À rayons ouverts, no 61 (automne 2004)

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Rubriques


Comptes rendus de lectures

par Manon Beauchemin, bibliothécaire
Service des collections thématiques

Gagnon, Maryse; Farley-Chevrier, Francis. Guide de la recherche documentaire. Montréal : Presses de l'Université de Montréal, 2004. 110 p. ISBN 2-7606-1956-7

Maryse Gagnon, bibliothécaire professionnelle à la Bibliothèque nationale du Québec, et Francis Farley- Chevrier, qui oeuvre dans le domaine de l'édition, ont conçu et rédigé ce guide destiné en premier lieu aux étudiants de niveau universitaire, mais qui gagne à être consulté par l'ensemble des chercheurs d'information. En termes justes et clairs, on y traite de l'ensemble du processus de recherche documentaire. L'ouvrage compte quatre chapitres portant respectivement sur : le choix du sujet de la recherche et la traduction de celui-ci en requête; la typologie et l'utilisation des ouvrages de référence; la recherche en bibliothèque, incluant la consultation du catalogue; la recherche par Internet et l'évaluation de l'information repérée. Les encadrés « En pratique », « En théorie », « À la bonne adresse » et « Par expérience » apportent des précisions utiles ainsi qu'une touche personnelle intéressante.

Polastron, Lucien X. Livres en feu : histoire de la destruction sans fin des bibliothèques. Paris : Denoël, 2004. 429 p. (Médiations) ISBN 2-207-25573-5

Lucien X. Polastron relate dans ce livre l'historique des principales bibliothèques détruites, volontairement ou non, lors de guerres, d'incendies et autres. Il permet en même temps aux lecteurs de connaître l'histoire de la création de ces nombreuses bibliothèques à travers le monde. L'auteur partage également ses réflexions sur certaines opérations telles que le désherbage – ou retrait de documents des bibliothèques pour les vendre ou les jeter, et ce, afin de permettre l'enrichissement des collections et de pallier le manque d'espace – et le transfert des données sur de nouveaux supports, notamment le cédérom. Ce livre est le résultat de recherches très fouillées, comme en témoignent l'imposante bibliographie et les nombreuses notes que l'on retrouve en fin de document.

Herald, Diana Tixier; Kunzel, Bonnie. Strictly Science Fiction: a Guide to Reading Interests. Greenwood Village, CO: Libraries Unlimited, 2002. xxii, 297 p. (Genreflecting Advisory Series). ISBN 1-56308-893-2

Les auteurs de ce guide ont choisi de décrire plus de 900 livres de science-fiction, en les classant selon le thème principal : les rencontres dans l'espace, les extraterrestres, les mondes parallèles, la surpopulation, les ordinateurs, l'humour dans la science-fiction et bien d'autres. Des symboles permettent de repérer les ouvrages qui ont été récompensés par un prix, les classiques, ceux à partir desquels un film a été réalisé et enfin ceux qui sont destinés aux jeunes adultes. Un chapitre comporte des ressources permettant de mieux connaître ce genre littéraire : bibliographies, encyclopédies, histoire, guides d'écriture, etc. En annexe, on retrouve la liste des lauréats des différents prix, alors que les index permettent de repérer les livres par auteur, titre, sujet ou personnage.

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Jeux de mots

La couverture est le premier élément du livre que nous voyons, celui qui attire notre regard dans la vitrine d'une librairie ou au détour d'un rayon de bibliothèque. L'ensemble formé par son graphisme, ses couleurs et les caractères typographiques qu'elle comporte exerce un pouvoir que les éditeurs ont appris à exploiter : qui n'a pas spontanément ouvert un livre sous l'effet d'une couverture attrayante? Capable de séduire le lecteur, la couverture est aussi parfois responsable du contraire : d'une grande sobriété, elle détourne le regard de qui y voit l'annonce d'un ouvrage « sérieux », alors que, tape-à-l'oeil, elle fait fuir qui se méfie des titres « populaires » qui lui sont généralement associés. Avant même que sa première page ne soit tournée, voire que son titre ne soit lu, un livre peut donc appeler le lecteur à lui tout autant que l'éloigner.

L'étymologie du mot « couverture » nous révèle sa fonction initiale, qui n'a rien à voir avec ses capacités actuelles. Issu du verbe « couvrir » en latin, cooperire, le mot désigne pendant longtemps ce qui sert simplement à protéger le contenu du livre. Après la feuille blanche qu'on lui ajoute essentiellement pour garder intacte la première page de son texte, laquelle deviendra la page de titre (voir À rayons ouverts, no 60, Été 2004), le livre se voit ensuite enrobé d'un papier ou d'un carton servant à limiter la dégradation liée à son passage de main en main. Graduellement, selon un souci d'élégance et de décoration, on utilisera de plus jolis matériaux protecteurs, qui donneront à cette couverture encore sommaire un premier potentiel de séduction. Au XIXe siècle, avec l'apparition massive des couvertures agrémentées d'éléments textuels et ornées d'illustrations, ce potentiel explose littéralement… et n'a fait que se renforcer depuis.

Le Dictionnaire encyclopédique du livre donne de la couverture une définition qui va à l'essentiel, mais que l'on pourrait par ailleurs qualifier de fort prudente : « ce qui couvre et protège le corps d'ouvrage d'un livre ». La couverture d'aujourd'hui n'a certes pas perdu sa vertu protectrice, mais c'est la réduire à peu de chose que de la limiter à cet emploi de base. À l'égard du véhicule éminemment publicitaire qu'est devenu le livre moderne en tant qu'objet, la première et la quatrième de couverture se partagent la vedette, tout en se complétant : après avoir rapidement pris connaissance des informations livrées sur la première, le lecteur s'empresse généralement de tourner le livre pour parcourir le résumé qui en est donné sur la quatrième. C'est à encourager ce premier vrai contact avec le livre que sert la couverture.

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Trucs pratiques

La manipulation des livres et autres objets

par Marie-Claude Rioux, agente culturelle
Direction de la sauvegarde des collections

Les livres et la moisissure : mieux vaut prévenir que guérir

Il vous est peut-être arrivé de trouver, dans un grenier ou un sous-sol humide, des livres à l'odeur et à la couleur suspectes, aux pages gondolées, et présentant de nombreux cernes variant du jaune au brun. Ces ouvrages sont, sans doute, tout simplement en train de moisir…

Qu'est-ce que la moisissure?

La moisissure est un type de champignon. Elle se nourrit en ingérant le substrat (papier, tissus, photographie, etc.) sur lequel elle croît. Les spores qu'elle génère sont toujours présentes dans l'air. Leur germination se produit lorsqu'elles peuvent se nourrir et sous des conditions climatiques favorables, soit humides et chaudes. Quand ces conditions sont réunies, le champignon spore éclôt et grandit pour former des fils qui ressemblent à des toiles d'araignée, que l'on nomme hyphe.

Comment prévenir l'apparition de moisissure?

La prévention est la clé pour empêcher l'apparition de la moisissure. L'humidité, la température et la circulation de l'air sont les facteurs les plus importants à contrôler. Une humidité relative au-dessus de 70 %, une température entre 21 et 24 ºC et une mauvaise circulation de l'air peuvent facilement entraîner la croissance de moisissure.

Lorsque des documents ont été mouillés, il faut les sécher le plus tôt possible pour éviter la prolifération des moisissures. L'utilisation de buvard pour les éponger et de ventilateurs pour faire circuler l'air sont de bonnes méthodes s'ils sont légèrement à moyennement mouillés. S'ils sont extrêmement mouillés ou s'il est impossible de procéder immédiatement au séchage, il faut au moins les réfrigérer, et si possible, les congeler, afin d'inhiber la croissance des moisissures. Il est important de mettre un papier ciré entre chaque document ou de les mettre individuellement dans un sac en plastique fermé hermétiquement.

Que faire en présence de moisissure?

Dès qu'on trouve des moisissures sur un document, on isole celui-ci dans un sac que l'on ferme hermétiquement, empêchant ainsi une contamination des spores, et on le place dans un endroit propre où le taux d'humidité relative se situe à moins de 65 %. Lorsque c'est possible, il est préférable de placer notre document dans un congélateur. Le froid ne tue pas la moisissure, mais arrête sa croissance.

Comment enlever la moisissure?

Si un document présente de la moisissure, il est préférable de faire appel à un restaurateur. En effet, la manipulation de documents contaminés exige certaines précautions qu'il faut laisser à un professionnel.

Selon l'ampleur de l'atteinte, le restaurateur enlève la moisissure superficielle à l'aide d'un aspirateur. Pour la moisissure plus importante, le restaurateur utilise une solution d'alcool et d'eau. Ces traitements sont habituellement faits sous une hotte de laboratoire, avec des gants et un masque muni de filtres spéciaux.

Cependant, il faut savoir que, même après traitement, certaines précautions seront toujours requises lors de la consultation des documents touchés. En effet, malgré les bons soins du restaurateur, d'infimes particules de moisissure peuvent toujours rester à l'intérieur du substrat, et elles se feront une joie de proliférer de nouveau sous une température chaude et une forte humidité.

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