quelque 272 documents ont été publiés avant 1900, alors qu'entre 1900 et 1949, on en compte seulement 1785.

Quelles sont les matières qui, par ordre d'importance, constituent ce corpus? Le français comme langue se classe bon premier. Les mathématiques suivent, puis les sciences sociales et les techniques, qui prennent une place non négligeable. L'anglais et la religion occupent aussi une place significative. Quel Québécois de la génération des baby-boomers ne se rappelle pas Mon premier livre de lecture ou la souris Trotte-Menu ou encore l'édition canadienne du Catéchisme catholique avec ses questions et réponses?

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a ainsi constitué, au fil des ans, une imposante collection de ce patrimoine documentaire. Acquis, reçu en don ou, plus récemment, soumis au dépôt légal, ce matériel provient entre autres de l'ancien département de l'Instruction publique, de maisons d'enseignement, de communautés religieuses, de particuliers et de maisons d'édition spécialisées. BAnQ conserve et rend disponible ce corpus pour la recherche. Depuis quelques années, des chercheurs ont manifesté de l'intérêt à l'égard de ces documents et ont entrepris de les retracer, de les identifier et de les regrouper, permettant ainsi la publication d'ouvrages de référence et de bibliographies que la Collection nationale met à la disposition de sa clientèle.

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L'édition récente de manuels scolaires : profil statistique

par Mireille Laforce, coordonnatrice de la section du dépôt légal
Direction des acquisitions de la Collection patrimoniale

La Section du dépôt légal de la Direction des acquisitions de la Collection patrimoniale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) publie les Statistiques de l'édition au Québec1 à partir des publications reçues en dépôt légal. Au fil des ans, ces statistiques nous permettent de tracer un portrait de l'évolution de l'édition québécoise. C'est en nous basant sur ces données que nous situons ici l'édition de manuels scolaires par rapport à l'ensemble de l'édition commerciale québécoise entre 1995 et 2005. Pour les besoins des statistiques de l'édition, un manuel scolaire se définit comme une monographie utilisée à des fins pédagogiques par les élèves du primaire et du secondaire.

L'édition de manuels scolaires se distingue à plusieurs égards de l'ensemble de l'édition commerciale. D'abord, la création des ouvrages est étroitement encadrée par la Loi sur l'instruction publique en vertu de laquelle le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS) établit un ensemble de critères que doivent respecter les ressources didactiques pour obtenir l'approbation du MELS et pouvoir ensuite être utilisées en classe. Aussi, le mode de distribution du manuel scolaire est très différent puisqu'il est vendu de l'éditeur directement à sa clientèle, les commissions scolaires, plutôt qu'en librairie et par l'intermédiaire de distributeurs.

Le marché

L'édition de manuels scolaires occupe une place non négligeable par rapport à l'ensemble du marché de l'édition. Ainsi, entre 1995 et 2005, le manuel scolaire a représenté environ 13 % des titres publiés par l'ensemble des maisons d'édition québécoises. Pendant cette période, une moyenne de 648 titres a été publiée annuellement. Il est intéressant de constater la hausse marquée entre 1999 et 2004, reflet sans conteste de l'implantation du nouveau programme de formation scolaire aux niveaux primaire et secondaire. Au cours de ces années, l'ensemble de l'édition commerciale québécoise connaissait une certaine hausse du nombre de titres, mais beaucoup moins prononcée que celle de l'édition scolaire. Le nombre de titres de l'édition commerciale se partage entre les livres et les brochures (publications comportant entre 5 et 48 pages). Ainsi, entre 1995 et 2005, 442 livres et 205 brochures ont été publiés en moyenne chaque année, ces dernières étant nettement en hausse par rapport au livre qui a dominé jusqu'à 2004. Pour l'ensemble du milieu de l'édition commerciale, le livre représente plus de 80 % de la production.

Tirage et prix de vente

Le tirage moyen des manuels scolaires a été plutôt stable pendant la période étudiée, oscillant autour de 3900 exemplaires pour les livres et de 3800 pour les brochures. Pendant la même période, l'ensemble de l'édition commerciale connaissait plutôt une tendance à la baisse des tirages (moyenne de 2830 exemplaires pour les livres et de 5536 pour les brochures).

Les manuels scolaires s'avèrent plus chers que les titres publiés par l'ensemble des maisons d'édition. Ainsi, pendant la période étudiée, la moyenne du prix de vente d'un manuel scolaire (livre) a été de 48,03 $ comparativement à 27,08$ pour l'ensemble de l'édition commerciale alors que les brochures se détaillaient à 12,72 $ par rapport à 10,26 $. Le prix du manuel de l'enseignant, habituellement plus élevé, peut expliquer la différence marquée du côté des livres.

Le grand public réalise peu l'importance de l'édition de manuels scolaires, peu connue en dehors du milieu de l'éducation. Comme dans d'autres secteurs, le niveau de concentration des entreprises a augmenté ces dernières années, laissant le marché du manuel scolaire dans les mains de moins de 10 éditeurs au Québec. Malgré les investissements importants que nécessitent ces publications, c'est l'un des secteurs de l'édition québécoise les plus vigoureux.


1 Les Statistiques de l'édition au Québec : publications reçues en dépôt légal ont été publiées pour les années 1968 à 2002. De nouvelles statistiques de l'édition basées sur l'année de publication (plutôt que sur l'année du dépôt légal) seront mises en ligne sur le portail de BAnQ à la fin de l'automne 2006. Les chiffres du présent article y renvoient.

 

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