À rayons ouverts, no 65 (automne 2005)

Table des matières

Rubriques


Trucs pratiques

L'exposition des livres
Lutte et prévention contre les insectes

par Marie-Claude Rioux, restauratrice
Direction de la sauvegarde des collections

Certains insectes sont friands de papier. Ils aiment sa fibre, la colle utilisée dans la fabrication et même certains médiums, tel le pastel. Parmi les nombreuses familles d'insectes, quelques-unes seulement s'attaquent aux différents matériaux papiers. Ils appartiennent aux ordres suivants : Thysanoures, Dictyoptères, Psocoptères, Isoptères, Coléoptères et Diptères.

Les dommages causés par ces familles d'insectes peuvent aller de l'abrasion de la surface aux petits trous, jusqu'à la destruction complète de l'objet. Lorsqu'on observe de telles détériorations ou qu'on note la présence d'insectes morts ou vivants, une inspection générale des lieux d'entreposage s'impose.

La première étape, lors de la découverte d'insectes, consiste à les identifier. La consultation d'un entomologiste d'une entreprise de lutte contre les insectes est conseillée. Suivent, en deuxième étape, l'évaluation de l'ampleur de l'infestation et le choix de la méthode de lutte. Un procédé non chimique doit être favorisé en premier lieu, puisqu'il est moins dangereux et plus facile à appliquer qu'une méthode chimique. La congélation est la méthode non chimique la plus fréquemment utilisée; le froid intense tue les insectes. Le nettoyage mécanique, à l'aide de brosses et de petits aspirateurs, suit généralement la congélation des documents. Si la congélation des documents ne peut se faire immédiatement, pour éviter la propagation, il est important d'isoler les documents contaminés ou de les mettre dans des sacs de polyéthylène.

La méthode de lutte la plus efficace contre les insectes est la prévention. Les pièges adhésifs, le stockage des documents dans des boîtes, l'entretien ménager régulier, l'élimination de la présence d'aliments, le contrôle de la température (autour de 17° C) et de l'humidité (autour de 45 %) et l'élimination de tout encombrement dans la salle d'entreposage sont les meilleures façons de lutter contre les insectes. Ces activités doivent faire partie d'un plan régulier d'entretien des lieux d'entreposage. Bien que le contrôle de l'humidité et de la température ne puisse se faire d'une façon aussi efficace chez un collectionneur privé que dans une institution, il est possible cependant d'appliquer aisément tous les autres éléments du plan de lutte à plus petite échelle à la maison.

Ainsi, si ce plan est respecté, il y a de fortes chances que vos efforts de lutte et de prévention portent leurs fruits.

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Jeux de mots et de livres pour délivrer des mots

par Sophie Montreuil, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

Dans le sillage de ma chronique précédente, je poursuis ma réflexion autour du mot « livre », cherchant à le délivrer de son sens premier d'« assemblage d'un assez grand nombre de feuilles portant des signes destinés à être lus » (Grande Encyclopédie Larousse) pour explorer, après l'objet matériel, le livre tel qu'il existe depuis peu sous une forme numérique.

C'est à notre condition d'utilisateurs des modes de communication et des technologies de l'information qui découlent de l'apparition du réseau Internet dans nos vies que je fais cette fois-ci appel. Mon interrogation à cet égard est double: que reste-t-il du livre dans cette nouvelle réalité qu'est le livre numérique et que reste-t-il de la lecture dans notre utilisation de celui-ci? D'entrée de jeu, et je ne suis certes pas la première à le relever, soulignons le caractère paradoxal de l'expression « livre numérique », qui dénature, en quelque sorte, le premier des deux termes en confisquant au mot « livre » son statut fondamental de support physique. À l'image de ceux qui font partie de la collection numérique de la Bibliothèque nationale du Québec, le livre numérique, au moins dans l'une de ses formes, ne s'éloigne cependant pas totalement de l'objet matériel en ce qu'il en est la reproduction, la duplication sur support électronique. Comme l'on tournerait les pages du premier tome (1845) de l'Histoire du Canada de François-Xavier Garneau, par exemple, l'on tourne ainsi les pages du « double » numérisé de l'édition papier par un simple clic de souris.

Sur support numérique, le livre sert deux fins : il évite la manipulation de l'exemplaire original, qu'on voudra d'autant plus protéger qu'il sera vieux et fragile, et il permet une diffusion facile et immédiate, avec laquelle les bibliothèques et les librairies ne peuvent pas rivaliser. Ce faisant, le livre numérique répond à la fois aux besoins des institutions qui ont pour mandat de conserver le patrimoine documentaire et à ceux d'une vaste clientèle hétéroclite dont le portrait précis demeure à faire. Mais encore, lit-on un livre numérique comme on lit un « vrai » livre? La réponse est évidemment non, et j'en veux pour preuves les usages du livre que j'ai évoqués dans ma chronique précédente, dont aucun ne s'applique au livre numérique. Le contact physique qui reliait d'emblée, et ce, jusqu'à tout récemment, tout livre et tout lecteur, la préhension de l'objet, la mesure de son poids et de son odeur, toutes ces manipulations du livre et, avouons-le, tous ces plaisirs du livre n'ont rien à voir avec l'expérience de lecture qui résulte de la rencontre entre un lecteur et un livre numérique. Face à un écran d'ordinateur, le lecteur garde forcément une distance, une réserve, la distance et la réserve mêmes qu'il tâche au contraire bien souvent d'atténuer lorsqu'il a entre les mains un livre papier, en en annotant le texte, en en écornant les pages et en le gardant à portée de main. Rien d'étonnant, conséquemment, au fait que le lecteur du livre numérique en imprime des pages pour en commenter le texte dans la marge ou en surligner des passages. C'est la distance et la réserve qu'il se voue alors à combler, en tentant de faire le livre numérique sien.

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Comptes rendus de lectures

par Maryse Gagnon
bibliothécaire, Direction des services aux milieux documentaires

Le savoir des livres. Montréal : Presses de l'Université de Montréal, 2005. 126 p. ISBN 2-7606-1980-X

Publié dans le cadre du Printemps du livre savant, qui s'est tenu à l'Université de Montréal plus tôt cette année, cet ouvrage présente les textes de trois conférences présentées aux Belles Soirées. Dans un premier temps, Benoît Melançon, qui dirige la publication, tente de définir le livre savant en brossant un historique depuis les travaux de Fontenelle en passant par l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert jusqu'à aujourd'hui. Christian Vanderdorpe, qui s'intéresse aux nouvelles technologies de l'information, traite ensuite du statut des images dans la diffusion des connaissances. Le conférencier Michel Pierssens s'attarde quant à lui au statut de la revue savante et à son avenir à l'ère d'Internet. Finalement, Yvan Lamonde traite de la culture de l'imprimé au Québec et au Canada aux XVIIe et XIXe siècles. Un beau tour d'horizon de l'évolution des publications scientifiques sous toutes leurs formes.

 

Hecquard, Françoise; Miribel, Marielle de. Devenir bibliothécaire-formateur : organiser, animer, évaluer. Paris : Cercle de la Librairie, 2003. 380 p. ISBN 2-7654-0873-4

Les bibliothécaires sont de plus en plus souvent amenés à offrir des séances de formation, que ce soit pour leurs usagers ou pour leurs collègues. Dans le but de développer cette nouvelle compétence, les auteurs proposent des méthodes pour préparer, présenter et évaluer des formations.

La première partie présente le contexte dans lequel le bibliothécaire- formateur est appelé à évoluer. On y définit le rôle du formateur, on présente les types de publics et on aborde la question de la communication interpersonnelle.

La seconde partie traite des aspects concrets pour l'élaboration et l'animation de formations. Il y est question, entre autres, des méthodes pédagogiques, de la dynamique de groupe et de l'utilisation de l'informatique à l'aide de fiches pratiques.

« Tous ces livres sont à toi! » : de l'Œuvre des bons livres à la Grande Bibliothèque (1844-2005) : catalogue de l'exposition inaugurale de la Grande Bibliothèque de la Bibliothèque nationale du Québec présentée du 29 avril 2005 au 31 janvier 2006. [Montréal] : Bibliothèque nationale du Québec et les Presses de l'Université Laval, 2005. 181 p. ISBN 2-7637-8223-X

Le catalogue de l'exposition inaugurale de la Grande Bibliothèque retrace l'épopée de la bibliothèque publique de langue française au Québec depuis la fondation de l'OEuvre des bons livres et de l'Institut canadien de Montréal en 1844 jusqu'à aujourd'hui.

À travers cette histoire de la lecture publique au Québec, ce sont plusieurs aspects qui sont abordés par différents spécialistes de l'histoire du livre. On y traite du passage de la bibliothèque privée à la bibliothèque publique, du rôle de la lecture publique dans l'évolution de la société québécoise, de la censure ainsi que de la représentation de la lecture dans l'art pictural.

Le dernier chapitre aborde la question de la redéfinition du rôle des bibliothèques au XXIe siècle, au moment où la défense de la liberté de lecture se déplace sur le terrain des nouvelles technologies. Le catalogue de l'exposition est en vente à La Boutique de la Grande Bibliothèque.Retour au menu.

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Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.