À rayons ouverts, no 67 (printemps 2006)

Table des matières

La vie de BAnQ


La Grande Bibliothèque, à l'aube d'une deuxième année fantastique

par Hélène Roussel, directrice générale de la diffusion

Le 30 avril 2005, la Grande Bibliothèque ouvrait ses portes et elles ne cessent de tourner depuis! Plus de 60 000 personnes la fréquentent chaque semaine : pour la visiter, pour y faire des recherches, pour explorer et apprendre, pour découvrir ou se détendre et pour emprunter des documents. Quelques chiffres permettent de saisir l'ampleur des services rendus par l'institution nationale qui porte le nom de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) depuis janvier 2006. Ainsi, on ne peut que se réjouir du succès indéniable d'une bibliothèque nationale et publique qui affiche le bilan suivant après une année :

  • 2,8 millions de visiteurs;
  • 3 millions de documents empruntés;
  • 1,6 million de documents consultés sur place dans cette bibliothèque publique et nationale aux ressources inégalées;
  • 4 000 documents prêtés ou empruntés à d'autres bibliothèques, dont la majorité pour les abonnés d'autres bibliothèques publiques québécoises;
  • 13,9 millions de visites sur le portail Internet en 2005;
  • 900 000 questions d'information et de référence dont 18 000 formulées à distance et auxquelles il a été répondu par courriel ou par téléphone;
  • 17 000 personnes ayant profité d'une visite guidée, d'une formation ou d'une activité d'animation;
  • 250 000 abonnés, reflétant la diversité de la population montréalaise et québécoise, et parmi lesquels on compte 39 000 Québécois abonnés aux service à distance.

Ce sont là des résultats qui doublent aisément les prévisions qui ont présidé au projet de la Grande Bibliothèque, à la grande satisfaction d'un grand nombre d'usagers, ce qui amène ceux-ci à se montrer compréhensifs. Pendant la période de rodage, les équipes de la Bibliothèque ont ajusté au quotidien leurs interventions pour éviter l'attente aux comptoirs de service, pour diminuer le bruit ambiant ou encore pour réduire le délai de remise en rayon de tous les documents ayant servi. Ces quelques inconvénients n'empêchent pas la très grande majorité des usagers de trouver ce qu'ils cherchent : preuve en est faite! Mais au delà des chiffres, aussi impressionnants soient-ils, il faut voir, entendre, lire le bonheur et la satisfaction de toutes ces personnes qui, sur place ou à distance, disent merci. Et, mieux encore, ces usagers découvrent et utilisent les collections qui leur sont offertes et soulignent la qualité des services rendus par le personnel.

Voici un témoignage de remerciement qui fait particulièrement chaud au cœur, celui d'un abonné du Service québécois du livre adapté de BAnQ, un service qui propose des livres en braille et des enregistrements sonores adaptés : « Le paradoxe est le suivant : si je n'étais pas handicapé visuel, je ne lirais presque pas, j'en suis convaincu… Je marche parfois dans la rue le soir, je regarde les fenêtres des logements, je vois les reflets bleutés des télévisions sur les murs. Je pense à tous ces gens, rivés à leur écran… et je me dis qu'ils ne savent pas la chance que j'ai. »

 

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L'accessibilité aux collections numériques : le point de vue des usagers

par Danielle Chagnon, directrice des services à la clientèle

Les collections numériques prennent de plus en plus d'importance au sein des institutions documentaires, particulièrement de celles qui, comme Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), ont un mandat national.

Pourquoi présenter des contenus numériques aux usagers des bibliothèques?

Il est bon de se rappeler quelques-unes des raisons fondamentales qui justifient l'intérêt des bibliothèques à présenter des contenus numériques à leurs usagers.

Accès direct à l'information

Pendant longtemps, les bibliothèques n'ont donné accès qu'à la description intellectuelle et physique des documents disponibles. La notice bibliographique ne constituait alors qu'une représentation du document et de son contenu. La numérisation permet maintenant d'avoir accès au contenu intégral des documents.

Accès à distance

Le numérique permet aux usagers la consultation des documents à partir de leur domicile, de leur lieu de travail ou de tout autre endroit possédant les équipements et les accès nécessaires. Plus besoin de se déplacer à la bibliothèque, ce qui avantage particulièrement les usagers qui habitent loin des grands centres où sont concentrées la plupart des ressources documentaires.

Accès simultané

Plusieurs personnes peuvent consulter le même document en même temps. Plus besoin, pour les bibliothèques, d'acheter de multiples exemplaires des documents les plus populaires ou, pour les usagers, d'attendre le retour d'un document déjà emprunté.

Accès en tout temps

Le numérique permet l'accès à toute heure du jour ou de la nuit et non seulement aux heures d'ouverture (souvent limitées) des bibliothèques.

Recherche plus pointue en texte intégral

Dans bien des cas, la numérisation multiplie les points d'accès à l'information contenue dans un document puisqu'on peut chercher dans le texte lui-même, donc trouver des éléments que le traitement intellectuel du document dans son ensemble ne permettait peut-être pas de repérer.

Quelques-uns des obstacles qui freinent l'accès aux collections numériques

L'usager qui désire consulter des contenus numériques fait face à plusieurs obstacles. Nous nous plaçons ici du point de vue de l'usager moyen qui n'est pas un spécialiste des technologies de l'information.

L'accès à l'équipement nécessaire

L'accès aux collections numériques suppose que l'usager possède des équipements informatiques parfois sophistiqués qui demandent une mise à niveau constante. Les versions des logiciels permettant l'accès et la navigation changent régulièrement, ce qui entraîne des coûts parfois élevés pour les usagers économiquement désavantagés. Par ailleurs, l'accès au numérique commande également un branchement à Internet dont les coûts mensuels récurrents s'ajoutent aux frais reliés à l'équipement et aux logiciels. À cela s'ajoutent les frais afférents à la reproduction et à l'impression des documents (papier, cartouches d'encre, disques compacts, etc.)

La multiplicité des interfaces

Chaque bibliothèque numérique possède son interface propre qu'il faut décoder. De plus, on trouve souvent sur un même site des interfaces différentes pour le catalogue, pour les bases de données et pour les collections numériques. Il devient donc difficile pour l'usager de s'y retrouver.

La multiplicité des logiciels

Bien souvent, l'accès au contenu numérique suppose l'utilisation d'un grand nombre de logiciels tels que Windows, Explorer, Windows Media, Acrobat, Shockwave, Real Audio, Real Player, QuickTime et autres. L'usager doit non seulement connaître les fonctionnalités principales de ces logiciels, mais aussi savoir comment les télécharger et les installer.

Il arrive fréquemment, lors d'une recherche dans des collections numériques, que l'on demande à l'usager d'installer une composante logicielle sur son poste. Ce n'est pas si simple pour l'usager de savoir comment installer ces logiciels et surtout de les utiliser.

La multiplicité des outils de recherche

Les outils de recherche que l'on met à la disposition des usagers varient d'une collection numérique à l'autre. On propose parfois la boîte de recherche unique, à la façon Google, ou encore plusieurs boîtes offrant un accès à différents index de recherche en mode simple, avancé ou expert. La recherche fédérée est paramétrée différemment d'un site à l'autre et il n'est pas toujours facile pour l'usager de se retrouver dans ces nombreux points d'accès. Les principes de la recherche booléenne (et, ou, sauf) ne sont pas toujours bien compris de l'usager et la présentation des résultats de la recherche est souvent différente d'un outil à l'autre.

L'organisation des contenus numériques

L'organisation des contenus présente des défis importants autant pour les bibliothèques que pour les usagers qui y cherchent des ressources répondant à leurs besoins. Les contenus numériques sont parfois présentés par supports physiques (cartes et plans, documents imprimés, ressources sonores, illustrations, par exemple) alors qu'ailleurs on les retrouve par thèmes ou par sujets.

La terminologie utilisée

Malheureusement, la terminologie utilisée dans les bibliothèques numériques n'est pas toujours uniforme. On propose à l'usager la recherche par sujets, le butinage par sujets, la recherche par vedettes-matières, la recherche par mots clés ou encore la recherche par vedettes d'autorités. Ce jargon bibliothéconomique complique bien souvent l'accès à l'information.

Quelques pistes de solutions

Heureusement, il existe des solutions, parfois peu coûteuses, aux problèmes mentionnés plus haut. Afin de parer au manque de ressources financières pour disposer de l'équipement, des logiciels et des branchements nécessaires à la navigation dans les bibliothèques numériques, les bibliothèques, et particulièrement les bibliothèques publiques, doivent fournir un accès gratuit aux collections numériques, et ce, autant sur place qu'à distance, en tenant compte, bien sûr, des ressources financières dont elles disposent.

Par ailleurs, les bibliothèques doivent faire un effort soutenu afin de s'assurer de la convivialité des interfaces qu'elles proposent. Ces dernières doivent être simples à utiliser et permettre une navigation fluide. La terminologie utilisée pour décrire les contenus ou les modalités de recherche doit être uniforme, facile à comprendre et adaptée aux besoins des utilisateurs.

La formation des usagers est une donnée essentielle dans l'équation qui permet un meilleur accès aux contenus numériques. Il faut accroître les compétences des usagers autant sur le plan de la formation documentaire que de la formation aux nouvelles technologies de l'information.

Il est également important de bien connaître les besoins de ses usagers. Organiser des sondages, des groupes de discussion, des questionnaires, analyser finement les indicateurs d'utilisation et de performance des collections numériques existantes sont autant de moyens qui permettent de mieux répondre aux besoins des clientèles qui utilisent les collections.

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Un nouveau portail sur Internet : banq.qc.ca

par Alain Boucher, directeur des projets spéciaux en bibliothéconomie

La Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et les Archives nationales du Québec (ANQ) étaient présentes sur Internet depuis de nombreuses années, chacune à sa manière. La fusion des deux institutions a donné l'occasion d'harmoniser les contenus et d'uniformiser la présentation des renseignements, de façon que la vitrine de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) sur Internet se distingue par son haut degré d'intégration et soit axée sur les services aux utilisateurs. La structure du portail de la BNQ est demeurée la même, mais le site a été enrichi du contenu, certes considérable, de celui des ANQ.

Une nouvelle section Généalogie

On connaît l'intérêt de très nombreux Québécois pour les recherches généalogiques. Le nouveau portail de BAnQ comprend une section qui leur est destinée. On y trouve :

  • des instruments de recherche en ligne (inventaires de mariages, sépultures et décès, registres judiciaires, actes notariés, recensements paroissiaux, etc.);
  • des bases de données (dont Iris, le catalogue des documents de bibliothèque, et Pistard, celui des documents d'archives);
  • des documents numérisés (dont le célèbre Dictionnaire généalogique des familles canadiennes de Cyprien Tanguay).

À ce riche corpus documentaire s'ajoutent les milliers d'instruments de recherche conservés dans le réseau de BAnQ. Les histoires de familles et les histoires locales, les journaux et les revues de généalogie sont également disponibles à travers le réseau. La collection la plus complète se retrouve dans l'espace de la Collection nationale, à la Grande Bibliothèque.

Les ressources numériques

La BNQ et les ANQ offraient toutes deux de riches collections de documents numérisés. La mise en commun de ces ressources s'est articulée sous une nouvelle rubrique du portail, qui comprend trois volets :

  • les collections numériques;
  • les parcours thématiques;
  • les expositions virtuelles.
Les collections numériques

Plus d'une vingtaine de collections numériques sont disponibles, regroupées sous trois rubriques : À lire, À voir et À écouter. La diversité est grande, des journaux La Minerve (1826-1899), La Patrie (1879-1978) et Le Petit Journal (1926-1978) à une collection de 6500 estampes d'artistes québécois contemporains, en passant par les Annuaires Lovell de Montréal et de sa banlieue, le fichier du libraire Gonzague Ducharme et des manuscrits de l'écrivain Jacques Ferron. De nouvelles collections s'ajoutent continuellement à cet ensemble, à la faveur du programme permanent de numérisation de BAnQ.

Les parcours thématiques

Ce sont les personnes, les choses, les lieux et les événements qui fournissent la matière à une présentation de documents de toute nature dans les parcours thématiques. Ne retenons que quelques exemples :

  • le Carnaval de Québec;
  • un voyage du Témiscamingue à la baie d'Hudson en 1884;
  • le Festival international de la jeunesse francophone de 1974; les lieux de villégiature au Québec;
  • des regards et sourires d'enfants (photographies d'Omer Beaudoin);
  • une romance au cœur de la Collection patrimoniale québécoise (Valentins d'hier en images, en textes et en chansons).

On y trouve aussi une vaste collection de 600 000 documents numérisés, regroupés sous le volet Branché sur notre histoire, qui propose huit thèmes pour explorer l'histoire du Québec et du Canada sous des angles originaux :

  • les journaux personnels (d'Olivier Robitaille, médecin à Québec au XIXe siècle, au poète et journaliste Alfred DesRochers);
  • les personnages de notre histoire (une sélection de portraits gravés ou photographiques, de la Nouvelle-France au XXe siècle);
  • les répertoires de notaires (une source inépuisable pour les généalogistes); la société québécoise de 1937 à 1945 (photographies de l'Office du film du Québec);
  • un voyage à travers le Canada (32 000 cartes postales du début du XXe siècle aux années 1960);
  • la présence française en Amérique (archives du Régime français);
  • un parcours audiovisuel menant de l'école de rang aux polyvalentes (15 films réalisés entre 1940 et 1981);
  • des discours de Maurice Duplessis (quatre enregistrements sonores de l'ancien premier ministre).

On voit tout de suite l'intérêt de ces ressources non seulement pour le grand public mais aussi pour le monde de l'enseignement. Une série d'autres thèmes est actuellement en préparation et sera disponible au cours des prochains mois.

Les expositions virtuelles

Pour l'instant, la section des expositions virtuelles propose un voyage sur le fleuve Saint-Laurent à partir de centaines de cartes postales anciennes de la Collection patrimoniale.

Le fruit d'un travail d'équipe

La mise en place du nouveau portail de BAnQ, lancé le 31 janvier dernier, a exigé un grand nombre d'heures de travail. Un merci tout spécial à l'équipe de la Direction des systèmes d'information, à nos collaborateurs des firmes Systematix et CGI ainsi qu'aux nombreuses personnes qui ont participé à la rédaction des textes.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.