À rayons ouverts, no 67 (printemps 2006)

Table des matières

Éditorial

BAnQ , le début

par Lise Bissonnette
Présidente-directrice générale

BAnQ, tel se lira, avec un « n » minuscule en clin d'oeil à la subtilité de la graphie française, le sigle de notre institution une fois encore rebaptisée, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La présente édition de À rayons ouverts est presque entièrement consacrée aux perspectives qu'ouvre la fusion, officielle depuis le 31 janvier, de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et des Archives nationales (ANQ).

Avec le concours du ministère de la Culture et des Communications, la BNQ et les ANQ ont préparé cette fusion pendant des mois sous des centaines d'angles, qui vont du statut des personnels jusqu'aux intégrations immobilières en passant par les multiples règles de vie de toute institution. L'imprévu surgira quand même à de nombreux tournants, nous l'attendons. Mais ce qui nous donnera l'énergie de faire face, c'est l'enjeu de ce grand dérangement, qui commencera enfin à prendre les devants sur sa lourde préparation administrative.

Il s'agit désormais, en s'appuyant sur un sens du service public qui fait partie de nos gènes, d'accompagner nos concitoyens dans leur participation à toutes les aventures, anciennes et nouvelles, que permettent les accès élargis au savoir, à l'information, à la culture. Démultipliés, infinis, ces accès sont cependant bourrés d'obstacles dont le moindre n'est pas l'éclatement de l'offre qui se présente en rangs désordonnés dans les médias anciens ou traditionnels, dans les réseaux culturels ou éducatifs, et parfois dans la rue. Une institution ne peut à elle seule démêler ces écheveaux mais à l'échelle du Québec, BAnQ peut devenir un puissant repère. Nos équipes regroupées y arriveront en consolidant nos instruments de conservation de la mémoire – une mission que bibliothécaires et archivistes ont toujours partagée – et en lançant ensemble des chantiers de diffusion qui prendront une ampleur nouvelle.

L'un d'eux est celui de la numérisation, qui n'est pas un simple hochet technologique, mais un déverrouillage massif de ressources réservées jusquelà à quelques-uns. Déjà le portail de BAnQ, en additionnant ces ressources BNQ-ANQ et en les offrant via un guichet unique, donne une idée du continuum qui s'organise, de la plus humble carte postale au manuscrit le plus précieux. Déjà aussi, la plupart des groupes qui entendent utiliser l'outil de la numérisation ont accepté notre invitation à une concertation qui pourrait ressembler, à terme, à une vaste bibliothèque virtuelle commune. Le Québec, en ce domaine, vit avec confiance un virage que d'autres abordent à peine.

Et il n'a guère le choix. Car l'autre chantier que cette fusion nous permet de mettre en marche est celui de la mise en lien du territoire. Grâce à la présence de nos centres d'archives, nous avons une adresse réelle dans toutes les régions du Québec et c'est à partir de ces implantations, déjà fort solides, que nous irons rencontrer au cours des prochains mois les milieux intéressés à repenser les façons de rassembler et de rendre accessible le patrimoine acquis, et celui qui se construit sans cesse.

À l'appui de ce travail, on trouvera les forces que nous avons acquises et développées pour créer la Grande Bibliothèque, qui a désormais un an. Heureuse façon de célébrer cet émouvant anniversaire, en le prolongeant.

 

 

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.