À rayons ouverts, no 64 (été 2005)

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Jeux de mots et de livres pour délivrer des mots

par Sophie Montreuil, agente de recherche
Direction de la recherche et de l'édition

Il me semble opportun, dans le sillage des activités et célébrations liées à l'inauguration de la Grande Bibliothèque, de nous donner un espace de réflexion sur l'objet qui vient de (re)prendre une place de choix dans la vie de tous ceux et celles qui ont envahi les étages de notre nouvel édifice de diffusion : le livre. Avec cette première incursion autour d'un sujet qui se développera dans les prochains numéros, je me permets d'infléchir légèrement le sens de l'intitulé de ma chronique pour jouer non pas tant avec un mot qu'avec les différentes réalités auxquelles il renvoie. Je souhaite ainsi délivrer le mot « livre » de son sens premier d'« assemblage d'un assez grand nombre de feuilles portant des signes destinés à être lus » (Grande Encyclopédie Larousse) en explorant les usages de cet « assemblage » et les plaisirs qu'il nous procure.

D'entrée de jeu, c'est à l'objet matériel que je pense, à l'objet qui, indépendamment de son contenu, appelle une quantité infinie de lieux, de moments et de traces de lecture. Il y a le livre que l'on peut emprunter dans une bibliothèque ou que l'on peut acheter en librairie. Il y a le livre qui, à la maison, est bien rangé sur les rayons, et celui qui est empilé avec d'autres dans un coin ou que nous laissons à la traîne près du lit ou près de notre fauteuil préféré. Il y a le livre qui, au bureau, met de façon rassurante le savoir à notre portée et n'est jamais bien loin des crayons, du papier et de l'écran. Il y a le livre sur lequel notre regard curieux s'arrête et notre main se pose, et il y a celui qui se couvrira de poussière au fil des années. Il y a le livre de poche que nous apportons partout et que nous sortons à la première occasion, et il y a le gros format, qui nous résiste et nous met au défi. Il y a le livre dont nous sommes fiers et que nous laissons bien à la vue, et il y a celui que nous ne voudrions jamais montrer. Il y a le magnifique livre illustré dont nous tournons les pages délicatement, et celui que nous n'hésitons pas à annoter. Il y a le livre dont l'épine craque et celui dont les pages écornées révèlent la lecture inépuisable. Il y a le livre qui défroisse un quelconque papier et celui qui renferme les feuilles et fleurs de nos dernières vacances. Il y a le livre de cuisine, le livre de chevet, le livre de classe, le livre de bord, le livre d'art, le livre d'heures, le livre d'images, le livre d'or. Il y a LE livre et il y a tous les livres.

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Trucs pratiques

L'exposition des livres

par Marie-Claude Rioux, restauratrice
Direction de la sauvegarde des collections

Lors de ma dernière visite à la Grande Bibliothèque, plusieurs vitrines exposaient de magnifiques livres aux jolies reliures. M'approchant plus près pour mieux les apprécier, je remarquai qu'en plus de comporter de belles illustrations, les livres semblaient être bien et confortables. En effet, leur reliure ne forçait pas; ils n'étaient pas ouverts en éventail. Ce confort donné aux livres résulte de la conception de supports adaptés et conçus selon les particularités de chaque livre.

Divers matériaux peuvent être utilisés pour fabriquer les supports : les cartons sans acide, les panneaux de plastique léger comme le Coroplast et les feuilles d'acrylique comme le plexiglas. Le choix du matériau dépend souvent du budget alloué.

Les livres exposés fermés ne doivent pas être placés debout. Le poids des pages peut déformer et endommager la reliure. On doit plutôt favoriser un support avec un plan incliné, sur lequel le livre peut se reposer, et un rebord sur lequel il peut s'appuyer.

Les livres exposés ouverts ne peuvent généralement pas être présentés complètement à plat. La reliure manque souvent de souplesse pour permettre une telle ouverture. Une ouverture forcée peut causer des déchirures et des dommages à la reliure. On doit plutôt favoriser un support fait en forme de « V », qui permet de bien soutenir la reliure et de ne pas forcer son ouverture.

Pour les livres ouverts à la page titre ou aux premières pages, un support en forme de boîte est aussi un bon moyen de bien soutenir le livre. La reliure et les premières pages sont soutenues du côté gauche de la couverture par le support en forme de boîte. De même, on soutient le côté droit si le livre est ouvert aux dernières pages du texte. La hauteur de la boîte ne doit pas dépasser l'épaisseur du livre pour que la couverture du livre puisse s'appuyer complètement sur la boîte.

Afin d'éviter que les pages du livre exposé se déploient en éventail, des bandes de mylar (pellicule de polyester transparente) peuvent être utilisées. Les extrémités des bandes de mylar sont jointes à l'aide d'un petit morceau de ruban adhésif à deux faces. Les bandes doivent être suffisamment larges pour la taille et l'épaisseur du livre et ne doivent pas trop serrer les pages.

L'adoption de quelques techniques d'exposition simples permet de bien soutenir les livres, d'éviter bien des dommages et de prolonger ainsi leur vie. Lors de ma dernière visite à l'exposition Tous ces livres sont à toi!, présentée à la Grande Bibliothèque, j'ai remarqué que les livres étaient agréablement exposés. J'ai penché légèrement la tête et j'ai vu qu'ils avaient tous des supports à leurs mesures…

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Comptes rendus de lectures

par Maryse Gagnon, bibliothécaire
Direction des services aux milieux documentaires

 

Laubier, Guillaume de et Bosser, Jacques. The Most Beautiful Libraries in the World, New York : Harry N. Abrams, 2003.

Le réputé photographe d'architecture Guillaume de Laubier a visité 23 des plus belles et des plus an ciennes bibliothèques d'Europe et des États-Unis, pour nous offrir de magnifiques images de ces lieux connus et parfois moins connus. De style baroque, néo-classique ou Renaissance, ces bibliothèques nous parlent des splendeurs d'une époque révolue. Les textes de Jacques Bosser permettent en outre de découvrir l'histoire, les collections et les caractéristiques architecturales de ces temples du savoir.

Cassagnes-Brouquet, Sophie. La passion du livre au Moyen Âge, Rennes : Ouest-France, 2003.

Une historienne nous fait découvrir sa passion du livre médiéval. Magnifiquement illustré, l'ouvrage nous plonge d'abord dans la production du livre avant l'avènement de l'imprimerie puis nous fait connaître l'objet-livre, instrument de la culture et pièce de collection rare et précieuse. L'auteur traite ensuite des types d'ouvrages et des lecteurs médiévaux pour conclure sur le travail d'enluminure, qui transforme le livre en ces merveilleuses oeuvres d'art qu'on ne se lasse pas d'admirer encore aujourd'hui.

État de lieux du livre et des bibliothèques, Québec : Institut de la statistique du Québec, 2004.

Cet ouvrage statistique constitue un bilan du monde du livre québécois des dernières années. On y passe en revue tous les maillons de la chaîne du livre : écrivains, éditeurs, commercialisation, bibliothèques et lecteurs. De nombreux tableaux statistiques accompagnent les analyses qui tracent un portrait de la situation actuelle au Québec et, lorsque les données le permettaient, rendent compte de l'évolution du milieu durant les dernières décennies. Les auteurs disent espérer que ce bilan, en éclairant les acteurs du milieu sur l'état du livre et des bibliothèques aujourd'hui, puisse nourrir leurs réflexions quant aux défis à relever demain.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.