À rayons ouverts, no 67 (printemps 2006)

Table des matières

Événements / Expositions


Événements

Nuit blanche
Une première activité de la Grande Bibliothèque dans le cadre de la Nuit blanche du Festival Montréal en lumière

par Geneviève Dubuc, responsable d'événements publics
Direction des communications et des relations publiques

Le vaste hall d'entrée de la Grande Bibliothèque s'est transformé dans la nuit du 25 au 26 février en Cabaret littéraire, grâce à un partenariat avec Montréal, capitale mondiale du livre, (MCML). L'événement se déroulait dans le cadre de la Nuit blanche du Festival Montréal en lumière, durant laquelle plus de 70 activités culturelles étaient organisées dans 52 lieux différents de la métropole. Plus de 1 200 personnes enthousiastes ont assisté, entre 20 h le 25 février et 5 h le 26, aux prestations d'une quinzaine d'artistes qui se sont succédé sur la scène.

Parmi ces prestations, mentionnons les Correspondances à la chandelle de Jean Marchand et de Francine Moreau, qui ont lu entre autres des extraits des Liaisons dangereuses de Laclos et de Correspondance passionnée d'Anaïs Nin et Henry Miller ; la Poésie en musique endiablée de Yves Lamber et Olivier Rondeau; un conte des Mille et une nuits raconté par Myriam El Yamani sur une musique langoureuse du Marocain Hassan El Hadi à l'oud; les classiques de l'épouvante (Dracula, Frankenstein, etc.) interprétés par Pierre Lebeau; la poésie revisitée par Lucien Francœur; des extraits de littérature érotique choisis parmi les œuvres de Pierre Louys, d'Alessandro Baricco et même d'Alfred de Musset, lus avec conviction par Sophie Faucher et Patrice Dansereau. Le Cabaret littéraire, animé par le comédien, auteur et animateur bien connu François-Étienne Paré, s'est terminé vers 4 h 30 par un spectacle échevelé de Spoken Word, apprécié particulièrement de la clientèle plus jeune encore debout à cette heure-là.

Madame Hélène Roussel, directrice générale de la diffusion de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), le docteur Réjean Thomas, ambassadeur de MCML pour le mois de février, et madame Francine Sénécal, coprésidente de MCML, ont accueilli les premiers participants au Cabaret littéraire. L'Office national du film a de son côté présenté dans l'auditorium de la Grande Bibliothèque, qui a affiché salle comble toute la nuit, La longue nuit du court, une programmation de courts métrages abordant des thèmes harmonisés avec ceux du Cabaret littéraire.

BAnQ s'est associée à Montréal, capitale mondiale du livre pour offrir ce Cabaret littéraire à la population montréalaise, dans le sillage d'une collaboration qui a été intense au cours des derniers mois. La bannière aux couleurs de MCML occupe une place de choix dans le hall d'entrée de la Grande Bibliothèque, et le logo de l'événement figure sur de nombreuses publications que BAnQ a réalisées depuis un an. Au 22 avril prochain, date qui marque la fin des festivités de MCML, BAnQ aura accueilli plus d'une quinzaine d'activités associées à cette année riche en événements littéraires, une année qui aura fait de Montréal la ville par excellence du livre et de la littérature.

À la découverte de la richesse de nos collections

par Jocelyne Dazé, coordonnatrice, animation et formation des usagers
Direction des services à la clientèle Nuit

Nommée Les mardis ont la cote! et présentée une fois par mois, une nouvelle série d'activités a récemment pris son envol à la Grande Bibliothèque. Il s'agit d'ateliers permettant au grand public d'explorer les multiples collections de l'institution.

D'un mois à l'autre, les usagers peuvent ainsi se familiariser avec la vaste collection de la Bibliothèque en histoire, découvrir l'impressionnante collection en sciences et technologies, prendre le pouls de la multitude de choix de lectures qu'offre la collection de bandes dessinées, constater la grande richesse de la collection Saint-Sulpice, ou encore apprendre à mieux connaître les livres relatifs aux voyages. Les collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) étant nombreuses, cette série pourra se poursuivre pendant un certain temps.

Une présentation par thématiques et par types de documents permet une exploration de la collection choisie sous forme de clefs de découverte. Les champs d'intérêt du public, dont nous sommes informés par les bibliothécaires travaillant au comptoir, sont aussi exploités. Ces approches montrent aux usagers comment se repérer plus facilement dans la collection et leur permettent d'avoir ainsi accès à des trésors dont ils n'auraient peut-être pas soupçonné l'existence au départ. L'activité offre en outre la possibilité de s'interroger sur les goûts et les habitudes de lecture propres à chaque domaine et de distinguer les différentes pratiques de lecture.

Un bon nombre de documents sont présentés lors de l'atelier et les participants ont la possibilité d'emprunter immédiatement ceux-ci. Une bibliographie sélective leur est aussi remise. Une courte visite de l'espace qu'occupe(nt) la (ou les) collection(s) présentée(s) conclut la rencontre.

La série Les mardis ont la cote!, qui s'adresse tant aux amateurs qu'aux passionnés, a pour objectifs non seulement une meilleure connaissance des collections, mais le développement de nouveaux horizons de lecture.

Un autre mode de découverte de nos collections

Toujours dans l'optique de la mise en valeur des collections de BAnQ, un Club d'écoute a aussi vu le jour en février dernier. Programmée également une fois par mois, cette activité qui s'adresse aux amateurs, aux passionnés et aux curieux permet l'exploration de la Collection Musique.

La soirée débute par une présentation du genre musical au programme, dont les animateurs abordent l'histoire et le contexte social. Vient ensuite l'écoute de pièces musicales sélectionnées afin d'offrir un survol dudit genre et de pouvoir faire une analyse comparée. Le tout est suivi d'échanges sur les œuvres écoutées.

En faisant connaître de nouveaux enregistrements et de nouvelles tendances musicales tout comme de grands classiques, cette série donne à l'usager l'occasion de découvrir différents types de musique, de partager ses impressions sur certaines œuvres et d'enrichir ainsi sa culture musicale. Une bibliographie et une discographie sont remises aux participants. Les prochaines séries mettront en valeur les musiques techno et populaire du Canada à la Scandinavie en passant par le Royaume-Uni.

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Expositions

par la Direction de la programmation

De nombreuses expositions animent les différents lieux d'exposition de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) tout au long de l'année 2006, mettant notamment en valeur la richesse des collections de l'institution et de celles de ses partenaires issus de divers horizons. Littérature, gravure, cartes postales et collections scientifiques seront mises à l'honneur dans des expositions aux contenus et aux formats des plus variés. Tous les publics, y compris le public jeune, y trouveront matière à découverte. Tous les espaces d'exposition sont accessibles gratuitement.

Graff : 40 ans et pas de poussière

Jusqu'au 31 août 2006 Grande Bibliothèque
Espace de la section Arts et littérature, niveau 1

Pour souligner le 40e anniversaire de Graff, en 2006, BAnQ présente une exposition de livres d'artistes témoignant de l'esprit de coopération qui anima et anime toujours les Ateliers Graff. À travers un survol de ces décennies, soit les années 1960, 1970, 1980, 1990 et 2000, sept albums d'estampes et livres-objets sont présentés afin de dresser un constat de 40 années de recherche et de production. Ce sont : Pilulorum (1968), Graff Dinner (1978), Corridart 1976, pour la liberté d'expression (1982), Esquisses Graff 1966-1986 (1986), Crash (1989), Teknologia (1989) et Livre d'heures (2004). Dans le présent numéro, la commissaire de l'exposition, Madeleine Forcier, en donne un aperçu.

Commissaire : Madeleine Forcier

L'Abécédaire des insectes

Du 31 janvier au 31 décembre 2006
Espace Jeunes, niveau M

De concert avec l'Insectarium de Montréal, BAnQ présente une exposition à caractère scientifique ayant pour thème principal les insectes. Conçue de toutes pièces à partir d'une sélection d'artefacts de la collection de l'Insectarium, l'exposition dresse un portrait introductif du monde fascinant des insectes. C'est à travers le fil conducteur de l'Abécédaire que sont présentés des objets d'ethnoentomologie et des spécimens entomologiques. De plus, cette exposition est enrichie d'un autre volet intitulé : « Les Ornithoptères : des papillons aux ailes d'oiseaux ». Les quelque 40 spécimens naturalisés de papillons exposés sont inscrits sur la liste des espèces menacées. Ils serviront de déclencheur pour sensibiliser les jeunes visiteurs non seulement à la fragilité des papillons mais aussi à celle de leur environnement. Voir le texte de Stéphane Le Tirant, dans le présent numéro, pour en apprendre davantage.

Redécouvrir Ferron

Du 7 février au 14 mai 2006
Collection nationale, niveau 1

Produite par BAnQ, cette exposition met en valeur le fonds d'archives privées Jacques-Ferron. Réunissant près de 150 artefacts, elle propose un parcours où manuscrits, éditions publiées et textes inédits éclairent la genèse de l'œuvre de cet écrivain québécois, tout en soulignant la grande variété qui la caractérise. L'exposition montre également comment, par sa langue unique et par ses personnages, Ferron s'est porté à la défense du pays et de son histoire. Une affiche catalogue avec les textes de l'exposition est offerte gratuitement sur place.

L'Espace-couleur de Robert Wolfe

Du 28 mars au 17 septembre 2006
Salle d'exposition, niveau M

À partir d'une sélection tirée du riche fonds d'estampes de Robert Wolfe (1935-2003) conservé à BAnQ s'articule, pour la première fois, un parcours rétrospectif sur les créations de cet artiste encore trop peu connu. Des tableaux, des dessins, mais aussi des documents et les œuvres de quelques amis complètent ce portrait et permettent de retracer 40 ans de carrière. C'est la couleur, réinventée par Wolfe – exploitée comme volume et comme espace, comme geste et comme symbole –, qui sert de fil d'Ariane dans cette exposition et qui invite à la découverte d'une œuvre qui, depuis les années 1960, s'est imposée parmi les plus authentiques de son époque. Un catalogue de l'exposition est offert à la Boutique de la Grande Bibliothèque. Dans le présent numéro, Laurier Lacroix, commissaire de l'exposition, présente les grandes lignes de celle-ci.

La carte postale, sur la piste ou à la plage

Du 9 mai au 8 décembre 2006
Centre de conservation

Produite par BAnQ à partir de la Collection patrimoniale, La carte postale, sur la piste ou à la plage met en lumière les liens qui existent entre l'apparition de la carte postale, liée au développement du tourisme, et la pratique des sports à l'ère moderne, elle-même expression de la société des loisirs. Regroupant plus de 300 cartes postales produites depuis le début jusqu'à la toute fin du XXe siècle, l'exposition, présentée du 9 mai au 8 décembre 2006, pose quelques jalons de l'évolution de la carte postale au Québec, mettant en relief sa portée sociologique, ethnologique, économique, culturelle, symbolique et esthétique. Se trouve également esquissée, en parallèle, une histoire des pratiques sportives qui témoigne de l'évolution des styles de vie au sein de la société québécoise. Cette exposition est la première à prendre place dans le nouvel espace d'exposition du Centre de conservation de BAnQ, situé rue Holt, à Montréal.

L'intendant Hocquart : la sauvegarde de nos archives, mémoire de l'avenir

Jusqu'en novembre 2006
Centre d'archives de Montréal

Cette exposition est consacrée aux réalisations de Gilles Hocquart, le quatorzième intendant de la Nouvelle-France, dont le rôle fut déterminant dans la sauvegarde des documents du Régime français. Des documents y soulignent l'apport de l'intendant Hocquart à la genèse de l'archivistique au Québec. L'on y passe aussi en revue certaines de ses plus grandes réalisations, dont les fortifications de Montréal et celles de Québec, le tracé du chemin du Roy ainsi que les Forges du Saint-Maurice. L'exposition se conclut sur les différentes formes de mise en valeur du patrimoine archivistique auxquelles est associée la nouvelle Direction générale des archives de BAnQ.

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L'abécédaire des insectes

par Stéphane Le Tirant, commissaire*

De concert avec l'Insectarium de Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) offre au jeune public l'exposition L'Abécédaire des insectes, ayant pour thème principal les insectes. Conçue à partir d'artefacts des collections de l'Insectarium et de ma collection personnelle d'objets, cette mise en espace permet au visiteur de découvrir le monde fascinant des insectes. C'est grâce au fil conducteur d'un abécédaire que sont présentés des spécimens entomologiques ainsi que des objets d'ethnoentomologie, science qui étudie les liens entre les humains et les insectes. Plus importante exposition sur l'ethnoentomologie jamais présentée à ce jour en Amérique, l'exposition réunit environ 500 objets et plusieurs dizaines des plus beaux insectes du globe.

Des insectes et des hommes

Les rapports existant entre les hommes et les insectes sont nombreux et assez complexes. L'apparition de l'homme est relativement récente, soit environ 2 millions d'années, par rapport à celle des insectes qui remonte à au moins 400 millions d'années.

L'homme moderne mène son existence dans des lieux souvent aseptisés et s'éloigne de plus en plus de la nature. Il n'est donc pas étonnant que ces êtres à six pattes que sont les insectes soient devenus pour lui des animaux nuisibles que l'on pourchasse à coups d'insecticides et de pesticides. Les insectes figurent pourtant parmi les animaux les plus utiles de la planète. En effet, ils jouent un grand rôle dans la pollinisation; sans eux, il n'y aurait à peu près pas de légumes, de fruits et de fleurs. Ils produisent la soie, le miel, la cire, la laque, la teinture. Ils sont d'excellents recycleurs et décomposeurs.

Les insectes sont parmi les animaux les plus nombreux sur notre planète en termes d'espèces et de biomasse. On estime à plus d'un million le nombres d'espèces connues à ce jour; le nombre total d'insectes se chiffrerait en quintillions. Ils occupent une place très importante dans la chaîne écologique, car les reptiles, les amphibiens, les poissons, les oiseaux et les mammifères insectivores, dont l'homme, s'en nourrissent en abondance. En Occident, on est en général rebuté par l'idée de consommer des insectes bien que l'on se délecte de leurs proches cousins que sont le homard, le crabe, l'écrevisse et la crevette!

Il existe dans les musées et dans les collections privées une multitude d'objets, traces du passé, qui nous permettent d'aller à la découverte des liens privilégiés qu'entretenaient de grandes civilisations avec les insectes. La Chine, par exemple, a dominé le commerce de façon marquante pendant 30 siècles grâce au secret de l'élevage du ver à soie. Les insectes chanteurs sont omniprésents dans les mœurs et coutumes des Asiatiques. Ceux-ci conservent des grillons dans de petites cages en bois pour profiter de leur chant. Des cigales de jade étaient placées sur la langue des défunts comme amulette. Parmi les insectes les plus adulés, citons le scarabée sacré qui, en Égypte, était le symbole même de la résurrection.

Pour les Mayas, les papillons avaient une telle importance qu'ils représentaient des divinités. Les cocons vides sont toujours utilisés dans la fabrication d'instruments de musique tant par les Amérindiens que dans plusieurs pays africains. Au Burkina Faso, les danses Bobo se font encore avec des masques papillons Bwa. On se sert des insectes dans les rites d'initiation encore aujourd'hui chez plusieurs natifs d'Amazonie.

Les formes, les couleurs des ailes de papillons ou des élytres de coléoptères ont fait des insectes une source d'inspiration inépuisable pour les artisans, les joailliers, les sculpteurs. Des papillons vivants servent de coiffe en Papouasie. Les ailes bleues des papillons du genre Morpho sont utilisées dans la fabrication de bijoux. Les élytres des scarabées rutilants ont été employés dans la confection de colliers, de boucles d'oreilles et de broches. Certains insectes ont tellement fasciné les hommes que même les grandes maisons Cartier, Hermès et Lalique ont créé des bijoux inspirés de ceux-ci.

Les insectes ont de tout temps fait partie de notre environnement et éveillé notre imagination. On les charge parfois d'une symbolique à la fois mystique et religieuse. On leur a attribué des pouvoirs divins. Ces créatures ont influencé tous les aspects de nos cultures. En se montrant attentif à leur présence, on découvrira leurs traces dans les grands classiques, dans l'histoire, dans la poésie, dans les œuvres des musées, en archéologie, en anthropologie. Les insectes, malgré leur infinie petitesse, sont omniprésents dans nos vies. Jusqu'en décembre 2006, ils animent l'Espace Jeunes de la Grande Bibliothèque.


* Stéphane Le Tirant est responsable des collections à l'Insectarium de Montréal.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.