À rayons ouverts, no 68 (été 2006)

Table des matières

Dossier : Numérisation


 

Le patrimoine documentaire du Québec à l'heure du virage numérique1

par Jacques Grimard
professeur agrégé, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, Université de Montréal

Que faire, à l'âge du numérique, de l'héritage documentaire sous format analogique accumulé depuis des décennies, voire depuis des siècles? Comment l'adapter ou le convertir de manière qu'il devienne pleinement utilisable par les citoyens du cyberespace?

C'est à ces questions complexes et à quelques autres de même envergure que se sont intéressés le 26 janvier 2006 une centaine de participants à la Journée de réflexion et d'échange sur les défis de la numérisation au Québec à laquelle les avait conviés la présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), madame Lise Bissonnette.

Venus de multiples horizons – institutions nationales, bibliothèques publiques, universitaires ou spécialisées, musées, institutions, centres ou services d'archives, centres de recherche et autres instituts spécialisés, etc. –, ils n'en ont pas moins soulevé des questions convergentes sur l'état des lieux en matière de numérisation, sur les normes de pratique et les standards technologiques, sur les questions de propriété intellectuelle et de droit d'auteur, sur les défis que posent la conservation, la diffusion et l'exploitation du format numérique et sur la coordination des programmes de numérisation et infrastructures d'échange.

Ils ne sont d'ailleurs pas seuls, ces années-ci, à s'interroger sur ces questions. Ainsi, du côté européen, on s'affaire depuis 2001, dans le cadre du projet Minerva, à se donner un cadre de coopération et de discussion entre États membres de l'Union européenne en vue d'harmoniser les activités de numérisation du patrimoine culturel et scientifique. Plus récemment, au printemps de cette année, Bibliothèque et Archives Canada menait des réunions thématiques – auxquelles participaient d'ailleurs des représentants du Québec – en vue de mettre en place une véritable stratégie pancanadienne sur l'information numérique. Quelques mois auparavant, en novembre 2005, l'Association des bibliothèques de recherche du Canada lançait le projet de numérisation ouverte du Canada, un véritable « programme coordonné et permanent visant à numériser les ressources de l'information et du savoir au Canada2 ». En avril dernier, à l'occasion d'un colloque sur la Numérisation des archives pour les utilisateurs, des spécialistes de Shanghai et de Montréal ont partagé leurs vues sur le contrôle de qualité, sur les techniques d'archivage, sur la diffusion et l'utilisation des documents numérisés, tous sujets proches des questions soulevées partout ailleurs dans le monde.

C'est qu'ici comme ailleurs, nous en sommes à l'heure des bilans, après une décennie d'exploration au cours de laquelle de nombreux projets de numérisation du patrimoine documentaire ont vu le jour, ainsi qu'en témoignent l'état préliminaire des lieux dressé par la Bibliothèque nationale du Québec aussi bien que les exemples mentionnés par les participants dès le début de cette Journée de réflexion tenue à Montréal en janvier. C'est à un véritable exercice de reconnaissance des acquis et d'identification des voies de l'avenir que se sont livrés par la suite les conférenciers, les acteurs et les observateurs de l'événement. Retour sur leurs propos et sur ce qu'il faut en retenir.

Premier constat : jusqu'ici on a fait beaucoup dans la multiplicité tant par le nombre et la variété des organisations qui se sont investies dans la numérisation du patrimoine documentaire que par la diversité des documents numérisés. L'inventaire préliminaire réalisé par la Bibliothèque nationale du Québec et présenté par madame Lise Bissonnette confirme ce foisonnement des initiatives. Le temps est venu de tirer les leçons utiles de ces multiples expériences : de pérenniser cet inventaire et de le mettre à jour régulièrement; de se doter d'une politique ou d'une stratégie de numérisation qui établisse les principes et les critères de choix des projets et qui en détermine le cadre d'allocation des ressources ; d'adopter des pratiques qui garantissent la cohérence de l'action dans ce vaste chantier de conversion du patrimoine documentaire ; et, enfin, d'agir en concertation.

Deuxième constat : les initiatives et essais de numérisation lancés jusqu'ici l'ont été en vertu de protocoles techniques variés et selon des exigences diverses aux plans des fonctionnalités et des critères de qualité. Pour monsieur Guy Teasdale, directeur des Services de soutien et de développement à la bibliothèque de l'Université Laval, l'établissement des critères de qualité d'application générale est devenu une urgente nécessité. Ici, point n'est besoin de réinventer la roue. Ces critères peuvent en effet prendre appui sur les langages, les formats et les standards existants dont il y aurait lieu par ailleurs de dresser un inventaire. Cependant, ces critères ne sauraient être définis sans qu'il soit tenu compte des attentes des utilisateurs et de leurs modes d'utilisation des documents numérisés. De plus, le foisonnement actuel et le niveau de méconnaissance en matière de technologies numériques inquiètent à juste titre les acteurs qui souhaitent ici voir Bibliothèque et Archives nationales du Québec jouer le rôle d'organisme de référence et de soutien en matière de collecte, d'analyse et de partage de l'information sur les normes technologiques et offrir des sessions de formation en ce domaine.

Troisième constat : les projets ne sont pas nécessairement menés en pleine connaissance de cause quant aux droits des créateurs des œuvres sélectionnées pour fins de numérisation. Or, rappelle maître Ghislain Roussel, secrétaire général et directeur des affaires juridiques à BAnQ, la Loi sur le droit d'auteur protège l'expression d'une œuvre et son support et accorde des droits exclusifs au créateur quant à la propriété et à l'intégrité de l'œuvre et quant à sa conservation, à sa reproduction et à sa diffusion. Il y a donc lieu d'être prudent dans le choix des œuvres à numériser et de s'assurer du respect de ces droits. L'application de la loi fait cependant problème parce qu'il est souvent difficile de retracer les détenteurs de droits et parce que la notion d'utilisation équitable – inscrite dans la loi au titre d'exception à la protection du droit des créateurs – demeure largement matière à interprétation. Nul doute que l'établissement d'un registre des ayants droit – pour peu qu'on puisse les localiser – faciliterait l'identification et le repérage des créateurs ou détenteurs de droits. Mais c'est plutôt du côté des modifications à apporter éventuellement à la loi qu'il faut regarder. Il faut en effet espérer qu'on parviendra à y définir un nouvel équilibre entre le droit légitime des créateurs à la protection de leurs travaux et ceux non moins légitimes des gardiens de ces œuvres chargés de leur conservation et de leur diffusion et des utilisateurs désireux de les connaître et d'en faire usage à des fins d'étude, de recherche ou d'enseignement.

Quatrième constat : l'Internet a tout bouleversé en matière de communication des documents et de démocratisation de l'accès à l'information. D'autant plus que les technologies de l'information et de la communication – les TIC – permettent maintenant de développer des moteurs de recherche adaptés à différents profils d'utilisateurs, capables d'explorer les textes, les images et les sons et d'y donner un accès intégré. Pour monsieur Robert Saint-Jean, directeur général des technologies de l'information et des télécommunications à BAnQ, rendre une collection numérique accessible à long terme comporte un certain nombre d'exigences de base dont la numérisation elle-même ne représente qu'un aspect. Il faut aussi archiver le document numérisé sous un format de conservation approprié, y associer les métadonnées descriptives, techniques et administratives nécessaires à l'accès, mettre en place un système de sécurité qui permette de gérer cet accès et exercer un contrôle continu sur la qualité du résultat. Or, tout cela coûte cher et exige des expertises particulières que bien peu d'organisations chargées de la gestion du patrimoine documentaire peuvent se permettre de financer – surtout quand on sait qu'il faut prévoir 20% des ressources pour assurer le maintien, le renouvellement et l'entretien de l'infrastructure technologique. Devant l'ampleur et les coûteuses exigences du défi, la dispersion des énergies doit être évitée. C'est du côté des infrastructures communes, des partages d'expertises et de ressources, des partenariats régionaux et locaux qu'il faudra dorénavant chercher les solutions.

Cinquième constat : l'action concertée, la coordination et les partenariats ne viendront pas seuls. Il faudra une institution forte, tant par ses ressources que par son expertise, qui sache prendre le leadership d'un mouvement géré de manière stratégique. Ainsi que l'ont exprimé les participants à madame Diane Polnicky, directrice générale des bibliothèques de l'Université du Québec à Montréal, BAnQ semble toute désignée pour jouer ce rôle de chef de file, pour réaliser l'inventaire permanent des projets de numérisation et des collections numérisées, pour piloter la réflexion sur la normalisation des procédés et des pratiques et pour rassembler les acteurs, qu'ils viennent du monde des bibliothèques, de celui des archives ou encore de l'univers des musées.

Dans les faits, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, pour reprendre les termes de sa présidente-directrice générale, accueille avec confiance les demandes qui lui sont faites d'assurer la continuité de la réflexion amorcée le 26 janvier 2006 et d'assumer une forme de coordination qui reste à définir. Pour l'heure, elle prend en charge l'inventaire des actions de numérisation et prévoit dans un avenir rapproché d'autres journées de travail au cours desquelles pourront être abordées des questions cruciales parmi lesquelles les critères de choix, la validation des normes, le financement des projets et le partage des connaissances et de l'expertise.


1 Ce texte constitue, pour une large part, une version abrégée du Rapport sur la Journée de réflexion et d'échange sur les défis de la numérisation au Québec tenue aux Archives nationales du Québec à Montréal, le 26 janvier 2006, mars 2006, 25 p.

2 Lire à ce sujet : Alain Roberge, « Numérisation et concertation », dans Nouvelles de l'ASTED, vol. 25, no 1, janvier-mars 2006, p. 1-2. Visiter également les sites ou pages Web suivants : Minerva à http://www.minervaeurope.org/; Bibliothèque et Archives Canada / Vers une stratégie canadienne sur l'information numérique à http://www.collectionscanada.ca/scin/index-f.html; Association des bibliothèques de recherche du Canada à http://www.carl-abrc.ca/.

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La numérisation de documents : aspects technologiques

par Alain Boucher
directeur des projets spéciaux en technologies de l'information

Rendre disponibles en grand nombre des documents numérisés sur Internet suppose une solide infrastructure technologique, tant sur le plan informatique que sur le plan des télécommunications. Mais, au point de départ, il faut numériser ces documents. Voici un aperçu des techniques que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) emploie pour réaliser cette étape essentielle.

Mis à part le cas des documents audiovisuels (enregistrements sonores, vidéo), la numérisation se ramène à traduire en images informatiques les documents originaux, qu'ils soient sur papier ou sur microfilm. Des normes et des usages recommandés existent dans ce domaine et BAnQ les respecte. D'une façon générale, on procède d'abord à la création d'une image de haute qualité, destinée à l'archivage sous un format universel qui en garantit la pérennité (format TIFF, généralement à 300 bits par pouce). Partant de cette image, on peut produire ensuite les fichiers qui seront utilisés pour la diffusion sur Internet (le plus souvent, en format PDF ou JPEG).

BAnQ dispose, à son Centre de conservation (rue Holt, à Montréal) et à son Centre d'archives de Québec, de laboratoires de numérisation qui permettent de réaliser les travaux courants. Toutefois, tous les travaux de numérisation à grand volume sont confiés à une entreprise dont les services ont été retenus à la suite d'un appel d'offres public. Cette approche permet de tirer parti des technologies les plus avancées, qui favorisent en outre une réduction des coûts.

Dans le cas des documents imprimés (livres, périodiques, journaux), la numérisation en mode image donne bien une reproduction fidèle des documents originaux, mais elle n'autorise pas la recherche dans les textes. Rendre possible cette recherche exige le recours à une autre technologie, la reconnaissance optique de caractères, qui permet de générer des fichiers de textes qui pourront être indexés et dans lesquels on pourra faire des recherches.

La reconnaissance optique de caractères est continuellement l'objet d'améliorations, mais elle laisse encore de nombreuses erreurs. Elle présente aussi l'inconvénient de multiplier par dix le coût d'un projet de numérisation, si on vise à obtenir des résultats vraiment satisfaisants. Dans ces conditions, BAnQ n'y recourt que pour la numérisation de certains documents, comme le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec (publié par les éditions Fides), qui sera diffusé sur Internet au cours des mois à venir. Dans les prochaines années, on pourra appliquer la lecture optique à au moins une partie des millions de pages numérisées en mode image, notamment aux journaux les plus en demande.

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La numérisation du patrimoine québécois publié

par Claude Fournier
directeur général de la conservation

L'édition québécoise est relativement jeune : les premiers imprimés sont sortis des presses en 1764 et la production n'a pris son essor véritable qu'au milieu du XIXe siècle.

Actuellement, le corpus québécois publié comprend quelques centaines de milliers de titres de publications diverses, qu'il s'agisse de livres, de revues, de journaux, de documents cartographiques, d'affiches, d'estampes, de cartes postales ou d'enregistrements sonores. Dans le cadre de ses missions, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) compte numériser, dans le respect du droit d'auteur, l'ensemble de ce patrimoine, ou plus précisément tout ce qui se révèle le plus largement significatif au sein de cette masse documentaire.

L'objectif de l'opération de numérisation, qui s'étendra sur plusieurs années, consiste à donner accès en priorité aux documents les plus demandés, puis aux classiques, aux documents de référence ainsi qu'aux titres rares ou épuisés. Des ensembles de titres seront aussi sélectionnés à des fins pédagogiques et le corpus numérisé s'enrichira au fil des projets inscrits dans cet ensemble ambitieux.

La numérisation réalisée au cours des dernières années à BAnQ a permis de constituer un ensemble considérable, décrit au fil des pages de ce dossier. Cependant, la poursuite d'un aussi vaste projet doit reposer sur des orientations claires, définies généralement dans une charte documentaire. Ce document permet d'arrêter des axes de développement afin de constituer une collection numérique cohérente, équilibrée et représentative du savoir général. Il permet aussi de faire des choix linguistiques, géographiques et chronologiques, de répartir la numérisation par domaines et de définir, pour chacun de ces domaines, les forces, les faiblesses et les priorités de développement. La charte documentaire préside donc au choix des documents à numériser et permet ensuite de progresser systématiquement, à l'intérieur d'une orientation institutionnelle.

Mais pourquoi s'imposer de telles balises si l'on veut tout numériser? Parce que ce projet vise plusieurs millions de pages et qu'un ensemble aussi considérable doit être saisi par fragments, au fil de nombreuses années. Dans cette perspective, l'offre documentaire numérisée doit épouser les besoins réels dès l'abord. Et la mise à jour de la charte documentaire livre une vue d'ensemble qui éclaire les développements futurs.

Comment choisir?

Guidés par les orientations institutionnelles, les spécialistes de collection sont les experts en mesure de désigner les titres à numériser ou de définir les priorités à l'intérieur d'un domaine précis. Comme ils participent à la diffusion de leurs collections, les choix qu'ils font tiennent compte de la popularité des titres auprès du public. Mais des choix d'un autre niveau s'imposent, parmi les titres, les éditions, les exemplaires. Certains titres sont numérisés prioritairement et d'autres sont écartés pour diverses raisons. On ne retiendra ainsi, pour un même titre, que les éditions comportant des différences significatives. Les exemplaires choisis sont complets, en bon état et suffisamment solides pour résister aux manipulations nécessaires à la numérisation.

Un codage, effectué dans une zone de la notice bibliographique non visible par le public, permet de maintenir dans la base de données bibliographiques un registre permanent, offrant le point sur la numérisation en cours. Ce registre documente l'examen des documents et prépare les choix pour la numérisation. Il peut être consulté en lien avec le codage sur l'état physique, qui existe déjà dans une autre zone de la notice, et qui livre des indications sur l'état du papier et de la reliure.

À l'instar des autres grandes institutions, BAnQ numérise en priorité des titres qui font partie du domaine public, tout en requérant les autorisations nécessaires pour les documents plus récents, une entreprise qui peut s'avérer laborieuse pour les monographies ou les publications en série, et complexe en ce qui concerne les enregistrements sonores ou les livres d'artistes.

Avant de numériser un nouveau titre, l'institution vérifie si la numérisation a déjà été effectuée ailleurs, afin d'éviter de refaire l'opération au détriment des documents et des ressources. Dans l'affirmative, elle tente d'acquérir le fichier afin d'assurer une permanence à son offre documentaire. Des fichiers sont aussi acquis auprès d'éditeurs importants, afin d'enrichir le corpus numérisé en mode texte.

La numérisation s'effectue selon deux techniques : l'une repose sur le mode image, qui crée un fac-similé du document, et l'autre sur le mode texte, beaucoup plus coûteux, mais qui permet la recherche dans le texte. Afin d'offrir rapidement un plus grand nombre de documents numérisés, et comme le font les autres grandes institutions, BAnQ privilégie actuellement le mode image, mais elle compte reproduire en mode texte les tables des matières ou les index afin d'offrir un meilleur accès au contenu. Des classiques de la littérature québécoise, des essais majeurs et des ouvrages de référence seront aussi numérisés en mode texte. Afin de faciliter l'accès aux journaux numérisés, des techniques de reconnaissance de caractères seront progressivement appliquées. Enfin, pour les revues, des index existants seront intégrés.

Dans ce vaste projet, chaque lot numérisé qui présente une unité fera ensuite l'objet d'une mise en valeur afin d'éviter qu'il se perde dans les corpus numérisés de plus en plus vastes. Le public pourra donc consulter à distance une bibliothèque de plus en plus consistante et qui témoigne de la richesse documentaire nationale du Québec.

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La collection numérique des documents de bibliothèque

par Alain Boucher
directeur des projets spéciaux en technologies de l'information

Le développement des technologies de l'information et en particulier l'essor d'Internet ont ouvert des voies nouvelles pour la diffusion des ressources documentaires. La numérisation de documents et leur mise à la disposition de tous, en tout lieu et en tout temps sur le réseau des réseaux, constituent désormais une part importante des activités des bibliothèques nationales.

Au Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) joue un rôle actif dans ce domaine. La numérisation de documents y a été amorcée il y a 10 ans. Entre 1996 et 2002, quelque 33 000 documents des plus variés ont été ainsi mis en ligne. En 2003, l'institution s'est dotée d'un programme permanent de numérisation, qui se développe sans cesse. Au 1er avril 2006, la collection numérique des documents de bibliothèque de BAnQ, distincte de celle des documents archivistiques, s'établissait comme suit :

  • À lire : 2 818 000 pages de texte (livres, partitions musicales, périodiques, journaux, etc.) ;
  • À voir : 69 000 images (cartes postales, affiches, estampes, cartes et plans, etc.) ;
  • À écouter : 3 000 enregistrements sonores (disques 78 tours, contes pour enfants) ;
  • À voir et à écouter : 13 entretiens avec des poètes québécois contemporains.

Le programme de numérisation des documents de bibliothèque de BAnQ vise l'ensemble de la Collection patrimoniale québécoise : les documents publiés au Québec depuis 1764 et ceux qui sont relatifs au Québec et publiés à l'extérieur (depuis le XVIe siècle), peu importe leur langue ou leur lieu de publication. Aux imprimés (livres, brochures, périodiques et journaux), s'ajoutent plusieurs autres catégories de documents visés par le dépôt légal (institué en 1968), soit les affiches, cartes géographiques et plans, cartes postales, documents électroniques sur support matériel et logiciels, enregistrements sonores, estampes, livres d'artistes, partitions musicales, publications diffusées sur Internet, programmes de spectacles et reproductions d'oeuvres d'art. Depuis janvier 2006, le dépôt légal a été étendu aux films et aux émissions de télévision ; il est assuré par BAnQ avec la collaboration de la Cinémathèque québécoise, organisme sans but lucratif.

Dans leur ensemble, les collections de conservation des documents de bibliothèque de BAnQ représentent 4,5 millions d'unités matérielles. La numérisation vise à rendre progressivement accessibles ces ressources documentaires à tous les Québécois, peu importe où ils se trouvent sur le très vaste territoire.

Le programme de numérisation des documents de bibliothèque

La numérisation des documents de bibliothèque est assujettie à une politique qui a été adoptée en janvier 2004. Deux grands objectifs orientent toutes les activités en ce domaine : offrir un accès facile sur Internet aux ressources documentaires de toute nature et contribuer à la préservation dans leur format original des collections rares et fragiles.

Le programme de numérisation s'applique en priorité aux documents les plus en demande qui appartiennent au domaine public (50 ans après le décès de l'auteur, aux termes de la loi canadienne). En ce qui concerne les documents protégés par le droit d'auteur, BAnQ respecte rigoureusement les dispositions de la Loi sur le droit d'auteur et conclut des ententes avec les titulaires de droits avant de procéder à la numérisation et à la diffusion sur Internet.

Les statistiques d'utilisation des ressources documentaires de BAnQ, l'expérience du personnel professionnel en contact avec le public et les suggestions de nos usagers contribuent à déterminer le choix des documents à numériser. Un comité sur la numérisation, formé de cadres de l'institution, adopte chaque année la liste des projets. La Direction des projets spéciaux en technologies de l'information assume la responsabilité administrative et technique de la numérisation et la mise en ligne des documents sur Internet.

Même si tous les supports documentaires sont considérés, les journaux et les périodiques font l'objet d'une attention particulière. Ainsi, BAnQ établit des ententes avec les éditeurs de journaux et de périodiques pour la diffusion sur Internet des publications récentes et la numérisation des collections rétrospectives. Ces ententes n'ont pas un caractère exclusif, mais elles offrent à l'institution la garantie de pouvoir donner accès à ces ressources sur Internet gratuitement et sans limite dans le temps ni dans l'espace.

Dans une première étape, les efforts ont porté sur des journaux disparus qui ont eu en leur temps une large diffusion (La Minerve, 1826-1899, La Patrie, 1879-1978, Le Petit Journal, 1926-1979), pour un total de plus d'un million de pages. Ces pages sont offertes sur le portail en mode image. Des expériences sont en cours pour rendre disponible la recherche dans les textes d'au moins une partie des collections. Le programme de numérisation se poursuit en mettant notamment l'accent sur les journaux régionaux importants, y compris des titres couramment publiés (par exemple, Le Canada Français de Saint-Jean-sur-Richelieu, journal plus que centenaire). Pour les périodiques, la priorité est accordée aux revues d'intérêt culturel ou social (par exemple, L'Action nationale, qui paraît depuis 1917, ou La Vie en rose, 1980-1987). Il va de soi que la numérisation de cet ensemble de ressources va s'étendre sur plusieurs années. Les seuls journaux qui ont été microfilmés représentent 35 millions de pages à numériser.

La plupart des documents faisant partie des collections spéciales de BAnQ, qui doivent être consultées au Centre de conservation, n'existent qu'en un seul exemplaire. Leur mise en valeur constitue un autre élément du programme de numérisation. Affiches, cartes et plans, cartes postales, enregistrements sonores, estampes, livres anciens et livres d'artistes deviennent ainsi accessibles au plus grand nombre.

Le dépôt légal des documents couramment publiés sur Internet constitue enfin la voie d'alimentation de la collection numérique de BAnQ pour les ressources contemporaines. Le dépôt couvre pour l'instant les publications des ministères et organismes du gouvernement du Québec, mais il va progressivement s'étendre aux autres secteurs.

Coopération internationale

Dans le cadre d'une convention signée avec la Bibliothèque nationale de France qui vise la constitution d'un inventaire bibliographique conjoint sur les relations entre la France et le Québec depuis 1760, BAnQ a entrepris la numérisation de 40 000 pages de documents qui traitent de cette question (voir « Un projet de coopération internationale », p. 21). Il est prévu d'étendre la collaboration entre les deux institutions à d'autres volets.

La création, en février 2006, d'un Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques va aussi amener BAnQ à s'associer à d'autres grandes institutions pour le développement de ses ressources numériques. Cette initiative regroupe pour l'instant la Bibliothèque nationale de France, la Bibliothèque royale de Belgique, Bibliothèque et Archives Canada, la Bibliothèque nationale du Luxembourg, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, la Bibliothèque nationale de Suisse et la Bibliothèque d'Alexandrie.

Les dirigeants de ces six bibliothèques nationales ont fermement résolu de coopérer pour assurer la mise en valeur du patrimoine documentaire de langue française sur Internet. Ces engagements vont se traduire en actions concrètes dans les prochains mois et les prochaines années. La collection numérique des documents de bibliothèque est accessible sur le portail de l'institution : www.banq.qc.ca.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.