À rayons ouverts, no 65 (automne 2005)

Table des matières

La vie de la BNQ


La vie culturelle à Montréal vers 1900

par Sophie Montreuil, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

Au printemps 1999, la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) accueillait dans ses murs deux des trois événements organisés pour souligner le centenaire des Soirées du Château de Ramezay, soit le colloque Autour de l'École littéraire de Montréal (1895-1905) et l'exposition Effervescence d'une fin de siècle. L'institution est aujourd'hui heureuse de s'associer, à titre de coéditeur, à la publication de l'ouvrage issu des recherches scientifiques auxquelles cette commémoration a donné lieu.

En publiant avec les Éditions Fides le collectif La vie culturelle à Montréal vers 1900, sous la direction de madame Micheline Cambron, la BNQ réitère sa volonté de contribuer à la découverte d'une période charnière de l'histoire québécoise. L'ouvrage documente et met en contexte les grands mouvements culturels et intellectuels du tournant du XXe siècle, dont on a longtemps sous-évalué le dynamisme et les interrelations. En mettant à profit des approches disciplinaires variées, comme le souligne d'entrée de jeu madame Lise Bissonnette dans sa préface, l'ouvrage a le grand mérite « d'ouvrir les frontières trop souvent hermétiques des savoirs universitaires1 ». Les analyses des spécialistes de littérature, d'histoire de l'art, de musique et de théâtre, placées dans une position de dialogue et de complément les unes par rapport aux autres, réussissent ainsi à livrer un portrait d'ensemble d'une grande richesse et d'une étonnante précision.

Avant de plonger dans les textes, le lecteur cédera certainement d'abord au plaisir de tourner une à une les pages du livre pour y admirer les nombreuses illustrations, en majeure partie fournies par la BNQ, que les auteurs ont eu la bonne idée de distribuer au fil de l'ouvrage. De même, il résistera difficilement à la tentation de feuilleter le magnifique cahier couleur de 16 pages consacré à un panorama de l'art visuel de la période et, plus difficilement encore, à celle d'écouter le CD qui accompagne le livre, sur lequel figurent nombre d'enregistrements tirés de la Collection numérique de la BNQ. Le disque lui permettra de découvrir la musique composée ou jouée régulièrement entre 1895 et 1905, interprétée par des musiciens et chanteurs actifs sur la scène musicale montréalaise à cette époque ou peu après.

Publication scientifique nouveau genre, alliant un contenu savant et une iconographie documentaire dont la variété n'a d'égale que l'originalité, La vie culturelle à Montréal vers 1900 invite ses lecteurs à baigner dans l'effervescence d'une ville qui comptait alors au nombre des plus actives sur le plan culturel en Amérique du Nord.


1 Micheline Cambron (dir.), La vie culturelle à Montréal vers 1900, Montréal, Bibliothèque nationale du Québec et Éditions Fides, 2005, p. 7.

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La démocratisation de la culture : un chantier inachevé

par Fernand Harvey, professeur titulaire de la Chaire Fernand-Dumont sur la culture Institut national de la recherche scientifique, Québec

Réflexions en marge de la Rencontre francoquébécoise sur la démocratisation de la culture tenue à la Grande Bibliothèque du 3 au 5 octobre 2005.

La question de la démocratisation de la culture revient périodiquement dans le débat public depuis la mise en œuvre des premières politiques culturelles françaises d'André Malraux, au début des années 1960, dont la philosophie a été reprise au Québec par Georges-Émile Lapalme. Le colloque franco-québécois, organisé conjointement par le ministère de la Culture et de la Communication de la République française et le ministère de la Culture et des Communications du Québec et qui s'est déroulé à la Grande Bibliothèque au début d'octobre, a été l'occasion d'un fructueux échange de points de vue et d'expériences sur ce thème sans cesse repris de la démocratisation de la culture.

En ce début du XXIe siècle, la question culturelle se pose néanmoins en des termes passablement différents de ceux formulés il y a une quarantaine d'années. Les communications présentées lors de ce colloque ont mis en lumière les nouveaux défis auxquels sont confrontées les institutions culturelles, tant nationales que régionales ou locales, telles que les bibliothèques publiques, les musées et les écoles dans leur volonté d'atteindre les trois grands objectifs des politiques culturelles, à savoir l'accessibilité, la transmission et la participation.

La culture est difficile à saisir du fait de son caractère polysémique. Dans nos sociétés contemporaines, trois grandes conceptions de la culture sont en interrelation de façon plus intense que jamais auparavant : la culture anthropologique, qui fait référence aux manières d'être, de sentir et de penser dans toute société; la culture instituée, qui exprime à la fois l'héritage des arts et des lettres et l'œuvre à faire; et la culture de masse, dont la présence s'est considérablement accrue avec le développement convergent des industries culturelles et des nouvelles technologies d'information et de communication.

Comment concilier ces trois approches souvent divergentes, voire conflictuelles? Ce colloque n'avait certes pas pour objectif de développer une telle problématique, mais les diverses interventions contenaient plusieurs interrogations sur le sens à donner à la « culture ». Comment, par exemple, concilier les pratiques professionnelles de la culture instituée et celles des amateurs plus près de la culture populaire et du milieu local? Autrement dit, la démocratisation de la culture doit-elle venir du haut vers le bas, ou faut-il concevoir une véritable démocratie culturelle basée sur la participation à la création et non pas uniquement sur l'accessibilité à l'héritage et aux œuvres?

Par ailleurs, certains ont pu se demander si les politiques culturelles n'avaient pas atteint la limite de leur efficacité, compte tenu du fait que plus du tiers de la population ne participe pas aux activités culturelles offertes, constituant ainsi des non-publics ou des publics dits « empêchés », selon l'expression française. Face à cette situation, plusieurs intervenants se sont intéressés à ces publics empêchés, dans une perspective de lutte à l'exclusion sociale, notamment par des expériences d'initiation à la lecture chez les jeunes. Même préoccupation du côté des populations migrantes, des peuples autochtones et des milieux défavorisés victimes de la « fracture numérique » qui les écarte des nouvelles technologies de communication et d'information.

Outre l'exclusion sociale, la question de la transmission de la culture aux jeunes générations a été au centre de plusieurs interventions et débats. Comment l'école peut-elle être un lieu de sensibilisation et d'initiation aux arts et à la culture en général? Tant en France qu'au Québec, des ententes entre les ministères de l'éducation et les ministères de la culture, établies depuis plusieurs années déjà, ont favorisé un rapprochement entre l'apprentissage scolaire et les pratiques culturelles. Des expériences en classe ont, par ailleurs, permis d'apprécier la mise en œuvre de ces politiques de sensibilisation à la culture et de développement d'un esprit critique à l'égard des médias de masse.

Parmi les grandes institutions de démocratisation de la culture, les bibliothèques publiques ont occupé une place centrale lors de ce colloque. Faut-il s'en surprendre compte tenu de ce lieu de convergence entre le livre et les nouvelles technologies de communication et d'information que sont devenues les bibliothèques publiques et compte tenu de leur rôle stratégique en rapport avec la diffusion et la transmission de la culture? C'est dans un tel contexte que la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque nationale du Québec ont compris la nécessité d'une mise en réseau de leurs ressources avec les bibliothèques régionales ou locales afin de mieux rejoindre la population sur l'ensemble de leur territoire. À l'échelle locale, les bibliothèques publiques jouent de mieux en mieux leur rôle d'équipement de proximité et de centre culturel polyvalent.

La politique de développement des bibliothèques publiques en France et au Québec va de pair avec une politique de la lecture, particulièrement chez les jeunes, comme l'ont rappelé certains conférenciers. L'essor spectaculaire de la littérature jeunesse dans leurs deux pays depuis les années 1980 constitue, à cet égard, un indice intéressant de l'intérêt croissant des jeunes pour la lecture, malgré leur engouement pour l'Internet.

Au terme de cette fructueuse Rencontre francoquébécoise, bien des questions demeurent sans réponse. Comment concilier les différentes approches de la culture dans un monde où celle-ci est menacée par la marchandisation? Comment évaluer les effets/impacts des politiques sur la démocratisation de la culture des États? Une véritable démocratie culturelle relève-t-elle de l'utopie? Ces interrogations ouvrent sans doute la voie à de nouvelles rencontres dans l'avenir.

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Une première : deux usagers siégeront au conseil d'administration de la BNQ

par Caroline Lavallée, responsable de rédaction et de relations publiques
Direction des communications et des relations publiques

Pour la première fois de son histoire, la Bibliothèque nationale du Québec accueillera prochainement deux de ses abonnés, un résidant à Montréal et l'autre hors de la ville, au sein de son conseil d'administration pour représenter les usagers de l'institution, conformément à la Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec.

Les 6 août et 3 septembre derniers, la BNQ a lancé un appel de candidatures auprès des abonnés résidant à Montréal et à l'extérieur de la métropole, respectivement; tous les abonnés en règle depuis trois mois pouvaient poser leur candidature à l'un des deux postes, selon leur lieu de résidence.

Compte tenu du fait que, au moment d'aller sous presse, seul le résultat de l'élection du représentant des usagers résident de Montréal était connu, À rayons ouverts présentera, dans le prochain numéro, les deux candidats élus. Soulignons que leur mandat sera de deux ans et pourra être renouvelé une fois. Toutefois, pour cette première élection, le mandat de l'usager résidant à Montréal sera exceptionnellement d'une année. Ainsi, une élection pourra avoir lieu tous les ans pour combler, en alternance, l'un des deux postes réservés aux usagers.

On peut obtenir plus de détails à ce sujet en consultant la rubrique « Élection », sur le portail Internet de la BNQ (www.bnquebec.ca).

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Les boursiers du concours 2004-2005 du Programme de soutien à la recherche

par Sophie Montreuil, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition, avec la collaboration d'Anne Bélanger

Le 6 octobre dernier avait lieu à la Grande Bibliothèque la cérémonie de remise des bourses de l'édition 2004-2005 du Programme de soutien à la recherche (PSR) de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ). À cette occasion, la présidentedirectrice générale, madame Lise Bissonnette, a reçu quatre des sept récipiendaires du concours et les a accueillis au sein de l'institution.

L'édition 2004-2005 du concours marquait le coup d'envoi de deux nouvelles bourses. La première bourse de maîtrise (7 500 $) a été décernée à Stéphanie Bergeron, étudiante au département d'études françaises de l'Université de Sherbrooke, pour son projet de recherche sur l'organisme québécois Communication-Jeunesse. La première bourse Relations France-Québec (2 500 $) a été attribuée à Samuel Montiège, doctorant en histoire de l'art à l'Université de Montréal, pour son projet sur le séjour des artistes canadiens-français à l'Académie Julian de Paris (1880-1890).

Outre ces deux bourses, la BNQ a décerné la bourse postdoctorale (25 000 $) à Stéphane Roy, docteur en histoire de l'art de l'Université du Québec à Montréal, pour son projet sur les illustrations dans la presse périodique de la fin du XIXe siècle. Chercheur de haut niveau, monsieur Roy s'est cependant désisté du PSR pour accepter un poste qui lui a été offert par l'Université Yale. Les deux bourses doctorales (10 000 $ chacune) ont été remises respectivement à Claudine Caron, doctorante en musique à l'Université de Montréal, pour ses recherches sur le compositeur et musicien Léo-Pol Morin, et à Catherine Morency, étudiante en littérature à l'Université Laval, pour son projet sur les œuvres manuscrites de Gaston Miron et de Roland Giguère.

Deux bourses ont également été attribuées à des chercheurs étrangers, soit Fabien Hein, docteur en sociologie de l'Université de Metz (France), pour son étude comparative du rock québécois et du rock français, et Adina Ruiu, doctorante en littérature de l'Université Al. I. Cuza Iasi (Roumanie) et de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (France), pour son travail sur la rhétorique des passions dans les relations des jésuites.

La littérature, l'histoire, la musique et l'histoire de l'art sont les disciplines qui ont été le plus couramment représentées au fil des trois premières années du PSR. L'édition 2004-2005 a cependant marqué l'entrée en scène de champs disciplinaires jusqu'à présent absents des candidatures, soit l'anthropologie, la didactique, la géographie, la linguistique, la sociologie et l'ethnologie. Ces résultats confortent l'institution dans sa volonté d'ouvrir son programme de bourses à des projets aptes à mettre en valeur les collections de la BNQ sous des angles et des approches variés.

Les détails et les règlements du PSR sont disponibles sur le portail Internet de la BNQ (www.bnquebec.ca).

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Le comité consultatif sur les services aux personnes handicapées tient sa première réunion

par Patrice Juneau, responsable de communications externes
Direction des communications et des relations publiques

Le comité consultatif sur les services aux personnes handicapées de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), dont la mise en place constituait un engagement ferme de l'institution auprès des intervenants du milieu, a tenu sa toute première réunion de travail le 8 septembre, à la Grande Bibliothèque.

Le mandat du nouveau comité, créé en mars dernier à la suite de consultations multiples auprès d'organismes tels l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ), la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN), l'Association québécoise des parents d'enfants handicapés visuels (AQPEHV) et le Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ), est de formuler des recommandations en matière de développement de services aux personnes handicapées. Le comité peut aussi conseiller la direction quant au développement de collections spécialisées à l'intention des personnes ayant une déficience perceptuelle ou des limitations fonctionnelles. De même, il peut s'intéresser aux relations de la BNQ avec d'autres institutions vouées à la promotion de la lecture et à la participation des personnes handicapées aux activités culturelles.

Les membres du comité sont les suivants :

Représentants du conseil d'administration
Louise Guillemette-Labory, directrice associée – bibliothèques, Ville de Montréal; Sylvie Lemieux, conservatrice et directrice générale, Archives nationales du Québec (ANQ).

Représentants de la BNQ
Hélène Roussel, directrice générale de la diffusion; André Vincent (secrétaire du comité), coordonnateur des services aux personnes handicapées et du Service québécois du livre adapté (SQLA).

Membres externes siégeant à titre personnel
Martin Bergevin, directeur général, Centre québécois de la déficience auditive; Paul-Henri Buteau (président du comité), membre du comité exécutif, Union francophone des aveugles; Guylaine Martin, gestionnaire, impliquée dans la COPHAN, l'AQPEHV et l'Association des sports pour enfants aveugles de Montréal; Diane Milliard, directrice générale, Association québécoise pour l'intégration sociale, impliquée dans la déficience intellectuelle; Elizabeth Walcot-Gayda, consultante, possédant à son actif 12 années d'expérience à un poste administratif d'échelon supérieur dans un établissement d'enseignement pour élèves en difficulté d'apprentissage.

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La Grande Bibliothèque accueille son millionième visiteur

par Patrice Juneau, responsable de communications externes
Direction des communications et des relations publiques

La présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), madame Lise Bissonnette, en compagnie de représentants de la Direction générale de la diffusion et de la Direction des services à la clientèle, a accueilli, le 15 septembre dernier à la Grande Bibliothèque, le millionième visiteur de ce nouvel édifice, inauguré le 30 avril dernier.

Dès son entrée dans la Grande Bibliothèque, monsieur Gilles Lortie, résidant du quartier Saint-Henri, à Montréal, et retraité de la Sûreté du Québec, s'est vu féliciter et remettre une sélection de livres, de DVD, de cédéroms et d'objets de La Boutique.

Monsieur Lortie compte parmi les quelque 173 000 abonnés de la BNQ, incluant les abonnés aux services à distance, qui empruntent chaque semaine environ 64 000 documents, en consultent 32 000 sur place et adressent 18 000 demandes aux différents comptoirs d'information et de référence de la Grande Bibliothèque. Rappelons que, depuis son ouverture, le nouvel édifice de diffusion de la BNQ accueille en moyenne 8 000 visiteurs par jour, soit près du double de la fréquentation initialement prévue.

À la fin de septembre, la BNQ a inscrit le 50 000e abonnement au portail Internet de l'institution (www.bnquebec.ca). Ce type d'abonnement permet notamment l'accès gratuit, partout au Québec, à une bibliothèque virtuelle proposant plusieurs dizaines de milliers de livres, pièces musicales, cartes postales et affiches en format numérique. Les services à distance de la BNQ permettent aussi l'accès à des dizaines de bases de données, de revues et de journaux dans tous les domaines, de la littérature à la science en passant par l'économie.

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Un nouveau service de retour universel

par Caroline Lavallée, responsable de rédaction et de relations publiques
Direction des communications et des relations publiques

Depuis le 13 septembre dernier, les usagers de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et de 26 bibliothèques publiques montréalaises peuvent retourner les documents empruntés à l'une ou l'autre des bibliothèques ayant adhéré au nouveau service de retour universel, et ce, peu importe la bibliothèque où ces emprunts ont été enregistrés.

Le service de retour universel permet en effet aux usagers de la Grande Bibliothèque de rendre les documents empruntés dans la bibliothèque d'arrondissement participante de leur choix. De même, les usagers de ces bibliothèques peuvent remettre à la Grande Bibliothèque les documents empruntés dans les bibliothèques d'arrondissement.

Ce nouveau service comporte toutefois certaines exclusions, dont les documents audiovisuels, lesquels doivent obligatoirement être retournés à la bibliothèque où ils ont été empruntés. Pour en savoir davantage sur ces exclusions ou consulter la liste des bibliothèques participantes, visitez le portail Internet de la BNQ (www.bnquebec.ca).

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.