À rayons ouverts, no 66 (hiver 2006)

Table des matières

Éditorial

Convergences

par Lise Bissonnette
Présidente-directrice générale

Perçues avant tout comme des rationalisations administratives, les fusions d'institutions sont souvent évaluées de même façon. Leur succès se mesure au degré d'harmonisation des pratiques quotidiennes, qui vont de l'organisation du travail au remaniement des politiques et procédures, de même qu'à la satisfaction des personnels. Ne renions surtout pas ces aunes, elles témoignent de la solidité de nouvelles armatures. Mais on aura, dans la présente édition de À rayons ouverts, un aperçu des fruits réels que peuvent donner les convergences quant aux missions des établissements qu'elles ont mariés.

En quelques années, le patrimoine de la Bibliothèque centrale de Montréal, celui de la Bibliothèque nationale du Québec et celui des Archives nationales du Québec ont été rassemblés en une seule institution, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ), à naître en janvier 2006. Pendant qu'au sein même de l'établissement en gestation se multipliaient les consolidations de catalogues, les redécouvertes de richesses mal connues ou carrément oubliées, les mises en valeur par la recherche ou par les expositions, on assistait à d'autres rapprochements chez nos partenaires naturels, notamment les chercheurs universitaires et les milieux associatifs. En résultent divers projets d'inventaires et, déjà, une percée significative dans le domaine du patrimoine religieux. Pour la majorité de nos concitoyens, ce patrimoine se résume en effet au bâti et à son contenu, mais nos efforts concertés ont taillé une place à l'imprimé dans la réflexion que mène actuellement la Commission de la culture de l'Assemblée nationale du Québec.

Le livre ancien, au Québec, appartient souvent à l'espace religieux, d'où l'importance des projets qui s'y rattachent. Mais d'autres richesses imprimées ont été les nôtres, que les mêmes concours de volontés devront faire émerger de leur relative obscurité. Parce que le premier livre dûment imprimé au Québec l'a été après la Conquête, et que ce modeste catéchisme a peu intéressé les savants, nous avons tendance à croire les trésors absents de nos collections. Leur nombre, il est vrai, ne saurait se comparer de près ou de loin à ceux des grandes bibliothèques patrimoniales d'Europe ou des États-Unis, mais de magnifiques collectionneurs nous ont légué notre part de pièces rarissimes anciennes, à proposer à l'admiration de nos concitoyens ou de regards étrangers.

À rayons ouverts stimule en ce numéro une curiosité que nous voudrions partager plus largement. L'intérêt pour l'imprimé ancien est encore beaucoup trop ténu au Québec malgré la vaillance de quelques chercheurs, libraires, bibliothécaires, professeurs, restaurateurs et bibliophiles qui se connaissent tous et s'inquiètent de leur relève. Celle-ci existe, certes, elle est même manifeste dans les pages qui suivent, mais son nombre est insuffisant pour l'ampleur des travaux à venir, et pour assurer une diffusion plus large, une animation plus forte. Même dans le cadre particulièrement propice de la Grande Bibliothèque, avec de fort intéressantes mises en exposition, il reste difficile d'amener le visiteur à ces détours pourtant passionnants. Dès la naissance de BANQ, avec l'apport du milieu archivistique, nous lancerons une réflexion systématique sur ce sujet, et sur la mémoire documentaire en général, dans un Québec où le papier, quel que soit le sort de son industrie, a encore un avenir.

 

 

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.