À rayons ouverts, no 62 (hiver 2005)

Table des matières

Rubriques


Comptes rendus de lectures

par Manon Beauchemin, bibliothécaire
Service des collections thématiques

Lebrun, Monique, dir.; Baribeau, Colette; Gervais, Flore et al. Les Pratiques de lecture des adolescents québécois. Sainte-Foy (Québec) : Éditions MultiMondes, 2004. xiv, 313 p. ISBN 2-89544-049-2

Quelles sont les caractéristiques d'un bon roman? Comment les adolescents s'y prennent-ils pour trouver des réponses à leurs questions? Qu'empruntent-ils à leur bibliothèque publique? Grâce à l'utilisation de deux instruments de recherche – des questionnaires adressés aux jeunes, aux responsables de bibliothèques scolaires, aux enseignants et administrateurs scolaires, aux parents, puis des entretiens avec des groupes de discussion – les auteures ont exploré les diverses facettes de la lecture chez les adolescents. Elles ont notamment découvert que le temps consacré à la lecture de loisir est assez limité, mais que plus de la moitié des jeunes de première à quatrième secondaire (78 % des filles et 56 % des garçons) aiment beaucoup ou moyennement la lecture. Ils choisissent leurs lectures selon le thème du livre et apprécient principalement le roman d'aventure, la bande dessinée et le roman policier. Bref, ce livre dresse un portrait éclairant et nuancé de la lecture chez les adolescents.

Office for Literacy and Outreach Services; Osborne, Robin, ed. From Outreach to Equity: Innovative Models of Library Policy and Practice. Chicago: American Library Association, 2004. xvii, 145 p. ISBN 0-8389-3541-9

Les bibliothèques tentent de plus en plus d'offrir des services de manière équitable à toutes les clientèles, principalement à celles qui sont plus difficiles à rejoindre. Ces services peuvent être offerts à l'extérieur de la bibliothèque (résidences pour personnes âgées, bibliothèques mobiles et autres) ou à l'intérieur de ses murs. De nombreux collaborateurs témoignent ici des initiatives mises sur pied par leur organisation afin de mieux desservir les enfants ou les adolescents, les familles immigrantes, les sans-abri, les prisonniers, etc. La formation du personnel revêt donc une importance particulière, puisqu'il est souhaitable de développer certaines compétences linguistiques et communicationnelles, de même qu'une bonne connaissance de différentes cultures. La clé réside ensuite dans le partage de ces connaissances entre collègues, la création de partenariats et la promotion des services proposés.

Morgan, Harry. Principes des littératures dessinées. [Angoulême] : Éditions de l'An 2, 2003. 399 p. ISBN 2-84856-014-2

Ce livre plutôt spécialisé est divisé en trois grandes parties, chacune se terminant par un résumé des principaux points établis par l'auteur. Dans la première partie, il soutient que la bande dessinée n'est pas une paralittérature, un terme souvent associé à la souslittérature, à la littérature populaire ou encore à la littérature de genre, ce qui lui semble illogique puisqu'elle englobe les divers genres romanesques (science-fiction, policier et autres). Il définit la littérature dessinée comme « […] les récits en image(s) qui passent par le support du livre ou de ses substituts » (p. 45). Le rôle de l'illustration, qui permet notamment d'indiquer la psychologie des personnages et d'informer sur l'époque au cours de laquelle se déroule l'action, est donc essentiel. La deuxième section porte sur la réception des littératures dessinées. L'auteur précise qu'elles ne sont pas destinées qu'aux jeunes et qu'elles sont lues par des gens de diverses classes sociales. Certains groupes de pression la critiquent toutefois en raison de la violence qu'on peut y retrouver. La dernière partie, un peu plus complexe, porte sur l'analyse structurale du récit en images. Un glossaire et une imposante bibliographie complètent l'ouvrage.

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Jeux de mots

Réserver une chronique « Jeux de mots et de livres » au mot « collection » semblera probablement incongru aux lecteurs d'À rayons ouverts, mais c'est sur un sens autre que celui qui domine habituellement dans les pages de la revue que je veux attirer l'attention. Au cœur du fonctionnement de toute bibliothèque, la collection permet d'organiser un ensemble de documents autrement difficiles à conserver, à gérer et à diffuser. En tant que label éditorial, le sens qui nous intéresse ici, on la définit plutôt comme une « série d'ouvrages de même format ou de même présentation, ou destinés au même canal de vente, publiés par le même éditeur » (Dictionnaire encyclopédique du livre). À ce titre, la collection compte au nombre des éléments dits « paratextuels », qui figurent généralement sur la couverture du livre et sur la page de titre, comme le nom d'auteur et le titre, par exemple. Sorte de cadre donné au texte, ces éléments ne font pas qu'informer : ils permettent certes au lecteur d'identifier le livre, mais, de par leur position stratégique, ils risquent fort d'en orienter également la lecture.

Le label de collection fait appel à la mémoire du lecteur qui, en le reconnaissant, associe spontanément au livre qu'il coiffe une série de titres antérieurs. Peut-être aussi célèbre que la sentence « Ceci tuera cela » prononcée dans le roman Notre-Dame de Paris (1831) de Victor Hugo, l'injonction « Tu seras une collection » que Balzac fait dire à l'un des personnages des Illusions perdues (1837, 1839 et 1843) met de l'avant ce potentiel publicitaire du label de collection, acquis dans le système éditorial français – que Balzac connaissait bien pour en avoir été l'un des acteurs – avant même le milieu du XIXe siècle. S'ils ont longtemps cru que tout livre possédait la capacité intrinsèque de trouver un public par son seul mérite, les éditeurs sont alors forcés de reconnaître que la multiplication des titres rend ce principe caduc. C'est l'un des premiers tableaux de cette nouvelle exploitation commerciale du livre que dresse Balzac dans les Illusions perdues, tableau d'autant plus riche qu'il est universel et atemporel. À cet égard, la formule de la collection, telle que Balzac la dépeignait, mais encore à titre de composante fondamentale de l'édition contemporaine, n'a pas son pareil pour illustrer le phénomène de la marchandisation du livre, surtout lorsqu'elle est liée à la promotion de genres populaires tels les romans d'amour, de science-fiction et d'espionnage. Laissons le dernier mot à Lousteau, conseiller littéraire du protagoniste de l'histoire, Lucien Chardon : « Nous avons préparé la vente de ton roman par de savantes insinuations […]. Nous t'avons fait deux fois plus grand que Walter Scott. Oh! Tu as dans le ventre des romans incomparables! Tu n'offres pas un livre, mais une affaire; tu n'es pas l'auteur d'un roman plus ou moins ingénieux, tu seras une collection ! […] Allons, rions un peu! »

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Trucs pratiques

La manipulation des livres et autres objets

par Marie-Claude Rioux, agente culturelle
Direction de la sauvegarde des collections

Photographies : les vertus d'un encadrement de conservation

Il n'existe rien de tel que de belles photographies pour préserver le souvenir des grands événements de notre vie. Cependant, pour que ces photographies passent l'épreuve du temps, certaines précautions sont requises et il faut, en particulier, leur offrir un véritable encadrement de conservation.

Préparation de l'encadrement

Le choix d'un encadrement entre deux cartons, soit un carton avant pour le passe-partout et un carton arrière pour soutenir la photo, présente des avantages. Le passe-partout protège le document et crée l'espace nécessaire pour que celui-ci ne touche pas à la vitre, évitant ainsi un transfert de la couche picturale. Le carton arrière soutient l'œuvre tout en la protégeant.

Les cartons utilisés pour l'encadrement doivent être non acides. L'expression « non-acide » désigne à la fois des matériaux à pH neutre et des matériaux avec une réserve alcaline. On peut utiliser ces deux types de matériaux pour encadrer, mais ceux qui ont une réserve alcaline offrent à long terme une meilleure protection contre les acides.

Découpe et assemblage des cartons

Les dimensions des cartons peuvent être choisies en fonction du cadre ou selon l'inspiration, si l'œuvre n'est pas encadrée. Toutefois, pour assurer une meilleure protection de l'œuvre, les cartons avant et arrière doivent avoir la même dimension.

L'emplacement de la fenêtre sur le carton avant est au choix. En général, les marges supérieures et latérales du carton avant servant de fenêtre ont la même largeur, et la marge inférieure est un peu plus généreuse. Cette disposition permet d'avoir un effet d'optique équilibré. Afin de bien maintenir l'œuvre, le passe-partout doit chevaucher les bords de celle-ci de 2 à 4 millimètres. Avant le découpage de la fenêtre, il est conseillé de tracer légèrement son contour au crayon de plomb. À l'aide d'une lame bien coupante de type « exacto » ou d'un couteau d'encadreur permettant d'avoir une coupe biseautée, on taille délicatement la fenêtre du passe-partout. Si des rugosités sur les bords de la fenêtre sont visibles, il est possible de poncer ceux-ci avec un papier sablé aux grains fins.

Une fois les coupes de la fenêtre terminées, on assemble les cartons avant et arrière à l'aide d'une bande de toile préencollée. La bande doit être de qualité archivistique. Ce type de bande peut s'acheter dans la plupart des magasins de matériel d'artiste.

Fixation de l'œuvre

Souvent, les restaurateurs remarquent que les encadrements d'œuvres sur papier sont faits à l'aide de colle ou de ruban adhésif donnant des résultats désastreux. Colles et adhésifs laissent avec les années des taches jaunâtres qui endommagent de façon permanente nos souvenirs encadrés. L'utilisation de coins de mylar pour fixer les photos à un encadrement avec passe-partout est une meilleure option et présente de nombreux avantages. Les coins de mylar ne sont pas fixés directement sur l'œuvre mais sur le carton arrière, ce qui est non dommageable pour l'œuvre et facilite son changement.

L'utilisation d'une pince à cils pour fixer les coins et de poids pour empêcher le déplacement de la photographie peut s'avérer très pratique. Lorsque l'œuvre est fixée, il ne reste plus qu'à rabattre le passe-partout et à mettre le tout dans le cadre choisi.

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Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.